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 [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex

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Evey
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Messages : 74
Date d'inscription : 26/09/2011

MessageSujet: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Lun 26 Mar 2012 - 15:41

Les purificatrices
Livre II : Lex

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.

Notes : ceci n'est pas la suite des Purificatrices livre I mais la même histoire racontée du point de vue de Lex et non de Chloé. Je vous conseille très fortement de lire d'abord le livre I pour éviter les spoilers.

Chapitre un

Je voyageais de jour et de nuit, plongé dans un livre. Même si je ne craignais pas le soleil grâce à mon talisman, il avait sur moi un effet de somnolence. La nuit, mes sens étaient bien plus aiguisés et mon esprit plus vif.

Il y avait un inconvénient à cela. Il était inconfortable de lire dans l'obscurité, même si mes sens me permettaient de distinguer aisément les lettres sur le papier. J'aurais ainsi pu m'en accommoder mais je préférais m'habituer à la lumière du soleil. En effet, m'efforcer de vivre le jour me donnait l'impression de préserver les vestiges de mon humanité.  De la même manière, je ne tuais pas les humains dont je me nourrissais. Je ne leur prenais que quelques gorgées de leur sang, les hypnotisais pour qu'ils oublient et ne soient pas en danger. Je buvais également du sang animal pour compléter mes besoins et apaiser totalement ma soif.

Ce jour là, je devais arriver en Russie. J'avais fait un long voyage, alternant le bateau, les trajets en calèche et la marche à pied, grâce à ma vitesse surnaturelle. En moins d'une semaine, j'étais sur le point d'arriver. Je consultai ma montre, qui me le confirma.

Sachant que mon cocher allait bientôt m'en avertir et me réclamer son dû, je me coiffai d'un chapeau. Étant seul dans le wagon, j'en avais profité pour l'enlever et exposer à l'air mon crâne lisse. Je le dissimulais le plus possible, car cela m'aurait fait repérer aux yeux de Klaus. J'avais perdu mes cheveux avant d'être un vampire, alors que je souffrais d'une maladie. J'aurais voulu mourir mais mon oncle, Michael, m'avait transformé de force en vampire. Cela m'avait guéri mais mes cheveux roux n'avaient pas repoussé. Je le vivais plutôt bien. En effet, je n'avais jamais beaucoup aimé mes cheveux et le fait d'avoir gardé un vestige de ma maladie me permettait de me sentir plus vulnérable, donc humain et de ne pas que considérer comme supérieur à eux, contrairement à Klaus.

Paradoxalement, je n'arrivais pas à détester Michaël pour cela. Certes, je lui en voulais mais il m'avait élevé comme son fils, depuis que j'avais perdu mes parents, cela étant arrivé avant que Michaël trouve un moyen d'accéder à l'immortalité. De plus, il y avait une chose que j'appréciais chez Michaël : il buvait du sang de vampire, ayant décidé de se nourrir de prédateurs et non d'innocents. C'était tout à son honneur et je l'admirais pour cela. D'ailleurs, j'avais essayé d'en faire autant mais me nourrir du sang de vampire m'avait rendu malade et n'avait pas calmé ma soif. Je ne savais pas comment il faisait. Peut-être que lorsque j'aurais neutralisé Klaus, il m'apprendrait à faire comme lui.

Klaus était spécial, en comparaison avec nous, ses pairs. Il était hybride, mi-vampire, mi-loup garou. Les sorcières lui avaient jeté un sort qui endormait son côté lupin et il voulait y remédier. Pour cela, il avait besoin du sang du sosie, une femme de la lignée Petrova qui ressemblait trait pour trait à son ancêtre, d'où le nom de sosie. Un rituel impliquant le sacrifice du sosie devait permettre à Klaus de réveiller son côté loup garou et de le rendre invincible, s'il ne l'était pas déjà.

Je chassai cette pensée. Il n'était pas invincible. Il ne devait pas l'être, sinon j'étais perdu.

Lorsque j'étais devenu un vampire, j'avais promis à la sorcière originelle d'arrêter Klaus. Je le faisais pour obtenir mon salut.

Les bruits de sabots des chevaux m'annoncèrent que la calèche était en train de ralentir et de s'arrêter.

Le cocher s'introduisit dans le wagon.

- Monsieur Luthor ?

Je lui adressai un signe de tête poli.

- Oui, Sergueï ?

Mon russe était parfait.

- Nous sommes arrivés à Moscou.

Je lui souris.

- Je vous remercie, Sergueï.
- Je vous en prie. Puis-je faire quelque chose pour vous ?

J'eus un instant d'hésitation. Il m'aurait été si facile de planter mes crocs dans son cou, de boire quelques gorgées de son sang et de l'hypnotiser afin qu'il oublie ce que je venais de faire et dissimule son cou. Cependant, je me l'interdisais. Je n'avais pas soif et je tentais de la réduire en buvant de moins en moins. En effet, lorsqu'on prenait l'habitude de manger moins, notre estomac rétrécissait et notre appétit diminuait. J'espérais que ce serait pareil avec le sang, pour les vampires. Quoi qu'il en soit, j'avais beaucoup progressé en matière de contrôle ces derniers temps.

Aussi, je secouai la tête en souriant.

- Non, Sergueï. Vous en avez fait bien assez.
- Tout le plaisir est pour moi, monsieur.

Il m'ouvrit la portière et m'aida à descendre. Je lui offris un généreux pourboire et il s'en alla. Je saluai alors le jeune homme qui m'attendait pour m'aider à porter mes bagages à l'intérieur de l'hôtel. Je payai la chambre pour plusieurs nuits et décidai de visiter un peu la ville.

Moscou ne ressemblait en rien aux villes que j'avais vues auparavant et j'avais pourtant beaucoup voyagé. C'était un endroit féérique, magique. Les habitations ressemblaient à des palais orientaux et colorés, me rappelant certains contes.

Je décidai de m'arrêter dans un restaurant. Je n'avais pas faim mais j'avais envie de goûter à la cuisine traditionnelle, par curiosité. L'avantage du sang chez les vampires était qu'il permettait au corps de fonctionner normalement et de se nourrir comme les humains. Cela ne remplaçait pas le sang mais permettait de se sentir plus humain, ce que j'appréciais, puisque j'y attachais beaucoup d'importance.
Je m'installai donc à une table, un livre à portée de main. Après avoir consulté le menu et choisi les plats dont les noms avaient une symphonie qui me séduisait, je lus et regardai autour de moi. Là, un détail retint mon attention.

Une jeune fille se trouvait à quelques tables de moi, seule. Elle regardait le menu. C'était très inhabituel de voir une demoiselle sans compagnie, d'autant plus qu'elle semblait très jeune. Elle retint mon attention pour une autre raison. Elle était brune. Les femmes dotées de cette chevelure sombre me troublaient toujours car ma mère elle même était brune. Elle m'avait quitté depuis si longtemps que voir des femmes brunes était un moyen de me rappeler d'elle.

De plus, cette jeune fille était jolie. Elle était très mince, frêle et semblait petite. Son petit visage triangulaire était doté d'un nez fin mais ce qui retenait le plus l'attention chez elle, c'était ses immenses yeux sombres.

Peut-être était-ce un prétexte pour lui parler, peut-être était-ce mon intuition mais je songeai qu'elle risquerait de se faire importuner par des hommes mal intentionnés, aussi je me levai et allai la voir.

- Mademoiselle ?

La jeune fille leva les yeux vers moi et son regard se fit craintif. Je lui adressai un sourire rassurant.

- Lex Luthor. Enchanté.

Je lui tendis la main. Elle la prit avec réticence et j'y déposai un bref baiser avant de la lui rendre.

- Et vous, quel est votre nom ?

La méfiance s'accrut dans son regard.

- Cela ne vous regarde pas.

Je ne me formalisai pas. Après tout, elle ne m'avait rien demandé.

- Qu'est-ce que vous me voulez ?

Je lui adressai mon sourire le plus doux.

- Je ne vous veux aucun mal. Comme vous êtes seule, je me faisais du souci pour vous.

Elle parut surprise.

- Pour moi ?

Je hochai la tête.

- Oui. J'avais peur que vous vous fassiez importuner par des hommes.

Je lui adressai un sourire désabusé.

- Mais visiblement, vous me considérez comme l'un d'eux et peut-être à raison. Vous m'en voyez désolé.

Alors que je lui tournais le dos, elle m'interpella.

- Monsieur Luthor !

Je m'arrêtai et me retournai. Son regard s'était radouci.

- Ne vous excusez pas.

Ses joues avaient rosi et elle reprit 
:
- C'est très gentil à vous de vous faire du souci pour moi. Mais rassurez-vous. J'attends mon cousin.

Je lui adressai un sourire.

- Vous m'en voyez rassuré.

Elle me sourit à son tour, ce qui dessina joliment ses pommettes et dévoila une rangée de dents blanches et parfaitement alignées. Elle était vraiment ravissante.

- Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à cette table.
Je désignai la dite table d'un hochement du menton et m'apprêtai à y aller.

- Je m'appelle Irina !

Je m'arrêtai et regardai la jeune fille.

- Irina ?

Elle acquiesça avec un sourire.

- Irina Petrova.

Petrova. Intérieurement, je tressaillis, mais à l'extérieur, je n'en laissai rien paraître. Je me penchai vers elle sans me départir de mon sourire.

- Enchanté, Irina Petrova.

Je lus un certain trouble dans ses grands yeux et il me sembla que je ne la laissais pas indifférente. J'avais l'habitude de séduire les femmes mais là, cela me faisait plus plaisir que d'ordinaire.
Je pris congé d'elle et m'assis à ma table. C'était le destin qui m'avait poussé à entrer dans ce restaurant. En effet, il y avait des chances pour qu'Irina soit celle que je cherchais, car je cherchais les Petrova. Peut-être même était-elle le sosie. Cela renforçait mes motivations et l'idée que Klaus fasse du mal à une jeune fille si vulnérable m'emplissait de colère.

Quoi qu'il en soit, il fallait que je la revoie.

Les jours suivants, je revins dans le même restaurant. En vain. Je me rendis alors au service des renseignements. Un homme d'âge moyen m'accueillit.

- Bonjour, le saluai-je avec courtoisie.

Il m'adressa un regard interrogateur.

- Bonjour, monsieur ?

- Luthor. Lex Luthor.

L'homme se leva et me serra la main.

- Enchanté, monsieur Luthor. Êtes vous d'origine américaine ?

J'acquiesçai d'un signe de tête.

- Mon père était américain.

L'homme haussa les sourcils.

- Était ?

J'acquiesçai de nouveau.

- Mes parents sont morts il y a longtemps.

   « Longtemps » n'avait bien sûr pas le même sens pour mon interlocuteur que pour moi. Il parut gêné.
- Vous m'en voyez désolé. Je ne voulais pas être indiscret.

Je lui adressai un sourire amusé.

- Ne vous inquiétez pas pour cela, car c'est moi qui vais être indiscret à présent.

L'homme haussa de nouveau les sourcils.

- Vraiment ?

J'esquissai un sourire en coin.

- Je suis ici pour cela, non ?

Mon interlocuteur s'autorisa un sourire.

- En effet, mais encore faudra-t-il que je vous laisse arriver à vos fins.

Mon sourire s'élargit, comme pour lui signifier que j'acceptais son défi.

- Je vous écoute, m'invita-t-il.

Je n'allais pas y aller par quatre chemins.

- Je recherche la famille Petrova.

- Petrova ? répéta l'homme.

Je hochai la tête.

- Petrova, confirmai-je. Y a-t-il plusieurs familles portant ce nom à Moscou ?

Je priai pour que la réponse soit négative.

- Je ne sais pas. Je connais une famille de ce nom mais il y en a peut-être d'autres.

Sur ces mots, il fouilla dans ses dossiers. Ceux-ci étaient classés par ordre alphabétique, aussi ce fut relativement rapide.

Il sortit finalement un vieux classeur.

- Voilà. Il n'y a rien d'autre sur ce nom, ce qui signifie qu'il n'y a pas d'autres Petrova à Moscou.

J'attendis qu'il ouvre le classeur mais il n'en fit rien.

- Que voulez vous savoir sur eux ?

- L'endroit où ils habitent.

L'homme m'adressa un regard suspicieux.

- Pourquoi cela ?

Je ne manifestai pas d'impatience.

- Je suis historien et en ce moment, j'étudie leur famille.

L'homme parut sceptique.

- Qu'est-ce qui vous intéresse chez elle ?

Je plongeai mon regard bleu dans le sien.

- Plusieurs choses. Leur prospérité. Et aussi...

Je marquai une hésitation volontaire.

- Oui ? m'encouragea mon interlocuteur.

Je me penchai vers lui et baissai la voix.

- Cela restera entre nous ?

Ma tentative pour le harponner fonctionna. Après tout, les hommes comme lui étaient curieux, c'était nécessaire pour leur métier.

- Vous pouvez compter sur moi, monsieur Luthor.
- Il y a ce qu'on appelle des sosies dans cette famille.
- Des sosies ?
- Des femmes qui ressemblent trait pour trait à leurs ancêtres.

Il parut intrigué.

- C'est possible ? Je veux dire, les enfants ne ressemblent pas trait pour trait à leurs parents alors comment se fait-il que ce soit le cas avec leurs ancêtres ?

J'esquissai un sourire énigmatique.

- C'est le mystère que j'essaie d'élucider. Si vous m'aidez, je vous ferai part du fruit de mes recherches.

L'homme parut réfléchir, puis acquiesça.

- D'accord. Je vais vous donner leur adresse.

Il fouilla dans le classeur et repéra l'adresse, qu'il recopia sur une feuille libre. Puis il me la tendit.

- Merci, dis-je.
- Je vous en prie. Si vous voulez consulter ces archives, elles sont à votre disposition.

Je le remerciai de nouveau et feuilletai le dossier, à la recherche de portraits de femmes ressemblant à Irina. Je voulais savoir si elle était le sosie. Cependant, je ne trouvai rien. Mon attention fut cependant vaguement retenue par le portrait d'une belle femme brune dont Irina était la descendante mais elle ne lui ressemblait pas, pas comme un sosie en tout cas.

Je refermai le dossier.

- Tenez. Je reviendrai le consulter plus tard.

L'homme qui m'avait accueilli et aidé le prit pour le ranger.

- Très bien. Vous avez trouvé quelque chose ?
- Quelques pistes, éludai-je.
- Désirez-vous autre chose ?
- Une dernière chose, déclarai-je.

À nouveau, je plongeai mon regard dans le sien.

- Vous ne raconterez à personne qu'un homme du nom de Lex Luthor est venu vous voir, vous a parlé de sosies et de la famille Petrova. Vous n'en parlerez à personne et surtout pas à un dénommé Klaus, même s'il vous hypnotise.

À ses pupilles dilatées, je vis que l'homme était sous mon emprise.

- Je ne le répéterai à personne, acquiesça-t-il docilement.

- Bien. Maintenant, faites comme si je n'étais jamais venu. Au revoir, monsieur.

- Au revoir, monsieur Luthor.

Je pris congé de lui, l'adresse en main. Je n'étais pas mécontent de moi ; J'avais réussi à lui soutirer toutes les informations que je souhaitais sans avoir eu recours à l'hypnose. Certes, je m'en étais servi à la fin mais c'était uniquement par mesure de précaution, pour empêcher Klaus de me démasquer. J'avais pour principe de n'utiliser l'hypnose que lorsque c'était indispensable et ce n'était pas ce jour là que j'avais trahi mes principes.

Je me rendis à la demeure des Petrova. Je ne pouvais pas tenter une approche frontale, au risque de rencontrer Klaus. Aussi, j'errai dans les jardins, à bonne distance de la maison, en espérant apercevoir Irina. Alors que l'après midi était bien avancé, je vis une jeune fille en robe blanche quitter la demeure et s'installer sur un banc, dans le jardin. En la reconnaissant, un sourire se dessina sur mes lèvres et je m'approchai d'elle.

- Bonjour, Irina.

La jeune fille sursauta et leva les yeux vers moi.

- Monsieur Luthor !

Un sourire illumina son petit visage.

- Que faites vous ici ?

Je lui adressai un sourire énigmatique.

- En vérité, j'avais envie de vous revoir.

Irina s'empourpra et ses yeux s'agrandirent.

- Me revoir ? Moi ?

Je hochai la tête.

- Cela vous surprend ?

Elle hésita un instant avant de confesser :

- Oui, je l'avoue.
- Pourquoi cela ?

Elle esquissa un sourire triste.

- Ma sœur est bien plus convoitée que moi.
- Votre sœur ? Je ne la connais pas.

Toutefois, il me faudrait m'y intéresser, si c'était elle le sosie et non Irina. Je regardai Irina d'un air inquiet.
- J'espère que vous ne m'en voulez pas d'avoir voulu vous retrouver. Je voulais vous protéger des autres hommes, quand je vous ai rencontrée et voilà que je suis comme eux.

Irina secoua vivement la tête.

- Non.

Elle marqua une pause avant d'ajouter :

- Vous n'êtes pas comme eux. Je crois que j'ai confiance en vous. Ai-je raison ?

Je la dévisageai longuement avant de répondre :

- Vous avez raison. Je ne suis pas mal intentionné, au contraire.

Un sourire éclaira son visage.

- J'en suis heureuse.

Je posai ma main sur la sienne.

- Merci de me faire confiance.

Nous nous regardâmes et je songeai que sa sœur devait vraiment être belle pour l'éclipser. Je ne savais pas si Irina était belle, selon les critères de l'époque, mais elle avait beaucoup de charme et des atouts non négligeables, à commencer par ses grands yeux sombres et son sourire, ainsi que sa chevelure d'ébène. C'était parce que je la trouvais si jolie et fragile que je n'avais pas l'impression de jouer avec ses sentiments en lui montrant mon intérêt pour elle. Je ne faisais pas semblant.

- Et si nous allions faire une promenade en ville ?

Irina parut hésiter.

- En tout bien tout honneur, la rassurai-je. Nous serions de retour dans une heure.

Ces arguments semblèrent la convaincre.

- D'accord.

Nous quittâmes le domaine des Petrova et montâmes dans la calèche que j'avais louée pour venir jusque chez elle. Nous roulâmes en silence et nous nous arrêtâmes dans un salon de thé, choisi par Irina. Lorsqu'elle m'avait demandé où nous allions, je lui avais répondu : « Où vous voulez », par galanterie et parce qu'elle connaissait mieux Moscou que moi.

Nous nous installâmes dans le salon, à un endroit discret. J'avais demandé à ce que personne ne nous dérange, ce qui rassura Irina.

- Parlez-moi de vous, me demanda-t-elle. Qui êtes vous ?

Je secouai la tête en souriant.

- Non. Aujourd'hui, c'est moi qui veut tout savoir de vous. Vous êtes bien plus intéressante que moi.

Elle secoua la tête.

- Je ne suis pas d'accord.

Je secouai la tête, amusé.

- Dans ce cas, je vous parlerai de moi demain, cela vous va ? Cela nous permettra de nous revoir.

Elle acquiesça joyeusement.

- Ça me va.

Elle me raconta alors qu'elle était la sœur cadette de Katrina, et me confia qu'elle enfreignait les règles en me voyant. En effet, ses parents lui avaient interdit de parler aux hommes depuis que sa sœur était tombée enceinte et aurait pu déshonorer la famille si on l'avait su. Elle était surprise elle même de m'accorder une telle confiance en me disant cela. Elle avait toujours vécu dans l'ombre de sa sœur.

Elle me montra alors une photo d'elle. Je déglutis. Katrina était en effet belle, mais j'avais déjà vu son visage, dans les archives du service des renseignements. Ce qui signifiait qu'elle était le sosie. Toutefois, je ne laissai pas paraître mon trouble devant Irina. Je ne voulais pas qu'elle s'inquiète ou bien qu'elle croie que mon trouble était dû à la beauté de Katrina et que je la préférais à elle, ce qui était faux.

Irina me raconta alors que depuis quelques temps, sa famille avait un invité, qui faisait la cour à Katrina. Cependant, Katrina avait confié à sa petite sœur que ses attentions ne semblaient pas désintéressées, elle ne lui faisait pas confiance. Irina partageait son avis. Non seulement elle ne faisait pas confiance à Klaus, mais elle en avait peur.

Je regardai Irina d'un air sérieux.

- Vous êtes intuitive, Irina. Vous avez raison de m'accorder votre confiance, et de ne pas l'accorder à Klaus.

Elle me regarda d'un air surpris.

- Mais comment en être sure ? Vous connaissez Klaus ?

J'acquiesçai.

- Si on veut.

Je sortis alors un papier et écrivis une lettre. Je la glissai dans une enveloppe et la donnai à Irina.

- J'aimerais que vous donniez cette lettre à votre sœur.
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Evey
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MessageSujet: Re: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Mar 3 Avr 2012 - 21:32


Chapitre deux

Irina regarda l'enveloppe, hésitant visiblement à la prendre.

- Ce n'est pas une lettre d'amour, la rassurai-je. Cette lettre contient des informations sur Klaus. Je préférerais que vous ne la lisiez pas car le contenu pourrait vous bouleverser profondément ou me faire passer pour un fou. Mais il faut que votre sœur soit au courant de ce qui l'attend. Ensuite, je la cacherai et mettrai Klaus hors d'état de nuire.

Irina écarquilla les yeux, effrayée.

- Que se passe-t-il ?
- Il vous suffit de lire la lettre pour le savoir. À vous de décider.

Irina prit l'enveloppe d'une main tremblante et la contempla en silence. Puis elle me regarda.

- C'est d'accord. Je vais la lui transmettre.
- Allez vous la lire ?

Irina secoua la tête.

- Je ne pense pas. Cela me fait peur.

Je me sentis soulagé.

- C'est une sage décision. Merci, Irina.

Elle esquissa un sourire qui n'atténua pas la peur dans son regard.

- Je vous fais confiance. Merci à vous de nous protéger, ma sœur et moi.

Je ramenai Irina chez elle avant que quelqu'un ne s'aperçoive de son absence. Le lendemain, alors que j'allais lui rendre visite, elle se précipita vers moi, paniquée.

- Lex ! Mon dieu, Lex !

Je la saisis doucement par les épaules.

- Du calme, Irina. Qu'avez-vous ?
- Katrina s'est enfuie.

Je n'étais guère surpris. Pourtant, cela signifiait que mon plan avait échoué. Katrina ne devait pas agir à sa guise mais faire ce que je lui disais, ce que je lui avais expliqué précisément dans la lettre. Il fallait que je sache où elle était et m'assurer que Klaus ne la retrouve pas.

- Je vais vous aider à la retrouver. Et je la protégerai.

Irina laissa échapper un sanglot et fit quelque chose qui me surprit. Elle se jeta dans mes bras.

- Merci, Lex.

J'étais surpris qu'elle ne me rende pas responsable de la disparition de sa sœur. Soit elle me faisait aveuglément confiance, soit elle était assez intelligente pour comprendre mes intentons et la réaction de sa sœur.

Je décidai d'aller voir une sorcière pour localiser Katrina. J'en trouvai une assez facilement à quelques kilomètres de Moscou, car j'avais des contact avec de nombreuses sorcières dans le monde. Celle ci parut réticente à m'aider et méfiante, puis lorsque je lui expliquai qui j'étais, qui était Klaus, elle comprit.

- Vous voulez l'empêcher d'accomplir son rituel.

J'acquiesçai.

- Oui.

Un détail me contraria.

- Vous connaissez l'histoire du sosie et vous ne faites rien ?

Sonia me lança un regard dédaigneux.

- Même si Klaus accomplissait le rituel, il ne serait pas au bout de ses peines.

Je fronçai les sourcils.

- Que voulez vous dire ?
- Encore faudrait-il qu'il réussisse à créer d'autres hybrides et il ne saurait pas comment faire.
- Qu'est-ce qu'il devrait faire ?

Sonia secoua la tête, sans se départir du dédain affiché sur son visage.

- Ne comptez pas sur moi pour vous le dire, vampire.

Je soupirai.

- Très bien. Je comprends. Dites moi au moins comment retrouver Katrina, avant que Klaus ne la retrouve.

La sorcière parut songeuse.

- Il existe des rituels de localisation.

Elle consulta son grimoire.

- Il en existe plusieurs. Mais pour cela, j'aurai besoin d'un objet lui appartenant et de son sang.

Un objet lui appartenant, ce ne serait pas difficile. Mais son sang...une idée me vint à l'esprit.

- Et s'il s'agit du sang de quelqu'un de sa famille ?

Je refis le voyage pour Moscou et une semaine plus tard, fus de retour chez les Petrova. Irina se jeta dans mes bras.

- Lex ! Vous m'avez manqué !

Je lui rendis son étreinte, puis me détachai d'elle et la dévisageai.

- Avez-vous retrouvé Katrina ?

Je secouai la tête.

- Pas encore.

Je plongeai mon regard dans le sien.

- Irina, j'ai besoin de votre aide.

Peu de temps après, je repartais, une fiole contenant le sang d'Irina dans mes affaires. J'avais réussi à résister à la tentation en voyant son sang couler de son doigt et je n'avais même pas léché la coupure, ce qui m'aurait fait passer pour malsain aux yeux d'Irina. En effet, elle n'avais visiblement pas lu la lettre de Katrina.

Quelques jours plus tard, j'étais de retour chez Sonia. Je lui montrai le sang.

- Peut-on commencer le rituel ?

Elle secoua la tête.

- Surtout pas, ignorant !

Je ne songeai pas à m'offusquer.

- Éclairez-moi, s'il vous plaît.
- Cette nuit est une nuit sans lune.

Je haussai les sourcils.

- Et alors ?

- Il ne faut pas pratiquer la magie lors d'une nuit sans lune, à moins de vouloir invoquer les forces obscures et de leur offrir notre âme en échange.

J'opinai de la tête.

- D'accord. Excusez mon ignorance. Pourrons nous commencer le rituel demain ?

Elle acquiesça.

- Oui. Pas avant.

- Puis-je user de votre hospitalité cette nuit, dans ce cas ?

La sorcière me regarda durement.

- Je n'héberge pas de vampires, monsieur Luthor. Désolée.

Je souris.

- Je comprends. Bonne nuit, Sonia.

Sur ces mots, je quittai la maison et me couchai devant les marches. Un vampire pouvait s'adapter à tout.
Le lendemain matin, les rayons de soleil me réveillèrent, leur caresse m'apportant une douce chaleur. Je me réjouis d'être de nouveau capable d'apprécier le soleil. Je restai sur les marches et lus quelques livres pour passer le temps. La sorcière ne voudrait pas que je rentre chez elle avant la tombée de la nuit. Comme elle m'avait déjà invité une première fois, j'aurais pu revenir contre son gré mais je ne le fis pas, pour lui montrer que je la respectais.

J'en profitai pour chasser. Seulement des animaux, bien sûr, car la sorcière habitait en forêt. J'eus un pincement au cœur devant ces animaux morts. Je pouvais me nourrir des humains sans tuer mais avec les animaux, c'était différent. J'espérais que cela changerait un jour.

Lorsque le ciel s'assombrit, la porte s'ouvrit derrière moi.

- Entrez, Lex.

Je notai qu'elle m'avait appelé par mon prénom, ce qui était un progrès.

- Merci, Sonia.

Je lui adressai un sourire auquel elle ne répondit pas et elle s'effaça pour me laisser entrer.

- Nous pouvons commencer, déclara-t-elle
.
Elle traça un cercle à même le sol avec du sel et me demanda de rester à l'extérieur.

- Les vampires ne pratiquent pas la magie, expliqua-t-elle. Les sorcières servent la nature, or les vampires sont une abomination de la nature.

Je hochai la tête, compréhensif.

- Je vois. Mais je tiens à vous aider dans la mesure de mes moyens.
- Donnez moi l'objet appartenant à Katrina.
- D'accord.

Je sortis de ma poche une bague, que je lui tendis. Elle la prit et la posa à l'intérieur du cercle.

- Le sang.

Je lui tendis la fiole.

- Tenez.

Elle la prit et fit couler le sang à l'intérieur du cercle, en récitant une formule dans une langue inconnue. Elle prit ensuite la bague dans ses mains et le fit flotter dans les airs, tout en continuant de réciter ses incantations.

Soudain, la bague retomba à terre avec un bruit violent, puis j'eus l'impression qu'on avait coupé le son. Sonia s'était tue.

Elle sortit du cercle.

- Est-ce que ça va ? m'enquis-je.

Elle me regarda et reprit ses esprits.

- Moi, oui. Mais le rituel a échoué.

Heureusement, j'étais doué pour garder mon sang froid.

- C'est impossible, dis-je.

Elle secoua la tête.

- Je vous assure que si. Katrina ne peut plus être localisée et c'est mauvais signe. Cependant, j'ai perçu autre chose.
- Quoi ?
- Celle qui vous a fourni ce sang est en danger.

Je me précipitai dehors et fis une partie du trajet à pied, usant ma vitesse surnaturelle, puis montai dans la première calèche que je trouvai. Quelques jours plus tard, j'étais à Moscou. Je me rendis à la demeure des Petrova. Alors que je m'apprêtais à franchir le portail, une main se posa sur mon épaule.

Je me retournai et vis un homme aux cheveux bruns dont le visage m'était familier. Je tressaillis.

- Elijah ?

Il me salua d'un signe de tête.

- Bonjour, Lex. Cela faisait longtemps.

J'ouvris le portail.

- On discutera plus tard.

Elijah posa sa main sur mon bras pour m'arrêter.

- Je te préviens, ce n'est pas joli à voir.

Je fis volte face pour le regarder.

- Pourquoi ?
- Klaus les a tout tués.

Une sensation de froid glacial m'envahit.

- Je ne te crois pas. Pourquoi aurait-il fait cela ?

Je savais bien que ce n'était pas les scrupules qui empêcheraient Klaus de tuer des humains, mais il ne l'avait sans doute pas fait sans raison.

- Pour se venger de Katrina.
- Parce qu'elle lui a échappé ?

Elijah secoua la tête.

- Pourquoi ? insistai-je.

Il posa son regard brun sur moi.

- Parce qu'elle s'est transformée en vampire.

Je déglutis.

- Cela veut dire qu'il ne peut plus s'en servir pour son rituel.

Elijah acquiesça.

- Exactement.

Il marqua une pause et reprit:

- Tu devrais t'en réjouir. Klaus devra attendre des siècles avant de trouver le sosie. Il va sûrement hiberner pendant quelque temps. Cela te laissera du temps pour faire des recherches ou pour faire une pause. Tu dois être las de nous traquer sans relâche.

Je grommelai un juron.

- Me réjouir ? Alors que toute une famille est morte ?

Sur ces mots, je franchis le portail et m'aventurai à l'intérieur, ignorant les protestations d'Elijah.

Une odeur de sang régnait à l'intérieur. Cependant, ce n'était pas un fumet qui attisait ma soif car il ne s'agissait pas de sang chaud et vivant mais de sang mort. En outre, l'odeur pestilentielle qui confirmait la présence de nombreux cadavres rivalisait avec l'odeur du sang, me donnant la nausée.

J'entrai dans une pièce au hasard et découvris deux corps d'hommes, les yeux grands ouverts. Je parcourus chaque pièce, jusqu'à arriver à ce que je supposais être la chambre d'Irina. Je ne m'étais pas trompé. À l'intérieur se trouvait Irina, étendue sur son lit, les yeux grands ouverts. Son teint grisâtre lui avait retiré une bonne partie de sa beauté. Je posai ma tête sur sa poitrine. Son cœur ne battait plus et il n'y avait plus la moindre parcelle de vie en elle.

J'envisageai un instant de lui faire boire mon sang pour la ressusciter. Mais c'était impossible. Il était trop tard. Même si cela n'avait pas été le cas, il y aurait eu de fortes chances que cela la transforme en vampire. Or je ne le souhaitais pas pour elle. Il valait mieux qu'elle repose en paix.

Je lui fermai les yeux et caressai un instant sa joue glacée, avant de me relever.

- Adieu, petite Irina, murmurai-je.

Sur ces mots, je quittai la chambre, puis la demeure. Elijah m'attendait.

- Je dois rejoindre Klaus. Mais avant, sache que cela ne me fait pas plus plaisir qu'à toi.

Je fronçai les sourcils.

- Que veux-tu dire ? Tu as tout fait pour aider Klaus à pratiquer le rituel.
Elijah acquiesça.

- Oui, pour des raisons que je ne peux te dévoiler. Mais je tenais à Katrina. Je voulais la ramener à la vie après le rituel.

Un sentiment d'amertume m'envahit. Comme si c'était possible.

- Que vas-tu faire ? s'enquit Elijah.
- Prévenir la police.

Elijah n'émit aucune objection, bien que nous sachions tous les deux qu'ils ne retrouveraient jamais le coupable.

- Va rejoindre Klaus, le congédiai-je.

Elijah posa sa main sur mon épaule.

- Au revoir, cousin.

Sur ces mots, il s'éloigna et disparut.

Je me rendis au commissariat de police pour raconter ce qui s'était passé. Je me laissai interroger et ils me laissèrent repartir. Ensuite, j'aidai les amis des Petrova à organiser les obsèques. J'y assistai, impuissant, silencieux. Mon esprit était embrumé, de sorte que je n'entendais que ce qui avait trait à Irina. Je remarquai alors qu'ils ne parlaient pas beaucoup d'elle. Elle était si discrète qu'elle en était insignifiante aux yeux des autres, mais pas aux miens. En revanche, ils parlèrent beaucoup de Katrina, celle dont on n'avait pas retrouvé le corps, et de l'espoir qu'elle soit vivante quelque part.

S'ils avaient su.

Lorsque la cérémonie prit fin, je restai avec les amis endeuillés des Petrova et plus spécialement ceux d'Irina, qui n'étaient pas très nombreux, mais existaient néanmoins. Il s'agissait exclusivement de filles, car elle n'avait pas le droit de voir des garçons et avant de me rencontrer, était sans doute trop timide pour en avoir.

Je partis au bout d'un mois. Ma destination était l'Amérique. Je me rendis à la tombe cachée de Michaël, lequel était complètement desséché, comme une momie. Je m'entaillai et fis couler un peu de mon sang sur ses lèvres.

Cela fonctionna. Bientôt, la momie se transforma et reprit un visage normal. Ce n'était pas un visage jeune et beau, contrairement à l'idée que l'on se faisait des vampires, mais un visage familier. Il leva ses yeux clairs vers moi.

- Bonjour, Michaël.

Comme il était encore trop faible pour me répondre, je collai mon poignet ensanglanté et le fit boire.
Au bout d'un moment, il s'arrêta.

- Stop. Je ne veux pas abuser de ton sang, Lex.

J'enlevai alors mon poignet, qui cicatrisa presque aussitôt et aidai Michaël à se redresser.

- Je croyais que vous n'aviez aucun scrupule à vous nourrir des prédateurs, dis-je.

Michaël acquiesça.

- Bien sûr. Mais tu es quelqu'un de bien. Je t'aime beaucoup, Lex.

Il y avait quelques mois de cela, j'aurais souri. Mais depuis la mort d'Irina, j'en avais perdu l'envie.

- Tu es venu me parler de Klaus ?

J'acquiesçai.

- Il a trouvé le sosie. Mais le sosie s'est échappé et s'est transformé en vampire.

Michaël hocha la tête
.
- Je vois. Cela me laisse le temps de me reposer avant de m'occuper de lui.
-Je peux m'occuper de lui, moi. Mais j'ai besoin de vos conseils.

Michaël esquissa un sourire.

- Pendant ma période d'hibernation, j'ai eu accès à un savoir supérieur. Veux-tu que j'en partage quelques bribes avec toi ?

J'acquiesçai poliment.

- S'il vous plaît.

Michaël esquissa un sourire amusé.

- Toujours aussi bien élevé, Lex.

- Je vous écoute.

Michaël secoua la tête.

- J'aimerais d'abord que nous sortions de ce trou. Et que nous discutions devant un bon repas. Un repas humain, s'entend.

Nous quittâmes le tombeau et gagnâmes la ville la plus proche. Nous nous installâmes dans un restaurant.

- C'est gentil de m'inviter, Lex. Tu n'étais pas obligé.

Je le savais. Michaël était assez intelligent pour avoir caché son argent dans son tombeau.

- Cela me fait plaisir.

Nous commandâmes et commençâmes à manger.

- J'ignore si c'est dû au fait que j'aie renoncé au sang humain mais je suis de plus en plus capable d'apprécier la nourriture humaine.
- Je vous envie, dis-je.

Michaël sourit.

- Trêve de futilités, mon enfant. Venons en au fait.

Je l'observai avec attention.

- Les vampires ne sont pas les seules créatures surnaturelles. Le savais-tu ?

Je hochai la tête, surpris par cette révélation qui n'en était pas une, tant elle était évidente.

- Oui, bien sûr. Il y a les loups garous et les sorcières.

Michaël secoua la tête.

- Oui, mais pas seulement. Il y a aussi les anges.

Je ne pus cacher mon incrédulité.

- Les anges ?

Michaël acquiesça.

- Les anges, confirma-t-il.

Il sourit.

- Vois-tu où je veux en venir ? Si les anges existent, cela signifie que...

Il me laissa le soin de finir.

- Dieu existe.

Il acquiesça en souriant.

- Oui.

Je ne dis rien, stupéfait. Moi, j'y avais toujours cru. Si le surnaturel existait, il était impensable qu'une entité surnaturelle supérieure à tout n'existe pas. En outre, si je m'efforçais d'être une bonne personne, c'était aussi parce que je croyais en Dieu. Mais si Michaël croyait en Dieu, comment avait-il pu tous nous damner ?
Michaël parut lire dans mes pensées.

- Je sais ce que tu penses. À l'époque, je ne croyais pas en Dieu. Mais les choses ont changé et c'est pour cela que je veux réparer mes erreurs. C'est pourquoi je te suis très reconnaissant de m'y aider.
- La présence de Dieu et d'anges va nous y aider, elle aussi ?

Michaël acquiesça.

- Oui. Dieu envoie régulièrement des anges sur Terre afin de rétablir l'équilibre perturbé par les vampires. Il s'agit de duos d'anges, dont l'un tue les vampires et l'autre soigne les blessures. Ces anges naissent dans des corps humains et ont besoin d'un élément déclencheur pour retrouver leur immortalité.

- Et que se passe-t-il si cet élément déclencheur se produit ? Leur immortalité leur donne plus de pouvoirs ?

Michaël secoua la tête.

- Je ne sais pas très bien. Je crois qu'ils se souviennent de leur véritable rôle, mais seuls les anges savent de quoi il s'agit.

Je fronçai les sourcils.

- Et que se passe-t-il si l'élément déclencheur ne se produit pas ?
- Ils vieillissent et meurent. Je suppose qu'ils regagnent alors le Paradis, j'ignore si la mémoire leur revient une fois morts.

Je hochai la tête.

- En tout cas, leur aide peut-être précieuse pour un vampire originel tel que Klaus.
Michaël acquiesça.

- Oui. Après, la question est de les retrouver. Dieu ne crée qu'un duo par siècles et je n'ai jamais entendu parler d'anges dont l'élément déclencheur s'est produit. Cela signifie qu'il est difficile de mettre la main dessus.

Je trouvais son histoire un peu tirée par les cheveux, mais c'était sans doute le seul moyen de tuer Klaus sans mourir avec lui.

- D'accord, dis-je. Nous devons donc retrouver les anges.

Michaël dodelina de la tête.

- Pas exactement. Moi, je vais essayer de capturer Klaus. Toi, tu vas tenter de trouver les anges.

Je comprenais ce qu'il entendait par là. Une fois de plus, je ferais cavalier seul.
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MessageSujet: Re: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Mer 4 Avr 2012 - 10:40

Salut

Je viens de découvrir ta fiction et elle est très bien écrite, je suis impatiente de lire la suite.

I love you Cheerleader Love
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Evey
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MessageSujet: Re: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Lun 16 Avr 2012 - 12:36

Merci, Véroni! Désolée pour le retard de ma réponse, j'étais occupée la semaine dernière. Voici la suite.


Chapitre trois

Plusieurs siècles s'étaient écoulés. Je n'avais pas revu Michaël et perdu la trace de Klaus. Je m'étais consacré à étudier les anges et à chasser mes semblables, du moins ceux qui s'en prenaient aux humains.
Cela n'avait pas été totalement inutile. Je savais comment reconnaître un ange si j'en rencontrais un. Ils ne se différenciaient que peu des humains, si ce n'était qu'ils avaient un physique avantageux et quand on les touchait, on ressentait une sensation de chaleur, de vie. Je savais qu'ils avaient tout oublié de leur vie passée donc si je mettais la main sur un duo d'anges, je devrais tout leur apprendre. À l'aide de sorcières, j'avais mis au point des détecteurs d'anges.

J'avais emménagé à Mystic Falls, où j'avais fait construire un manoir au dix-neuvième siècle, en périphérie de la ville. J'avais été attiré par cette ville car il m'avait semblé qu'elle attirait les vampires et les sorcières. Peut-être attirait-elle également les anges.

J'avais envoyé des émissaires à la recherche d'anges pour répertorier tous ceux qui avaient existé. Ils s'étaient avérés efficaces. Ils cherchaient les anges encore existants à l'aide des détecteurs que les sorcières avaient créés, qui consistaient en plusieurs paires de gants émettant des vibrations.
J'avais aussi appris à chasser mes propres pairs et enseigné la traque des vampires à des gens. Tout cela, en cachette des familles fondatrices. En effet, les membres des familles fondatrices de la ville connaissaient l'existence des vampires et les frères Salvatore s'étaient alliés à elles alors qu'ils étaient eux même des vampires. Moi, je ne voulais pas prendre ce risque. Lorsqu'elles avaient trouvé le moyen d'identifier les vampires qui cohabitaient avec eux, les familles fondatrices les avaient tous éliminés sans distinction, sans chercher à différencier les « bons » vampires des « mauvais ». Pourtant, certains étaient inoffensifs.
Par conséquent, s'ils avaient réussi à percer à jour ma vraie nature, ils s'en seraient pris à moi. Certes, ils n'auraient pas pu me tuer mais j'aurais été obligé de subir leur traque et de me cacher ou de déménager. Aussi, je me faisais discret.

Cependant, j'avais fait confiance à un humain qui avait servi les Lockwood, avant de démissionner. Il s'agissait d'un vieil homme du nom d'Alfred qui avait tout de suite suscité ma sympathie et ma confiance. Je l'avais engagé et aujourd'hui encore, il travaillait pour moi. Il s'était avéré être une perle, cuisinier et majordome à la fois. En revanche, je ne le laissais pas faire le ménage car il était trop fatigué pour cela. Aussi, j'avais engagé quelqu'un d'autre qui venait deux à trois fois par semaines.

Alfred connaissait mon secret et je n'avais pas eu à l'hypnotiser pour qu'il ne prenne pas la fuite et fasse preuve de discrétion. De toute façon, il avait coupé tout contact avec les Lockwood, aussi je ne risquais rien. Ce qui était amusant avec lui, c'était qu'il ressemblait trait pour trait au majordome de Batman, en plus d'avoir le même nom. Impossible de ne pas rire devant une telle coïncidence.

J'étais dans mon bureau quand Alfred vint me voir. Je lui adressai un signe de tête poli.

- Monsieur Lex, me salua-t-il.
- Tout va bien, Alfred ?

Il hocha la tête.

- Oui, je vous remercie de vous en inquiéter.
- Dites moi ce qui vous amène, dans ce cas.
- Je voulais vous prévenir que vos nouveaux élèves sont arrivés.
- Ils sont dans le gymnase et vous attendent.

Je me levai.

- Très bien. Merci, Alfred.

Je me rendis dans le gymnase et découvris des adolescents, pour l'essentiel des jeunes filles. La cible favorite des vampires. Il était donc compréhensible qu'elles veuillent apprendre à se défendre. Cependant, j'avais besoin de former des chasseurs professionnels et ces jeunes filles me paraissaient un tantinet trop frêles. Toutefois, rien ne m'empêchait de leur enseigner les bases.

- Bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Lex Luthor.
- Bonjour, me répondirent les élèves en chœur.

Je me mis à arpenter la salle en passant entre mes interlocuteurs.

- Je sais ce que vous attendez de moi. Que je vous apprenne à vous battre. Cependant, je forme des chasseurs professionnels. Des chasseurs de vampires, croyez-le ou non.

Je marquai une pause. Il n'y eut aucun ricanement ou manifestation d'incrédulité parmi les présents.

- Si vous voulez apprendre à vous défendre, je vous conseille de vous en aller et de prendre des cours d'arts martiaux ailleurs. Je ne retiens personne, d'autant plus que j'ignore si vous ferez l'affaire. Je ne garde pas ceux qui ne s'avéreront pas aptes à tuer des vampires. C'est trop risqué. Si vous voulez partir, je vous invite à le faire dès maintenant. Je ne m'en formaliserai pas.

Personne ne s'en alla. En revanche, une jeune fille leva la main.

- Oui ? l'invitai-je à parler. Quel est ton nom ?

Elle me regarda d'un air de défi

- Bree. Mon petit-ami a été vidé de son sang. Officiellement, on parle d'agression animale. Mais je n'y crois pas, d'autant plus que j'ai entendu dire que les familles fondatrices sont mêlées à des histoires de vampires.
Je hochai la tête patiemment.

- Je suis désolé pour ton petit-ami, Bree. Cependant, tes motivations ne doivent pas être de te venger personnellement. La vengeance peut aveugler et pousser à manquer de discernement. Par conséquent, on ne peut pas distinguer les bons vampires des mauvais.

Bree eut un hoquet d'indignation.

- Parce qu'il y a des bons vampires ? s'exclama-t-elle.

Je hochai la tête, imperturbable en dépit de son incrédulité.

- Oui. Il y a des bons et des mauvais humains alors pourquoi ce serait différent chez les vampires ?

Bree secoua la tête.

- Conneries, cracha-t-elle.
- Surveille ton langage, jeune fille.

Je balayai l'ensemble des présents du regard.

- Vous devez être là parce que vous êtes prêts à protéger vos prochains, quels qu'ils soient, des vampires. Si vous n'êtes motivés que par la haine, vous pouvez vous en aller dès maintenant. Personne ne vous jugera ni ne vous traitera de lâches.

Je me tus et détaillai chacun d'entre eux. Bree s'en alla, ainsi qu'une autre fille. Je les regardai s'éloigner puis repris la parole.

- Bien. Pendant la première partie du cours, nous allons faire une séance de méditation. Vous devez avoir l'esprit clair et développer votre intuition, afin de sentir la présence du danger. Ensuite, nous ferons un échauffement et enfin, les chasseurs professionnels que j'ai formés, mes meilleurs éléments, viendront vous enseigner les mouvements de base.

Personne n'émit d'objection. Je commençai alors la séance de méditation, qui ressemblait à de l'hypnose. Ma voix et mes intonations étaient très douées pour détendre l'esprit humain et le faire voyager. Pourtant, je n'avais même pas recours à mes pouvoirs. Autant dire que j'étais fier de moi.

Après avoir conclu la séance de méditation et procédé à l'échauffement, je laissai la place à des chasseurs et gagnai la cuisine. Je préparai une infusion de verveine à Alfred. Je lui avais demandé de s'en préparer régulièrement, afin que la confiance règne entre nous et lui permette d'être conscient que même si je le souhaitais, jamais il ne serait sous mon influence.

La tasse de verveine en main, je regagnai mon bureau, ou Alfred m'attendait, ayant visiblement quelque chose à me dire.

- Je vous attendais, monsieur Lex.

Je lui tendis la tasse.

- Je vous ai préparé une infusion de verveine.

Alfred haussa les sourcils.

- Pour moi ?
- Oui.

Il prit la tasse et me remercia.

- C'est très gentil à vous, monsieur. J'aurais pu m'en charger.

Je secouai la tête.

- Cela me fait plaisir. Il est rare que je fasse quelque chose pour vous. C'est si souvent l'inverse.

Alfred porta la tasse à ses lèvres et en but quelques gorgées. Il eut la délicatesse de ne pas me rappeler qu'il était payé pour ses services. Je le reconnaissais bien là.

- Que vouliez vous me dire ?

Je m'assis à mon bureau.

- Hé bien, l'un de vos émissaires a téléphoné. Ils ont du nouveau, apparemment.

Mon regard se fit grave.

- Merci, Alfred. Je les appelle tout de suite.

L'émissaire en question était John, mon meilleur élément Je composai son numéro.

- Oui ?
- John ? C'est Lex Luthor.
- Monsieur Luthor ! Je devais vous parler.
- Je le sais. Alfred m'a informé de votre appel. Veuillez m'excusez, j'étais occupé à former de nouvelles recrues.
- Je comprends.
- Hé bien, je vous écoute.

John ne répondit pas tout de suite.

- Je préfère vous parler face à face. Ce que j'ai à vous dire est important.

Mon cœur palpita. Enfin une piste, après plusieurs siècles.

- Où êtes vous ?
- À Métropolis.
- Bien. Je vous envoie un hélicoptère.

Je raccrochai et allai chercher une poche de sang dans mon congélateur. Il était désormais beaucoup plus facile de ne pas s'en prendre aux humains, dès lors que l'on pouvait se fournir dans les hôpitaux. En ce qui me concernait, j'avais diminué considérablement ma dose de sang quotidienne ; je n'en prenais que quelques gorgées. Cependant, je considérais que les vampires dotés d'un self-contrôle largement inférieur au mien n'avaient pas d'excuse. Certes, le sang congelé était moins bon que le sang chaud et vivant mais cela ne les pardonnait pas à mes yeux. Cependant, je trouvais acceptable de boire du sang animal ou de se nourrir d'humains à petites doses et peu régulièrement.

Quelques heures plus tard, John était arrivé. C'était un jeune homme blond, qui ne devait pas avoir plus d'une trentaine d'années. Tous mes employés étaient jeunes et je ne les gardais pas à mon service plus de dix ans, afin qu'ils ne s'aperçoivent pas que je ne vieillissais pas.

J'accueillis John à mon bureau.

- Asseyez vous, John. Voulez vous boire quelque chose ?

Il acquiesça.

- Une verveine.

Je lui adressai un signe de tête approbateur.

- Bon choix. Alfred va vous en préparer une.
- Merci.

Peu de temps après, Alfred lui servait une verveine et m'offrait une tasse de café.

- Qu'avez-vous trouvé, John ? m'enquis-je.

Le jeune homme fouilla dans sa besace et en sortit un dossier, qu'il me tendit.

- Deux filles, déclara-t-il. Loïs Lane et Chloé Sullivan. Elles sont cousines. Elles ont toutes deux un physique avantageux et une intuition aiguisée. Elles sont très intelligentes.

- Et ?

Je l'invitai à continuer d'un signe de tête.

- J'ai rencontré Loïs Lane et j'ai ressenti des vibrations en la voyant.

Je haussai les sourcils.

- Et sa cousine, Chloé ?

John secoua la tête.

- Elle ne vit pas à Métropolis. Vous pourriez commencer par entrer en contact avec Loïs Lane. Elle est en conflit avec son père, un militaire. Elle a décidé de quitter Métropolis pour commencer une nouvelle vie.

Un sourire se dessina sur mes lèvres.

- Cela tombe très bien, car je peux lui en proposer une, de nouvelle vie.

John acquiesça.

- Que fait-on, alors ?
- Dites lui de venir à Mystic Falls. Dites lui que j'ai un job bien payé à lui proposer. Elle serait hébergée au Manoir.

John fronça les sourcils.

- Et si elle me demande de quel type de job il s'agit, qu'est ce que je lui réponds ?

Un nouveau sourire se dessina sur mes lèvres.

- Dites lui qu'il s'agit de recherches sur le surnaturel.

Cela fonctionna. Loïs Lane accepta de me rencontrer pour un entretien. Pour cela, elle devait se déplacer à Mystic Falls et je lui avais assuré que je l'hébergerais, tout cela par l'intermédiaire de John. Visiblement, elle était agréablement surprise d'étudier le surnaturel. Elle n'était pas une spécialiste mais elle s'y intéressait. Pourquoi pas, songeait-elle ? Si seulement elle savait ce qui l'attendait.

Deux jours plus tard, je m'adonnais à une séance d'escrime avec un professionnel lorsqu'Alfred m'interrompit.

- Monsieur Lex ?

Je fis signe à mon partenaire de faire une pause, ôtai mon masque et rangeai mon épée.

- Oui, Alfred ?
- Mademoiselle Lane attend dans votre bureau.

Je hochai la tête.

- Merci, Alfred. Faites la patienter, je me change et je suis à elle.

Je congédiai mon partenaire d'escrime et me rendis dans ma chambre. J'optai pour un pantalon noir et un pull du même ton. C'était une tenue classe et décontractée. Ainsi, je mettrais plus mon invitée à l'aise que si je portais un costume trois pièces.

Ensuite, je redescendis, le cœur battant. J'allais enfin rencontrer un ange. J'entrai dans le bureau.

- Mademoiselle Lane ?

Une jeune femme se leva du sofa où Alfred l'avait fait attendre. Une superbe jeune femme. Elle avait de superbes courbes soulignées par un tailleur bleu, de grands yeux verts parfaitement dessinés mais pétillants d'insolence et de longs cheveux châtains attachés en queue de cheval. Je ne me sentais pas vraiment attiré par elle, car elle ne ressemblait pas aux femmes à la chevelure d'ébène que j'aimais mettre dans mon lit. Cependant, je ne pouvais pas nier sa beauté.

- Je suis Lex Luthor. Enchanté.

Elle me tendit la main d'un air de défi, nullement impressionnée par ma superbe.

- De même.

Je pris la main qu'elle m'offrait et la portai à mes lèvres. Au contact de sa peau, je ressentis une sensation de chaleur, telle qu'on me l'avait décrite dans les livres. C'était bel et bien un ange.

- Asseyons-nous à mon bureau. Voulez vous un café ?
- Merci mais si cela ne vous gêne pas, je préférerais un cappuccino.

Je souris intérieurement. Insolente et exigeante. Elle m'était de plus en plus sympathique. J'espérais que nous deviendrions bons amis.

- Avec plaisir, mademoiselle Lane.

Je me tournai vers Alfred.

- Pouvez-vous nous préparer deux cappuccinos, Alfred ?

Ce dernier acquiesça.

- C'est comme si c'était fait, monsieur Lex.

Je lui adressai un regard reconnaissant.

- Merci, Alfred.

Je me tournai vers Loïs, qui était restée debout.

- Asseyez-vous, je vous en prie.

Elle prit place sur un fauteuil près du bureau et je m'assis en face d'elle.

- Tout d'abord, je voulais vous remercier de l'intérêt que vous portez à mon offre.

Loïs prit la parole.

- En vérité, je ne suis pas sûre d'accepter. Disons que je suis curieuse.

Je haussai les sourcils.

- Curieuse ?

Loïs acquiesça.

- Oui. Cela vous étonne ?

Elle s'était exprimée avec une certaine impatience.

- Il est difficile de ne pas s'interroger sur votre offre, surtout quand elle concerne quelqu'un comme moi, qui n'est pas la mieux qualifiée pour un travail de recherches. J'ai certes fait des études littéraires mais je ne suis pas une spécialiste des mythes et du surnaturel. Je n'ai écrit aucun livre, aucune thèse, que ce soit sur ce sujet ou ailleurs.

Je ressentis une certaine pointe d'amusement.

- Vous avez donc fait tout ce chemin par curiosité ?

Loïs me fusilla du regard.

- Bien sûr que non ! J'ai besoin d'autonomie, donc d'un travail. Je n'allais pas laisser passer une telle occasion sans avoir essayé de comprendre ce que vous attendez de moi.

Je lui adressai un signe de tête approbateur.

- Vous avez entièrement raison. Je vais donc vous dire ce que j'attends de vous.
- Je vous écoute. Je suis là pour ça, après tout.

Voilà qu'elle se faisait sarcastique. Je me levai, contournai le bureau et lui tendis la main pour l'inviter à se relever.

- Venez.

Loïs me regarda d'un air interrogateur.

- Où va-t-on ?
- Je vais vous montrer en quoi consiste votre métier. Si je vous le dis, vous ne me croirez pas.

Le regard de Loïs se fit hésitant.

- Je vous effraie ? m'enquis-je.

Loïs secoua vivement la tête.

- Non. Je me demandais juste si vous pouviez me donner un indice, avant de me montrer ce que vous allez me montrer.

J'opinai de la tête.

- Oui. Si cela est en rapport avec le surnaturel, il ne s'agit pas d'un travail de recherches.

Loïs prit la main que je lui tendais toujours et se leva, l'air décidé.

- D'accord. Vous avez réussi à me tenir en haleine.
- Dans ce cas, suivez-moi.

Je l'emmenai d'abord dans la salle d’entraînement au combat, la salle d'escrime, puis finis par la salle des armes. Loïs examina les armes en silence.

Soudain, elle poussa un cri de surprise.

- Il y a des pieux !

J'acquiesçai.

- Qu'en déduisez vous ?

Ses yeux s'écarquillèrent.

- Oh !

Elle se ressaisit et son regard se fit incrédule.

- Vous chassez des...des...

Je l'encourageai d'un signe de tête à poursuivre.

- Finissez votre phrase, s'il vous plaît.

Elle plongea son regard dans le mien.

- Des vampires.

Je hochai la tête.

- Vous avez trouvé la réponse. Je suis un chasseur de vampires et je veux vous apprendre à en être une.

Pendant quelques longues secondes, elle sembla privée de la capacité de parler ou de réagir. Lorsqu'elle la retrouva, elle laissa échapper un petit rire nerveux.

- C'est ridicule. Les vampires n'existent pas.

Je la regardai d'un air patient.

- Je sais que ça peut paraître difficile à croire. Mais je ne suis pas fou et vous le savez.
Loïs secoua la tête.
- Vous vous avancez un peu trop, là ! répliqua-t-elle.

Comme je ne répondais rien, lui laissant le temps de se remettre de ses émotions, elle reprit:

- Cette salle d'armes ne constitue pas une preuve. Montrez moi de vrais vampires et je vous croirai. Peut-être.

Je hochai la tête.

- J'espérais que vous diriez cela.

Je l'entraînai à l'extérieur de la pièce.

- Ce soir, nous allons traquer les vampires.

Loïs se figea.

- Attendez.

Elle me lança un regard incrédule.

- En admettant que vous soyez un chasseur de vampires, pourquoi m'avoir engagée moi ?

Je lui adressai un regard énigmatique.

- Vous comprendrez ce soir, mademoiselle Lane.

Elle fronça les sourcils.

- Mais...

Je l'encourageai du regard à poursuivre.

- Oui ?
- Est-ce que vous avez fait des recherches sur moi ?

J'acquiesçai.

- Je ne vais pas vous mentir, mademoiselle Lane. Oui, j'en ai fait. Par conséquent, je comprendrais que vous désireriez partir sur le champ et oublier toute cette histoire.

Loïs parut convaincue de ma bonne foi.

- Dites-moi en quoi ce que vous avez trouvé vous a convaincu de mes aptitudes.

Là, j'étais obligé de lui cacher cette histoire d'anges. Toutefois, je pouvais lui révéler une partie de la vérité.

- D'accord. J'ai vu que vous étiez rapide à la course, plus que tous vos camarades, filles ou garçons. De même, vous êtes forte au combat, surpassant des personnes plus fortes et mieux entraînées que vous. Vous êtes également très intuitive.

Loïs ne put réprimer un sourire.

- Tout ce que vous dites est flatteur. Vous savez parler aux femmes, plaisanta-t-elle.

Je secouai la tête.

- Vous savez aussi bien que moi que ce n'est pas de la flatterie. Vous savez mieux que moi que c'est vrai.

Loïs resta quelques instants silencieuse, songeuse. Puis elle hocha la tête et reprit la parole.

- Oui. Je me suis toujours sentie spéciale, mais de là à être vouée à chasser les vampires...

-Je comprends. Venez ce soir et tout vous paraîtra plus clair.

Loïs parut réfléchir, puis soupira.

- D'accord.
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Evey
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MessageSujet: Re: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Lun 23 Avr 2012 - 12:40

Chapitre quatre

Le soir venu, j'emmenai Loïs au Mystic Grill. Elle avait troqué son tailleur contre une tenue beaucoup plus décontractée : un jean, un débardeur et une chemise de flanelle. Je lui avais dit de mettre quelque chose de plus confortable qu'un tailleur mais je m'attendais à quelque chose de plus sexy. J'étais un homme incorrigible. Elle s'était entraînée toute l'après midi avec un de mes meilleurs éléments et ce dernier m'avait dit qu'il n'avait jamais eu d'élève aussi prometteuse. Au moment de quitter le manoir, je l'emmenai dans mon garage.

- Voici mes voitures.

Elle n'eut même pas de hoquet impressionné en voyant toutes mes sublimes possessions. Non, elle leva les yeux au ciel.

- T'es bien un mec, marmonna-t-elle.

Devant mon air surpris, elle se plaqua une main sur sa bouche.

- Je veux dire, monsieur Luthor, vous...

Je l'interrompis d'un sourire.

- Pas de problème mademoiselle Lane. Appelez-moi Lex.

Elle parut surprise, puis hocha la tête.

- Je devrais vous dire de m'appeler Loïs mais je ne suis pas encore prête à cela.

Je secouai la tête.

- Aucun souci.

Je lui montrai l'étendue des voitures.

- Laquelle choisissez vous ?

Loïs écarquilla les yeux.

- Vous me demandez de choisir ?

J'acquiesçai.

- Oui. Celle que vous souhaitez, à l'exception de la volvo argentée, de la mustang dorée et de l'audi saphir.
Loïs leva les yeux au ciel.

- Comme si je connaissais tous ces noms de voitures.

Je lui désignai les voitures en question pour qu'elle se repère.

- Excepté celle là, je peux choisir celle que je veux ?

- Oui.

Elle parcourut les voitures du regard et son attention se porta sur une volvo noire et argentée.

- Celle là.

Je la gratifiai d'un signe de tête approbateur.

- Bon choix. Ce sera votre voiture de fonction.

Loïs écarquilla les yeux.

- Vous êtes sérieux ? Je croyais qu'on choisissait juste la voiture qu'on prenait ce soir pour notre virée parmi les vampires !

J'opinai de la tête.

- C'est le cas. Mais il s'agit aussi de la voiture que vous utiliserez en cas de besoin, si vous acceptez de travailler pour moi.
- Wow ! s'exclama Loïs.
- Comme vous dites. Mais il y a une condition à cela.

Son regard se fit méfiant.

- Laquelle ?
- Vous devez donner un nom à cette voiture.

Elle me regarda comme si elle s'inquiétait pour ma santé mentale.

- Vous, les hommes, vous êtes cinglés.

Je restai impassible.

- C'est ma condition et je ne reviendrai pas dessus.

Loïs soupira et je perçus une lueur d'amusement dans ses yeux.

- D'accord. Je vais l'appeler...

Elle réfléchit quelques secondes avant de donner son verdict.

- Willow.

Je haussai les sourcils.

- Willow ?

Elle acquiesça.

- Willow. La meilleure amie de Buffy. C'est mon personnage préféré. Vous savez, la jolie sorcière rousse.

Je secouai la tête.

- Je n'ai jamais regardé cette série.

Loïs roula des yeux.

- Vous vous fichez de moi ? Vous prétendez former des chasseurs de vampires et vous n'avez jamais regardé Buffy, la série culte sur les vampires ?

- La réalité est différente de la fiction.

Loïs secoua la tête, le regard désapprobateur.

- Il faut que vous la regardiez. De plus, si les vampires existent réellement, la réalité et la fiction ne sont sans doute pas si éloignées l'une de l'autre.

J'opinai de la tête.

- Vous marquez un point. Très bien, je regardai cette série. Maintenant, montons.

Je montai dans la voiture, place conducteur et Loïs monta à mes côtés. Nous discutâmes de Buffy pendant l'essentiel du trajet et je compris que Loïs ne prenait pas vraiment au sérieux cette traque de vampires. Elle ne croyait pas aux vampires et je ne pouvais pas lui en vouloir. Mais cela changerait dans peu de temps. En dehors de son incrédulité, sa conversation m'était agréable. Il me sembla que c'était une jeune femme dont je ne pourrais pas tomber amoureux- il n'y avait aucune tension sexuelle entre nous- mais qui pourrait devenir une véritable amie.

Je me garai devant le Mystic Grill et nous descendîmes.

- Nous y sommes.

Loïs regarda le bar.

- C'est un bar très côté ? me demanda-t-elle.

Je la gratifiai d'un signe de tête approbateur.

- Oui. Le plus côté de la ville.

Loïs hocha la tête.

- Je m'en doutais. Ils doivent donc attirer les vampires à la recherche de sang frais. Ce genre d'endroit est comme un aimant, pour eux.

Agréablement surpris, je lui manifestai de nouveau mon approbation.

- C'est exact ! Vous vous exprimez comme une professionnelle !

Un sourire en coin se dessina sur le visage de Loïs.

- Vous voyez, Buffy m'a appris quelque chose !

Je ne répondis rien mais ressentis une certaine satisfaction. Si Loïs ne croyait pas vraiment au vampires, elle était en train de se prêter au jeu. Ainsi, elle serait sans doute mieux préparée psychologiquement quand elle aurait devant elle la preuve de l'existence des vampires.

- Entrons, dis-je.

Je l'entraînai à l'intérieur du café, lui offris un cappuccino et nous parcourûmes le bar du regard.

- Vous en avez repéré un ? chuchota-t-elle.

J'acquiesçai.

- Un seul, murmurai-je.
- Lequel ?

Je désignai du regard un homme brun assis à une table.

- Savez-vous pourquoi je sais que c'est un vampire ?

Loïs réfléchit quelques instants avant de répondre.

- Il est seul à sa table et regarde bizarrement les jeunes filles. Il n'a pas touché à sa consommation. Ce qu'il veut, c'est du sang.

Elle avait dit ça avec une certaine hésitation. Cela dit, j'étais impressionné.

- Bravo, mademoiselle Lane. Cependant, cela ne suffit pas à identifier un vampire. Vous devez vous servir de votre intuition et de votre instinct.

Intérieurement, je souhaitais qu'elle ne développe pas son intuition au point d'identifier un vampire au premier regard, sinon elle me percerait à jour.

- Qu'est-ce qu'on fait, maintenant qu'on l'a repéré ?
- Soit on attend qu'il attire une jeune fille à l'extérieur...

Loïs m'interrompit et se leva.

- Soit je lui sers d'appât.
- Mademoiselle Lane ! protestai-je.

Elle m'ignora et alla voir le vampire en question. Elle lui fit un numéro de séduction, séduisante malgré ses vêtements décontractés. Il mordit à l'hameçon et l'entraîna à l'extérieur, par la porte de derrière.
En quelques secondes, j'étais à l'extérieur avec eux.

- Je vous félicite pour votre initiative, mademoiselle Lane. Mais elle était téméraire.

Le vampire nous regarda tour à tour et émit un grognement.

- C'est quoi, ce bordel ?

Il montra les dents et son visage de vampire apparut. Ses yeux étaient luisants et assoiffés et surtout, ses crocs pointus jaillissaient.

Je m'interposai entre Loïs et lui et plongeai mon regard dans le sien.

- Je ne tue que les mauvais vampires alors je vais te laisser une chance. Que comptes-tu faire à cette jeune femme ?

J'étais en train d'utiliser l'hypnose. J'avais moins de scrupules à l'utiliser sur les vampires que sur les humains. Cependant, Loïs ne devait pas s'en apercevoir.

- Je veux la bouffer, connard !

Je souris.

- Très bien. Tu as laissé passer ta chance.

Sur ces mots, je le libérai de l'hypnose, attendis qu'il se rue sur moi pour le projeter à quelques mètres. Alors qu'il atterrissait, Loïs, de sa propre initiative, se précipita sur lui, l'immobilisa et lui enfonça le pieu que je lui avais confié dans la poitrine.

J'applaudis.

- Bien joué, mademoiselle Lane. Vous avez tué votre premier vampire. Je vous félicite.

Loïs se redressa, haletante, et me regarda.

- Mon dieu ! Ils sont réels !

J'acquiesçai.

- C'est une mauvaise nouvelle pour vous. La bonne, c'est que vous êtes assez forte pour leur tenir tête.

Loïs fut secouée d'un rire nerveux.

- Je n'y crois pas ! Ce n'est pas possible !

Je lui tendis la main pour l'aider à se relever, car elle était toujours assise à califourchon sur le corps inerte.

- Tout est possible, mademoiselle Lane.

Elle prit ma main, tremblante et se releva.

- Ok. Laissez moi juste le temps de retrouver mes esprits et d'accepter ce qui vient de se passer.

Je hochai la tête.

- Bien sûr. Retournons au bar, je vous offre une glace. Il faut fêter ça, après tout.

Je posai ma main dans son dos et l'attirai à l'intérieur du Mystic Grill. Nous nous installâmes à une table et je laissai Loïs commander une glace. Elle en prit une à la vanille et aux cookies, nappée de chocolat fondu et surmontée de crème chantilly. Je lui avais dit de se faire plaisir, elle m'avait écouté et elle avait eu bien raison.

- Vous vous sentez mieux ? m'enquis-je lorsqu'elle eut attaqué la glace.

Loïs acquiesça.

- Je suppose que oui. Mais j'ai une question.
- Laquelle ?

Elle baissa la voix.

- Qu'allez vous faire du corps ?

- Oh, ça.

Elle m'adressa un regard réprobateur. En effet, je m'étais exprimé comme s'il s'agissait là d'un détail insignifiant.

- Je vais laisser mes employés s'en charger.

Loïs hocha la tête.

- Je vois. Et que fait-on, maintenant ?
- Vous finissez votre glace, vous reprenez vos esprits et nous allons surveiller les environs, guetter la présence de nouveaux vampires. Quand nous en verrons, je vous laisserai vous occuper d'eux et n'interviendrai que s'ils prennent le dessus.

Loïs réfléchit puis opina du chef.

- Ça me va.

Je me sentis soulagé. Dès lors qu'elle avait découvert la vérité, elle aurait pu partir en courant, ce qui aurait ruiné mes espoirs et ceux de Michaël. Cependant, je ne l'aurais pas retenue contre son gré. Je pouvais remercier son courage. D'ailleurs, peut-être que son courage était dû à sa nature d'ange. Si elle ne s'en souvenait pas, son corps et son instinct le savaient. Du moins, je l'espérais et c'était l'impression que j'avais.
- Merci, lui dis-je, sincère.


Elle haussa les sourcils.

- De quoi ?

À mon avis, elle le savait très bien.

- De ne pas fuir, répondis-je néanmoins.

Elle me regarda droit dans les yeux.

- Ce n'est pas mon genre.

Je l'admirais pour sa vaillance. Je l'appréciais de plus en plus. Pourtant, je n'étais pas en train de tomber amoureux d'elle et elle non plus, du moins je n'en avais pas l'impression.

Il y eut deux autres vampires dans la soirée et Loïs s'en sortit avec les honneurs. Je n'eus pas à intervenir. Je tentais de ne pas montrer ma jubilation. J'avais retrouvé un ange et passé une alliance avec cet être. Cependant, je ne devais pas penser à Loïs comme à un papillon extrêmement rare qu'un chasseur accroche à son tableau de chasse. Je devais la traiter comme une personne.

Quant à Loïs, elle avait du mal à cacher son enthousiasme.

- Waouh ! s'exclama-t-elle lorsque nous quittâmes le Mystic Grill. Je n'arrive pas à croire que je suis aussi forte !

Puis elle se reprit, l'air coupable.

- Je ne devrais pas prendre du plaisir en tuant quelqu'un.

Cette compassion envers les vampires me rassura. Je posai une main sur son épaule.

- Mademoiselle Lane, ne vous en faites pas. Vous avez sauvé plus de vies que vous n'en avez ôté. Cependant, votre culpabilité est bénéfique, car elle vous permettra de discerner les bons vampires des mauvais et de ne pas les éliminer tous de manière impitoyable.

Loïs émit un grognement.

- Possible, mais je m'en passerais bien, de cette culpabilité, grommela-t-elle.

- Vous n'aurez pas à la ressentir tant que vous saurez que ce que vous faites est juste.

Au moment de monter dans la voiture, de son nouveau nom « Willow », j'invitai ma nouvelle employée à prendre la place conducteur.

Ses yeux s'écarquillèrent.

- Vous voulez que je conduise ?

J'acquiesçai d'un signe de tête.

- Cela vous étonne ? Vous allez utiliser cette voiture quotidiennement alors autant commencer tout de suite. À moins que vous ne soyez pas à l'aise avec ce type de voiture ?

Loïs secoua la tête.

- Non. Je vais la conduire.

Visiblement, elle prenait cela comme un nouveau défi. Elle monta, je l'imitai, lui donnai quelques conseils pour conduire et elle démarra. Elle conduit avec une aisance surprenante, mais avec beaucoup moins de témérité que moi et je ne pouvais pas lui en vouloir pour cela. Étais-je si imprudent parce que j'étais un vampire ? Il me semblait que non. Lorsque j'étais humain, les voitures étaient à des années lumières d'exister, mais il me semblait que si j'avais été humain au vingt et unième siècle, j'aurais aimé flirter avec la mort et aurais conduit avec la même témérité. Cette pensée m'arracha un sourire, que Loïs ne vit pas, son attention focalisée sur la route. Je pris soin de lui indiquer le chemin.
Lorsqu'elle se gara devant le manoir, je la complimentai :

- Vous vous en êtes bien sortie, mademoiselle Lane.

Elle sourit.

- Avec les vampires ou avec la voiture ?
- Les deux.

Son sourire s'élargit.

- Merci du compliment.

Je secouai la tête.

- C'est moi qui vous remercie.

Je me dirigeai vers la porte du manoir et ajoutai :

- Demain, vous pourrez vous lever à l'heure que vous voudrez. Nous signerons alors le contrat.

Loïs me rejoignit et acquiesça.

- Ça me va.

J'hésitai avant de reprendre :

- Si demain, vous avez changé d'avis, je le comprendrais.

Loïs fronça les sourcils.

- Vous pensez que je vais me désister ? Je vous ai dit que ce n'était pas mon genre.
- Je l'espère. Mais la nuit porte conseil, mademoiselle Lane.

Alfred guida Loïs vers sa chambre. Pendant ce temps, je me rendis au congélateur et allai me nourrir de sang humain.

Le lendemain après midi, Loïs vint me voir pour signer le contrat dans mon bureau. Elle me prouvait ainsi qu'elle ne s'était pas défilée, pour mon plus grand plaisir. Je lui donnai alors une carte de crédit.
Elle haussa les sourcils.

- C'est une avance sur mon salaire ? Je n'en ai pas besoin. Je suis nourrie, logée...

Je secouai la tête.

- Vous n'y êtes pas. Ce n'est pas une avance, mademoiselle Lane. Il est dit dans le contrat que je m'occupais de tous vos frais. Or, je pense que vous aurez besoin de tenues adéquates pour tuer les vampires.

Loïs roula des yeux.

- Mes tenues ne sont pas assez sexy, c'est ça ?

Je détaillai son jean et sa chemise à carreaux.

- Je vois, soupira-t-elle sans me laisser le temps de répondre. Comment dois-je m'habiller ?
- Je vous suggère des couleurs sombres, pour que le sang sot moins visible. Regardez comment s'habillent mes autres chasseurs, si cela peut vous inspirer. Je vous déconseille les talons aiguille, à moins que vous soyez très à l'aise avec et que cela puisse vous servir d'arme.

Cette dernière phrase dérida Loïs.

- D'accord. Je vais ressembler à une vraie chasseuse.

Elle prit la carte que je lui tendais.

- De toute façon, de l'argent pour faire du shopping, cela ne se refuse pas.

Elle esquissa un petit sourire.

- Ce sera tout ?

J'acquiesçai.

- Ce sera tout, mademoiselle Lane. Vous commencerez le travail ce soir après dîner.
- D'accord !

Sur ces mots, Loïs s'éloigna d'un pas léger.

Les jours, les semaines passèrent. Loïs ressemblait à une vraie tueuse. Elle portait des jeans moulants noirs ou des pantalons en cuir, et des vestes en cuir, avec des bottes assorties. Elle ressemblait à une autre personne. Pourtant, elle était toujours la même, avec sa forte personnalité et son insolence. Nous nous entendions bien et alors que je commençais à espérer qu'elle me considérait comme un ami, je décidai de tenter ma chance.

Nous étions en train de dîner lorsque je pris la parole.

- Mademoiselle Lane ?

Elle leva le nez de son plat.

- Oui, Lex ?
- Qu'est-ce qui vous a poussée à quitter votre famille ?

Le regard de Loïs s'assombrit.

- Excusez-moi si je suis indiscret, m'empressai-je d'ajouter.

Loïs secoua la tête.

- Non. Nous connaissons tous les deux l'existence des vampires, nous pouvons partager d'autres secrets.
Je ne répondis rien, l'encourageant à poursuivre.

- Ma mère est morte alors que j'avais dix ans. J'ai donc dû jouer à la maman à mon tour, avec ma petite sœur. Elle était difficile à gérer et mon père faisait de moi le bouc émissaire. Il me rendait responsable de tous les problèmes qu'elle posait et n'arrêtait pas de me rabaisser. Comme je ne me laissais pas faire, l'atmosphère était tendue entre mon père et moi. Récemment, ma sœur a disparu. Mon père m'a forcé à interrompre mes études pour partir à sa recherche et lorsque on l'a retrouvée morte, il m'a reniée. J'ai jugé qu'il était allé trop loin et je lui ai dit qu'il ne me reverrait plus jamais. J'ai quitté la maison et me suis mise à la recherche d'un travail en dehors de Métropolis, afin de commencer une nouvelle vie. La suite, vous la connaissez.

Je ressentis un mélange de compassion et d'admiration envers Loïs. Même contre son père, elle s'était défendue. Elle était devenue une jeune femme forte et courageuse.

Je lui adressai un signe de tête approbateur.

- Vous avez bien fait d'agir comme vous l'avez fait, mademoiselle Lane.

J'étais sincère.

- Merci.

Il y avait une certaine tristesse dans son regard.

- Êtes vous fâchée avec toute votre famille ?

Loïs secoua la tête.

- Oh non ! Seulement avec mon père et ma sœur. J'adore mon oncle et ma cousine.

On en venait au sujet qui m'intéressait.

- Votre cousine ? Comment s'appelle-t-elle ?

Un sourire se dessina sur les lèvres de Loïs.

- Chloé. Chloé Sullivan. Elle est géniale. Je ne connais personne de son âge d'aussi intelligent, vif et intuitif qu'elle. Elle est rédactrice en chef du journal de son lycée.

J'esquissai un sourire.

- Elle pourrait être détective, selon vous ?

Loïs acquiesça vivement.

- Sans problème.
- Dans ce cas, j'ai quelque chose à vous proposer.
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Evey
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MessageSujet: Re: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Mer 2 Mai 2012 - 11:26


Chapitre cinq


Loïs m'observa d'un air méfiant.

- De quoi s'agit-il ?

Je n'y allai pas par quatre chemins.

- Je voudrais rencontrer votre cousine.

Les yeux de Loïs s'écarquillèrent.

- Pardon ?
- J'aimerais que votre cousine vienne ici.

Le regard de Loïs se fit suspicieux.

- Vous ne voulez tout de même pas l'impliquer dans cette chasse aux vampires ?

Je secouai la tête et lui adressai un regard rassurant.

- Non. J'ai juste envie de faire sa connaissance.

Loïs fronça les sourcils.

- Pourquoi ?
- J'ai fait des recherches sur elle, en plus de mes recherches sur vous, et elle m'a tout l'air d'être une personne remarquable.
- Elle l'est, confirma Loïs.

Elle ne semblait guère convaincue.

- De plus, si elle acceptait de venir à Mystic Falls, vous auriez de la compagnie. Cela ne vous plairait-il pas ?
Loïs parut troublée.
- Si, mais...
- Mais ?

Son regard se fit soucieux.

- Elle est très intelligente. Elle découvrirait vite ce que nous cachons.

Je m'abstins de lui dire que j'y comptais bien.

- Hé bien, dans ce cas, ne lui dites rien et si elle découvre l'existence des vampires, nous aviserons.

Loïs semblait partagée entre la méfiance et l'envie irrépressible de voir sa cousine. Cela illustrait la force du lien qui existait dans les duos d'anges.

- Je ne sais pas.
- Commencez par un mail où vous lui demandez de ses nouvelles.

Loïs hocha la tête.

- D'accord. Ça ne me coûte rien.

Sur ces mots, elle quitta la pièce. Je m'assis en croisant les doigts. Ce que j'étais en train de faire était peut-être voué à l'échec. Il aurait été plus simple d'avoir recours à l'hypnose, mais j'étais tellement habitué à ne pas m'en servir contre les humains que je n'en avais pas été capable. Cependant, si je n'arrivais pas à faire venir Chloé Sullivan à Mystic Falls, force me serait d'employer les grands moyens.

Une dizaine de minutes plus tard, Loïs revint, affublée de son ordinateur portable.

- Alors ? m'enquis-je.

Le regard de Loïs se fit soucieux.

- C'est fou. Vous n'allez pas le croire.
- Je vous écoute.
- Je lui ai demandé de ses nouvelles et elle m'a dit que sa meilleure amie avait été assassinée.

Je me levai, alerte. Cette jeune fille était peut-être en danger, si sa meilleure amie avait été tuée.

- C'est affreux, dis-je.

Loïs leva la main pour m'interrompre.

- Laissez-moi finir. Apparemment, ce n'est pas le premier assassinat et tous ces meurtres ressemblent au fruit de l'agression d'un vampire.

Je la regardai droit dans les yeux.

- Vous êtes sûre ?

Loïs acquiesça.

- Oui.

Je passai la main sur mon crâne.

- C'est terrible.

J'étais sincère, même si je venais de découvrir que cela allait peut-être me faciliter la tâche.

- Dans ce cas, il faut qu'elle vienne vivre à Mystic Falls.

Loïs secoua la tête, incrédule.

- Ici non plus, ce ne sont pas les vampires qui manquent. Vous et moi, nous en sommes la preuve vivante.

J'opinai de la tête.

- En effet. Mais vous et moi, nous pouvons justement la protéger, ainsi que mon équipe.

Je venais de marquer un point.

- C'est vrai, approuva Loïs. Dans ce cas, je lui dis tout ?

Je secouai la tête.

- Non. Attendez qu'elle arrive à Mystic Falls pour cela. Ce n'est pas le genre de choses qu'on annonce par mail ou par téléphone.
- En effet admit Loïs. Qu'est-ce que je fais, alors ?
- Dites lui que vous êtes au courant pour cette histoire de vampires, sans lui en dire plus que ce qu'elle sait déjà.
- D'accord.

Loïs sembla avoir une illumination.

- Je sais !
- Oui, mademoiselle Lane ?

Loïs me sourit.

- Je pourrais lui proposer d'enquêter sur les vampires, de chercher à en savoir plus pour moi!

Son idée tombait à pic et dépassait mes espérances.

- Excellente idée, mademoiselle Lane.
- Je vais le lui proposer tout de suite.

Elle quittait la pièce avec son ordinateur quand je l'interpellai.

- Mademoiselle Lane ?

Elle s'arrêta et fit volte face.

- Oui ?
- Dites à votre cousine qu'elle pourra loger ici chaque week-end. Le reste de la semaine, il vaut mieux qu'elle soit en internat, si elle ne comprend pas ce qui se passe. Avec tous ces chasseurs de vampires, ce serait perturbant.

Loïs acquiesça.

- D'accord !

Elle ignorait que je comptais bien faire loger sa cousine dans le manoir quotidiennement une fois qu'elle aurait triomphé de l'épreuve consistant à nous percer à jour.

Une heure plus tard, Loïs revint.

- Hé bien ?

Elle esquissa un nouveau sourire.

- Elle est d'accord. Elle a mis un peu de temps à prendre sa décision mais ça y est. Elle a accepté parce qu'elle a besoin d'une nouvelle vie.

Elle marqua une pause avant d'ajouter :

- Tout comme moi.

J'esquissai un mince sourire.

- Dans ce cas, c'est dans mes cordes. Je peux lui offrir une nouvelle vie.

Un sentiment de tristesse s'empara de moi. Moi aussi, j'aurais aimé démarrer une nouvelle vie, une vie d'humain, sans traque ni combats à mort. Ou du moins, me débarrasser de Klaus une bonne fois pour toutes, afin de profiter pleinement de mon immortalité.

- Par contre, il faut que son père accepte. J'ai souvent tendance à l'oublier mais Chloé est mineure.

Si Chloé était plus mûre que son âge le laissait croire, nous allions bien nous entendre, elle et moi.

- Dans ce cas, vous pouvez peut-être essayer de le convaincre, dis-je.

Loïs hocha la tête.

- C'est ce que je vais faire.

Elle téléphona au père de Chloé, négocia avec lui et réussit à le convaincre. Heureusement, elle était dans de bonnes grâces avec son oncle. Ainsi, l'affaire était réglée. Chloé allait venir à Mystic Falls.

Les jours suivants, je fis des démarches afin de faciliter l'inscription de Chloé dans un nouveau lycée, grâce à mon influence. Une fois n'est pas coutume, je trichai un peu en ayant recours à l'hypnose. J'obtins de l'internat qu'il propose une chambre confortable à Chloé, équipée d'un micro-onde et d'un frigo. Je voulais qu'elle soit traitée comme une reine, même si selon mes plans, elle ne devait pas rester à l'internat et vivre au manoir. Chloïs et moi avions même retrouvé, dans son lycée, une amie d'enfance de Chloé, Alicia. Ainsi, elle connaîtrait au moins une personne en arrivant au lycée.

Lorsque le jour où Chloé devait prendre le train arriva, Loïs et moi fîmes face à un contretemps. Nous avions appris que plusieurs femmes avaient été enlevées par un vampire. Mes émissaires avaient réussi à le localiser.

- Mademoiselle Lane, nous avons du nouveau.

Celle ci était en train de se préparer pour aller chercher sa cousine à la gare.

- À quel sujet ? s'étonna-t-elle.
- Au sujet des jeunes femmes qui se sont faites enlever, Cassie Clare et Faye Valentine.

Un éclair de compréhension passa dans les yeux de Loïs.

- Ah. Oui. On les a retrouvées ?

J'acquiesçai.

- Oui.
Le visage de Lo£is s'éclaira.

- C'est une très bonne nouvelle !

Je hochai la tête, sans trop de conviction. J'avais l'habitude de retrouver des humains enlevés par des vampires, cela me paraissait donc normal d'avoir une équipe efficace capable de les retrouver, d'autant plus que j'étais aidé de sorcières.

- En effet, dis-je néanmoins. Mais pas pour vous.

Loïs parut surprise.

- Pourquoi ?
- J'ai besoin de vous pour aller libérer ces jeunes filles. Nous devons le faire en plein jour, le ravisseur sera affaibli et il sera chez lui. Nous pourrons faire d'une pierre deux coups, en libérant les femmes et en éliminant le ravisseur.

Loïs opina de la tête.

- Bien sûr mais...

Elle hésita puis comprit où je voulais en venir.

- Je ne pourrai pas venir chercher Chloé à la gare, alors ?

J'acquiesçai.

- Non, en effet. Je suis désolé.

Loïs s'alarma.

- Je sais que nous devons délivrer ces filles et que c'est important mais je ne peux pas la laisser toute seule !
- C'est exclu. C'est pourquoi je vous propose d'envoyer cette jeune fille, Alicia, à sa place.
- Son amie d'enfance ?
- C'est cela.

Le visage de Loïs s'éclaira.

- C'est une excellente idée ! Elle est très contente de revoir Chloé et elle pourra l'emmener à l'internat !
- C'est ce que j'ai pensé.
- Je vais l'appeler.

Loïs sortit son portable et composa le numéro d'Alicia, que celle ci lui avait donné quand nous l'avions trouvée au lycée, puis s'éloigna.

Elle revint quelques minutes plus tard.

- Il n'y a pas de problème, de son côté.
- Donc l'affaire est réglée.

Loïs plissa le front, soucieuse.

- Oui, mais je m'en veux de faire faux-bond à Chloé. Je vais la prévenir par mail.
- Je vous en prie.

Elle alluma son ordinateur portable et tapa son e-mail. Quelques minutes plus tard, elle sourit en voyant sa réponse.

- Elle le prend bien ? demandai-je.

Loïs se tourna vers moi, le sourire aux lèvres.

- On peut dire ça.

Je haussai les sourcils.

- Je serais curieux de voir ce qui vous amuse autant.

Loïs m'adressa un regard réprobateur.

- Cela ne vous regarde pas !
- S'il vous plaît ?

Loïs soupira et rendit les armes.

- Bon, je ne pense pas que Chloé m'en veuille. Il n'y a rien de confidentiel dans ce mail, après tout.

Elle tourna l'écran vers moi et je lus le message.

Objet : Ah ! Cruelle !
Comment peux tu me faire languir ainsi ? Tu n'auras mon pardon que si tu m'expliques ce qu'il y avait de plus important que de retrouver ta jumelle spirituelle – je parle de moi – et si tu me promets qu'on se verra bientôt. Qui est la personne qui doit venir me chercher ?

Chloé.

Un sourire se dessina sur mes lèvres. Cette jeune fille ne manquait pas d'humour. En outre, elle avait tapé dans le mille sans le savoir en se qualifiant de jumelle spirituelle de Loïs Lane.
Je reculai et regardai Loïs.

- Je sens que je vais beaucoup apprécier votre cousine.

Loïs sourit, l'air intrigué. Elle avait peut-être repéré quelque chose d'inhabituel dans mon attitude. En effet, il était rare que je m'amuse de quelque chose et ce petit mail, insignifiant, avait réussi à me faire sourire.

- Beaucoup de gens l'apprécient. La seule chose qu'elle se fait reprocher est d'être trop curieuse.
- J'imagine que si elle avait été l'épouse de Barbe Bleue, elle se serait mis dans un sacré pétrin.

Loïs grimaça.

- Arrêtez. Cela me donne la chair de poule.
- Pourquoi ? Je l'aurais sauvée avant que Barbe Bleue ne lui fasse du mal.

Loïs sourit.

- Il y a intérêt.

Chloé étant prévenue que Loïs ne pourrait pas venir la chercher, j'emmenai Loïs en voiture pour aller mettre la main sur le ravisseur. Nous ne prîmes pas Willow, que Loïs avait pris l'habitude de conduire, mais Bella, ma volvo argentée. J'aimais son aspect et sa vitesse. C'était une de mes voitures fétiches.
Le ravisseur avait emmené ses proies en dehors de Mystic Falls, dans un motel à mi-chemin de la ville suivante. Cela signifiait qu'il ne vivait pas dans notre ville. Il y avait beaucoup de nomades parmi les vampires. Quand nous nous garâmes, à bonne distance du motel pour ne pas nous faire repérer, le soleil brillait.

Un sourire se dessina sur mes lèvres.

- Tu es cuit, murmurai-je.

Loïs me jeta un regard interrogateur. Elle m'avait entendu.

- Vous parlez du vampire ?

J'acquiesçai.

- Oui. Qui d'autre ?

Loïs opina de la tête.

- Nous sommes effectivement avantagés, avec ce soleil. J'espère seulement qu'il n'y aura pas d'autres vampires.

Je lui adressai un sourire rassurant.

- C'est vrai. Mais n'oubliez pas que vous avez déjà tué plusieurs vampires à la fois alors que vous étiez seule donc si vous restez concentrée, il n'y aura pas de problème.

Loïs me lança un regard déterminé.

- Je suis concentrée.
- Vous m'en voyez rassuré.

En effet, je redoutais qu'elle soit préoccupée par sa cousine qu'elle n'avait pas pu venir chercher.
Nous entrâmes dans le motel et sans beaucoup de difficulté, parvînmes jusqu'à la porte numérotée que mes émissaires m'avaient indiquée. J'échangeai un regard avec Loïs.

- Prête ?

Elle hocha la tête.

- Oui.
- Maintenant, chuchotai-je.

Elle frappa à la porte et je restai en retrait. La porte s'ouvrit sur un jeune homme à l'air endormi, les cheveux en bataille.

- Quoi ? grommela-t-il.

Loïs lui adressa son plus beau sourire commercial.

- Bonjour monsieur ! Votre repas est servi !

Le vampire fronça les sourcils.

- Je n'ai rien commandé.

Loïs haussa les sourcils.

- En êtes vous sûr ? Parce que la commande, c'est moi !

Sur ces mots, elle dégagea sa nuque afin de l'exposer aux yeux du vampire. Le regard de ce dernier se fit incrédule.

- Dégagez, cracha-t-il.

Loïs émit une mimique amusée.

- Trêve de bavardage !

Sur ces mots, elle donna un coup de poing dans le ventre du vampire qui le projeta à quelques mètres et s'engouffra dans la pièce, suivie de moi. Le vampire se redressa et se précipita sur elle, ses crocs jaillissant de sa bouche. Tandis qu'elle paraît toutes les attaques, j'ouvris les volets en grand et la lumière baigna la pièce. Le vampire hurla de douleur et se recroquevilla près de son lit mais il n'y avait pas assez d'ombre pour le protéger. Loïs se pencha vers lui.

- Où sont les filles ?

Un grognement de douleur lui répondit.

- Si tu me le dis, j'abrégerai tes souffrances. Sinon, je te laisserai frire au soleil.
- Salle...de...bain...

Il avait prononcé ces mots avec difficulté. Je me rendis dans la salle de bain et fit signe à Loïs de le tuer. À l'intérieur se trouvaient deux jeunes filles en sous-vêtements, l'une assise sur le siège de toilettes, l'autre adossée contre la baignoire. Elles semblaient presque inconscientes. Je retirai mon manteau et le rabattit sur les épaules de celle qui était sur les toilettes. Loïs arriva et fit de même avec celle qui se trouvait adossée contre la baignoire.

- Vous l'avez tué ?

Loïs acquiesça.

- Oui.
- Très bien. Alors partons loin d'ici.
- Avec plaisir.

Nous prîmes chacun une fille par la taille et les transportâmes jusqu'à la voiture. Là, nous revînmes à Mystic Falls et les emmenâmes à l'hôpital. Puis nous prévînmes la police que nous les avions retrouvées et que leur ravisseur avait été retrouvé mort. Il s'agissait probablement d'un suicide.

Le lendemain soir, nous rentrâmes au manoir. Il restait un peu de temps avant que Loïs aille traquer de nouveaux vampires. Je lui avais proposé de lui donner sa soirée pour compenser le travail de l'après-midi de la veille mais elle avait refusé. Je lui avais alors accordé une prime pour son travail supplémentaire.

- Que comptez-vous faire, maintenant ? demandai-je.

Loïs haussa les sourcils.

- Maintenant ?

J'acquiesçai.

- Vous n'êtes pas obligée de répondre. Cela ne me regarde pas mais je suis curieux.
- Je comptais envoyer un mail à Chloé, pour vérifier qu'elle est bien arrivée et lui proposer de déjeuner avec moi demain midi, pendant sa pause.

Je lui adressai un hochement de tête approbateur.

- C'est une excellente idée.

J'allai chercher un coffret contenant deux médaillons métalliques en forme de cœur, avec de fines gravures. Je l'ouvris et montrai les médaillons à Loïs.

- Qu'est-ce que c'est ?
- Des médaillons qui protègent du mauvais œil.

Devant son regard sceptique, j'ajoutai :

- Il y en a un pour vous et un pour Chloé.

Loïs ne fit pas de manière pour les accepter.

- Merci beaucoup. Ils sont très jolis. Je comptais aussi donner des sachets de verveine à Chloé.
- Très bien, approuvai-je.

Le lendemain, j'envisageai de contacter Michaël, puis me ravisai. Il était dans une période d'hibernation et il était préférable que j'attende d'avoir rallié Chloé à ma cause et que ses pouvoirs se soient révélés pour le retrouver. Il ne fallait pas le réveiller sans une excellente raison, même si je trouvais qu'il avait mal choisi son moment : j'avais eu vent de certaines rumeurs selon lesquelles Klaus avait retrouvé le nouveau sosie. C'était pour cela que Chloé m'aiderait à retrouver Klaus et je ferais d'une pierre deux coups.

Lorsque Loïs revint, je lui demandai comment sa virée avec sa cousine s'était passée.

- Vous avez l'air soucieuse, fis-je remarquer.
- Oui.
- Vous n'étiez pas contente de la voir ?
- Bien sûr que si ! Se récria Loïs.
- Mais ?
- Elle a tout de suite deviné que je lui cachais quelque chose. Je lui ai alors dit que je lui dirais tout ce week-end.

Elle se mordit la lèvre, appréhendant ma réaction.

- Ce n'est pas ce qui était prévu, fis-je remarquer patiemment.

Loïs secoua la tête.
- Non, je le sais. Mais vous ne la connaissez pas.

Je réfléchis quelques instants et esquissai un sourire.

- Hé bien, voyons si elle découvre la vérité avant ce week-end.
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MessageSujet: Re: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Sam 12 Mai 2012 - 18:32

Chapitre six

La réaction de Chloé ne se fit pas attendre.

Tout l'après midi, je m'étais absenté, pour aller à des rendez-vous avec d'autres chasseurs de vampires, afin de créer des centres d'initiation à la chasse de vampires, en dehors de la région. Cela me rapportait pas mal d'argent et c'était pour la bonne cause. Il était difficile de traiter avec ces chasseurs généralement solitaires mais j'avais un tempérament d'homme d'affaires et j'étais persuasif, doué pour négocier.

Quand je rentrai, Alfred m'accueillit sue le seuil du manoir.

- Bonsoir, monsieur Lex. Vous avez passé une bonne journée ?
- Bonne, peut-être, mais bien remplie, oui, c'est certain.

Si le fait que les chasseurs de vampires que j'avais rencontrés m'avaient dit qu'ils allaient réfléchir à ma proposition était un élément positif, alors oui, j'avais passé une bonne journée. Je franchis la porte, content d'être rentré chez moi.

- Que comptez-vous faire, si ce n'est pas indiscret, monsieur ? s'enquit Alfred.

Indiscret était l'antonyme d'Alfred, aussi cette question signifiait qu'il avait quelque chose à m'annoncer.

- Je vais me rendre un peu à la bibliothèque, puis regarder un film dans la salle télévision.

Je marquai un temps d'arrêt avant de reprendre :

- Pourquoi me demandez vous cela ?
- Je vous suggérerais de vous rendre dans votre bureau.

Je haussai les sourcils.

- Pourquoi cela ?

Alfred esquissa un sourire discret.

- Il y a une...surprise pour vous.

Je vis une lueur amusée dans son regard, ce qui m'intrigua fortement.

- Dans ce cas, venez avec moi.
- Ce sera un plaisir, monsieur Lex.

En approchant du bureau, j'entendis un gémissement de plaisir.

- Le bonheur !

Il s'agissait d'une voix féminine et ce n'était pas celle de Loïs. J'étais de plus en plus curieux. J'ouvris la porte et entrai dans le bureau.

Je vis alors Loïs, ainsi qu'une jeune fille blonde enfourner une cuillère de crème chantilly dans sa bouche.
- Le pied ! grogna-t-elle.

Elle avait les yeux fermés et semblait être au septième ciel. J'eus du mal à réprimer un sourire. Je rencontrai alors le regard de Loïs.

- Mademoiselle Lane ?

Celle ci semblait en proie à un fou rire silencieux. Au moment où je parlai, la jeune fille blonde qui l'accompagnait ouvrit brutalement les yeux, des yeux verts pétillants, et m'aperçut. Devant son air affolé, j'eus du mal à ne pas rire. Certes, je comprenais qu'elle soit gênée, mais elle n'avait rien fait de mal, après tout.

- Vous semblez être en bien charmante compagnie, mademoiselle Lane, observai-je.

Loïs, qui semblait hésiter entre la gêne et l'hilarité, nous regarda l'un après l'autre et se leva pour faire les présentations.

- Chloé, je te présente Lex Luthor.

La dénommée Chloé se leva et s'approcha de moi. Je remarquai alors qu'elle était jolie, même si elle ne correspondait pas vraiment à mes critères habituels. Elle me jaugea d'un air intrigué et intelligent. Son regard la faisait ressembler à une autre personne que celle qui avait grogné de plaisir en dégustant la chantilly de son cappuccino viennois, mais sa bouche, où il restait de la crème, rappelait qu'il s'agissait bien d'elle.

Alors que j'étais hypnotisé par sa bouche, naturellement jolie et rendue plus appétissante par la crème fouettée, elle sembla s'en apercevoir, gênée, mais me tendit la main malgré tout et entreprit de se présenter. J'admirai son initiative.

- Bonjour, monsieur Luthor. Je suis Chloé Sullivan, la cousine de Loïs.

J'esquissai un sourire. C'était donc la fameuse Chloé Sullivan, le phénix. Le duo d'anges était enfin réuni. Je lui serrai la main. Cette fois ci, je n'eus pas besoin de gants pour être réceptif au pouvoir mystique qui émanait d'elle. Pourtant, je ne pensais qu'à une chose. La crème chantilly.

- Chloé Sullivan ? Enchanté.

Je sortis un mouchoir de ma poche et m'approchai de son visage.

- Vous permettez ?

Sans lui laisser le temps de répondre, j'essuyai la crème au coin de sa bouche. Ainsi, je n'aurais plus à faire face à la tentation d'y passer ma langue. Devant son regard surpris, je lui adressai un regard amusé.

- Vous aviez un peu de chantilly.

La surprise de Chloé s'effaça et un éclair de compréhension passa dans son regard. Elle parut honteuse et...déçue. Peut-être était-ce le fruit de mon imagination.

- Merci.

Comme elle rougissait, teinte qui se mariait bien avec sa peau plutôt claire, je lui adressai un sourire que je voulais rassurant.

- Je raffole moi aussi des cappuccinos viennois.

J'espérais que cela la mettrait à l'aise, même si j'éprouvais un certain plaisir à la voir troublée. Cela fonctionna, car elle sembla reprendre ses esprits.

- Je ne suis pas là pour vous parler de cela, monsieur Luthor.
- Je vous en prie, appelez-moi Lex.

Je crus qu'elle allait rougir de nouveau mais elle n'en fit rien. Elle me jaugea et j'eus l'impression que nous partagions un moment intime, bien que Loïs soit avec nous. Cependant, elle semblait en retrait et je ressentais sa présence de façon beaucoup moins intense que celle de Chloé. Soudain, celle ci m'adressa un sourire espiègle, qui illumina son visage et la rendit désirable d'une manière unique, que je n'avais jamais vue chez les femmes qui m'avaient plu.

Je haussai les sourcils.

- Lesquelles ?
- Je voudrais que vous nous accordiez un entretien, à Loïs et à moi.

Je l'observai attentivement. Était-ce pour me parler de vampires ? Si c'était le cas, elle était rapide à la détente. J'opinai du chef.

- Installons nous à mon bureau.

Je leur désignai les fauteuils de part et d'autre du bureau. Je regardai le plateau chargé de cookies et de cappuccino viennois qu'elles avaient dû délaisser et appelai Alfred.

- Alfred, pouvez vous déposer ce plateau sur mon bureau ?

Chloé regarda tour à tour le plateau, Alfred et moi d'un air surpris, puis éclata de rire.

- Vous n'êtes pas sérieux ? s'exclama-t-elle.

Séduit par son rire mais surpris, je haussai les sourcils.

- Je vous demande pardon ?
- Ce plateau ne pèse pas grand chose. Vous pouvez bien l'apporter vous même à votre bureau, qui n'est qu'à quelques mètres de la table.

J'esquissai un sourire amusé. Elle n'avait pas tort. Peu de personnes conviées chez moi auraient eu le culot de me le faire remarquer.

- Touché, capitulai-je.

Je pris alors le plateau et le posai sur le bureau. Il me sembla que Loïs, à qui tout cela plaisait beaucoup, échangeait un clin d’œil complice avec sa cousine. Les gérer toutes les deux à la fois n'allait pas être chose facile mais au moins, je ne m'ennuierais pas.

- Bien, je vous écoute. Qu'avez vous à me dire ?

Elle ouvrit la bouche, la referma, concerta Loïs du regard et me regarda, puis pris la parole. Je n'en étais guère surpris, car je devinais que c'était Chloé qui avait quelque chose à me dire. Cependant, le fait qu'elle ne laisse pas sa cousine parler pour elle montrait son assurance, peu commune chez des adolescentes de son âge.

- Monsieur Luthor, je suis au courant de choses qui risqueront de vous déplaire.

Je la scrutai, tentant de déceler dans son regard vert des pensées ayant trait aux vampires. Mais je n'étais pas télépathe.

- Je vous écoute, mademoiselle Sullivan.

Chloé prit une profonde inspiration et parla.

- Je sais que les vampires existent et que vous les traquez.

Voilà. Elle répondait à mes attentes et paradoxalement, j'étais un peu déçu. Peut-être était-ce parce que j'aurais aimé être surpris.

- Mais encore ?
- Je sais que vous engagez Loïs pour le faire.

J'éprouvais un mélange de frustration et d'amusement. Je voulais plus. Aussi, je décidai de la taquiner.

- C'est tout ?

Chloé me regarda, déconcertée et contrarié, qui signifiait clairement : « Comment ça, c'est tout ? »

- Mademoiselle Sullivan ? l'appelai-je.
- Oui, c'est à peu près tout.

Non, cela ne m'allait pas. Il fallait qu'elle en sache plus ou du moins, que je sache comment elle avait découvert la vérité. Je masquai ma déconvenue par un sourire provocateur.

- Hé bien, j'en attendais plus de la fameuse cousine journaliste en herbe de Loïs Lane. Il y a encore beaucoup de choses que vous ignorez.

Chloé me fusilla du regard. Furieuse, elle était intéressante à regarder et pas de façon désagréable. Ses yeux verts pétillaient avec une intensité nouvelle, sa bouche qui me fascinait depuis le début vibrait et ses joues prenaient une jolie teinte pourpre. La colère lui allait bien.

- Je ne tarderai pas à les découvrir. Vous m'excuserez mais je ne suis arrivée à Mystic Falls que depuis deux jours donc je n'ai pas eu le temps ni les moyens d'en savoir plus.

Et vlan. Elle ne se laissait pas faire et j'adorais ça. Cependant, je craignais de l'avoir blessée, or je ne voulais pas aller aussi loin. Aussi, j'effaçai mon sourire moqueur pour la regarder avec le plus de douceur possible.

- En effet. Mais avez-vous fourni l'effort de chercher toute seule ou votre cousine vous a tout révélé ?
Raté. Je me faisais l'effet d'un professeur. Il me sembla, à son regard, que Chloé avait aussi cette impression. Elle ouvrit la bouche pour répliquer mais Loïs la devança.

- Elle a tout découvert toute seule. Je ne lui ai rien dit, si ce n'est que je lui ai donné de la verveine sans lui dire à quoi elle servait. Certes, cela lui a mis la puce à l'oreille et elle a deviné que je lui cachais quelque chose car elle me connaît trop bien. Cependant, Chloé a découvert par elle même où j'habitais, elle est venue par ses propres moyens et elle a découvert elle même ma chambre et les armes qui s'y trouvaient. Elle en a donc tiré les conclusions qui s'imposaient.

Voilà ce que je voulais entendre. Même si j'avais côtoyé de nombreux détectives, j'étais impressionné par les prouesses d'une personne si jeune et qui n'était pas professionnelle qui plus est. L'intéressée adressa un regard reconnaissant à sa cousine.

- Merci, Loïs.

Elle me regarda alors de nouveau d'un air de défi.

- Alors ? Qu'en dites-vous ?

J'esquissai un sourire, prêt à tenter le tout pour le tout.

- J'en dis que vous êtes engagée.

Les yeux de Chloé s'écarquillèrent sous le coup de la surprise et de l'incompréhension.
- Pardon ?

Je souris de plus belle, éprouvant un plaisir indicible devant sa surprise, qui la rendait presque aussi charmante que son hilarité précédente.

- Vous aviez jusqu'à ce week-end pour découvrir par vous-même les informations dont nous venons de parler. Ainsi, je pourrai vous proposer un job.

Les yeux de Chloé s'agrandirent encore davantage et je ne les en trouvai que plus beaux.

- Un job ?

J'acquiesçai.

- Oui. J'aimerais que vous enquêtiez sur les vampires.

Ce n'était pas exactement ce que j'attendais d'elle mais je devais la préparer en douceur.

- Les vampires ?

Elle semblait incrédule. Je ne devais pas la sous-estimer. En attendant, je feignis l'innocence.

- Cela vous pose problème ?

Chloé se mordilla la lèvre, ce qui me rendit sa bouche appétissante et me rappela la crème qui s'y trouvait encore peu de temps avant.

- La question n'est pas là. Je suppose que vous savez déjà tout ce qu'il y a à savoir sur les vampires, non ?
Elle marquait un point. J'esquissai un nouveau sourire. Décidément, il m'était étonnamment facile de sourire en sa présence. Peut-être cela m'aiderait-il à m'attirer sa sympathie.

- Je suppose qu'il me reste des choses à apprendre. Cela dit, j'en sais long, en effet. C'est pour cela que je ne vous demanderai pas de faire un exposé sur les vampires, aussi complet soit-il. J'ai une mission précise à vous confier.

Je sentis l'excitation la secouer. Son corps frémissait, ses yeux agrandis brillaient de frustration et d'enthousiasme. Ses réactions étaient fascinantes à mes yeux.

- Laquelle ?

J'esquissai un sourire énigmatique.

- Je ne vous le dirai que lorsque vous aurez accepté.

Elle me regarda d'un air incrédule et indigné. Son visage exprimait une question aussi claire que si elle l'avait posée à haute voix : est-ce que je me fichais d'elle ? La réponse était non. Je voulais qu'elle réfléchisse avant d'en savoir plus, ce qui l'aurait impliquée de manière irréversible.

- Qui vous dit que je vais accepter ? Ce n'est pas équitable.

Loïs prit le parti de sa cousine.

- Non seulement Chloé a raison mais vous m'avez menti. Vous prônez la confiance et l'honnêteté mais vous ne m'avez jamais fait part de vos projets concernant Chloé.

J'étais dans une position délicate. Je risquais de perdre mes deux anges d'un coup. Malgré ça, je leur adressai un sourire courtois.

- Je vous prie de m'en excuser. Seulement, vous n'auriez pas invité votre cousine à rejoindre Mystic Falls si je vous avais tout dit.

Loïs leva sa main et j'eus la certitude qu'elle allait me gifler. Cependant, elle se ravisa et la posa sur le bras de Chloé.

- Viens, Chloé. On s'en va.

L'espace d'un instant, je crus que j'avais tout gâché, mais c'était compter sans l'obstination de Chloé, qui avait fait tout ce chemin à Mystic Falls en vue d'avoir une nouvelle vie. Peut-être songeait-elle que ce que je m'apprêtais à lui offrir correspondait à ses espérances car après quelques pas réticents, elle s'arrêta.

- Attends.

Loïs lui lança un regard inquiet teinté d'une certaine impatience, tandis que j'étais pris d'un espoir fébrile.

- Tu ne vas quand même pas accepter ?

Au lieu de lui répondre, sa cousine se tourna vers moi.

- Cette mission est-elle dangereuse ?

Je lui adressai un sourire teinté d'espoir.

- Elle consiste surtout à rechercher des informations donc j'ai envie de dire que non. Cependant, toute enquête comporte des risques, mais vous le savez déjà, n'est-ce pas ?

Son regard signifiait clairement que oui, elle le savait.

- Oui.

Sa confirmation m'arracha un nouveau sourire. Ce n'était manifestement pas ce genre de risques qui la faisaient reculer et elle semblait assez débrouillarde pour les surmonter. Cela me plaisait.

- D'autres questions ?

Une lueur d'inquiétude apparut dans les yeux de Chloé.

- Est-ce que cette mission mettra en péril mes études ?

Je secouai la tête. Si Loïs n'avait pas fini ses études, je l'aurais encouragée à les poursuivre. En effet, pour moi, réussir ses études était important et je ne voulais en priver personne. Moi même, en parallèle de mes agissements au sein des vampires, j'avais suivi des études et obtenu plusieurs diplômes plus prestigieux les uns que les autres. Certes, j'avais eu des siècles devant moi mais je reprenais mes études régulièrement afin que mes diplômes soient à jour et j'avais appris à m'organiser en tenant compte de mes autres activités.

- En aucun cas, répondis-je alors. Elle vous prendra beaucoup de temps libre mais vous ne manquerez aucun cours et si vous le souhaitez, j'engagerai un professeur pour vous aider dans vos devoirs et vos révisions.

Chloé parut rassurée et séduite à la perspective d'avoir un précepteur en cas de besoin.

- Alors ? Vous acceptez ?

Avant même que Chloé eut ouvert la bouche, Loïs intervint.

- Chloé ! Réfléchis-y, s'il te plaît. N'accepte pas tout de suite.

- J'accepte, répondit aussitôt Chloé.

Loïs poussa un profond soupir. De mon côté, j'avais du mal à garder mon sérieux. Cette jeune fille savait ce qu'elle voulait et pouvait être radicale et très têtue. Je n'allais pas m'en plaindre pour l'instant.

- Vous en êtes sûre ? lui demandai-je cependant.

Elle acquiesça.

- Oui.

J'aurais pu penser qu'elle agissait sur un coup de tête. Cependant, malgré son apparence enfantine et joyeuse, il y avait aussi en elle une jeune femme intelligente et perspicace, du moins c'était l'impression qu'elle me donnait. J'avais beaucoup observé les humains, je pouvais donc les cerner au premier regard, du moins certains d'entre eux. Concernant Chloé, c'était notre première rencontre et s'il était arrivé, au cours de cet entretien, qu'elle me surprenne fortement, il y avait eu aussi des moments où j'avais l'impression de la connaître depuis longtemps. En cet instant, il me semblait qu'elle savait ce qu'elle faisait et je n'allais pas m'en plaindre.

J'esquissai alors un sourire.

- Très bien. Je vous souhaite la bienvenue au Manoir, mademoiselle Sullivan.

Ses yeux s'agrandirent. Sa surprise était un régal pour moi.

- Je vous demande pardon ?

Elle concerta sa cousine du regard, laquelle semblait tout aussi surprise.

- Je pense qu'il serait préférable que vous vous installiez au Manoir si vous travaillez pour moi. Vous y seriez aussi plus en sécurité qu'au lycée.

Je la regardai avec le plus de sincérité possible, pour lui faire comprendre que je me souciais réellement de sa sécurité. Cependant, elle ne pouvait pas savoir à quel point sa vie m'était précieuse et pourquoi. La vérité, c'est qu'elle était le phénix. Cependant, je commençais déjà à beaucoup l'apprécier en tant que personne. Quoi qu'il en soit, elle parut touchée.

- Je veux bien mais je suis inscrite à l'internat.

Ce n'était pas un problème pour moi.

- Je m'occuperai de votre désinscription et rembourserai les frais à votre père.

Chloé m'étudia avec des yeux soupçonneux. Je sus à quoi elle pensait. Elle me soupçonnait d'avoir joué un rôle dans son inscription au lycée et à l'internat. Elle avait raison. Dès qu'elle m'avait vu, elle avait sans doute compris que j'étais un homme qui pouvait avoir le bras long, bien que je n'aie que peu de contacts avec les familles fondatrices.

Quoi qu'il en soit, j'espérais qu'elle allait accepter. C'était déjà un plaisir d'héberger Loïs, si rafraîchissante et sympathique, mais Chloé me fascinait. Elle me faisait penser à un chaton espiègle et si elle ne ressemblait pas aux beautés que je côtoyais, elle était unique en son genre, avec sa chevelure dorée, son sourire éclatant et ses yeux verts pleins de vie qui la rendaient lumineuse. J'avais envie de mieux la connaître.

Aussi, je retins mon souffle en attendant son verdict.

- Dans ce cas, j'accepte.

Je ne pus dissimuler ma joie et m'empêcher de sourire.

- Je vous en remercie. Marché conclu ?

Elle opina.

- Marché conclu.

Je lui tendis la main et elle la serra. Je ressentis de nouveau son pouvoir mais elle tressaillit légèrement, aussi je me demandai si j'étais le seul à ressentir quelque chose. Sa petite main était douce et chaude et je n'avais pas envie de la lâcher. Finalement, ce fut elle qui en prit l'initiative et m'épargna cet effort de volonté.

Je repris mes esprits et souris de plus belle.

- Maintenant, êtes vous d'accord pour m'appeler Lex ?

Je n'avais pas oublié le marché que nous avions conclu au début. J'en avais rempli ma part.

- Si vous m'appelez Chloé.
- Chloé ? Ça me plaît.

Je l'appelais déjà ainsi dans ma tête mais oralement, je donnais dans le mademoiselle Sullivan. L'appeler par son prénom me procurait plus de plaisir que je ne l'aurais cru. Cela me donna envie de faire de même avec Loïs. Je me tournai vers elle.

- Cela me donne envie de vous appeler par votre prénom, vous aussi, mademoiselle Lane. Vous m'appelez bien par mon prénom. Me le permettez vous ?

Celle ci semblait malheureusement très contrariée.

- Non. Ce sera mademoiselle Lane, jusqu'à nouvel ordre.

Je ne pouvais pas lui reprocher cette rebuffade, car je la comprenais. Aussi, je ne m'en formalisai pas et espérai qu'elle change d'avis un jour.

- Comme vous voudrez.

Je me tournai de nouveau vers Chloé.

- Voulez-vous emménager ce soir, Chloé ? Je ferai parvenir vos affaires ici.
- Ce soir ? répéta-t-elle.

Elle semblait perturbée par la tournure des événements.

- Ce soir, confirmai-je.

Elle sembla se ressaisir et secoua la tête.

- Non. Plutôt demain soir. J'ai envie de prévenir Alicia, l'amie avec qui je partage la chambre, que je vais partir.

Je compris son état d'esprit. J'avais fait des recherches sur Alicia et avais appris que son petit-ami avait été tué par un vampire. Elle avait été témoin de la scène mais ses parents et ses camarades de lycée l'avaient prise pour une folle. Heureusement, le shérif Forbes l'avait crue. En effet, les Forbes faisaient partie des familles fondatrices. Avoir une amie comme Chloé, qui croyait à son histoire, devait lui faire du bien et je comprenais que cette dernière ait des scrupules à la quitter.

Je lui manifestai mon approbation par un sourire.

- C'est tout à votre honneur. Il est en effet plus élégant de prévenir votre amie vous-même.
- Nous sommes d'accord.
- Il se fait tard. Nous allons vous raccompagner à votre internat.

Loïs intervint.

- Je m'en occupe, déclara-t-elle sèchement.
- Soit, fis-je. Je n'ai pas besoin de vous dire de faire attention avec ma voiture.
- Votre voiture ? Vous me l'avez attribuée, rappela Loïs.

Voilà ce qui s'appelait avoir du culot. Cela m'amusait beaucoup.

- En effet, mais j'y tiens, répliquai-je.
- Attendez ! s'exclama Chloé.

Loïs et moi la regardâmes.

- Vous n'avez pas l'impression d'avoir oublié quelque chose d'important, Lex ? Vous ne m'avez toujours pas dit quelle était ma mission.

J'aurais dû me douter qu'elle ne me laisserait pas m'en tirer ainsi.

- Vous le saurez dès demain soir. Je ne veux pas que vous fassiez de cette nuit une nuit blanche à réfléchir.

Dès que vous vivrez au manoir, vous le saurez.

Elle me lança un regard menaçant.

- Soit. Mais je n'accepterai pas d'autre délai.

- C'est noté. Bonne nuit, Chloé.

Sur ces mots, Loïs et elle prirent congé de moi.
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MessageSujet: Re: [Smallville/Vampire Diaries] [M] Les purificatrices livre II: Lex   Jeu 31 Mai 2012 - 15:10

Chapitre sept


Je restai seul. Je pus alors me remettre de mes émotions et m'interroger dessus. Pourquoi cette Chloé Sullivan suscitait un tel trouble chez moi ? J'avais vu des femmes plus belles qu'elle. Pourtant, ce petit être, bourré de charme, de joie de vivre et de malice de la tête au pieds me semblait unique. Je n'avais pas ressenti un tel besoin de protéger une jeune femme, de la faire sourire, depuis Irina. Cela faisait des siècles, ce qui n'était pas peu dire.

Pourtant, Chloé et Irina ne se ressemblaient en rien. Certes, elles avaient toutes deux l'allure de femmes enfants. Mais Irina était aussi brune que Chloé était blonde. Il était difficile de comparer cela compte tenu du fossé des siècles qui s'étaient écoulés entre les deux demoiselles mais leur style vestimentaire était différent : Irina était discrète et classique par rapport à son époque. Quant à Chloé, si elle était à la pointe de la mode, elle détonnait avec ses tenues colorées.

J'appelai Alfred.

- Alfred ?

Ce dernier accourut.

- Oui, monsieur Lex ?
Il m'adressa un regard interrogateur.

- Vous avez besoin de quelque chose, monsieur ?

J'acquiesçai.

- Oui.

Je marquai un temps d'arrêt avant d'ajouter :

- De votre avis.

Alfred haussa les sourcils.

- À quel sujet ?

Curieusement, à cet instant, je me sentis gêné, comme un adolescent. Je me ressaisis et adoptai un air détaché.

- Je parle de Chloé Sullivan.

Un fin sourire se dessina sur le visage d'Alfred, si souvent imperturbable.

- C'est une jeune femme très sympathique, jolie et intelligente.

Une bouffée de plaisir qui m'étonna moi-même monta en moi.

- C'est vrai. Vous l'appréciez ?

Alfred parut gêné. Il ne faisait pas partie de son métier de me dire ce qu'il pensait de mes fréquentations.

Je lui adressai un sourire rassurant.

- Vous avez le droit d'être honnête, Alfred.

Il acquiesça, un peu rassuré.

- Hé bien, oui, je l'apprécie.

Malgré moi, un large sourire se dessina sur mon visage.

- J'en suis très heureux. Je l'apprécie également.

Alfred m'observa attentivement.

- J'en suis très content pour vous, monsieur.

Il marqua une pause et ajouta:

- Puis-je me retirer ?

J'opinai de la tête.

- Bien sûr, Alfred. Allez vous reposer.

Il s'éloigna. J'aurais aimé lui demander ce qu'il entendait par la phrase « je suis content pour vous » mais le fait qu'il ait choisi de me laisser seul à ce moment là signifiait peut-être qu'il avait choisi de me donner l'occasion d'y réfléchir seul. Ce que je fis.

Il n'était pas très difficile de comprendre ce qu'il entendait par là. Il était content que je me mette à regarder une jeune femme de cette manière. Peut-être même espérait-il que j'en tomberait amoureux. Pourtant, avant Chloé, il y avait déjà la sublime Loïs, qui correspondait plus à une beauté classique. Cependant, Alfred, en fin observateur, avait sans doute remarqué que je n'éprouvais que de l'amitié à son égard.

Peu de temps après, Loïs revint. Quand j'entendis le bruit de la voiture se garer, j'allai l'attendre à l'entrée, remplaçant ainsi Alfred.

Alors qu'une silhouette se dessinait derrière la porte et que j'entendais un bruit de clés – j'en avais fait confectionner un double pour Loïs – je pris les devants et ouvris la porte.

L'ébauche d'un sourire se dessina sur le visage de Loïs qui s'apprêtait sans doute à voir Alfred mais quand elle me reconnut, son sourire s'effaça.

- Bienvenue à la maison, mademoiselle Lane.

Je m'effaçai pour la laisser passer. Elle m'adressa un regard mauvais.

- Sérieusement, Lex ?

J'affichai un air innocent devant son visage chargé de reproches.

- Plaît-il ?
- Vous allez me souhaiter la bienvenue chaque fois que je rentre ? Alors que j'étais là il y a moins d'une demie heure ? Vous n'avez rien de mieux à faire ?

Je soupirai.

- Vous ne m'en voulez pas pour cela. Vous n'avez pas fait ce reproche à Alfred.

Loïs acquiesça.

- Bien vu.

Elle marqua une pause pendant laquelle elle me fusilla du regard avant de reprendre :

- Je vous en veux parce que vous avez comploté dans mon dos pour mettre la main sur ma cousine.

Je hochai la tête.

- C'est vrai. Mais je ne vous veux aucun mal.

Loïs se radoucit imperceptiblement.

- D'accord. Avez-vous encore d'autres secrets à nous cacher, à Chloé et moi ?

Si elle savait...autant être aussi honnête que possible.

- Oui.
- Pouvez-vous m'en faire part, si ce n'est pas trop demander ?

Je secouai la tête.

- Non, désolé. Pas maintenant.

Loïs parut sceptique.

- Plus tard ?
J'acquiesçai.

- Plus tard. Je vous le promets.

Elle parut se radoucir un peu.

- Écoutez, il m'a semblé que nous avions une relation de confiance, vous et moi.

Je lui adressai un signe de tête approbateur.

- Je ressens la même chose.
- J'espère donc qu'il en sera de même avec Chloé. Je respecte sa décision d'avoir accepté de travailler pour vous et je la comprends. Mais vous ne devez pas la piéger.

Je hochai la tête.

- Vous n'avez pas à vous en faire pour cela. J'apprécie déjà votre cousine.

Loïs esquissa un sourire en coin.

- Ça, je l'ai remarqué.

Sur ces mots, elle passa devant moi, me laissant un peu perturbé. Cela se voyait-il donc tant que cela ? Pourtant, j'avais cultivé pendant des siècles l'art de rester impassible. Peut-être que l'alchimie entre Chloé et moi n'était pas seulement le fruit de mon imagination. Cette pensée me fit sourire.
Au dîner, Loïs se comporta comme d'habitude. Elle ne me fit pas la tête.

- Mademoiselle Lane ?

Elle posa sa fourchette.

- Oui ?
- J'aurais quelque chose à vous demander, pour demain.

Son regard se fit méfiant.

- Vous ne voulez pas m'emmener dans une nouvelle escapade de jour contre les vampires ?

Je secouai la tête en souriant.

- Rassurez-vous. Ce que je vous demande va vous plaire.

Loïs me rendit mon sourire, intriguée.

- Je vous écoute.

- Demain, j'ai des affaires à régler, je serai absent toute la journée. J'aimerais que vous aidiez Chloé à s'installer.

Loïs parut surprise.

- Mais cela va de soi ! Je l'aurais fait de toute façon !

J'opinai du bonnet.

- Oui mais j'aurais aimé être là à son arrivée, pour lui faire visiter le manoir.
Loïs laissa échapper un petit rire, ce qui attisa ma curiosité.

- Qu'est-ce qui vous fait rire ?

Loïs me sourit.

- En fait, je lui ai déjà fait visiter le manoir.

Je haussai les sourcils.

- Vraiment ? Quand ?
- En vous attendant.

Elle s'esclaffa de nouveau.

- Chloé est tellement curieuse que cela s'imposait.

Je consentis à sourire.

- J'imagine.

Cela ne me surprenait pas. Après tout, elle était à peine arrivée à Mystic Falls qu'elle avait découvert que sa cousine était une chasseuse de vampires.

- Je ne lui ai pas fait visiter les pièces interdites d'accès, ni le placard où vous cachez les corps de vos épouses.

Je souris de nouveau.

- Vous m'en voyez rassuré, mademoiselle Lane.

Je marquai une pause avant d'ajouter :

- Il n'y a donc pas de problème pour demain ?

Loïs secoua la tête.

- Mais non. Chloé vous pardonnera.

Je hochai la tête.

- Bien. Dites lui qu'à mon retour, si elle a besoin de quoi que ce soit, qu'elle vienne me voir.

Loïs acquiesça.

- Bien sûr.

Nous terminâmes le dîner en silence. Ensuite, je m'installai à la bibliothèque pour peaufiner les détails de mon plan. J'allais confier à Chloé la tâche de retrouver Klaus mais ce que je voulais véritablement, c'était qu'elle se batte aux côtés de Loïs afin que ses pouvoirs liés au phénix se réveillent. Pour cela, je devais l'entraîner à se battre, ses pouvoirs étant essentiellement pacifiques. Je devais trouver un moyen de lui donner envie de se battre, peut-être même de faire en sorte que l'initiative vienne d'elle.

Un sursaut de culpabilité me secoua. J'étais au moins aussi manipulateur que Loïs m'en avait fait le reproche, sinon plus. Je soulageai un peu ma conscience en me répétant que c'était pour la bonne cause et que c'était la meilleure façon de leur faire découvrir la vérité. En effet, j'aurais pu la leur dire dès le début mais il y avait le risque qu'elles ne me croient pas ou qu'elles prennent la fuite, ou les deux. Si je les amenais à la découvrir par elles mêmes, elles y croiraient et elles assumeraient la responsabilité que leur conféraient leurs dons.

Le lendemain matin, je me levai tôt. J'allai voir des chasseurs de vampires. Ceux que j'avais vu récemment commençaient à accepter de travailler pour moi. Une idée excitante avait germé dans mon esprit et je le devais, de façon plus ou moins indirecte, à Chloé. Je voulais, en plus de créer des centres de formation, fonder une école secrète, comme dans Harry Potter.

Les apprentis chasseurs n'y apprendraient pas seulement à se battre, mais auraient aussi des cours de théorie sur les vampires et le surnaturel en général, ainsi que des cours standard, que l'on trouverait dans n'importe quel lycée. Cela leur permettrait de suivre les études de leur choix à la fac une fois leur diplôme obtenu. Cette idée était un peu tirée par les cheveux pour le moment, d'autant plus qu'elle sortait tout droit d'un roman, mais je la trouvais excitante. Je voulais donc en faire un véritable projet, solide et cohérent, avant d'informer les chasseurs avec qui j'étais en train de m'associer.

Ainsi, les négociations se passèrent bien et les chasseurs me parlèrent de plusieurs entrepôts abandonnés où l'on pourrait créer des centres de formation. En rentrant, j'étais content de moi. J'étais installé dans mon bureau depuis près d'une heure que Chloé vint me voir. Je m'étais attendu à sa visite, ce qui avait suscité en moi un mélange d'appréhension et de plaisir à la perspective de me voir.

Cependant, quand Alfred m'annonça sa présence, je m'efforçai de rester impassible.

- Vous pouvez la faire entrer. Merci, Alfred.

Chloé fit alors son apparition. J'eus l'impression qu'elle illuminait tout ce qui se trouvait autour d'elle. Cependant, je réussis à adopter une attitude sereine, sans doute parce que j'avais des siècles d'entraînement derrière moi et que je m'étais déjà préparé psychologiquement à être troublé en la voyant.

- Vous avez demandé à me voir, Chloé ?

Elle acquiesça.

- Oui, puisque je suis là.

Je ne m'offusquai pas de son léger sarcasme, qui m'amusait plus qu'il ne me vexait et l'invitai d'un geste à s'asseoir dans le fauteuil en face de moi.

- Je vous en prie, asseyez vous.

Elle obtempéra.

- Votre chambre vous plaît-elle ?
- Je ne suis pas venue vous parler de cela.

Encore une fois, je ne me formalisai pas devant son ton un peu sec, qui semblait sous entendre que j'étais un chasseur de vampires avant d'être un hôte et que je devais revoir mes priorités. Je ne partageais pas entièrement ce point de vue mais je le comprenais. Aussi, loin de me renfrogner, j'esquissai un sourire.

- Je comprends. Seulement, votre sécurité et votre bien-être me tiennent à cœur.

J'étais sincère. Je prenais soin de tous mes invités mais Chloé était spéciale, plus spéciale encore que Loïs. C'était pour cela que je lui avais donné la plus jolie chambre et j'espérais qu'elle lui avait plu. Chloé sembla sensible à ma sincérité car elle se radoucit légèrement.

- La chambre est parfaite. Vous avez bien choisi, déclara-t-elle.

Je souris à sa réponse. Cependant, cela n'avait pas ébranlé son impatience.

- Je peux vous poser mes questions, maintenant ?

Je l'encourageai d'un geste.

- Je vous en prie.
- Quelle est ma mission ?

Je l'avais suffisamment fait attendre et j'allais lui donner une réponse, même si ce n'était pas la véritable raison de sa présence ici. Cependant, je n'allais pas non plus lui mentir car j'avais réellement besoin d'elle pour la mission que je m'apprêtais à lui confier.

- Je voudrais que vous retrouviez un vampire. Klaus.
- Klaus ? répéta-t-elle.
- Oui. C'est l'abréviation de Niklaus.

Je me demandais si elle avait fait le lien avec l’Allemagne. Cependant, elle était sans doute suffisamment intelligente pour ne pas l'avoir assimilé à l'équivalent du père noël dans ce pays. Je réprimai un sourire à cette comparaison.

- Qu'a-t-il de particulier ?

Je la regardai avec gravité.

- Il est très dangereux.
- Plus que les autres vampires ?
- Bien plus. On ne peut pas le tuer avec un pieu, ni avec la lumière du soleil.

Ce dernier élément sembla interpeller la jeune fille.

- Les vampires craignent donc la lumière du soleil, comme dans les mythes.

Je ne pus réprimer un sourire.

- En effet. À quelques exceptions près.
- Lesquelles ?

Je gardais cette explication pour plus tard.

- Revenons-en à Klaus. Il ne craint pas la lumière du soleil, ni les pieux en bois et peut hypnotiser les vampires ordinaires.
- Comment peut-on le tuer, dans ce cas ?

Je m'assombris.

- Vous n'avez pas besoin de le savoir.

Elle me lança un regard incrédule.

- Vous êtes sérieux ?
- Vous n'aurez pas à le tuer, juste à le localiser. Le reste, je m'en charge.
- Vous allez impliquer Loïs dans ce que vous appelez « le reste » ?
- Pas si je peux l'éviter.

Chloé marqua une pause pendant laquelle elle réfléchit. Elle semblait apprécier ma réponse, qui était en partie honnête. En effet, je ne lui promettais pas de ne pas impliquer Loïs. Cependant, je doutais de pouvoir l'éviter, même si je comptais m'occuper moi même de Klaus. Finalement, elle rendit son verdict.

- Très bien. J'ai besoin de documentation sur les vampires et sur le type de vampires qu'incarne Klaus.

- Regardez dans votre bibliothèque et dans la bibliothèque centrale. Et ce n'est pas tout. Je vais aussi consacrer une heure par jour à vous donner des cours sur les vampires.

Cette perspective sembla lui faire plaisir autant qu'à moi, mais pas lui suffire.

- Je veux apprendre à me battre.

Cela faisait partie de mon plan et elle me tendait elle-même la perche. Pourtant, j'étais inquiet à cette perspective.

- Chloé...
- Même si je ne vais pas tuer Klaus, je dois savoir me défendre. On se met toujours en danger en en sachant trop.

Elle marquait un point et j'étais de toute façon voué à accepter.

- Vous avez raison. Je vais donc vous consacrer une heure à vous apprendre à vous battre.
- Vous même ?

Cette perspective sembla la troubler, ce qui me fit sourire.

- J'ai appris à votre cousine à se battre. N'oubliez pas que je suis moi-même un chasseur expérimenté.
- Je n'ai pas vu d'autres chasseurs de vampires ici.
- Il n'y en a pas.

Du moins, pas depuis que Loïs et Chloé s'étaient installées au manoir. J'avais envoyé mes apprentis dans des gymnases à l'extérieur du manoir, en attendant que les centres de formation soient construits. Et Loïs avait directement accédé au statut de chasseuse sans passer par la case apprentie.

- Pourquoi uniquement Loïs et moi ?

Je dus réfléchir pour trouver une réponse adéquate.

- Je ne fais pas confiance à n'importe qui or Loïs et vous avez les qualités requises pour m'assister dans mon objectif.
Son regard m'indiqua qu'elle n'en resterait pas là et trouverait les réponses elle même.

- Lex ?
- Oui, Chloé ?
- Pourquoi voulez vous tuer Klaus ? Je sais qu'il est dangereux mais lui en voulez-vous personnellement ?

Je restai quelques instants silencieux, avant de prendre soin d'éluder sa réponse.

- Vous devriez monter vous reposer, mademoiselle Sullivan. Alfred vous préviendra lorsque le dîner sera servi.
- D'accord.

Je m'étonnai qu'avec sa curiosité naturelle, elle n'insiste pas. Puis je compris qu'elle était suffisamment intuitive pour se montrer discrète quand il le fallait. Mon estime pour elle augmenta.

Lorsque le dîner fut servi, Loïs et Chloé portaient des petites robes habillées. Loïs était ravissante dans sa robe mauve mais j'avais l'habitude de la voir ainsi au dîner et Chloé était splendide dans sa robe en soie vert foncé.

- Vous êtes toutes les deux ravissantes, mesdemoiselles. Je vous en prie, prenez place.

Elles s'assirent et nous dînâmes. Nous bavardâmes et il ne fut question ni de vampires, ni d'affaires dans la conversation. Je parlai de littérature, ce qui intéressa vivement Chloé. Je réalisai, pour la première fois, que nous étions très semblables, elle et moi, ce qui expliquait peut-être l'alchimie qu'il y avait entre nous.

Lorsque, à la fin du dîner, Loïs se leva, Chloé lui adressa un regard interrogateur.

- Où vas-tu ?
- Faire mon travail. Pour cela, je vais me changer.
- Tu veux dire que tu vas chasser les vampires ?

Loïs acquiesça.

- J'ai plus de chances de les repérer la nuit.
- Tu dors quand ?

Loïs sourit.

- Le jour. Mais je me suis habituée à avoir moins d'heures de sommeil.
- Je vois. Fais attention à toi.
- Tu me connais.
- Justement.
- Ne vous en faites pas, Chloé. Bientôt, Loïs vous fera une démonstration de ses talents et vous verrez qu'elle est... invincible.

- J'ai hâte de voir ça ! répliqua sèchement Chloé.
- Ne t'inquiète pas, Chloé. Je viendrai te réveiller demain matin, la rassura Loïs.

Sur ces mots, elle partit, me laissant seul avec Chloé, ce qui me réjouit peut être un peu trop.

- Que comptez vous faire, ce soir ? m'enquis-je.
- Je pensais me coucher tôt, comme j'ai cours demain.

Je consultai ma montre.

- Il n'est pas très tard. Auriez vous un peu de temps à me consacrer ? Sauf si vous êtes fatiguée.

J'espérais qu'elle allait dire oui. Je brûlais d'envie de passer du temps avec elle seule, sans parler de vampires. Chloé ne semblait pas fatiguée et disposée à répondre affirmativement à ma requête, ce qui me fit plaisir.

- Que voulez-vous faire ?

Je pris cela pour un oui. Un sourire se dessina sur mes lèvres.

- Suivez-moi.
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