Shivers : le forum du chlex

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 Fleur dorée... (challenge 30 baisers)

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winnie
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MessageSujet: Fleur dorée... (challenge 30 baisers)   Mer 28 Sep 2011 - 21:42

Suite des aventures du préfet Aulus et d'Azenor la Gauloise! Le thème était Fleur. La suite et fin de cette aventure au prochain post! Sinon ce chapitre est un peu spécial vous verrez, mais ça me permet de faire ce que je ne pensais pas pouvoir faire pour la suite, soyez compréhensives merciiii!

Dislamer: les évocations de Lex et Chloé ne m'appartiennent pas (j'ai changé les noms!) Attention au Smut!
Note: les mots suivis d'un * ont une définition en fin de fic!


Fleur dorée…


Le garçon observait la petite tache blanche sur le mur d’un air rêveur. Elle écartait ses pétales entre les craquelures du crépi et la crasse noire dégagée par les flammes d’un brasero. La chaleur de Rome poussait plus à la contemplation qu’à l’agitation, mais les voix graves et pleines d’enthousiasme des trois tribuns rappelaient à l’ordre les plus insouciants. Le garçon se redressa donc avec un petit soupir, quittant des yeux la petite fleur de jasmin pour apercevoir une autre fleur, plus vivace, qui s’attardait de plus en plus dans le coin.
Manius, Quintus et Sextus, les tribuns qui avaient repris en main la milice et l’entraînement, abandonnèrent aussitôt leur air sévère pour saluer la fiancée du préfet.
_ Domina ! L’interpella aussitôt Manius en pressant le pas vers elle. Je peux sûrement t’aider !
Quintus et Sextus lui emboîtèrent le pas.
_ Ton panier semble bien lourd, domina.
_ Je peux te tenir la porte ?
Azenor continua sa route, aux anges. Ses visites à la caserne devenaient quotidiennes, car être admirée par une floppée de Romains, en cuirasse qui plus est, était si cocasse que pour rien au monde elle ne s’en priverait. Depuis que Publius lui avait promis une rencontre avec Vercingétorix, elle le travaillait au corps pour accélérer sa décision finale. Alors elle venait le voir, lui apportait des douceurs et le chouchoutait dans leur belle demeure comme à la caserne.
_ Le préfet a vraiment de la chance, j’aimerais une épouse qui m’apporte un déjeuner comme le tiens, complimenta Manius.
Azenor lui tendit un petit pain avec un mince sourire.
_ Merci domina !
_ Oh moi aussi j’aimerais une épouse comme toi ! Se pressa Quintus.
_ Tiens-tu toujours ton épée de travers ?
Le tribun s’empourpra sous les regards moqueurs de ses deux collègues. Il attrapa son glaive et lui fit rapidement une démonstration pour démentir.
_ C’est un peu mieux oui, jaugea-t-elle en refourgant son panier à Sextus. Plus haut la garde, fit-elle en lui donnant des coups dans le coude.
Elle prit un autre glaive et montra l’exemple sous les yeux absorbés des miliciens qui se mirent à l’imiter discrètrement.
_ Il faut mettre toute sa force dans le poignet, tout le secret est là.
_ Comme ça domina ? Fit Quintus en prenant un soin extrême à la manœuvre.
_ Pas mal pas mal, est-ce que tu…
Elle s’interrompit rapidement, Aulus entrait dans la cour et fronçait déjà les yeux. Elle laissa tomber son glaive, arracha son panier des mains de Sextus et trotta jusqu’à lui.
_ Préfeeet ! Miaula-t-elle en prenant son bras.
_ Je rêve ou tu donnais des leçons à mes hommes ?
_ Tu rêvais voyons, je ne suis que ta fiancée mon petit lapin.
Publius lui jeta un regard de travers alors qu’elle battait des cils. Il reporta son attention sur ses hommes, ils se lancèrent aussitôt sur leur glaive et reprirent les exercices. Le préfet leva les yeux au ciel et entra dans son bureau.
_ Tu ne devrais pas être en train de préparer notre mariage ? Demanda-t-il en prenant place derrière une table de travail pleine de piles de rapports en tout genre.
_ Je voulais t’apporter quelques douceurs, répondit-elle en glissant ses bras autour de son cou. Diiiiiis…
_ Je t’arrête tout de suite, ici c’est mon lieu de travail.
_ Mais on l’a jamais fais ici, chouina-t-elle.
_ Je croyais que tu ne voulais rien faire jusqu’à demain ?
_ On peut dormir dans deux chambres séparées cette nuit.
Publius sut parfaitement où cette discussion les mènerait, et si seulement il avait trouvé une solution ! Mais depuis qu’il la connaissait, il n’avait jamais compris comment contourner cela.
_ Préfet, nous avons encore un meurtre, intervint Numerius.
Azenor se décrocha avec un grognement. Le tribun était bien le seul à lui témoigner une totale indifférence.
_ Où ? Répliqua Publius avec un certain soulagement.
_ Près du forum, un avocat.
_ Où est le corps ?
_ J’ai demandé qu’on l’apporte ici immédiatement, lui et le seul témoin que nous ayons.
_ Un témoin ?
_ Une dame, Livia de la gens des Metellii.
_ Bien, fais-la entrer.
_ Oui préfet.
Numerius sorti, Azenor poussa un soupir.
_ Tu me préfères à cette Livia.
_ Ne sois pas ridicule, je ne l’ai jamais vue, c’est un témoin dans une affaire.
_ Je suis sûre qu’elle est curieusement très jolie.
_ Combien même ! C’est toi que j’épouse demain.
_ Félicitations.
Le couple tourna la tête vers la voix emprunte de gravité. Une femme aux longs cheveux bruns se tenait debout dans l’encadrement de porte, une robe prune épousait ses formes avec délicatesse et ses yeux d’un bleu limpide provoqua un silence pourtant bavard dans le bureau.
_ J’en étais sûre, pesta Azenor à voix basse.
_ Kyria*, entre, assis-toi, fit aussitôt Publius en tendant le bras devant lui.
La femme prit place et resta silencieuse. Elle avait tout de la qualité des patriciens, la dignité transparaissait dans son regard. Du moins, c’est ce que Publius voyait. Azenor, de son côté, et en tant que femme, perçut parfaitement la lueur intéressée dans ce même regard.
_ Je n’imaginais pas le préfet aussi jeune, commença-t-elle de sa voix chaude.
La blonde leva les yeux au ciel.
_ Je fais moins que mon âge, confirma Publius en sortant une tablette de cire lisse et un stylet. Alors, connaissais-tu cet avocat, Marcus Silvius ?
_ Je le connaissais oui. Je le cherchais et je l’ai trouvé, répondit-elle avec un demi-sourire charmeur.
Azenor se renfrogna. Elle voyait parfaitement le plan ‘séduction’ qui se tramait et dans lequel, visiblement, le brave et inébranlable Publius Aulus Lex tombait.
_ Quelle était la nature de tes relations avec lui ?
_ Professionnelles.
_ Dans quel but ?
_ La succession de mon père.
_ Comment as-tu découvert le corps ?
_ Je suis ressortie de son bureau en colère parce qu’il ne s’y trouvait pas.
Livia s’avança un peu vers le préfet.
_ Je déteste qu’un homme soit en retard à un rendez-vous.
Aulus eut un petit sourire.
_ Et je l’ai trouvé dans la petite rue adjacente, un poignard dans le cœur.
_ Quel genre de poignard ?
Livia et Publius se tournèrent vers la blonde.
_ Je te demande pardon ? Rétorqua Livia sans cacher son agressivité.
_ Quel genre le poignard ? Petit, fin, robuste, bonne ou mauvaise facture ? Ça en dit beaucoup sur le porteur de l’arme.
Un court silence prit place. Publius lui jeta un œil impatient auquel elle répondit en haussant les épaules.
_ Je ne me souviens plus, se décida la patricienne.
_ Vraiment ? S’enquit Aulus avec curiosité. On t’a trouvée à côté du corps pourtant, tu as dû le fixer un long moment.
_ J’étais sous le choc ! Répliqua-t-elle nerveusement.
_ C’est un bon plan, se faire passer pour un témoin quand on est le coupable, s’amusa Azenor.
Livia bondit sur ses pieds. Numerius débarqua à cet instant avec l’arme du crime. Une belle lame courte au manche damassé.
_ Digne d’une matrone romaine, confirma Azenor.
_ Ce chien refusait de changer le testament ! S’enragea Livia, perdant ainsi toute la gravité patricienne.
Publius s’était reculé sur son siège. Livia avait les naseaux dilatés, envahie par la colère. Azenor se pencha sur son fiancé et embrassa bruyamment sa joue.
_ Bonne journée mon lapin, souhaita-t-elle avant de faire une sortie triomphante.

*

Elle observait la petite tache rouge sur le mur, repliée sur elle-même. La fleur s’épanouissait alors que le matin se levait à peine. Azenor avait dormi seule, pas qu’elle l’avait spécialement souhaité, mais le préfet n’était pas rentré de la nuit. Les esclaves s’affairaient dans la maison pour préparer le mariage. Mais son esprit ne pouvait se défaire de Vercingétorix. Il gisait dans un trou près d’elle et elle ne savait plus quoi faire pour tourner cette page de son histoire.
_ Tu dors encore ?
Azenor se redressa lentement. Lex venait d’apparaître à la porte de la chambre.
_ Tu te montres enfin ?
_ La cérémonie va bientôt commencer.
_ Déjà ?
Elle semblait grognonne, remarqua Aulus. Il s’approcha d’elle et s’assit à ses côtés. Il voulut passer sa main dans ses cheveux, mais elle se dégagea, l’air ronchon.
_ Tu te souviens de ce que tu dois dire ? Tenta-t-il alors.
_ Lorsqu’en tous lieux tu es Gaius, en tous lieux moi je suis Gaia, récita-t-elle, agacée.
Il déposa un baiser tendre sur sa joue en espérant qu’elle lui en voulait bien pour ne pas avoir partagé sa couche cette nuit-là, et non pas pour une obscure raison qui le dépassait. Une esclave entra à ce moment précis, les bras chargés de petites fleurs jaunes au bout de longues tiges. Azenor parut agréablement surprise.
_ Des fleurs de pastel, expliqua Lex. J’ai demandé que notre domus en soit entièrement décorée. Il me semble bien qu’elles ornaient ton village en Gaule.
Elle cligna des paupières. C’était beaucoup plus que cela. Ces fleurs produisaient la teinte bleue avec laquelle leurs guerriers se peignaient le corps. Elle se jeta au cou du préfet, émue malgré elle.
_ Je vais me préparer ! Se pressa-t-elle en bondissant sur ses pieds.

*

Il se grattait pensivement le menton, les yeux fixés sur le sanglier de bronze perché sur la lance au beau milieu du jardin.
_ Antoine, salua Lex en s’approchant du consul.
_ Ah, préfet. Je suis perplexe. Qu’est-ce que ça fait là, ça ?
_ Mon épouse a sa propre religion.
_ Un symbole guerrier gaulois plus qu’autre chose.
_ Tout dépend du point de vue, confirma Lex avec un mince sourire.
Ils se retournèrent en entendant un éclat de rire. La jeune mariée avait retrouvé sa sœur et apparemment, elles avaient toutes deux retrouvé leur coutume celte en riant à gorge déployée, un verre de cervoise à la main.
_ Ton épouse est très… attrayante, formula Antoine en tapotant virilement l’épaule de Lex.
Ce dernier s’éloigna en sachant parfaitement que plus le temps passait, plus le consul s’intéressait à elle. Azenor déambula un peu autour du péristyle. Le mariage avait été rapidement célébré, elle n’avait plus qu’à boire et festoyer avec des mets plus raffinés les uns que les autres. Ne supportant pas les patriciennes et leur conversation sans fond, elle avait préféré sa sœur qui avait bien changé. Elle avait minci et se plaisait apparemment dans cette vie mondaine romaine. Si bien qu’Azenor se sentit assez seule loin d’Aulus. Et puis elle aperçut l’œil coquin d’Antoine. Il la raccrochait à sa vie passée, le général qu’elle avait combattu et qui se retrouvait dans sa maison, sans protection. Elle s’approcha de lui, titillée par l’envie de le bousculer un peu. Ce crétin ne l’avait toujours pas reconnue depuis tout ce temps.
_ Je te félicite pour ton accession à la place d’épouse du préfet de Rome, lança-t-il avec un demi-sourire goguenard. Si jamais ton mari t’ennuie, ce dont je ne doute pas, tu pourras toujours venir me voir, proposa-t-il à voix basse.
Azenor se saisit d’une branche de pastel et passa les fleurs sur ses lèvres. Elle savait très bien qu’il se jetait sur n’importe quelle femme, mais cette situation, comme avec les braves miliciens de la caserne, l’amusait amplement.
_ Tu ne te souviens toujours pas de moi consul… ?
_ Est-ce que je t’aurais déjà croisée sur le mont Parnasse parmi les muses ? Ou au bord de la mer avec tes sœurs les néréides ?
La princesse cligna des paupières.
_ Pas réellement non. Ne m’imagine pas nue au bord d’un ruisseau, mais peinte en bleu et à cheval.
Marc Antoine laissa traîner ses yeux sur sa silhouette en visualisant fort bien une éponge précieuse passant le bleu sur ses formes avant qu’il ne se reconcentre subitement sur ses yeux.
_ Non !
Azenor retint un rire démoniaque.

Quelques temps plus tôt, en Gaule.
Les sabots martelaient nerveusement le sol boueux alors que le soleil laissait ses rayons percer timidement la brume matinale. La bataille était perdue d’avance. Les cernes étaient creusées, les muscles courbaturés, le souffle court. Et pourtant les poignets tenaient fermement le pommeau des glaives, les regards se faisaient durs, résignés et sans peur. Devant eux, s’étendait une plaine prête à brûler, piétinée par une cohorte entière de la fameuse XIIIe légion de César. Cinq cent soldats entraînés, rôdés par le terrain et finement équipés.
Eux, ils n’étaient qu’une centaine d’hommes, une poignée de guerriers de différents clans. Fédérés sous le commandement arverne, ils avaient oublié les tensions entre eux pour ne devenir qu’un peuple libre. Vercingétorix rassemblait ses hommes pour la dernière bataille à Alesia, mais le temps pressant, quelques hommes s’étaient dévoués pour ralentir les Romains. C’était un sacrifice, pur et simple. Ils n’avaient plus qu’à livrer leur dernier combat pour mourir avec honneur.
Des murmures s’élevèrent parmi eux. Leur chef arrivait enfin, juchant fièrement un étalon blanc. Un casque en bronze doré ciselé sur la tête durcissait ses traits. Une longue cape enveloppait son corps, une cape aux couleurs de son peuple, les Arvernes. Il tira son glaive du fourreau et le brandit face à l’armée romaine, le visage plein de défi et de provocation.

^^^

_ Je pensais que c’était fini hier, on est venu, on a vu, on a vaincu non ?
Jules César n’esquissa qu’un mince sourire en coin. Ce dernier coup d’éclat avant l’affrontement final l’étonnait sans l’étonner à la fois. Le peuple celte était plein d’honneur et de force, mais en même temps il savait reconnaître une défaite. Lorsque les gardes l’avaient averti pendant la nuit, il avait rapidement rassemblé sa meilleure cohorte de cinq cent hommes et s’était avancé à leur encontre. Vercingétorix pensait probablement faire diversion, cet acte révélait la précarité de sa position.
_ Je tâcherais de me souvenir de la formule, répondit-il à son second Marc Antoine.
_ Combien sont-ils ?
_ Une centaine. Dans une heure ce sera terminé.
Antoine acquiesça. Il serait bien resté couché encore un moment. Mais après tout, si les barbares en demandaient encore, pourquoi pas ? Ce n’était pas lui qui rechignait face au combat.
Les deux romains virent alors la silhouette d’un meneur devant la petite troupe celte. Ils plissèrent les yeux, tous deux en retrait derrière leurs soldats.
_ Que fera-t-on de lui ? Un exemple peut-être ? Interrogea Antoine.
_ Ce serait une bonne chose oui, nous découragerons ainsi d’autres braves de ce genre. On le crucifiera sur la route la plus empruntée de la région.
Antoine sourit, l’air amusé, avant de se redresser avec confort sur sa monture. Subitement une vague de frissons parcourut les chevaux lorsqu’un cri s’éleva du camp adversaire.
_ TAOUTATES ! Hurlait le chef celte.
La voix fluide interloqua tous les légionnaires et leurs commandants.
_ TAOUTATES !
Chaque hurlement était suivi d’exclamations de la tribu. Ils levaient tous leurs glaives, laissant fuir le peu de peur qui leur restait à travers leur gorge. L’invocation du dieu de chaque tribu, du dieu guerrier emplissait le coeur de courage et provoquait des tremblements impressionnés chez l’ennemi.
_ TAOUTAES !
_ Mais c’est un enfant, s’aperçut Antoine. Ils nous envoient des gosses maintenant !
_ Ils ont bien des femmes qui les frappent s’ils fuient le champ de bataille, plaisanta César avec confiance.
Antoine fit une petite moue compréhensive.
_ TAOUTATES ! Continuait l’adolescent.

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Le chef arrêta de s’époumoner un instant pour partager quelques dernières paroles avec ses hommes. Ils étaient tous ragaillardis.
_ N’oubliez pas ! César est à moi !
Ils approuvèrent à grands cris. C’était presque enivrant de voir une telle jeunesse leur donner confiance. Ce chef était presque convaincant. Se ruer sur toute une cohorte et égorger César, c’était d’un tel irréalisme qu’il ressemblait à un dieu.
Alliant l’action à la parole, il leva son glaive dans le ciel et donna l’assaut dans un grand cri. La petite armée était tellement stimulée qu’elle talonna le cheval et impressionna les premières lignes romaines. Le cavalier pointait ses yeux sur la silhouette altière qui l’observait sans peur. Mais c’était bien mal le connaître. La monture bondit au milieu des troupes, les désorganisant. Les gaulois qui la suivaient défonçaient la ligne, les légionnaires ne savaient plus où porter leur attention. Le cavalier fou semblait les survoler d’une manière surnaturelle, comme Persée montant Pégase lui-même. Certains s’écartaient même, craignant subitement une présence divine très hostile en cet adolescent plein de bravoure.

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César calma son cheval, pris lui aussi dans la tension soudaine qui affolait les bêtes. Le corps de protection du consul s’interrogeait, s’alarmait un peu de voir ce frêle guerrier percer si facilement une cohorte entière, et viser leur direction.
_ Nous devrions nous replier, conseilla l’un d’eux en constatant l’avance insaisissable de l’adolescent.
_ Nous replier devant une demi-portion ? Releva Antoine, goguenard.
_ Regardez, son but est de nous approcher. César, ordonne notre repli, laissons nos soldats s’en occuper.
_ Je ne me replierai pas, déclara le consul. S’il approche, vous ordonnerez une chasse.
Antoine eut un sourire un peu plus intéressé. Pour un soldat comme lui, cette campagne gauloise ne cessait de lui offrir des occasions de s’illustrer. Chasser un enfant qui en avait au point de défier César lui-même, ce ne pouvait qu’être intéressant.

^^^

Le jeune guerrier trancha la gorge d’un légionnaire avant de relancer au galop sa monture. Sa percée avait forcé les romains à refermer la tenaille autour des Gaulois. Mais lui, il avançait bien. Si bien qu’il voyait le visage de César et que le détail de son mépris lui donna le coup de fouet attendu.
_ TAOUTATES ! Hurla-t-il de nouveau en se ruant sur le consul.
Ce dernier était à plusieurs mètres des lignes arrière et à présent, plus aucun légionnaire ne pouvait empêcher le chef celte de l’atteindre. Au grand galop il levait son glaive. Il pensait que sa ruée les effrayerait mais non. Le corps de César ne bougeait pas. L’adolescent comprit alors la stratégie, le laisser croire qu’il pourrait les rejoindre et le détourner au dernier moment. Restait à savoir de quel côté ils allaient esquiver... Le cavalier relança sa monture, cavalant droit devant lui. Alors qu’il s’attendait à une réaction de la part de la garde du consul, ce fut son second en personne qui s’élança à sa rencontre, glaive à la main.
Antoine ne doutait pas de sa réussite, si habile que soit ce gamin à traverser une cohorte, aucun barbare ne lui avait résisté en duel. Les deux chevaux étaient à deux ou trois mètres de distance quand l’adolescent effectua un revirement des plus surnaturels. Son cheval changea de direction avec une habilité stupéfiante, comme s’il volait. Se retrouvant subitement face à l’arrière de sa cohorte, Antoine mit quelques secondes avant de tirer les rennes pour faire demi-tour. Le jeune cavalier s’approchait dangereusement de César à présent.
Le garçon leva son arme, s’apprêtant à esquiver la garde qui se mettait en chasse. Il fendit l’air dès qu’il s’approcha du consul mais sentit sa monture faire un écart sur le côté pour éviter une lance tranchante. La pointe de son glaive ne fit qu’efflorer le cou de César qui s’était juste penché pour l’éviter. Un très mince filet de sang se dessina sur sa gorge. Le garçon ne se retourna pas, sachant bien qu’il avait manqué sa cible, mais les cris d’encouragements de ses hommes lui suffirent. A présent, il devait échapper au second de César et à sa garde, lancés à sa poursuite.

^^^

Il s’enfonça dans la forêt, agrippant les crins de son cheval, et murmura des paroles que seules les druides pouvaient prononcer. Subitement les arbres lui répondirent. Les racines sortirent discrètement, et au moment où les montures des Romains passèrent, elles jaillirent en de petits arcs secs dans lesquels les sabots se prirent. Plusieurs soldats furent éjectés par terre sans que les chevaux ne souffrent de quoique ce soit. Au bout d’un moment, le garçon tourna les yeux et ne vit plus aucun soldat. Le bras-droit de César était également tombé. Bien. Il devait faire demi-tour pour l’attraper et brandir sa tête près du camp militaire romain.
Antoine avait bien fait de prendre des hommes, ils avaient fait diversion, il s’était écarté, et à présent, il allait lui tomber dessus comme un aigle alors qu’il ralentissait.
Le choc les fit basculer sur le sol. Ils roulèrent le long d’une pente et Antoine se retrouva sur la petite victime, un sourire féroce sur le visage. Le garçon au visage peint de bleu ouvrit de grands yeux verts, l’air stupéfait. D’abord supris, Antoine prit appui sur le thorax de l’adolescent pour se redresser et rencontra une chose complètement inattendue au creux de sa paume. Il se releva d’un bond et détacha les lanières de son casque, le front en sueur.
_ Une fille ?
L’adolescent, ou plutôt la jeune fille, se releva et fit également tomber son casque ailé, le visage grimaçant. Elle passa son poignet sur son front, de longues nattes blondes encadrèrent ses épaules. Elle dénoua sa cape, laissant apparaître une chemise légère couleur émeraude, ses braies étaient faites aux couleurs de son clan, comme tous les Gaulois.
_ Je vais ramener ta tête, grogna-t-elle en attrapant son glaive.
Antoine haussa les sourcils. Soit. Les femmes barbares battaient leurs maris s’ils faisaient preuve de couardise. Mais là ! Ça dépassait l’entendement ! Cette gamine osait le défier !
_ Ça je demande à voir.
Elle porta un coup de glaive hargneux, Antoine recula d’un pas sous l’impact.
_ D’accord, ça peut être intéressant !
Ils échangèrent plusieurs passes d’armes, elle voulait clairement lui trancher la gorge. Elle semblait très habile et pour efflorer César, il fallait vraiment exceller à cheval et au glaive.
_ Peut-être que je ne devrais pas te tuer ! Lança-t-il. Et te faire engager dans une troupe de gladiateurs ! Certaines femmes le sont tu sais !
Ses provocations ne firent que l’énerver un peu plus. Azenor était une princesse guerrière, druidesse et initiée au culte de la Grande Déesse, promise au roi des Celtes, elle s’était sacrifiée, elle et ses hommes, pour laisser un peu de temps à leur meneur. Ce n’était pas un rustre, un nigaud pareil, qui allait arrêter sa cause !
_ Quel est ton nom dis-moi ! Que je sache te nommer devant César !
_ Dis-moi quel est le tiens ! Que mon roi puisse rire devant ta tête !
Ils échangèrent plusieurs passes au glaive, pendant un long moment, si bien que la fatigue finit par engourdir leurs membres. Antoine évita de justesse un coup mais Azenor se retrouva à terre, déséquilibrée. Elle roula dans une petite pente et resta couchée sur le dos, épuisée. Antoine en profita pour s’asseoir, essoufflé. La princesse aperçut alors, penchée au-dessus d’elle, les fleurs de pastel gorgées de soleil, le jaune qui se transformait en bleu en temps de guerre, et qui restait doré en temps de paix.
_ Par Jupiter, tout le monde va croire que je suis mort si ça continue, grogna Antoine en s’essuyant le front. Alors, ton nom ?
Azenor soupira et se redressa, épée en main.
_ Oh nooon, tu ne vas pas remettre ça ?
_ Ta vie ne vaut rien à mes yeux, répliqua-t-elle en jetant son glaive devant elle. Je suis fille de la Grande Mère, et toi fils de la putain du Sud.
_ Oh oooh ! S’exclama-t-il à la fois agacé et amusé. Tu ne parleras pas longtemps ainsi de Rome lorsque tu laveras les sols du Subure !
Azenor attrapa les brides de sa monture et grimpa sur son dos.
_ Nous nous reverrons, et je te couperai la langue avant de t’émasculer et de t’enfoncer un glaive dans le ventre.
Antoine n’eut qu’un sourire ravi. Si elle l’avait réellement voulu, elle l’aurait fait, il était exténué, à terre, complètement à sa mercie, et elle préférait l’épargner et partir.

_ Nooon ! Répéta Marc Antoine.
Azenor s’éloigna avec sa branche de pastel entre les doigts, elle se dirigea à l’écart et s’engagea dans un petit couloir qui desservait des petites chambres réservées aux invités. Elle n’eut pas besoin de se retourner pour savoir que le consul la suivait. Lex les aperçut et fit un pas pour intervenir, puis il se ravisa. Non il avait confiance en elle, c’était surtout s’il entendait des hurlements qu’il devrait intervenir, il craignait plus pour la vie du consul qu’autre chose.
Azenor attrapa lentement le poignard qu’elle avait caché sous la couverture du lit. C’était mesquin d’avoir caché cela à Aulus, mais elle n’avait pas pu s’en empêcher. Si elle le saignait discrètement, personne ne le remarquerait non ?
_ Alors, à quoi songes-tu ? Interrogea Antoine, plutôt surpris par la destination. Veux-tu que nous remettions cela, le jour de ton mariage ?
Elle pivota brusquement, le bras tendu, et, pensant enfoncer la lame sans encombre dans son ventre, se bloqua durement sur un obstacle. Il l’avait rapidement parée, ce n’était plus n’importe quel légionnaire ou milicien, il n’était pas général pour rien.
_ On va remettre ça, comprit-il alors qu’elle repoussa du pied la traîne de sa robe pourpre pour relancer une attaque.
Il s’était plus attendu à une badinerie, mais elle portait des coups d’une telle violence qu’il regretta les quelques coupes de vin déjà bues. Il parvint malgré tout à la bloquer et à lui tordre le bras, elle n’eut qu’une légère grimace et envoya son autre coude dans son flanc. Antoine se plia en deux en pestant, Azenor en profita pour le bousculer et l’envoyer sur le lit. Ils bataillèrent pour s’emparer de la lame et le consul finit par changer la donne en la renversant sur le dos. Il ne put retenir une exclamation de victoire. Cette situation était loin de l’agacer, au contraire.
_ J’adore les Gauloises.
Elle lui donna un coup de genou dans l’entrejambe. Il s’affaissa légèrement et elle en profita pour rouler et prendre position sur lui à son tour, la lame coincée sur sa gorge. Antoine ne bougeait plus.
_ Et maintenant ? Tu sais, si tu me tues ici, il y a peu de chances que ton petit mari me survive bien longtemps.
Elle appuya un peu plus la lame. Azenor aurait dû frapper depuis bien longtemps, mais elle savait qu’elle ne pourrait pas le tuer ici et maintenant. Il avait raison, si elle versait le sang du consul de Rome dans la maison d’Aulus, c’était le préfet qui serait immédiatement condamné. Le besoin de tuer se transforma alors en besoin de dominer. Elle se redressa, relâcha la lame qui glissa sur le drap, et agrippa la tunique du consul pour la relever lentement. Le tissu coincé entre leurs deux corps s’extirpa en frottant leur peau comme le bois que l’on frictionnait pour allumer un feu.
Antoine s’était attendu sans vraiment l’espérer à ce qu’elle en arrive là. Mais à présent que c’était bien réel, il eut le souffle coupé avant qu’il ne s’emporte, les tempes battantes. Elle saisit son membre et s’emboîta dans l’urgence. Il se redressa, pressa ses mains sur ses genoux et longa ses cuisses, il planta ses doigts comme ses serres dans les chairs fermes de ses fesses et la ramena à lui plusieurs fois. Azenor s’agrippait au col de sa tunique, lui refusant ses lèvres et préférant s’écorcher la peau sur sa joue. Elle étouffa un cri dans son épaule, il éclata d’un rire ravi. Elle comprit qu’elle devait reprendre le dessus. Elle remonta d’office ses mains sur son dos et imposa sa cadence.
Antoine perdit totalement le contrôle. Le nez plongé dans ses cheveux et l’odeur sauvage des fleurs de pastel, il ne se rendait même plus compte des soupirs qu’il lui accordait. Elle attrapa son cou au creux de son bras et le serra alors qu’ils étaient au bord du supplice. La sensation d’étouffement le précipita dans la jouissance. Azenor déglutit et secoua la tête. L’orgasme avait toujours le don de l’assommer quelques instants. Il en avait profité pour l’enlacer étroitement.
Elle se désenclava, se releva, sauta du lit, remit sa robe en place et sortit dans le couloir avant de s’appuyer contre le mur. Elle l’entendit alors soupirer un « Vénus » et se demanda bien pourquoi elle avait fait cela. Enfin, elle le savait oui, mais pourquoi infligeait-elle cela à Aulus… Elle passa sa main sur son front pour en effacer la sueur et entra dans le péristyle en espérant que son absence passe inaperçue.
La fête se déroulait toujours, comme si de rien n’était. Azenor chercha Lex des yeux, elle l’aperçut au milieu de ses tribuns, à boire sans prendre le temps de s’arrêter. Elle décida alors de se fondre parmi les invités en attendant la fin de la journée.
Lorsque les quelques amis restants allumèrent des flambeaux en chantant et en dansant, enivrés, ce fut le début annoncé de la nuit de noces qui poussa les deux jeunes mariés dans leur chambre. Marc Antoine était parti depuis un moment, ce qui soulagea grandement Azenor. Mais elle ne put entrer dans la chambre le pas léger. La culpabilité la rongeait, un sentiment qu’elle n’avait alors jamais expérimenté. Elle se demandait bien pourquoi elle devait la ressentir. De tous les hommes qu’elle avait connus, elle ne s’était jamais souciée d’une quelconque fidélité.
Ils se couchèrent sans un mot. Aulus avait très bien compris ce qui s’était passé en les voyant sortir du couloir l’un après l’autre. Jamais il n’aurait cru un instant qu’elle ose faire cela le jour de leur mariage. Le malheur avait dès à présent marqué cette union. Il resta allongé sur le dos, déprimé. Puis il la vit surgir dans son champ de vision. Elle déposa un baiser sur ses lèvres, sa bouche avait le goût des fleurs de pastel. Alors il se détourna en murmurant un sombre « bonne nuit ».
Azenor se coucha, désespérée.
Lorsque plus aucun bruit ne parvint de la demeure, Lex se leva. Azenor se redressa, l’instant de la beuglante était arrivé. Plus aucun témoin.
_ Vas-y ne mâche aucun mot, j’écouterai tout et je ne t’interromperai pas ! Promit-elle rapidement.
Il se contenta de contourner le lit et claqua la porte derrière lui.
C’était bien pire que prévu, se rendit-elle compte en plongeant dans ses coussins, la gorge nouée. Comment faire pour se rattraper ? Comment se faire pardonner ?






à suivre...




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Alexiel
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MessageSujet: Re: Fleur dorée... (challenge 30 baisers)   Mer 28 Sep 2011 - 22:49

Comme je te le disais, cette partie m'a plu bien que t'es fait ta vilaine, j'aime toujours autant ton Azenor. Et puis bon il est un poil nunuche ton Lex, une vrai midinette.

Mais je veux la suite et vite !!!

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Chlo
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MessageSujet: Re: Fleur dorée... (challenge 30 baisers)   Mer 28 Sep 2011 - 23:03

Quwaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

Nan nan nan!!!!! reviens ici! La suite! T'as oublié la suite!

GRand dieu! Quel épisode! Quel mariage mais surtout... antoine Laughing Rohhhhh mais pourquoi faire ça au mariage Laughing nannnnnnnnnn azenor! Andouille!

(mais les cours de glaive et les résolutions rapides de meurtre sont justes à mourir de rire ^^ et les surnoms ^^ niak niak niak!)

Donc, amour, ramène tes charmantes fesses et je veux la suite!

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Sixpence
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MessageSujet: Re: Fleur dorée... (challenge 30 baisers)   Jeu 29 Sep 2011 - 21:14

la Chlexeuse en moi hurle "MAIS C'EST QUOI CE BORDEL !!!!" et en même temps je comprends un peu le pourquoi du comment. Azenor est une impulsive qui réfléchie aux conséquences de ses actes après coup. Voilà c'est le caractère de ton personnage et j'aime ça !

Et puis...avoue....tu t'es fait ton plaisir avec ce ship, je suis sûre que tu en mourrais d'envie sans savoir trop comment l'amener !

Autre chose, là on sent que le préfet il est bien amoureux de sa petite femme, mais, pas facile de tenir un tel animal en laisse !!!

Vivement la suite !
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Laenan
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MessageSujet: Re: Fleur dorée... (challenge 30 baisers)   Sam 1 Oct 2011 - 16:17


Shocked
Excellent ! J'ai adoré (bien que tu sois pas franchement sympa avec ce pauvre Lex !).
Heureusement, Azenor ressent de la culpabilité, c'est encourageant. Mais faire ça au mariage, quand même... Elles n'ont aucune tenue ces Gauloises ! Laughing

J'attends la suite avec impatience !


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MessageSujet: Re: Fleur dorée... (challenge 30 baisers)   

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Fleur dorée... (challenge 30 baisers)
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