Shivers : le forum du chlex

D'abord unique forum français entièrement dédié au couple Chloé/Lex de Smallville, Shivers se tourne aujourd'hui vers l'écrit sous toutes ses formes !
 
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 Sous Couverture

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pretender
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MessageSujet: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:29

hop, c'est parti, on rapatrie les fics ! je vais essayer de ramener celle là rapidement pour pouvoir poster le nouveau chapitre dès que possible

TITRE : Sous couverture
GENRE : cross SV/Dollhouse, mais c’est censé être compréhensible pour quelqu’un qui ne suit pas dollhouse, vu que je me concentre plus sur le personnage de Chloé et sa relation avec Lex que sur cette série, qui est plutôt un prétexte lol. De toute façon je vais résumer le principe de dollhouse dans l’histoire pour que vous sachiez à quoi vous attendre. C’est aussi pour ça que je ne la poste pas dans les crossovers. Donc enquête, action, et Chlex, bien sûr
RESUME : Journaliste au Planet, Chloé demande de l’aide à Lex pour faire tomber la dollhouse, mais elle ne sait pas tout ce qu’il y a à savoir, ni sur le milliardaire, ni sur l’organisation…
SPOILERS : il y a très longtemps que j’ai décroché de SV, je vais essayer de coller autant que je le peux à ce que je sais des saisons que j’ai loupées, mais je vais aussi royalement ignorer ce qui ne m’arrange pas, donc aucun risque de spoilers

Un grand merci à Chlo pour sa relecture !

*

Prologue

La jeune femme lissa du dos de la main le pli de son pantalon noir impeccablement coupé. Un coup d’œil à son reflet dans la vitre lui assura qu’aucune mèche rebelle ne s’était échappée de son chignon très professionnel. La veste cintrée mettait ses formes en valeur sans être ouvertement aguicheuse, et le haut rouge qu’elle portait dessous ajoutait à sa tenue une touche de couleur sans laquelle elle ne se serait pas sentie elle-même. Elle eut un sourire un brin désabusé en réalisant qu’elle n’avait pas autant prêté attention à son apparence depuis son entretien de recrutement pour le Daily Planet, quatre ans plus tôt. Mais les circonstances étaient particulières. Elle était ici pour demander un service à un homme qui ne lui ferait pas le moindre cadeau si ce qu’il voyait ne lui plaisait pas, elle devait donc mettre tous les atouts de son côté.
_Monsieur Luthor vous recevra dans une minute.
_Merci.
Sa voix était assurée, ne trahissant rien de la nervosité qu’elle ne parvenait pas à étouffer. Elle n’avait pourtant aucune raison d’être nerveuse. Aucune vraie raison, en tout cas. Ils partageaient un passé compliqué, empreint de doute, de complicité, d’affrontements, de trahison et de confiance, le tout si entremêlé qu’elle avait parfois du mal à s’y retrouver. Mais en quittant Smallville, ils s’étaient séparés en bons termes, et ils s’étaient revus quelques fois depuis leur installation à Métropolis. C’était inévitable : ils fréquentaient les mêmes cercles, non pas parce qu’ils faisaient partie de la même couche aisée de la société, mais parce qu’elle était souvent amenée à couvrir des événements auxquels il participait. Quelques conférences de presse, une ou deux soirées organisées à l’occasion d’actions municipales, trois galas de charité qu’il avait gratifiés de sa présence, cette fête du nouvel an au cours de laquelle elle s’était fermement ennuyée… S’ils n’étaient pas plus amis aujourd’hui qu’ils ne l’avaient été autrefois, au moins restaient-ils civils l’un envers l’autre lorsqu’il leur arrivait de se croiser.
Oui, ils étaient passés par de nombreux stades au cours des dernières années, et leur relation actuelle, si on pouvait l’appeler ainsi, était sans doute plus saine que ces sentiments profonds, alternant entre haine et respect mutuel, qu’ils avaient emmagasinés avant de quitter cette petite ville étouffante. Aussi son stress ne se justifiait-il aucunement. Ce qui pouvait arriver de pire était qu’il refuse… Et c’était là tout le problème. Car elle avait besoin de son aide, ne pourrait pas y parvenir sans lui.
_Chloé.
Tirée de ses pensées par la voix familière, elle se leva de son siège, lui offrit un sourire et serra la main tendue, surprise par la chaleur de sa peau. Il faisait toujours preuve de tellement de contrôle qu’elle avait tendance à oublier qu’il était un être humain normal. Elle évalua sa tenue d’un coup d’œil, haussa un sourcil appréciateur en détaillant la chemise de soie blanche entrouverte au niveau du col et en remarquant l’absence de veste. Elle avait perdu l’habitude de le voir sans cravate ou nœud papillon, mais c’était la fin de la journée et il pouvait se permettre de relâcher la pression.
_Lex. Merci de me recevoir.
Il ne répondit que d’un hochement de tête avant de lui faire signe de le précéder dans son bureau, aussi impassible que d’habitude. En l’entendant fermer la porte derrière eux, elle sentit ses épaules se tendre en anticipation, et elle se força à prendre discrètement trois longues inspirations pour se relaxer. Il lui indiqua l’un des deux fauteuils qui faisaient face au sien et, à sa grande surprise, s’installa à côté d’elle plutôt que derrière son bureau.
_Feindrons-nous les formalités d’usage, ou préfères-tu que nous en venions directement au fait ?
La question aurait pu paraître froide, voire offensante, mais le léger sourire qu’il arborait et l’étincelle d’humour au fond du regard bleu adoucirent la formulation trop brusque et elle ne put s’empêcher de sourire à son tour, se détendant complètement. Droit au but, voilà qui lui plaisait… Et il le savait. Leurs emplois du temps respectifs étaient trop chargés pour qu’ils s’encombrent de politesses dont ils n’avaient que faire.
_J’ai besoin de ton aide.
_Tu as rendu ce point clair dans ton email. Tu as été moins explicite concernant la nature de l’aide que je pourrais t’apporter.
_J’ai convaincu Perry de me confier un sujet particulièrement intéressant. Mais je me suis rendu compte en effectuant les recherches préliminaires que j’allais devoir employer des moyens à la mesure de l’importance de la mission. Et je n’ai pas ces moyens.
_Parles-tu d’argent ?
_Pas directement. Plutôt de quelque chose que l’argent t’a permis d’obtenir, alors que je n’y ai pas accès.
_De quoi s’agit-il ?
_De technologie.
_Quel type de technologie ?
_Un système développé dans le plus grand secret par l’une de tes filiales. Un système de surveillance miniaturisé soit disant indétectable.
Elle le vit hausser un sourcil, ressentit une certaine satisfaction à l’idée de l’avoir surpris. De toute évidence, il avait compris de quoi elle parlait. Ce projet en était encore au stade expérimental, il ne devait pas être lancé sur le marché avant au moins deux ans, le fait qu’elle en ait connaissance n’était pas seulement étonnant : c’était inconcevable. Mais elle avait ses sources, et elle était plus débrouillarde que la moyenne.
_Comment en as-tu entendu parler ?
_Si je te le dis, je serai obligée de te tuer… Attends. Non, c’est toi qui seras obligé de me tuer.
Il lâcha un rire minuscule, appréciant la répartie, pas parce qu’elle avait été amusante, elle en était persuadée, mais parce qu’elle avait réussi à plaisanter alors que la plupart des gens auraient pris cette menace au sérieux. Il n’avait pas bonne réputation dans le monde des affaires. Même si rien n’avait jamais été prouvé.
_Passons un marché. Si je t’accorde ce que tu demandes, me donneras-tu les informations nécessaires pour colmater cette fuite ?
_Cela dépend. S’agira-t-il de ta seule exigence ?
_Bien sûr que non. Je veux aussi savoir à quoi ce système te servira. Tu ne peux pas me demander un tel service sans satisfaire au moins ma curiosité.
Elle pencha la tête sur le côté, faisant mine de réfléchir alors que sa décision était prise depuis des jours. Elle s’était doutée qu’il imposerait cette condition et ne voyait pas d’objection à lui confier les détails de son enquête. D’autant qu’elle le soupçonnait de posséder des informations qui pourraient l’aider. Elle le regarda donc droit dans les yeux et se pencha légèrement en avant pour demander :
_As-tu entendu parler de la dollhouse ?

*

À suivre…
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:31

Citation :
Sixpence : J’aime déjà rien qu’avec la petite descrïption pour Chloé qui se met sur son trente et un pour aller voir Lex, the réplique excellente « Elle était ici pour demander un service à un homme qui ne lui ferait pas le moindre cadeau si ce qu’il voyait ne lui plaisait pas, elle devait donc mettre tous les atouts de son côté. » c’est trop trop ça quoi !
Rhaaaaaaaa mais comment tu fais pour créer toute cette tension entre eux, c’est super bien écrit !
Ouaaaaaaaaaaaaais mais quelle intro d’enfer !!! Yeah continue comme ça j’en veux plus !!

Citation :
Chlo : J'adore cette fic, tu le sais. ce prologue donne vraiment un ton très particulier. Une idée de force et de fragilité quand même. C'est juste exceptionnel comment ils sont l'un envers l'autre Smile J'attends la suite avec impatience Smile
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:32

tout ça s'annonce encore plus compliqué que je le craignais au départ... j'espère que ça va être gérable lol
un petit montage "ambiance" au passage : http://nsm02.casimages.com/img/2009/10/29/091029031407642494740568.jpg

Chapitre 1


Alexandre Luthor était un homme que rien ne pouvait plus vraiment surprendre. C’était du moins ce qu’il avait cru jusqu’à aujourd’hui. Mais en quelques minutes, la jeune femme qui l’observait à présent d’un air interrogateur venait de chambouler cette certitude, comme elle en avait chamboulé tant d’autres par le passé. Il n’aurait donc pas dû être si surpris, songea-t-il en retenant un sourire ironique. Rien de ce qu’il pensait ne s’afficha sur son visage, il s’en assura. Aucun des souvenirs qui se bousculaient dans sa tête n’adoucit ses traits, ses sourcils restèrent bien en place sans exprimer son étonnement, ses lèvres ne se figèrent pas en cette ligne dure qui révélait une intense réflexion ou une rage contenue. Il prit aussi garde à ne pas serrer les poings. Autant d’éléments de contrôle qui ne lui demandaient plus aucun effort… Pas d’habitude, du moins. Il se contenta d’acquiescer en silence pour la laisser continuer.
_Ils ont une branche ici, à Métropolis. Je veux leur tête.
_Pourquoi ?
_Quelle importance ?
_Ca en a pour moi. Si je me base sur ta demande, je suis obligé d’en conclure que tu as l’intention d’infiltrer l’organisation. Il y a deux façons d’y arriver : devenir l’une de ces poupées ou être recruté comme intermédiaire. Je doute que la seconde solution soit celle que tu as à l’esprit.
Il la vit hocher la tête. C’était logique : on n’intégrait pas la dollhouse en tant qu’intermédiaire sans de solides références et sans aucune compétence en combat, ce dont elle ne disposait pas malgré l’étendue de ses ressources. Il hésita sur la façon de formuler sa prochaine remarque. Força sa voix à adopter une inflexion indifférente parfaitement maîtrisée :
_Tu ne peux pas prendre de tels risques juste pour un article.
_C’est à moi de faire ce choix. Et il ne s’agit pas que de l’article.
_De quoi, alors ?
_C’est l’une des choses que je ne peux pas te révéler.
_Tu connais l’un des actifs.
Elle leva vivement la tête et ses yeux s’écarquillèrent. Il lui offrit un sourire en se levant pour aller se poster devant la baie vitrée, lui tournant le dos alors qu’il remarquait :
_Ce n’était pas très difficile à deviner. Tu espères le sortir de là ?
Le silence lui servit de confirmation.
_Et comment vas-tu t’y prendre ? s’enquit-il en lui faisant de nouveau face. Après leur lavage de cerveau, tu ne te souviendras pas de pourquoi tu es là. Tu ne te souviendras pas de qui tu es. Tu n’auras peut-être même plus conscience d’être un être humain.
_Je sais, admit-elle. C’est la raison pour laquelle il me faut cette technologie.
_Tu n’as…
_M’aideras-tu, oui ou non ?
Il haussa un sourcil ironique à la brutale interruption. La vit se lever pour s’approcher de lui, perdant patience. Demanda avec une pointe d’amusement :
_As-tu revu tes techniques de négociation récemment ?
Elle tenta tout pour le lui dissimuler, mais il ne manqua pas l’éclair de nostalgie dans son regard, pas plus que le fugitif sourire qui étira ses lèvres. Une conversation qu’ils avaient déjà entretenue quelques années auparavant. Elle lui avait demandé un service et s’était énervée quand il avait fait mine d’hésiter. Il avait alors lancé une remarque sur ses techniques de négociation et sur le fait qu’agresser verbalement la personne à qui l’on demandait une faveur avait en général un effet négatif sur l’issue du débat.
_Lex Luthor, dans votre grande bonté, accepteriez-vous de m’aider ? Je bénirai le sol que vous foulez, l’air que vous respirez, le…
_Non.
Visiblement stupéfaite, elle s’interrompit et le fusilla du regard. Elle avait dû croire cette partie gagnée lorsqu’il avait plaisanté, cela expliquait l’air choqué qu’elle arborait. Il secoua la tête en la contournant pour aller s’assoir derrière son bureau et en faisant disparaître l’écran de veille de son ordinateur d’un mouvement de souris.
_Lex, j’ai besoin de toi… de ton aide, corrigea-t-elle. Je ne peux pas y arriver sans ce…
_C’est l’idée.
Elle plissa les paupières, ses yeux se réduisant à deux fentes menaçantes posées sur lui. Il haussa les épaules en entreprenant de trier les cent soixante-deux emails qu’il avait reçus depuis le matin. La surveillant tout de même du coin de l’œil, il repéra avec une précision déconcertante le moment où elle prit une décision et où elle transforma ce « non » en challenge. Il ravala un soupir. Il n’avait pas eu beaucoup de contacts avec elle depuis qu’elle avait intégré le Planet, mais elle n’avait pas tant changé et il la connaissait encore assez pour réaliser qu’il venait de commettre une erreur. Il aurait dû lui faire croire qu’il acceptait, puis laisser traîner cette affaire pendant quelques semaines et s’assurer de manière plus ou moins morale qu’elle ne pourrait pas mener son enquête, au lieu de lui annoncer son refus dès le départ. D’autant qu’il ne pouvait pas lui expliquer pourquoi il lui opposait ce refus. Il y avait longtemps qu’ils n’en étaient plus au point où ils pouvaient se confier ce genre de choses. Étonnant comme la vie et un choix conscient avaient éloigné deux personnes qui auraient pu être proches.
Sachant qu’il devait être prudent concernant les informations qu’il allait lâcher dans les prochaines minutes, il chercha la meilleure façon de formuler sa remarque sans révéler qu’il en savait plus qu’elle ne le croyait.
_Chloé, je pense que les ramifications de la dollhouse sont bien plus complexes que nous ne pouvons l’imaginer. Je n’embarquerai pas LuthorCorp dans cette histoire.
Pas que la sécurité de son groupe l’inquiétait vraiment, pas dans cette situation. Mais il devait trouver une excuse plausible et celle-ci était la seule qui lui soit venue à l’esprit.
_Si cela ne fonctionne pas, personne n’aura à savoir que LuthorCorp a eu quoi que ce soit à voir avec mon investigation. Et si cela fonctionne, alors les retombées médiatiques joueront en ta faveur.
Si cela ne fonctionnait pas, LuthorCorp serait le dernier de ses soucis, car elle se ferait tuer. Mais elle avait raison sur le principe, réalisa-t-il. Son argument ne tenait donc pas la route. Il dut hésiter une seconde de trop. Ou peut-être une grimace s’afficha-t-elle sur ses traits. Toujours est-il que la journaliste l’observait avec trop d’attention pour manquer quoi que ce soit, et il la vit soudain effectuer un mouvement de recul presque imperceptible alors qu’elle envisageait ce qu’elle devait considérer comme la pire des possibilités :
_Lex… As-tu déjà fait appel à la dollhouse ?
Qu’elle pense à expliquer de cette façon son comportement n’était pas si étonnant. De nombreuses personnes influentes du monde économique, politique, ou encore artistique avaient régulièrement recours aux services de l’organisation, et il aurait très bien pu être l’un de ces clients. En revanche, le fait qu’elle ose poser une telle question devant lui démontrait – en plus d’un évident manque de confiance – une force de caractère qu’il avait toujours admirée chez elle. N’importe qui d’autre se serait déjà imaginé ruiné ou pire, mais elle ne pensait qu’à la vérité, comme toujours. Au lieu d’adopter le ton glacial qu’aurait provoqué cette question en temps normal, il répondit d’une voix sourde mal maîtrisée qui révélait la sincérité de ses propos :
_Jamais.
Un haussement de sourcil peu convaincu accueillit ces deux petites syllabes. Il esquissa un sourire en coin en développant :
_Je n’ai pas besoin d’avoir recours à ce genre de subterfuge pour être obéi au doigt et à l’œil.
A son ton volontairement arrogant, elle sourit à son tour d’une manière un peu plus amène, comme si elle commençait à le croire. Puis elle s’approcha, posa une main sur le bras de son fauteuil, le fit pivoter pour le forcer à la regarder, et répéta :
_Alors, m’aideras-tu ?
Il poussa un soupir. Si elle nourrissait déjà de tels soupçons, il ne pouvait pas opposer davantage de résistance sans déclencher son détecteur d’affaires louches. Et il ne pouvait pas se permettre de voir ce radar dirigé vers lui, il en connaissait trop l’efficacité. Alors il laissa tomber :
_Laisse-moi le temps de voir où en sont les applications pratiques. Je dois aussi mettre en place plusieurs mesures de sécurité, à commencer par un contrat avec toi, au cas où il te prendrait l’envie de révéler ce que tu sais de ce matériel de surveillance.
D’aucuns se seraient vexés, mais Chloé Sullivan se contenta de hocher la tête comme si elle s’était attendue à ce qu’il prenne cette précaution. Elle semblait maîtriser cet entretien bien mieux que lui et, paradoxalement, cela le mettait mal à l’aise tout en ajoutant une agréable dose de piment à son existence trop blasée.
_Combien de temps te faudra-t-il ?
Il passa mentalement en revue son planning des prochains jours, réfléchissant à ce qui pouvait être repoussé. Évalua le temps que dureraient ses discussions avec les ingénieurs qui travaillaient sur le projet. Décida de donner trois jours à son armée d’avocats pour la rédaction du contrat. S’amusa à calculer combien de minutes il lui faudrait pour passer les quelques coups de téléphone qui s’imposaient afin de mettre en place de façon discrète le plan qu’il avait à l’esprit pour contrôler les problèmes que risquaient de soulever cette enquête.
_Donne-moi une semaine.
Elle ne réagit pas vraiment, mais il crut percevoir une étincelle mi agacée, mi désespérée dans son regard. S’adoucissant, il se leva, mal à l’aise à l’idée de la voir le dominer de sa taille, et il baissa à peine la voix :
_Je ne peux pas faire moins. Je sais que chaque jour compte pour celui que tu veux récupérer, mais si je néglige le moindre détail, c’est toi qui te retrouveras coincée là-bas.
Elle acquiesça à contrecœur, acceptant la logique de son argument, et lui tendit une main qu’il serra après un temps d’hésitation.
_Merci, Lex.
_Je t’en prie.
Et elle quitta son bureau. Il la suivit des yeux à travers la porte vitrée pendant quelques secondes, jusqu’à ce qu’elle s’engouffre dans l’ascenseur. Puis il secoua la tête pour en chasser les pensées étranges qui y étaient nées et se consacrer à la gestion de ses priorités.
Par quoi devait-il commencer ? Le contrat était secondaire, mais c’était ce qui prendrait le plus de temps, aussi décida-t-il de lancer cette demande avant toute chose. Après avoir rédigé un long mail explicatif au directeur de son service juridique, il en envoya un autre au responsable du labo qui avait mis au point la technologie dont Chloé avait besoin.
Venait à présent la partie la plus importante. Il avait plusieurs coups de fil à passer. Le premier était facile, il savait d’ores et déjà à qui il devait s’adresser. Il composa le numéro de mémoire alors qu’il n’avait pas pris contact avec cette personne depuis des années. On décrocha dès la première sonnerie. Il demanda sans préambule :
_La ligne est sûre ?
_Ouais, pas de problème. On va quand même éviter les noms au cas où. De toute façon, j’ai pas besoin de demander qui est à l’appareil, ironisa la voix au léger accent russe.
_Vous êtes toujours en poste ?
Un bref silence à l’autre bout du fil, comme si l’homme calculait ce qu’il faisait la dernière fois qu’ils s’étaient parlés avant de donner sa réponse. Finalement, il reprit la parole :
_Ouais. Je bosse toujours pour la dollhouse. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
_Vous auriez quelque chose contre l’idée d’une mutation ?
_A Métropolis ?
_Oui.
_Je prends. Envoyez-moi les infos sur l’adresse sécurisée habituelle.
Il raccrocha sans plus de formalités. Lex posa le téléphone sur son bureau transparent et fixa longuement un point devant lui. Il s’était toujours douté qu’un contact à l’intérieur de l’organisation lui serait utile, mais il n’avait jamais été plus heureux d’avoir précieusement gardé quelqu’un en mémoire.
Son esprit dériva vers les débuts de la dollhouse et la façon dont tout cela avait commencé. Il s’efforça de se souvenir de tout ce qu’il savait là-dessus. La branche de Los Angeles avait été l’une des premières à voir le jour, en grande partie grâce à la participation d’un certain… Topher Brink, lui semblait-il. Un petit génie des sciences neurologiques, informatiques, médicales, et d’à peu près toutes sortes de sciences, qui avait été le premier capable d’appliquer à la perfection la théorie selon laquelle un être humain pouvait fonctionner exactement comme une clé USB.
Le procédé était compliqué d’un point de vue technologique, mais le principe n’était pas très difficile à expliquer. C’était une sorte de lavage de cerveau, en plus élaboré. Pour commencer, on effaçait la personnalité de quelqu’un, ne lui laissant que quelques réflexes de base. Se nourrir. Marcher. Dormir. Boire. Et surtout obéir. Un formatage dans les règles, en somme. L’actif en était réduit à l’état d’enfant totalement dépendant. D’enfant-zombie, plutôt. Juste une coquille, une apparence d’être humain incapable de prendre la moindre initiative ou de ressentir des émotions.
Venait ensuite la seconde phase, plus passionnante au niveau psychologique. On inventait une nouvelle personnalité en utilisant des souvenirs et des caractéristiques d’autres personnes, on en faisait un montage. Les clients pouvaient commander absolument tout ce qui leur passait par la tête. Disons que vous aviez envie de passer la soirée avec une étudiante en sciences passionnée d’arts martiaux… La dollhouse pouvait implanter à n’importe lequel de ses actifs-zombies les capacités physiques et techniques d’un champion de taekwondo doublées des connaissances scientifiques d’un prix Nobel. S’ajoutaient quelques détails relevant davantage du caractère : modeste, timide, ouverte, dépressive, passionnée, farouche, bavarde, calme, agressive… La fameuse étudiante pouvait être exactement celle que vous vouliez, avec les souvenirs de toute une vie. Et bien sûr elle n’avait absolument pas conscience de ce qui s’était passé en elle pour faire d’elle ce qu’elle était. Pour elle, tout était réel, autant que si elle avait passé des années à perfectionner un art martial, autant que si elle avait bel et bien vécu la mort de son père et décidé de suivre ses traces en tant que grand scientifique pour lui faire honneur.
Il suffisait ensuite d’implanter cette personnalité à l’actif, et le tour était joué. Ne restait qu’à livrer le colis et à surveiller l’utilisation qu’en faisait le client. Puis, une fois la mission terminée, l’actif rentrait, on effaçait tout, et on recommençait pour la commande suivante.
Les possibilités étaient infinies, il le savait, et il comprenait aussi qu’on soit tenté de dépenser autant d’argent et d’ignorer le côté immoral du projet pour obtenir précisément ce qu’on voulait. D’ailleurs…
D’ailleurs, il fallait qu’il fasse l’inventaire des personnes qui lui rendraient ce type de services. Qui accepteraient de faire appel à la dollhouse quand il le leur demanderait, et avec des critères qu’il aurait établis.
Lui… était tout simplement parfait. Ils s’entendaient à merveille malgré leur concurrence acharnée sur le marché des nouvelles technologies, il savait qu’il accepterait de l’aider, ne serait-ce qu’en raison de ses instincts de protection et de sa volonté de toujours faire ce qu’il considérait être moralement juste. Un problème se posait toutefois. Il le savait incorruptible et incapable de faire appel à une telle organisation. La question était : la dollhouse le savait-elle aussi ?
Il composa le numéro, dut attendre plusieurs sonneries, décalage horaire oblige, son ami et parfois rival devait être couché ou de sortie.
_Lex ? C’est toi, Luthor ?
De sortie, à en juger par les bruits de fond.
_Hey. Content de t’entendre.
_Moi aussi, mais vu l’heure, j’attends des explications. Que cette blonde ne m’ait pas planté pour rien.
Il laissa malgré lui échapper un léger rire.
_Est-ce que tu as eu affaire à la dollhouse dans ton secteur ?
_Ils ont tenté de m’approcher en tant que client potentiel il y a quelques mois. Je leur ai dit d’aller au diable, tu t’en doutes. Me dis pas que tu comptes…
_Non, ne t’en fais pas. J’ai besoin de quelqu’un qui recrute un actif bien particulier sur Métropolis dans quelques jours et je voulais savoir si tu le ferais. Mais j’en déduis que…
_Que je ne suis pas le candidat idéal. Désolé, mais ils savent ce que je pense de leurs méthodes, je dois être sur leur liste noire. Ca serait louche que je retourne ma veste comme ça, ils ne me feront pas confiance. Même si je leur propose des millions, tu sais à quel point ils sont…
_Paranoïaques, je sais, oui.
Au point de refuser un nouveau client richissime s’ils estimaient qu’il n’était pas fiable. Il soupira légèrement. Son interlocuteur garda le silence quelques secondes avant de demander :
_Quelqu’un que tu connais ?
_Oui.
_Dur.
_Elle n’est pas encore… Elle n’est pas encore entrée dans le système.
La voix était choquée quand son ami reprit la parole :
_Attends. T’es en train de me dire qu’elle est pas encore un actif ? Pourquoi t’essaies de la vendre au lieu de l’empêcher d’intégrer la dollhouse ?
_Parce que je ne peux pas l’en empêcher. Et je pense… En fait, je pense qu’elle a de bonnes raisons de vouloir…
_Il n’y a aucune bonne raison d’abandonner cinq années de sa vie et de les passer à faire Dieu sait quoi. Luthor, arrête-la. Ne la laisse pas faire ça.
Nouveau soupir. Il lâcha d’un ton résigné :
_Merci quand même, Winch.
_Hey, Luthor ?
_Oui ?
_C’est moi qui vais décrocher le contrat Helms.
Un bip lui indiqua qu’il avait raccroché. Malgré son inquiétude, Lex ne put réprimer un minuscule sourire à cette dernière provocation. Mais le contrat Helms ne lui paraissait plus aussi important que trois heures auparavant, il le céderait volontiers à Largo pour avoir davantage de temps à consacrer à l’enquête de la journaliste.
Deuxième sur la liste, Aaron Echolls. Il n’aurait pas le même problème avec lui qu’avec son premier contact, il était au moins sûr de ça. L’acteur avait une moralité douteuse et n’hésiterait pas à avoir recours aux services de la dollhouse, pour peu qu’on lui garantisse que les médias resteraient en dehors de l’affaire. Sauf que ce qui se présentait comme un gros avantage était aussi un inconvénient majeur : il ne faisait absolument pas confiance à Aaron, il ne lui aurait jamais rien confié d’important, et surtout pas la vie de quelqu’un.
Harry Osborn. Voilà qui aurait été parfait. Mais il était à peu près persuadé que celui-ci était trop occupé pour se permettre un séjour à Métropolis, et de toute façon la dollhouse trouverait suspect qu’il se déplace jusqu’ici juste pour quelques jours alors qu’il n’avait aucune affaire à régler dans le coin.
Restait une possibilité. Ce nom qu’il avait volontairement décidé d’examiner en dernier car il savait qu’il avait plus de chances d’obtenir son accord, et il savait aussi qu’il s’agissait d’un candidat très probable pour la dollhouse. Fiable sans être trop moralisateur. La combinaison idéale. Et surtout il venait régulièrement à Métropolis pour des contrats ou des galas, sa présence ici ne serait pas suspecte. Sans compter qu’il lui devait un service. Ou deux. Ou peut-être était-ce l’inverse, il avait du mal à suivre leurs perpétuels échanges de bons procédés. Bref. Le seul souci était qu’il pouvait aisément être relié à lui grâce à quelques recherches basiques, ils étaient parfois partenaires en affaires, parfois concurrents, et leur amitié remontait au lycée, n’importe qui pouvait le découvrir. Mais cela pourrait passer pour une coïncidence sans trop de difficultés, aussi décida-t-il de tenter le tout pour le tout. Un nouveau coup de téléphone, qui, avec un peu de chance, serait le dernier de la soirée.
_Alexandre Luthor… Que me vaut l’honneur de ton appel ?
_Je déteste l’affichage de numéro. Je ne peux plus te surprendre.
_Tu n’y arrivais déjà pas avant. De nos jours au moins, tu as une excuse. S’agit-il d’un appel de courtoisie ?
_Pas exactement.
_Je t’écoute.
Alors il entreprit de lui résumer la situation. Sans rien lui cacher. Cet homme était la seule personne à part lui à tout connaître de son passé avec Chloé Sullivan… Ainsi que de son implication dans la naissance de la dollhouse, volontaire ou non. Lex n’avait donc aucune raison de lui épargner les détails. Il lui exposa le plan de la journaliste, son plan à lui, puis acheva par le véritable objet de son appel : ce service dont il avait besoin. Sans une seconde d’hésitation, l’homme demanda simplement :
_Quand ?
_La semaine prochaine.
_Combien de temps ?
_Combien de temps peux-tu te le permettre ? Tu sais que je te rembourserai, mais il faut que cela reste dans le domaine du possible.
_Est-ce que tu as une idée de leurs tarifs ?
_Ils dépendent du degré de risque de chaque mission, mais la commande que tu vas passer n’en comportera aucun. Je peux t’envoyer la liste.
_Je l’attends. Je vais faire quelques calculs et je te rappelle.
_Parfait.
Il s’apprêtait à raccrocher, hésita, le rappela alors que son interlocuteur était sur le point de couper la communication :
_Attends.
_Quoi ?
_Merci.
_A ton service.

*

À suivre…
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:33

Citation :
Sixpence : Punaise, Lex Luthor en force ! j’adore comment tu décris ses non expressions, un maitre dans l’art de ne rien laisser voir, impressionnant !
Et pi alors il lit en Chloé comme dans un livre ouvert c’est pas mal ça aussi. par contre moi qui ne connaît pas la série je trouve effrayant qu’on fasse un lavage de cerveau à Chloé, rien de plus facile pour Lex s’il veut la manipuler après.
Haaaaaaaaaahaaaaa quelle maitrise de soit la vache ! toujours tout calculer c’est son dada, mais bon, il connaît l’importance de l’affaire et le danger que ça entraîne alors je suppose que c’est fait exprès autant de sérieux.
Je flippe avec ton histoire de Dollhouse, c’est macabre ! Dans ta fic je vais apprécier mais je sais pas si j’irai voir à quoi ça ressemble cette série.
Yerk, quelle horreur, on dirait un marché de prostituer moderne, je trouve ça macabre ! plus de vie, plus de conscience, juste une vie d’objet exploité.
J’y peux rien, j’ai flashé sur le nom d’Harry Osborn, j’espère qu’on le verra un peu héhé !
Bon, je sais pas trop ce que Lex a en tête pour le moment, j’espère qu’il va épargner Chloé quand même.
Sinon j’aime la fic, assez noire je pense ! et je comprends à moitié ton angoisse de pas savoir dans quoi tu t’es lancée, c’est complexe comme histoire !

Vivement la suite !
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:34

Suite au deal passé avec Chlo Wink voilà déjà le 2ème chapitre
ça va effectivement être assez noir, mais peut-être moins qu’on pourrait le craindre… Enfin vous verrez bien mdr C’est fait exprès que l’intrigue soit assez obscur pour le moment, en particulier du côté de lex, mais histoire de pas vous décourager, ça devrait s’améliorer dans le chapitre suivant.

Chapitre 2


_Nous devrions être plus prudents.
_Chloé, rien ne nous empêche d’être vus ensemble étant données les circonstances.
_C’est toi qui t’inquiétais de la sécurité de ton groupe. Si la dollhouse fait le rapprochement entre toi et moi une fois que l’histoire éclatera, tu risques gros.
_Quand l’article sur LuthorCorp sera publié, tout le monde se doutera que tu m’as rencontré au moins une ou deux fois pour étayer tes accusations. La dollhouse trouverait même étrange que cela ne soit pas le cas.
Il n’avait pas tort, mais elle continuait à penser que le rencontrer librement était une mauvaise idée. Si l’organisation soupçonnait qu’elle avait demandé de l’aide au milliardaire… Et bien, tout dépendrait du moment où ils le découvriraient. En début d’enquête, elle risquerait juste de ne pas être recrutée, et accessoirement d’être tuée. En cours de route, cela serait plus problématique. Car ils la garderaient alors comme actif jusqu’à la fin de ses jours, sans aucun doute. Et elle préférait mille fois la mort à cette alternative.
Depuis qu’elle s’était décidée pour une mission d’infiltration, elle essayait de ne pas penser à ce que cela signifiait concrètement. Cette histoire allait à l’encontre de ses convictions les plus profondes et elle ne se serait jamais crue capable de s’enrôler volontairement dans une telle organisation en ayant conscience de ce fait simple, terrifiant et inévitable : tout le temps qu’elle passerait à la dollhouse, elle le passerait sous leur contrôle. Elle serait impuissante, ils pourraient faire d’elle absolument ce qu’ils voudraient. Esclavage, traite d’êtres humains, prostitution… Les mots ne manquaient pas pour définir le principe de la dollhouse. Un frisson la parcourut et elle s’efforça de repousser cette pensée de son esprit. Elle n’avait pas le choix. Elle se concentra sur le problème en cours afin de ne pas risquer de changer d’avis. En s’y prenant étape par étape, elle pouvait gérer cette enquête et mettre de côté ses états d’âme.
_Pour quand as-tu pu programmer l’opération ?
_Dans trois jours.
Il lui tendit un papier, son geste mal assuré, comme s’il espérait encore qu’elle allait renoncer, mais elle le saisit sans une hésitation. Elle ne comprenait pas sa réticence : après tout, il investissait très peu dans cette histoire, contrairement à elle, et il pourrait en tirer d’énormes bénéfices. Il ne prenait presque aucun risque. L’homme d’affaires qu’il était aurait dû se réjouir d’une telle opportunité au lieu de s’engager sur ce chemin à reculons comme il semblait le faire.
_Retrouve-moi à cette adresse jeudi à 7h30. Quand Perry va-t-il passer le papier ?
_Il attend mon feu vert. Est-ce que vendredi te conviendrait ?
_Lundi serait plus approprié. Laissons-nous le week end afin de déterminer si le système fonctionne correctement. De plus, une telle nouvelle aura plus de poids à l’ouverture des bureaux.
Une fois de plus, le raisonnement se tenait. Elle le détestait d’avoir raison et était en même temps ravie et rassurée de travailler avec un homme capable de l’arrêter lorsqu’elle s’apprêtait à prendre une décision trop hâtive. Elle détailla son profil alors qu’il jetait un coup d’œil à son portable qui venait de vibrer. Parvenant à lutter contre son instinct qui lui dictait de tenter de déchiffrer le message apparu sur l’écran, elle se contenta d’observer ses réactions. Un froncement de sourcils à peine perceptible, puis il tapa rapidement quelques lettres avant d’appuyer sur la touche d’envoi et de reporter son attention sur elle. Il avait beau être passé maître dans l’art de dissimuler ses sentiments, elle était elle-même experte en décryptage du langage corporel, et sa posture ne la trompait pas : il était soucieux. Peut-être même angoissé. Ce qui ne collait pas avec l’image que Lex Luthor renvoyait d’ordinaire. Elle l’avait connu jeune homme plein de doutes et de combats intérieurs, mais depuis qu’il avait pris la direction de LuthorCorp, il s’était fait la réputation d’un requin des affaires inébranlable. Elle savait qu’il était moins insensible qu’il ne le laissait paraître… Mais elle savait aussi qu’il en fallait effectivement beaucoup pour le perturber. Incapable de maîtriser sa curiosité, elle demanda d’une voix neutre :
_Un problème ?
_Un imprévu, corrigea-t-il avec un haussement d’épaules destiné à lui signifier que le sujet était clos avant même d’avoir été vraiment abordé.
Elle n’insista pas. Elle avait d’autres préoccupations et manquait de temps pour se consacrer au mystère que pouvait représenter le milliardaire.
_Il y a plusieurs détails qui m’inquiètent dans ton plan.
Elle se prépara à répondre à des questions qui raviveraient le doute qu’elle entretenait concernant cette enquête. Elle était à peu près persuadée de connaître toutes ses objections, mais elle redoutait qu’il soulève des points légitimes auxquels elle n’aurait pas pensé et qui remettraient tout en cause. Il n’attendit pas qu’elle lui donne l’autorisation de continuer, attaquant directement :
_En admettant que tout se passe comme prévu jusqu’au moment où tu signeras ton contrat avec la dollhouse, ils vont alors extraire de ton cerveau tout ce que tu es… Cela inclut tes souvenirs. Ils auront donc accès aux dernières semaines de ta vie et découvriront ce que tu manigances.
Elle secoua la tête. Une inquiétude logique.
_En théorie, non. Ils n’ont pas besoin de voir ces souvenirs pour procéder à leur extraction, et le contrat peut comprendre une clause de confidentialité. Je peux exiger qu’ils n’observent pas ce qu’ils garderont en mémoire dans leurs ordinateurs.
_Penses-tu vraiment qu’ils soient du genre à respecter un tel accord ?
_Je prends le pari.
_Chloé…
_Objection suivante ?
Il poussa un soupir devant son refus d’admettre qu’elle tentait là une véritable folie qui pourrait lui coûter bien plus que la vie. Accepta de ne pas insister sur ce point en particulier et de continuer la discussion :
_Je te fournis le système de surveillance, c’est entendu. Mais en tant qu’actif, tu n’auras aucune idée de ce que tu fais et tu seras incapable d’estimer si tu as assez de matériel pour les faire tomber. Tu ne sauras même pas que tu veux les faire tomber. Tu ignoreras donc quand tu pourras mettre fin à cette mascarade.
_Je sais. Mais les vidéos peuvent être retransmises en direct et deux amis se relaieront pour surveiller les images en permanence et me tirer de là une fois la mission accomplie.
_Deux amis ?
Elle acquiesça. Pensait-il qu’elle n’avait pas réfléchi à cet aspect du problème, qu’elle fonçait tête baissée sans avoir pris certaines précautions ? Repérant sa moue sceptique, elle haussa un sourcil :
_Quoi ?
_J’ai quelques doutes sur la compétence de ces amis en matière de surveillance. Laisse-moi mettre en place une équipe de professionnels, des gardes du corps, des personnes fiables qui…
_Non.
Surpris, il l’observa quelques secondes avant de reprendre la parole d’un ton prudent :
_Chloé, tu as besoin de protection, tu es…
_Je ne peux pas te laisser faire ça, Lex, l’interrompit-elle d’une voix si douce qu’il dut tendre l’oreille pour distinguer les mots.
_Pourquoi ?
_Tu sais pourquoi.
Il s’apprêtait à exprimer sa confusion, mais elle vit soudain une lueur traverser son regard et il referma la bouche, son expression plus impassible que jamais, sa mâchoire serrée, son attitude illisible. Elle ressentit un léger pincement au cœur en réalisant qu’il avait compris. Ce n’était pas par obstination qu’elle refusait son aide sur ce point, mais par prudence.
Elle ne lui faisait pas confiance, tout simplement.
Elle faisait appel à lui parce qu’elle n’avait pas d’autre choix, elle ne pouvait obtenir nulle part ailleurs la technologie dont elle avait besoin, mais elle s’arrangerait pour qu’il reste en dehors de cette histoire autant que possible.
Elle était persuadée qu’il ne lui ferait pas de mal et qu’il ne laisserait rien de dramatique lui arriver. Elle serait même plus en sécurité si elle acceptait son offre. C’était une certitude, ou presque. Elle ne le connaissait plus assez pour l’affirmer à 100 %, mais 97 % était un taux relativement sûr. Ce qui l’inquiétait en revanche, c’était ce qu’il pourrait faire des informations qu’il récolterait s’il mettait la main sur ce qu’elle découvrirait au cours de sa mission d’infiltration. En quelques semaines, elle allait devenir incollable sur la dollhouse et ses ramifications, et elle apprendrait sans doute aussi énormément de choses sur les clients de l’organisation. Des clients riches qui fréquentaient les mêmes cercles que Lex Luthor… Si jamais il avait accès aux vidéos de ce qu’elle faisait et voyait pendant sa période en tant qu’actif, il pourrait faire des dégâts considérables dans le monde des affaires, de la politique ou encore de la justice. Il était le genre d’homme à utiliser les moyens qu’il avait à sa disposition, et bien qu’elle ne le considère pas comme aussi diabolique que certains persistaient à le croire, elle préférait éviter de lui donner des munitions.
Elle soupira en constatant qu’il s’était totalement fermé et elle se leva du banc sur lequel ils s’étaient installés au milieu de ce parc peu fréquenté. Elle hésita un instant à tenter de se justifier, décida qu’elle n’avait pas à le faire, et s’éloigna sans un mot de plus. Ils avaient dit tout ce qu’il y avait à dire.

*

Il n’aurait pas dû se sentir blessé. D’autant qu’elle avait raison. Il n’était pas quelqu’un à qui l’on pouvait fournir des informations en espérant qu’il ne les utiliserait pas. C’était sa nature et il n’avait plus cherché à la renier depuis qu’il avait quitté Smallville. Mais il avait pensé que le fait qu’elle se tourne vers lui signifiait qu’elle se fiait à lui, et il pouvait admettre pour lui-même, s’il ne l’admettait jamais devant personne d’autre, qu’il avait souhaité qu’elle lui fasse confiance. Il secoua la tête. Le sentiment désagréable était bien présent, mais il pourrait l’ignorer sans trop de peine, il avait trop à faire pour s’attarder sur ce que Chloé Sullivan pouvait bien penser de lui.
Le message qu’il avait reçu au cours de leur conversation lui revint en mémoire et il sortit de nouveau son portable de la poche intérieur de sa veste Versace pour le relire. Si le texte était bref, il avait suffit à l’inquiéter. Son ami avait apparemment fait quelques recherches sur la dollhouse après avoir reçu la liste des prix proposés, et il avait mis le doigt sur une information perturbante. Lex fixa les mots en espérant qu’ils allaient se transformer sous ses yeux, mais ils restèrent les mêmes comme pour le narguer de ne pas avoir pensé à cette éventualité plus tôt. « Brink a été muté à Métropolis l’an dernier. » Il avait répliqué d’une simple question : « Tu es sûr ? »
Le portable vibra dans sa main. Quand il sélectionna la petite enveloppe qui lui permettrait de lire le nouveau message, il vit un unique mot s’afficher. « Oui. »
Voilà qui compliquait les choses. Jusque là, il avait été assez confiant en ce qui concernait la discrétion de l’appareil qui allait être implanté à Chloé afin qu’elle puisse filmer tout ce qu’elle verrait. Mais si une seule personne était capable de le détecter, c’était Topher Brink.
Avant d’être recrutés pour de bon, les actifs étaient soumis à un examen médical et neurologique approfondi. Le système de surveillance passerait facilement pour une minuscule irrégularité pouvant s’expliquer par un léger défaut physiologique ou même par une tâche imperceptible sur l’IRM… Mais si quelqu’un poussait les recherches plus loin, comme Brink était susceptible de le faire, il pourrait en conclure qu’il s’agissait bien de matériel d’espionnage.
Chloé risquait peut-être plus gros encore qu’il ne l’avait cru.
Lex ne connaissait pas le responsable de la branche locale de la dollhouse, en revanche il savait quelle était la politique générale de l’organisation concernant les éventuelles menaces. Élimination.
En montant à l’arrière de la voiture qui le ramènerait à son bureau, il fit l’inventaire de ses options. Le problème était qu’il ne pouvait pas partager cette information avec la journaliste : cela entraînerait trop de questions auxquelles il ne pourrait pas répondre. A commencer par comment il connaissait Topher Brink et ses compétences.
Jusque là, il avait eu l’intention de respecter son souhait et de la laisser transférer les images qu’elle filmerait à qui bon lui semblerait, principalement parce qu’il savait qu’elle ne risquerait rien, puisqu’il connaissait déjà la nature de son tout premier engagement, qui durerait sans doute assez longtemps pour qu’elle rassemble toutes les preuves dont elle avait besoin. Il allait être obligé de revenir sur sa décision. Il devait mettre en place une équipe de sécurité prête à intervenir dès l’instant où elle mettrait le pied dans les locaux de la dollhouse, au cas où il y aurait un problème. Et pour ça, il fallait qu’il puisse savoir s’il y avait un problème. Il allait donc devoir, malgré ce qu’elle lui avait demandé, relier la caméra qu’elle porterait à un écran auquel il aurait accès.
Une pointe de culpabilité surgit à cette pensée, mais c’était la première fois depuis des années qu’il prenait une mauvaise décision pour une bonne cause, aussi fut-il capable de chasser ce sentiment inconfortable.
Il s’empara de l’ordinateur portable glissé dans une sacoche à côté de lui et ouvrit le document que Chloé lui avait envoyé la veille pour y jeter un nouveau coup d’œil. Le dossier était composé de plusieurs articles liant LuthorCorp à toutes sortes d’affaires louches, de transactions illégales, et d’organisations peu recommandables. Ils s’étaient bien sûr assuré tous les deux que rien de ce qui serait publié n’était vrai, et il devait admettre qu’elle était aussi douée pour inventer des accusations scandaleuses que pour dénicher des informations véridiques.
Blanchiment d’argent, trafic d’armes, travail forcé de mineurs, non respects des normes sécuritaires… Tout y était, songea-t-il avec un petit sourire. Il voyait mal ce qu’elle aurait pu ajouter pour diaboliser son groupe davantage. Le pire était que le dossier était appuyé, pas par des preuves – il n’en existait aucune de tangible puisque toutes ces accusations étaient fausses – mais par des déductions très crédibles et des témoignages poignants. Le tout inventé de toutes pièces, mais les lecteurs l’ignoraient, et c’était le principal.
Cet article allait avoir l’effet d’une bombe et il était quasiment sûr qu’il aurait un impact négatif sur LuthorCorp à sa parution, mais le reste de leur plan redresserait la barre, il ne se faisait donc pas de soucis.
Son ordinateur lui annonça qu’il avait un nouveau message alors que le chauffeur garait la voiture en bas de l’immeuble appartenant à LuthorCorp, et il décida de l’ouvrir immédiatement plutôt que d’attendre d’être arrivé à son bureau. Une fois de plus, le texte était concis… Il avait tendance à faire le tri parmi ses connaissances si celles-ci se sentaient obligées de tourner autour du pot et d’utiliser huit lignes pour lui demander comment il allait.
« Bien arrivé à Métropolis, je prends mes fonctions lundi. En attente d’instructions. PS : Joli lot. » Il secoua la tête avec un sourire mi amusé, mi agacé. Il s’était attendu à un commentaire de ce genre quand il avait envoyé une photo de Chloé à son contact. Son premier réflexe fut d’envoyer un « bas les pattes ! » très peu luthorien, mais il ne céda évidemment pas à cette pulsion, répondant de façon plus digne. « Essayez de la séduire quand elle sera redevenue elle-même si vous y tenez. Mais si vous y touchez tant qu’elle est un actif, soyez prêt à affronter les conséquences. »
Il n’y eut aucune réponse, il en déduisit que le message était passé.

*

À suivre…
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:37

Citation :
Chlo : Niahahhahahaha

j'adore tes chantages ma poule

Alors alors, déjà j'aime beaucoup ta fic, tu le sais, et sincèrement c'ets pas glauquue du tout pour le moment.

Je suis archi, mais alors archi fan de ça:

Citation :
qu’elle était aussi douée pour inventer des accusations scandaleuses que pour dénicher des informations véridiques.

c'est trop trop bon!

Et la fin de comment lex fait passer le "bas les pattes" par un truc pseudo professionnel, c'ets de l'art à perte de vue.

Love!

Citation :
Sixpence : Comme dans le chapitre précédent, Chloé à l’air de savoir ce qu’elle fait. c’est toujours aussi amusant de voir à quel point elle analyse Lex sous toutes les coutures. Après ça fait mal de savoir qu’elle ne lui fait pas confiance mais je dirai qu’elle a entièrement raison, pour le moment. En fait elle ne peut vraiment se fier qu’à elle-même.
Purée par contre ça doit lui faire plus mal encore à Lex parce lui il prend toutes les précautions nécessaires pour elle. J’en reviens pas à quel point il se démène juste pour elle. autant il aurait pu dire oui et hop, la laisser se débrouiller mais nan. Il s’implique beaucoup !
Bon, je suis allée voir sur le topic du forum pour Dollhouse et je suis quand même contente parce que Topher Brink je vois qui c’est maintenant, c’est plus agréable.
Ouais ouais, c’est bien ce que je me disais, il tient à elle et il va la surveiller et la protéger comme un vrai lion.

Vivement la suite !

Citation :
Kfn : Bon bah c'est génial, hein, je vois pas trop ce que je peux dire de plus.
j'adore cette intrigue, ce coté complot, cette relation toute professionnelle qu'il y a entre eux. Tu as parfaitement réussi à nous faire entrer dans ce monde qu'est la dollhouse (bravo, d'ailleurs, j'avais jamais entendu parler de la série...^^) et la noirceur de cette histoire me va très bien !
hate de voir la suite, tu poses vraiment parfaitement bien l'intrigue, on a l'impression d'en apprendre beaucoup, et on se rend compte qu'en fait y'a dix mille nouvelles choses qu'on a envie de savoir (qui sont les 2 amis ? qui va-t-elle chercher ? )

Alors un énorme bravo, très grand coup de coeur pour cette histoire vraiment originale et bien menée et SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITE (pitié lol !!)

Citation :
Elina : Voilà mon challenge rattrapage de retard dans les fics (et j'en ai pas mal) est parti.
Et j'ai l'honneur de commencer par celle-là. Tout de suite je plonge dans une fic en effet qui promet des chapitres sombres, mais tellement intéressant.
Bien sûre pour nous lecteur il restent encore pas mal de questions, mais je suppose qu'on comprendras au fil de la lecture. Ensuite je ne connais pas du tout la série Dollhouse mais comme tu l'expliquais j'ai piger le truc.

Il lui faut du courage à notre Chloé pour se lancer dans ce truc. C'est pas rien quand même, mais c'est là toute sa force, on le sent d'ailleurs dans sa détermination. Quand à Lex, toujours des zones d'ombres qui font qu'il connait le système du DollHouse qu'il a même fréquenté visiblement. alors comment va t-il se lier à Chloé ? Est ce qu'il va l'utiliser pour lui ???

Le truc énorme que j'ai adoré, c'est que Chloé ne fait pas confiance à Lex. Je crois que j'ai été tout aussi suprise que Lex. Et puis comme tu expliques, elle vient vers lui parce qu'il est le seul de ses "contacts" à lui permettre d'arriver à ses fins. Mais je te dis j'en étais toute retournée.

Enfin bref ravie de revenir parmi vos lectures.


Suite http://illiweb.com/fa/pbucket.gif

Citation :
Alexiel : Largo !!!!!!!!! Wouhou ! Largooooooooooooo !!!!!!!!
Hum, désolée. Tu m'as mise dans tout mes états avec l'apparition du milliardaire le plus sexy de la bd !

Bref tout ça pour dire que j'adore cette fic !
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:39

rhoooo marchi pr vos feeds! Embarassed

Vala la suite (avec un peu de retard Chlo, dsl, dimanche de fou lol) juste pour que vous soyez prévenus : ça sera pas le chapitre le plus passionnant de la fic
Un grand merci à Chlo pour sa relecture, une fois de plus !
Petit montage dont j’suis pas super contente vu la grooooosse tête de chloé mdr mais c surtout histoire que vous voyiez à quoi ressemble Topher Brink
http://nsm02.casimages.com/img/2009/11/16/091116030516642494873267.jpg

Chapitre 3


_Comment as-tu pu faire ça ? Chloé, est-ce que tu te rends compte de ce que tu risques ? Tu n’as…
Chloé eut une grimace et se força à ne pas écouter les reproches qui suivirent. Etait-ce l’incrédulité ou la colère dans la voix de son ami qui la perturbait le plus ? Impossible de se prononcer. Assise face à ce bureau vaguement familier, observant le jeune homme alors qu’il faisait de grands gestes des bras comme pour tenter d’évacuer l’énergie négative qui s’était accumulée dans son corps, elle attendit qu’il fasse une pause dans son discours pour tenter de le calmer :
_Pete, je…
_Je veux dire, Luthor fait bien assez de trucs louches sans que t’aies besoin d’en inventer ! Diffamation ! Merde Chloé, un procès en diffamation. Contre Lex Luthor, rien de moins ! Ca va ruiner ta carrière. Tu y as pensé ? Et Perry ! Pourquoi t’a-t-il laissé écrire ça sans demander à voir des preuves ou à rencontrer tes sources ?
_Parce qu’il me fait confiance ? suggéra-t-elle d’une petite voix, impressionnée malgré elle par la puissance de sa fureur, lui qui ne s’énervait jamais.
_Ouais. Ben il semblerait qu’il se soit planté, hein ?
Nouvelle moue. Elle regrettait de ne pas pouvoir mettre Pete dans la confidence, mais elle s’était mise d’accord avec Lex et elle pensait qu’il avait raison sur ce point : il fallait qu’aussi peu de personnes que possible soient au courant, sinon tout risquait de s’effondrer. Seul Perry avait été informé, pour des raisons évidentes. Comme l’avait souligné Pete, sans preuves matérielles ni sources fiables, le rédacteur en chef du Planet n’aurait jamais publié son article mensonger sur LuthorCorp si elle ne lui avait pas expliqué le but de la manœuvre. Un but simple : se retrouver précisément là où elle en était aujourd’hui, avec une action en justice intentée contre elle par l’un des hommes les plus puissants du monde, qui avait juré devant les médias de détruire la journaliste ayant causé tant de dégâts à son entreprise. Et sermonnée par son meilleur ami – accessoirement son avocat – qui considérait la cause perdue d’avance.
Dure journée.
Elle sentit sa paupière gauche papillonner et retint un juron. Depuis l’opération, une semaine plus tôt, ce tic ne voulait pas la quitter. Les médecins et ingénieurs l’avaient prévenue, l’effet devait disparaître dans quelques jours à présent, mais il l’agaçait toujours autant. Elle supposait que c’était inévitable et elle s’en sortait plutôt bien. On ne se faisait pas greffer une caméra microscopique sur la cornée sans ressentir un minimum d’effets secondaires, et dans l’ensemble toute la procédure avait été un succès. Si on oubliait ce papillonnement.
Bloquant les paroles de Pete, elle se concentra sur la chemise cartonnée posée devant elle, ouverte à la première page. Elle contenait l’accusation préliminaire rédigée par Alexandre Luthor en personne. Elle n’avait pas besoin de la relire pour en connaître l’essentiel : elle avait parlé du dossier avec le milliardaire avant même la parution de l’article, ils l’avaient mis au point ensemble et elle maîtrisait tous les aspects du problème. Sur ces trente huit pages, qui seraient suivies de centaines d’autres dans les jours à venir, étaient résumés pas moins de quarante points d’accusation, chacun réfutant, références à l’appui, une information qu’elle avait délivrée dans l’article diffamatoire. Un dossier en béton, elle ne pouvait que comprendre la colère et l’inquiétude de Maître Ross, chargé de la défendre alors qu’elle était indéfendable.
Elle espérait vraiment que tout cela valait le coup et que son plan allait fonctionner. Après une telle cascade médiatique, si elle ne parvenait pas à prouver qu’elle avait travaillé main dans la main avec LuthorCorp et Perry White pour cet article uniquement dans le but d’attirer sur elle l’attention de la dollhouse, sa carrière serait bel et bien fichue.
Car elle ne l’était pas. Pour le moment du moins. Il fallait simplement que l’organisation pense que c’était le cas.
Chloé ne connaissait personne qui se serait enrôlé en tant que zombie pour cinq ans sans être désespéré. C’était le créneau de recrutement de la dollhouse : des personnes n’ayant plus rien à perdre qui acceptaient d’abandonner quelques années de leur vie parce qu’elles estimaient qu’elles ne laissaient rien derrière elles, qu’elles ne risquaient rien de pire, que l’oubli était préférable.
La personne qu’elle voulait tirer de là était dans cette situation.
Elle devait faire croire qu’elle aussi, et cette solution était la seule qu’elle avait trouvée au problème. Traînée dans la boue par Lex Luthor et par tous les médias du pays, passible d’une amende mirobolante et d’une peine de prison conséquente, reniée par ses confrères et amis, virée du boulot qui représentait toute sa vie, elle pouvait paraître assez désespérée pour qu’il semble plausible qu’elle envisage un lavage de cerveau.
Elle était à peu près sûre que la dollhouse mordrait à l’hameçon. Le marché sur Métropolis était encore relativement récent et ils devaient manquer d’actifs, elle était une proie de choix.
_Est-ce que tu m’écoutes ?
Elle poussa un soupir. Répondit la vérité d’un ton empreint de lassitude :
_Non.
_Chloé…
Elle se leva. Interrompit la leçon qui allait continuer en le serrant contre elle. D’abord surpris, il referma les bras sur elle et lui rendit son étreinte, visiblement confus. Elle s’écarta, esquissa un minuscule sourire et lui déposa un baiser sur la joue.
_Pete, fais au mieux. Mais ne te tue pas à la tâche pour moi. Ca n’en vaut pas la peine.
Elle quitta son bureau sans lui laisser le temps de protester, abandonnant devant lui le dossier préliminaire de l’accusation.

*

Il referma le journal avec un petit sourire satisfait. Le compte-rendu de l’affaire Sullivan, comme l’avait rapidement intitulée les médias, dans l’un des plus grands mensuels du pays, était tout simplement parfait. Le plan avait fonctionné à merveille. Le sourire s’estompa quand il réalisa que cela signifiait qu’elle ne pourrait plus faire marche arrière. La machine était en marche et rien ne pourrait plus l’arrêter. Si elle n’allait pas jusqu’au bout, tout cela n’aurait servi à rien. De toute façon, ce n’était pas une crainte légitime, il savait qu’elle ferait ce qu’elle avait à faire. Il ne prit pas la peine de vérifier l’identité de la personne qui l’appelait lorsque son téléphone sonna, sachant d’avance de qui il s’agissait.
_La nouvelle a fait du bruit jusqu’ici, quand tu te débarrasses d’une journaliste, tu ne fais pas semblant. Quatre cent mille dollars et trois ans de prison, tes avocats ont fait fort. Comment se porte LuthorCorp ?
_Plutôt bien. Nous avons vécu une situation de crise au départ, jusqu’à ce que le Planet passe le démenti et annonce le licenciement de la coupable, mais tout est rentré dans l’ordre maintenant que le jugement a été rendu. Désolé que ça ait pris plus de temps que prévu, est-ce que tu es toujours disponible ?
_Alexandre, m’as-tu déjà vu revenir sur ma parole ?
Il fouilla un instant dans sa mémoire, dut admettre que ce cas ne s’était en effet jamais présenté.
_Pas que je sache. La dollhouse ne l’a pas encore approchée, mais je pense que ça ne saurait tarder. Il y a urgence, elle est libre pour le moment, mais le jugement est effectif à partir de la semaine prochaine, s’ils ne s’occupent pas d’elle avant qu’elle soit emprisonnée…
_Ouais, je vois le tableau. Mais à mon avis il n’y a pas de risques, ils attendent juste qu’elle soit vraiment au fond du gouffre. Je débarque à Métropolis demain, ça te va ?
_C’est parfait, on coupe le contact jusqu’à ce qu’elle soit recrutée.
_J’espère vraiment que tu sais ce que tu fais.
_Moi aussi.

*

Le bas de jogging n’était pas plus flatteur que le débardeur informe, et elle ne put s’empêcher d’apprécier le contraste entre la tenue qu’elle portait et celle qu’elle avait arborée quelques semaines plus tôt en allant demander de l’aide à Lex. Le but était de montrer qu’elle était sur le point de sombrer, et elle maintenait les apparences en restant barricadée chez elle, en refusant de voir ses amis ou connaissances, en ne répondant pas au téléphone et en laissant libres des cheveux emmêlées et passablement gras. Le tableau était assez pathétique, du moins l’espérait-elle. Son rythme cardiaque s’accéléra brutalement quand la sonnette retentit dans l’appartement. S’agissait-il enfin de la visite qu’elle attendait avec autant d’impatience que d’angoisse ? Elle vérifia son apparence dans le miroir de l’entrée, décida que cela ferait l’affaire, et entrouvrit la porte en plaquant sur son visage une moue méfiante à l’intention de l’étranger qui était planté sur son perron.
_Chloé Sullivan ?
Son cœur accéléra encore davantage, le sang lui montant au cerveau et lui faisant tourner la tête. Un envoyé de la dollhouse, elle aurait joué sa vie là-dessus. Barraqué, des cheveux d’un blond presque blanc, des yeux bleus perçants, un costume noir, et surtout le renflement d’un holster juste sous l’épaule. C’était à partir de maintenant, de cet instant précis, que sa mission commençait réellement. Elle se força à contrôler sa respiration et à paraître nonchalante, éventuellement un brin curieuse.
_Qui êtes-vous ?
_Veuillez me suivre.
_Qu’est-ce que vous me voulez ?
_Mes supérieurs aimeraient vous parler.
_Pourquoi ? Qui sont vos supérieurs ?
_Des personnes qui vous veulent du bien.
Un reniflement méprisant faillit lui échapper, mais elle parvint à le contenir.
_Vraiment ? Ils sont bien les seuls.
_Ce qui devrait vous convaincre de me suivre. A moins que vous ne souhaitiez pas découvrir ce qu’un illustre inconnu fait chez vous à cette heure.
Elle se permit un sourire désabusé. Jouer sur la curiosité était toujours efficace avec elle, elle ignorait s’ils avaient particulièrement bien fait leurs recherches ou s’ils avaient pris le pari parce qu’elle était journaliste, mais c’était bien vu.
_Laissez-moi me changer.
Et elle lui ferma la porte au nez. Poussant un soupir de soulagement et d’inquiétude mêlés, elle s’appuya contre le battant le temps de reprendre ses esprits. Elle s’était attendue à cette visite, mais elle l’avait tout de même déstabilisée, la réalité de ce qu’elle était en train de faire lui tombant dessus d’une façon brutale et douloureuse. L’homme avait été relativement aimable et elle avait repéré un éclair d’humour dans son regard lorsqu’elle avait posé trop de questions à son goût, comme s’il savait qu’elle allait finir par le suivre de toute façon. Elle médita une seconde sur l’accent très léger qu’elle avait repéré, ces r roulés d’une façon typiquement soviétique, se demandant comment il s’était retrouvé mêlé à la dollhouse, mais elle n’avait pas le temps de s’appesantir là-dessus. Elle se secoua donc, se dirigea vers son ordinateur pour envoyer un mail concis à Lex depuis son adresse sécurisée, sauta dans un jean, attacha ses cheveux à la hâte, enfila des baskets, et sortit pour suivre l’envoyé de l’organisation.

*

C’était l’inconvénient majeur de ce système de surveillance : les images restaient muettes. Il n’avait toutefois aucun mal à imaginer les paroles échangées. Il était d’ailleurs assez aisé de lire sur les lèvres de l’interlocuteur de Chloé, et les réponses de la journaliste n’importaient pas vraiment. Il savait à peu de choses près ce qu’elle avait dû dire, cela lui suffisait. Il sourit en songeant que si elle avait su qu’elle avait en face d’elle l’un de ses propres contacts, elle aurait sans doute eu une réaction différente. C’était l’une des raisons pour lesquelles il ne lui avait pas dit qu’il avait joué de ses relations pour s’assurer qu’elle bénéficie d’une protection constante au sein de la dollhouse : il ne voulait pas qu’elle risque de révéler cette information au cours de son premier entretien avec les dirigeants de l’organisation. Ca, et il ne pouvait pas lui avouer qu’il connaissait certains des employés.
Les efforts allaient enfin payer, et il pouvait désormais prévenir les deux professionnels qu’il avait mis dans la confidence afin qu’ils prennent le relais de la surveillance et veillent à la sécurité de la petite blonde. Ce qui ne l’empêcherait pas de jeter un coup d’œil de temps en temps, par curiosité. En particulier dans les premiers temps. Il voulait voir s’il connaissait les acteurs locaux de la dollhouse. Et puis… Il n’avait pas vu Topher Brink depuis des années, et il devait avouer qu’il était intrigué. Le jeune homme avait été un brillant étudiant et un scientifique hors paire quelques années plus tôt, mais Lex avait toujours eu du mal à le cerner. Son degré d’empathie avoisinait le zéro absolu, pourtant il avait une conscience aigüe de ce qui était bien et de ce qui était mal… Ce qui ne l’empêchait pas de choisir le mauvais chemin s’il estimait que cela pouvait le faire progresser, non pas au niveau de sa carrière, mais au niveau de ses connaissances. Il était capable de tout du moment que cela signifiait relever un nouveau défi et en sortir victorieux, c’était sans doute ce qui faisait de lui un homme exceptionnellement intelligent et efficace, mais c’était aussi le trait le plus inquiétant de sa personnalité. Lex l’avait vu faire preuve de compassion dans une ou deux situations particulièrement extrêmes, mais c’était à peu près tout.
Le problème était qu’il était aussi capable de développer des trésors d’ingéniosité pour justifier des choix qu’il savait être indéfendables d’un point de vue moral. Des expériences que n’auraient pas osé mener les pires dictatures de l’humanité devenaient, dans sa bouche, des étapes obligées pour faire avancer la science. Et les quelques personnes qui en souffraient au passage, abandonnant leur personnalité pour se plier aux moindres désirs de tordus et de solitaires, devenaient des victimes collatérales, un mal nécessaire. Il était même particulièrement convaincant lorsqu’il rappelait qu’il s’agissait de volontaires qui avaient choisi ce qui leur arrivait et qui, oubliant tout de ce qu’ils avaient fait avec ces diverses personnalités successivement implantées dans leurs esprits, ne souffraient pas réellement. Sans doute cela contribuait-il à lui donner bonne conscience pour continuer à exercer un métier qu’il savait plus que douteux.
Ce qui était étonnant chez lui était ce paradoxe que Lex n’avait jamais retrouvé chez personne d’autre : une arrogance et une condescendance assez imbuvables accompagnées de profonds doutes sur ses capacités. Il se rappelait l’avoir vu annoncer, paniqué, qu’une tâche qu’on lui confiait était tout simplement impossible, pour résoudre ensuite le problème en deux heures. Il se rappelait aussi l’avoir vu remballer des collègues parce qu’ils avaient commis une minuscule erreur sans importance et qu’il estimait qu’ils ne lui arrivaient pas à la cheville. Il avait généralement raison, certes.
Un personnage compliqué et difficile à cerner, et si Lex respectait les compétences du scientifique, il se méfierait à jamais de l’homme instable.
Il fut tiré de ses méditations en voyant apparaître sur l’écran la silhouette de celui à qui il était en train de penser. Chloé était arrivée au QG de la dollhouse.

*

_Asseyez-vous, Mademoiselle Sullivan.
Elle obéit après une seconde d’hésitation. Laissa son regard détailler la salle… Pas qu’il y ait grand-chose à détailler. Les murs sombres étaient aussi nus que la petite table au bout de laquelle était installé un homme d’une cinquantaine d’années aux tempes grisonnantes, celui qui venait de l’inviter à s’asseoir. Le garde d’origine soviétique qui l’avait accompagnée s’était posté derrière elle, tout près de la porte, les mains croisées devant lui, impassible.
Un troisième homme attira son attention, principalement parce qu’elle ne s’était pas attendue à sa présence : elle avait pensé ne voir que le directeur de la branche locale de la dollhouse. Elle l’observa un instant, tentant de deviner son utilité pour ce rendez-vous. Il ne devait pas avoir tout à fait trente ans. Des cheveux blonds cendrés soigneusement organisés en une coupe censée paraître anarchique lui tombaient sur le front et dissimulaient en partie des yeux d’un bleu obscur tirant sur le gris. Un pull blanc dépassait d’une chemise à carreaux du même beige que le pantalon large couvrant des baskets. Il devait cacher des muscles insoupçonnés quelque part sous cette tenue plutôt informe, ses épaules carrées et la vague esquisse de biceps fermes le trahissaient. Dans l’ensemble, une apparence qui devait donner une impression de négligence alors qu’elle était certainement étudiée dans les moindres détails. Elle classa aussitôt cet homme dans la catégorie des dangers insignifiants, contrairement au quinquagénaire dont le regard perçant la mettait mal à l’aise. Remarquant sans doute qu’elle le détaillait avec curiosité, le plus jeune des deux referma le dossier qu’il était en train de parcourir, et qu’elle supposait contenir des informations sur elle, et lui tendit une main amicale.
_Topher Brink.
Elle ignora délibérément la main tendue autant que l’homme et s’adressa à celui qui était assis face à elle.
_Qu’est-ce que je fais ici ? Qui êtes-vous ?
_Si tout se passe bien, nous sommes les personnes à qui vous allez confier les cinq prochaines années de votre vie.
Elle supposa qu’elle aurait dû paraître stupéfaite et un brin méfiante, aussi s’efforça-t-elle d’afficher cette expression sur son visage.
_Excusez-moi ?
Le blond qui s’était présenté sous le nom invraisemblable de Topher Brink extirpa une feuille du dossier qu’il avait à la main et la posa devant elle. Elle reconnut en un coup d’œil une photocopie de la une du Star annonçant son licenciement pour faute grave. Son regard se fit aussitôt plus froid.
_Etes-vous disposée à nous écouter ?
_Que voulez-vous ?
_La vraie question, c’est : que voulez-vous, vous ? Et que pouvons-nous faire pour vous ?
Agacée, elle leva les yeux au ciel avant de les reposer sur son interlocuteur.
_Arrêtez de tourner autour du pot et dîtes-moi ce que vous attendez de moi.
_C’est simple. Nous voulons signer un contrat avec vous. En échange de votre entière coopération pour les cinq ans à venir, nous nous engageons à vous verser un salaire qui vous mettra à l’abri du besoin pour… disons une bonne centaine d’années.
Elle fit mine de considérer l’offre un instant. Elle devait avouer que présentée ainsi, elle était alléchante… Ou elle l’aurait été si elle n’avait pas su ce qui se cachait derrière.
_En quoi consisterait ma coopération ?
_Nous souhaitons vous recruter en tant qu’actif dans notre organisation.
_Genre CIA ?
Premier sourire.
_Non, genre une organisation privée qui a besoin de corps qui remplissent des missions.
_De corps ? répéta-t-elle, sourcils haussés.
Le quinquagénaire acquiesça et jeta un regard à Brink, lui faisant signe de prendre le relai. Celui-ci s’installa alors à côté d’elle pour expliquer :
_Nous sommes propriétaires d’une technologie qui nous permet d’effacer la personnalité des gens pour la remplacer par une autre. C’est ce que nous vous proposons. Dans cinq ans, une fois votre contrat terminé, nous vous rendrons votre vraie personnalité. Aussi simple que ça.
Elle s’efforça d’avoir l’air choquée. Si elle laissait filtrer quoi que ce soit indiquant qu’elle savait qu’ils allaient lui proposer quelque chose de ce genre, c’en était fini de son plan. Elle se leva si brusquement que sa chaise se renversa.
_Pardon ? Aussi simple que ça ? Vous êtes en train de parler…
_De lavage de cerveau, oui.
_Et qu’est-ce qui vous fait croire que j’accepterais une telle chose ?
Le plus vieux des trois hommes présents dans la pièce prit le dossier et l’ouvrit d’une manière nonchalante avant de réciter :
_Chloé Mary Sullivan. Abandonnée par sa mère dès l’âge de cinq ans, père décédé l’année dernière. Amoureuse de son meilleur ami, qui bien sûr ne la considérait que comme une amie. A saboté, consciemment ou non, toutes ses relations depuis ses seize ans. N’aime personne, personne ne l’aime. Et bien sûr il y a ce fâcheux incident avec LuthorCorp… Votre carrière, la seule chose qui valait à peu près le coup dans votre vie, est définitivement ruinée, et vos quelques rares amis se sont détournés de vous. Sans compter que si vous survivez à la prison, Luthor va faire de votre vie un enfer pour se venger.
Il posa le dossier pour la regarder droit dans les yeux et terminer :
_Dîtes-moi, Mademoiselle Sullivan, pourquoi au juste voudriez-vous continuer à vivre cette vie ?
Elle en resta sans voix un instant. Elle s’était attendue à ce que son histoire soit déballée ainsi, mais cela restait un sentiment assez étrange que de voir vingt six ans d’une existence pour le moins mouvementée résumés en quelques petites phrases. Considérant sans doute son silence comme une forme d’accord, Topher Brink enchaîna :
_Je peux vous faire oublier tout ça. Ou je peux faire en sorte que vous vous rappeliez de tout sans ressentir la souffrance qui accompagne les souvenirs. Dans cinq ans, vous sortirez d’un simple sommeil et vous serez… en paix. Je peux vous aider.
Elle plongea son regard dans le sien pour tenter de l’évaluer, et réalisa avec stupéfaction qu’il semblait sincèrement croire à ce qu’il disait. Il pensait vraiment qu’effacer les peines et les douleurs pourrait l’aider. Ou il voulait y croire, en tout cas. Mais il y avait quelque chose que ces personnes ne comprenaient pas. Cette souffrance faisait partie d’elle, avait contribué à faire d’elle ce qu’elle était, tout autant que les bons souvenirs et les moments de joie, voire plus. Serait-elle devenue si indépendante et forte si elle avait grandi avec sa mère à ses côtés ? Aurait-elle atteint la carrière de ses rêves si elle avait passé son adolescence à se consacrer à des histoires de cœur au lieu de se plonger dans la Torche pour refouler la tristesse chaque fois que Clark choisissait Lana plutôt qu’elle ?
La réponse était évidente : non.
Elle commença à répondre, s’aperçut que les mots étaient coincés quelque part entre sa gorge et ses lèvres, se reprit et demanda d’une voix tremblante :
_Est-ce dangereux ?
_Oui et non. Le processus est rôdé, nous ne risquons pas de perdre votre véritable identité en cours de route, si c’est ce qui vous inquiète. En revanche, certains engagements sont considérés comme des missions à risques. Bien sûr, toutes les précautions sont prises pour éviter les accidents.
_Missions à risques ? Sur quels types de missions serais-je envoyée ?
_Tout dépendra des demandes de nos clients. Etant donné votre… look, je suis prêt à parier que vous serez très demandée pour les engagements à caractère romantique.
Elle ferma les yeux une seconde, tentant d’intégrer l’information. Bien sûr. Le sexe, quoi d’autre ? Elle poussa un soupir. Peut-être le fait d’oublier tout ce qu’elle aurait fait au cours de cette enquête serait-il une bénédiction. Etait-elle vraiment capable de franchir le pas ? Pouvait-elle se sacrifier à ce point pour lui ? Son visage lui apparut soudain et elle se mordit la lèvre. Bien sûr qu’elle en était capable. Il le méritait, même si, une fois qu’elle l’aurait tiré de là, elle avait l’intention de lui passer le savon de sa vie pour s’être tourné vers la dollhouse plutôt que vers elle quand il avait été si désespéré. Elle rouvrit les yeux, regarda sans flancher l’homme qui ne s’était toujours pas présenté. Adopta une voix ferme.
_Je veux la peau de Lex Luthor. Pouvez-vous me promettre que je l’aurai ?
_Je peux vous promettre que quand vous sortirez d’ici, vous serez si riche que vous n’aurez rien d’autre à faire jusqu’à la fin de vos jours que déterrer tout ce qu’il y a à déterrer sur lui.
_Et croyez-moi, ça fait un paquet, ajouta Topher Brink avec un sourire mystérieux.
Elle haussa les sourcils. Ce sourire, elle l’avait rencontré des centaines de fois au cours de ces enquêtes journalistiques. C’était une expression qui signifiait que son interlocuteur en savait plus que ce qu’il voulait bien lui avouer… Elle devait admettre qu’elle était surprise. Elle avait du mal à imaginer ce que Brink pouvait savoir sur Lex, mais il semblait sûr de lui. Elle connut soudain son premier véritable moment de doute sur le milliardaire depuis qu’elle avait décidé de mener l’enquête de cette façon. Elle avait pris garde à ne pas lui confier entièrement les rênes de façon à ce qu’il ne puisse pas tout contrôler, mais elle se fiait à lui d’une manière qui la mettait assez mal à l’aise, et ce sourire du jeune homme faisait renaître sa méfiance. Y avait-il des aspects du problème qu’elle ne maîtrisait pas ? Brink connaissait-il personnellement Lex ? Dans ce cas, cela signifiait-il que le milliardaire était plus impliqué dans la dollhouse qu’il ne l’avait laissé entendre ? Elle aurait tué pour l’avoir sous la main à cet instant précis et pour lui faire dire tout ce qu’il lui avait certainement caché.
Elle se reprit et se concentra sur la situation en cours. Elle estimait avoir affiché suffisamment de réticence pour que cela semble plausible, aussi redressa-t-elle sa chaise pour se laisser tomber dessus et demanda-t-elle d’un ton résigné :
_Où dois-je signer ?

*

À suivre…
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:41

Citation :
Sixpence : wouaw ! Encore un super chapitre j'ai envi de dire ! Par contre toi ne dis pas que tes chapitres à chaque fois sont pas très passionnant c'est pas vrai. Forcément c'est la seconde partie du chapitre que je retiens. ça y est, Chloé est recrutée, elle ne peut plus faire marche arrière et il y a cette rencontre avec Topher Brink. Je vais m'en méfier de celui là parce que du point de vu de Lex c'est pas génial !
Aaaaaaaaaah les doutes ! Comme par hasard Chloé qui découvre que peut-être Lex est plus impliqué qu'elle ne le pensait. Dommage elle va tout oublier. Comme je le disais précédemment, il faut qu'elle se fie à elle et c'est tout, pas de confiance abusive, surtout pas !

Vivement la suite !

Citation :
Chlo : Tu as déjà eu mon commentaire en long et en large mais sincèrement, le passage de la fin où elle se rend compte que lex est peut être plus impliqué c'est grand.
Rien qu'imaginer comment elle pourrait lui faire payer c'est grand Very Happy

Citation :
Elina : Ok donc là c'est bon je suis à fond dedans. Bien sure y a toujours ce mystère concernant l'ami de Chloé qu'elle doit sauver...mais c'est un plan vachement bine rodé qu'ils ont monté ensemble Chloé et Lex.

Je suppose (peut être à tord) qu'il va y avoir une certaine rivalité entre Lex et Topher ... Chouette !!! Bien ba y aplus qu'à signé et toi t'as plus qu'à écrire la suite!
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:41

Marchiiii de lire cette fic (même des gens qui suivent pas la série !) A partir de maintenant, Topher Brink va prendre un peu d’importance. C’est pas fait pour à la base, mais si vous le détestez, c’est normal, j’dois avouer que ce personnage n’a pas grand-chose d’appréciable et que je comprends pas trop pourquoi il m’éclate tellement lol

Chapitre 4


Les pieds posés sur son bureau, un café à la main, Topher Brink bâilla bruyamment et tenta de focaliser sa vision sur l’écran de l’ordinateur pour étudier le dossier de la future recrue. Le cas était banal à souhait et il était persuadé qu’il n’allait rien découvrir d’intéressant, mais c’était la procédure. Si cela n’avait tenu qu’à lui, il ne l’aurait pas respectée… Sauf que dans le cas improbable où un problème se présenterait avec cette journaliste, il ne voulait pas qu’on puisse l’accuser d’avoir négligé sa part de travail. Il avait vu ce que la dollhouse faisait aux incompétents. A cette pensée, un frisson le parcourut et un regain de motivation l’aida à retrouver sa concentration.
L’expertise psychologique ne révélait rien d’anormal. La jeune femme était étonnamment équilibrée considérant tout ce qu’elle avait vécu, en particulier à l’adolescence, alors qu’elle habitait une ville étrange apparemment peuplée de mutants dont plusieurs avaient tenté de la tuer. L’intelligence était au-dessus de la moyenne, mais pas assez pour qu’il redoute une tentative de manipulation. Les tests étaient trop élaborés pour que quelqu’un ne connaissant pas d’avance les questions puisse les tromper aussi facilement.
Le quotient émotionnel l’inquiétait davantage, mais il n’y avait pas non plus de quoi rédiger un rapport. Chloé Sullivan présentait de fortes capacités d’adaptation, une gestion du stress exceptionnelle et, point plus épineux, une grande aptitude à s’identifier aux autres et à compatir, ce qui se traduisait a priori par une loyauté sans faille et un besoin d’aider ceux qui lui étaient proches.
Il devrait faire particulièrement attention au moment d’effacer sa personnalité et ne surtout rien laisser de ce besoin en elle, ou il risquait de leur poser problème, comme avec Echo lorsqu’il bossait à la branche de Los Angeles. Toutefois, il ne s’affolait pas. Le "nettoyage" était un processus complet qu’il maîtrisait sur le bout des doigts.
Il passa à l’analyse médicale. Comme la première partie du dossier, elle n’avait pas grand-chose de notable. Un fémur brisé depuis longtemps réparé, une cicatrice à l’intérieur de l’avant-bras, trop haute et irrégulière pour être le résultat d’une tentative de suicide, une ouïe à peine défaillante du côté gauche. Rien d’alarmant.
Il y avait eu une légère montée de stress au moment de l’IRM, ce qui n’avait rien d’inhabituel mais pouvait être révélateur d’une petite tendance à la claustrophobie qu’il devrait surveiller. Ou supprimer.
Il était sur le point de passer à la page suivante lorsque son professionnalisme se rappela à lui. Avec un soupir et un coup d’œil à sa montre, il resta sur le schéma, zooma sur la partie supérieure du cerveau puis cliqua pour faire glisser l’image et l’observer plus attentivement. Il commençait à se dire qu’il était un peu trop rigoureux pour son propre bien et réprimait un second bâillement quand un détail attira son attention. Fronçant les sourcils, il ramena ses pieds sous sa chaise afin de pouvoir approcher son visage de l’écran et posa son gobelet à côté du clavier d’un geste absent.
Il tenta d’agrandir encore l’image, mais elle n’était pas d’une qualité suffisante et il n’obtint qu’une vague représentation trop pixellisée pour être certain de ce qu’il voyait. Il dézooma donc et se contenta de l’agrandissement par 10. Cette fois tout à fait réveillé, il se mordit la lèvre en fixant le minuscule rond noir au niveau de l’œil de la future recrue. Etait-il paranoïaque, ou cela représentait-il bien quelque chose ? Il ne pouvait en être certain, mais il avait l’impression que cette irrégularité était trop précise pour être due à une tâche sur la machine. Afin d’en avoir le cœur net, il réduisit la fenêtre et fouilla un instant dans ses dossiers pour trouver la représentation du cerveau d’un des actifs de la dollhouse, une image qui avait été prise une heure seulement après l’examen de Chloé Sullivan. Aucune tâche dans les environs de l’œil.
_Hm. Bizarre, marmonna-t-il pour lui-même.
Il hésita un instant sur la conduite à suivre. Il pouvait demander à ce que la journaliste repasse un IRM, mais si ses soupçons ne se justifiaient pas, il aurait fait perdre du temps et de l’argent à la dollhouse. D’un autre côté, s’il ne faisait rien et qu’il ne s’agissait pas de paranoïa, les risques étaient conséquents.
Il y avait une troisième option. La jeune femme attendait dans la pièce adjacente de lui être amenée pour son "nettoyage" initial. Il était présent au moment où elle avait signé le contrat, il savait donc qu’elle avait demandé la confidentialité sur ses souvenirs, mais il n’éprouverait aucun remords à passer outre ce désir. D’autant que son exigence pouvait signifier qu’elle avait quelque chose de précis à cacher.
C’était la solution la moins éthique… Mais en même temps, s’il faisait part de ses soupçons à ses supérieurs alors que tout était en ordre, il mettait Sullivan en danger bien plus qu’en regardant contre son gré quelques souvenirs qui pouvaient ne pas être compromettants du tout. Car ici, les soupçons suffisaient à déclencher des séances peu orthodoxes dans le grenier, cette salle complètement hermétique meublée d’une chaise fixée au plancher et munie de lanières indestructibles. Mouais. Pas très réjouissant pour elle. Pas très réjouissant non plus pour lui s’il passait outre les ordres, mais il prenait peu de risques en cherchant à confirmer ses craintes avant de les exposer à qui que ce soit.
Plein d’une énergie nouvelle, il se leva donc pour aller ouvrir la porte de la pièce voisine et se retrouver face au dos de l’homme qui allait devenir l’intermédiaire de la jeune femme. Il n’était arrivé à la succursale de Métropolis que depuis quelques semaines après plusieurs années d’exercice à Moscou, mais Topher l’appréciait déjà, le jeune russe semblait capable de garder son calme sans pour autant minimiser les situations de crise. La recrue idéale.
_Gregory, je suis prêt pour ta protégée, tu me l’envoies ?
Le molosse se retourna en entendant sa voix, dégageant la vue et permettant au scientifique de repérer la journaliste feuilletant un magazine, assise sur un fauteuil de tissu brun au milieu de la pièce.
_Mademoiselle Sullivan, si vous voulez bien venir vous installer…
_Ai-je le choix ?
Il haussa les épaules, indifférent à la haine contenue dans sa voix. Il n’était qu’un outil de la dollhouse, c’était elle qui avait pris la décision finale, peu lui importait qu’elle le déteste.
_Plus maintenant que vous avez signé.
Elle plissa les yeux et le fusilla du regard, mais finit par se lever et le suivre. Il referma derrière eux. Gregory attendrait son tour, Topher pourrait aller l’appeler lorsqu’il aurait besoin de lui afin d’implanter chez la jeune femme une confiance aveugle et inébranlable en son intermédiaire. Elle s’assit dans le fauteuil qui l’attendait, posa les mains sur les accoudoirs et resta parfaitement immobile pendant qu’il fixait les électrodes sur son front, ses tempes, et au bout de ses doigts.
_Est-ce douloureux ?
Il sourit en remarquant qu’il n’y avait aucune appréhension dans sa voix, juste une trace de curiosité qu’elle ne parvenait pas à étouffer malgré ses efforts pour avoir l’air blasé.
_Non. Je vous l’ai dit, vous allez juste vous endormir et vous réveiller dans cinq ans.
Elle hocha la tête et s’installa plus confortablement, s’adossant au fauteuil et se détendant autant que possible. Il commença la procédure par une sauvegarde de tout ce qui faisait d’elle ce qu’elle était, émotions, personnalité, souvenirs… C’était la partie facile, quoique la plus longue. Elle demandait presque deux heures de travail au cours desquelles il ne pouvait pas relâcher son attention, au cas où quelque chose tournerait mal. Il effectua ensuite une copie, comme à chaque fois, la prudence l’incitant à envisager la possibilité d’un bug du système ou d’un incendie dans les locaux qui détruirait son matériel.
La prochaine étape consistait à effacer tout cela du cerveau afin que Chloé Sullivan n’existe plus que dans son disque dur et sur cette sauvegarde de secours. Une formalité accomplie en trois clics et deux mots de passe.
Restait devant lui un légume, un corps sans intelligence, volonté ou même réflexe de base. Dernière phase : réimplanter ces réflexes de base, ainsi que la parole et l’obéissance. Il aurait été plus rapide de les lui laisser dès le départ, mais il était plus prudent de faire un nettoyage complet afin de ne rien oublier, puis de remettre dans le corps ce qu’on avait besoin d’y implanter pour en faire un actif… Un actif passif, plutôt.
_Et une poupée, une !
Il se passa une main sur le visage. D’ordinaire, son travail s’arrêtait là, mais aujourd’hui, il allait devoir creuser plus en profondeur. Il hésita à renvoyer celle qui avait été Chloé Sullivan, mais décida de la garder auprès de lui. Personne ne le dérangeait jamais pendant un nettoyage initial, et il savait que de cette façon, il serait tranquille. Il n’était pas rare que la procédure prenne un peu plus de temps que prévu, cela ne risquait pas d’alarmer le directeur. La petite blonde ouvrit les yeux à cet instant et les fixa sur lui. Il lui offrit un sourire rassurant en prononçant d’une voix douce :
_Bonjour, Lima.
_Est-ce que je me suis endormie ?
_Pendant un instant.
_Puis-je partir ?
_J’ai encore besoin de toi un petit moment.
Elle acquiesça sans un mot et s’allongea de nouveau dans le fauteuil, attendant sa prochaine commande. Dans son regard ne subsistait ni la haine, ni le doute, ni la rage, ni le découragement… Il n’y avait plus que deux billes inexpressives posées sur lui sans aucune intensité, sans expression, sans vie.
Satisfait de son travail, il s’installa devant l’ordinateur et le paramétra de façon à ce que celui-ci recherche les plus intenses sentiments ressentis par la jeune femme au cours de l’année écoulée. Il ne pouvait malheureusement pas voir les souvenirs tels qu’elle les avait vécus, mais il pouvait repérer l’empreinte laissée dans son cerveau par certaines situations. Il devrait ensuite tenter de détecter les anomalies et les faire correspondre à ce qu’il savait de l’emploi du temps de la journaliste.
Il haussa les sourcils lorsque les résultats s’affichèrent. Plus de huit cent entrées, le double de la moyenne normale, la journaliste vivait une vie riche en émotions. Il décida de resserrer ses critères de sélection et élimina d’emblée tout ce qui avait trait au désir physique et à l’amour, sentiments qui lui importaient peu. De la même façon, il écarta de l’historique les empreintes chimiques de la joie, de la surprise, de la peur et de la colère. Si ses soupçons étaient fondés, ce n’étaient pas ces émotions qui le prouveraient.
Il se concentra tout d’abord sur les pics de stress, du plus récent au plus ancien. Le problème étant qu’avec ce qu’elle avait vécu ces dernières semaines, ils étaient relativement nombreux. Il tenta alors une autre approche. Ressortant le dossier qu’il possédait sur elle, il repéra le jour et l’heure où le jugement avait été rendu et chercha dans ses analyses biologiques l’instant qui correspondait.
Une expression confuse et légèrement inquiète se dessina sur ses traits. Aucune réaction… Elle n’avait eu absolument aucune réaction physique ou émotionnelle en apprenant qu’elle était condamnée à plusieurs années de prison. L’image devant lui était celle d’une absence totale de stimuli, représentant son cerveau en diverses teintes d’un gris bleuté, sans une trace de rouge ou d’orange. Elle était sereine, il n’y avait pas d’autre mot.
Voilà qui était plus qu’étrange. Qui pouvait rester aussi calme dans de telles circonstances ? A moins… A moins qu’elle n’ait espéré ce jugement, ce qui était totalement absurde… Sauf bien sûr si tout cela faisait partie d’un plan.
_Je vais détester cette fille, grogna-t-il en réfléchissant sur la suite des événements.
_Qui ?
Il se retourna vivement. Tout à ses pensées, il avait oublié qu’il n’était pas seul dans la pièce. Secouant la tête pour remettre de l’ordre dans son cerveau, il lui sourit en répondant :
_Toi.
_Oh.
S’il avait eu besoin d’une preuve que le nettoyage avait réussi, il l’avait. Chloé Sullivan n’aurait pas laissé passer une telle information sans le questionner davantage sur les raisons de ce ressentiment, et surtout sa voix n’aurait pas été aussi monocorde.
Il retourna à ses données en se grattant le crâne. Et maintenant ? Il n’avait toujours aucune preuve directe ou matérielle… Une pensée lui vint soudain. Si ce jugement était prévu depuis le départ, elle ne pouvait pas avoir mis cela en place toute seule. Il devait découvrir qui étaient ses alliées.
Bien. Un point de départ était exactement ce dont il avait besoin. Mais c’était large. Comment pouvait-il réduire son champ d’investigation ?
Il décida de commencer par la période du procès. Il y avait fort à parier que son complice avait été présent au tribunal. S’il pouvait isoler les émotions qu’elle ressentait face à chaque personne qui avait assisté à l’audience, peut-être cela lui donnerait-il une piste. S’il y avait quelque chose d’inhabituel, il pourrait rechercher la combinaison de sentiments au cours des mois précédents. Il n’était pas certain du chemin sur lequel il s’apprêtait à avancer, mais son intuition lui soufflait qu’il était sur la bonne piste. En tant que scientifique pur et dur, il n’aurait pas dû se fier à quelque chose d’aussi aléatoire et incertain que l’intuition, mais il n’avait rien d’autre sur quoi travailler.
Il fit défiler en vitesse rapide, heure par heure, le premier jour du procès. Il tomba assez vite sur un affolement des capteurs. Toutes les zones actives du cerveau étaient couvertes de différentes couleurs, si nombreuses qu’il lui fallut un instant avant de les déchiffrer.
Ce rouge, c’était le désir, pas de problème. Ce vert très léger, la méfiance. Et ce jaune… La reconnaissance, aucun doute, et pourtant la combinaison était étrange. Quelqu’un dont elle se méfiait tout en lui étant redevable ? Un orange assez vif, synonyme de stress. D’autres nuances qu’il ne parvenait pas à identifier avec précision. Hm. Il ne se rappelait pas avoir vu autant d’émotions contradictoires chez qui que ce soit.
Perplexe, il enregistra les paramètres et lança une recherche dans l’historique pour voir s’il retrouvait le même assemblage complexe. Plusieurs entrées remontèrent à la surface sur l’année écoulée, dont l’une le 31 décembre.
_Tu as donc passé le nouvel an avec cette personne ?
Il n’y eut pas de réponse de la part de Lima, comme il s’y était attendu. Elle n’avait même pas dû comprendre que la question lui était destinée. A bien réfléchir, elle ne l’était pas vraiment. Elle était plutôt adressée à Chloé Sullivan, mais cette personne n’existait pas pour le moment.
Il se connecta à l’édition en ligne du Daily Planet, découvrit que le journal n’était pas paru le 1er janvier, unique jour de l’année où le quotidien était traditionnellement au repos. Il passa donc à l’édition du 2 et trouva un article de la jeune femme concernant le bal organisé pour fêter la nouvelle année à la mairie de Métropolis, bal auquel elle avait assisté. Il se souvenait de l’événement, c’était l’une de ses premières assignations à la dollhouse locale et il avait eu du boulot comme jamais, les actifs avaient été très demandés pour cette soirée. Il devait même encore avoir le planning quelque part dans un dossier informatique. Suivant une fois de plus son instinct, il le rechercha et l’ouvrit.
Le pic d’émotions caractéristique, oscillant entre respect, désir et méfiance, avait été ressenti vers onze heures du soir. Il chercha la liste des intervenants qui avaient prononcé un discours au cours de la soirée, redoutant de découvrir que le complice de Chloé Sullivan n’était autre que le maire de Métropolis, également gouverneur de l’Etat, qui serait un ennemi particulièrement coriace pour la dollhouse. Heureusement, celui-ci était intervenu au début de la soirée mais n’avait plus été aperçu ensuite.
23 heures, cela correspondait au discours de…
Son cœur s’arrêta brusquement.
Lex Luthor.

*

À suivre…
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:44

Citation :
Sixpenxe : http://fc07.deviantart.net/fs50/f/2009/312/d/3/OMG_SHOCK__by_KimRaiFan.gif Oh putain !! futé ce Topher Brink, je le hais ! mdr Comme tu t'y attends ! Nan mais il y a un os, il ne peut pas tout comprendre déjà ? c'est de la surprise démesurée que tu nous fait là !
Brrrr ça me fait tout bizarre de voir Chloé dans cet état, c'est lugubre !!!
Il va avoir des problèmes Lex Luthor, grrrr j'espère qu'il aura préparé sa défense au cas où.....comme il connait le personnage de Topher Brink.....
que d'interrogatiiiiiiiiiiiiiioooooooooooooons ! Vivement la suite !

Citation :
Elina : rhô c'est vraiment énorme!!! Comme tu dis six' il est cherche vraiment à font ce Topher. pouvait pas laisser tomber ses doutes, non ? Maintenant je sens que ça va se gâter pour Chloé.
J'aime beaucoup cette façon d'analyser les émotions et ce système de recherche... Mais bon pour le moment Chloé n'est plus donc ça va être à Lex de jouer. ça fait être difficile je pense ... alors vite la suite qu'on sache ce que Topher va décider.

Citation :
Chlo : je répète et répépéte:

Oh la vache!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ce type est diaboliquement douée mais qu'est ce qu'il fout la trouille

Citation :
Alexiel : J'adore, mais je persiste, je déteste Topher, lol !

Continue comme ça !
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:45

Citation :
J'adore, mais je persiste, je déteste Topher, lol !

lol ! Tant mieux, ça veut dire que je reste dans le ton ! mdr j'le pensais pas si difficile à écrire lui d'ailleurs.
Tout plein de retournements de situation dans ce chapitre, accrochez vous ! j'aurais officiellement du poster ça dans les cross mais je m'attendais pas à ce que ça tourne comme ça en fait

Chapitre 5


Il lui fallut quelques secondes pour tenter de se raisonner, à lui qui était habitué à comprendre tous les problèmes en un clin d’œil.
_Cela ne signifie rien, se rappela-t-il d’une voix qu’il ne put empêcher de se briser sur ce dernier mot.
Mais il n’y croyait pas vraiment. La coïncidence était trop énorme pour n’être qu’une coïncidence. Pour autant qu’il pouvait en juger, Luthor était la seule personne à déclencher chez Chloé Sullivan cette myriade d’émotions toutes plus confuses les unes que les autres, et d’après les graphiques affichés à l’écran, elle l’avait rencontré plus de fois au cours des dernières semaines qu’en huit ans d’études et de journalisme à Métropolis. A moins que quelqu’un d’autre lors du bal de la mairie, quelqu’un qui était aussi présent au procès, n’ait eu cet effet sur elle, mais il était à peu près persuadé que ce n’était pas le cas.
Dans le doute, il tapa les deux noms dans un moteur de recherches sur Internet et classa les résultats par date. Les battements de son cœur reprirent, plus violents et erratiques que jamais. Chloé Sullivan était la première et dernière journaliste à avoir eu droit à une interview en face à face avec Lex Luthor, alors qu’elle n’avait que seize ans.
_Merde !
Smallville. Comment n’avait-il pas fait le lien plus tôt ? Il savait pourtant que le milliardaire avait dirigé une usine là-bas pendant quelques années, et il avait vu dans le dossier de la journaliste qu’elle y avait vécu jusqu’à la fin du lycée. Luthor et Sullivan se connaissaient donc depuis une décennie. S’ils ne semblaient pas avoir eu énormément de contacts depuis leur installation à Métropolis, cela ne signifiait pas qu’ils n’étaient pas… Quoi ? Amants ? Amis ? Complices ? De simples connaissances ? Dans tous les cas, le fait qu’ils se soient fréquentés récemment était perturbant, surtout en sachant ce que Lex Luthor pensait de la dollhouse, et d’autant plus en ayant repéré cette irrégularité oculaire sur le scanner de la petite blonde.
Le sérieux de la situation lui tomba soudain dessus, le frappant de plein fouet. Totalement déstabilisé, incapable de décider comment réagir, il se tapa le front contre la table trois ou quatre fois, se traitant mentalement d’imbécile. Il venait de "nettoyer" une journaliste amie avec un détracteur de la dollhouse, journaliste qui portait très probablement sur elle un système de surveillance. Car s’il n’avait pas encore identifié cette fichue tâche noire avec certitude, il entretenait peu de doutes sur sa nature.
Oooooh… des têtes allaient tomber ! A commencer par la sienne.
_Qu’est-ce qui t’arrives ?
Il se releva en un sursaut pour se tourner vers la voix.
_Gregory ! Tu m’as fichu une de ces trouilles !
Le Russe haussa un sourcil et se contenta de répéter sa question :
_Qu’est-ce qui t’arrives ?
_Sullivan, elle…
Les mots restant coincés dans sa gorge, Topher fit un geste en direction de la jeune femme qui les observait tous les deux sans curiosité ni angoisse.
_Qu’est-ce qu’elle a ?
_Elle connaît Lex Luthor ! Il faut que je fasse un rapport, il…
Il ne finit jamais sa phrase. En moins d’une seconde, sans comprendre comment, il se retrouva le visage plaqué contre le mur le plus proche, incapable de respirer convenablement, son torse et sa joue écrasés contre le béton froid. Son bras était replié au maximum dans son dos, prêt à se briser, et il ne pouvait pas faire le moindre mouvement pour se dégager. Aussi stupéfait que paniqué, il tenta d’articuler malgré l’absence d’air :
_Gre… Gregory ?
La voix de l’intermédiaire, reconnaissable à son accent, souffla tout près de son oreille :
_Ecoute-moi bien, d’accord ?
Ce n’est qu’à cet instant qu’il comprit que c’était le Russe qui l’avait agressé ainsi. Il voulut hocher la tête, n’y parvint pas, répondit avec difficulté :
_D’accord.
Il repéra vaguement du coin de l’œil Lima qui s’était débarrassée des électrodes pour se lever et s’approcher d’eux afin de mieux voir ce qui se passait, l’un des réflexes qu’il lui avait implantés, l’instinct de conservation, l’incitant à observer la scène afin de déterminer si elle représentait un danger pour elle. Puis il se concentra sur les paroles de l’intermédiaire.
_Chloé Sullivan, Lima, si tu préfères, va détruire la dollhouse. Quoi que tu fasses, cela va arriver. Si tu la mets en danger de quelque manière que ce soit, je m’occuperai de ton cas, et j’enverrai tes restes à Luthor. Crois-moi, tu ne veux pas avoir affaire à lui. Est-ce que c’est compris ?
Il ne dut pas répondre assez vite, puisqu’il sentit la douleur dans son bras s’accentuer. Il lâcha alors précipitamment :
_Oui ! Oui, c’est compris !
_Bien. Maintenant, tu vas effacer ces quelques minutes de la mémoire de Lima, ainsi que des enregistrements de surveillance de ce labo, et tu vas faire comme si rien de tout ça ne s’était passé. Nous sommes d’accord ?
Il avait retenu la leçon, aussi prononça-t-il aussitôt :
_Oui !
La pression se relâcha enfin et il put respirer à peu près normalement. Toujours sous le choc, il fit face au grand Russe en se massant le poignet. Ayant rapidement repris ses esprits, il secoua la tête tout en gardant son regard fixé sur Gregory.
_Deux infiltrations en quelques semaines. Merde, Luthor est bon. Avec les protocoles de sécurité qui sont mis en place…
_Je bosse pour la dollhouse depuis des années, personne ne sait que je connais Luthor. Et si tu n’avais pas fait le lien entre lui et Sullivan, vous seriez encore persuadés que vos murs sont infranchissables.
_Ouais… D’ailleurs, on a un problème, là. J’ai fait le lien. Et je suis un menteur lamentable.
_Tu vas devoir améliorer ta technique si tu tiens à tes rotules.
Topher grimaça en imaginant la douleur d’un genou explosé. Hm. Il n’avait jamais été très courageux et il l’assumait pleinement.
_Je ferai de mon mieux, répondit-il tout en réfléchissant aux différentes manières de laisser filtrer l’information sans que Gregory comprenne que la fuite venait de lui.
Il n’en trouva aucune… Pour le moment.
_C’est dans ton intérêt.
_J’avais compris.
Les deux hommes s’affrontèrent du regard un instant, le scientifique tentant d’évaluer le sérieux des menaces proférées contre lui, le Russe tentant d’en évaluer l’efficacité sur Brink. Au final, Gregory détourna les yeux pour les poser sur Lima, se souvenant de sa présence dans la pièce. Il lui accorda un sourire rassurant en remarquant son air vaguement inquiet. S’approchant d’elle, il posa une main sur son épaule et la guida pour l’aider à s’assoir de nouveau dans le fauteuil. Puis il se tourna vers le jeune homme et, d’un signe de tête, l’incita à reprendre le travail. Avec un soupir, Topher réinstalla les appareils et effaça de la mémoire de Lima tout ce qui s’était passé depuis qu’elle s’était réveillée. Elle rouvrit les yeux après seulement quelques minutes et les posa sur lui. Malgré la ressemblance physique, il n’avait jamais aucun mal à se détacher de la personnalité de base pour se souvenir que l’actif n’était pour rien dans ce qui lui arrivait, aussi le ressentiment qu’il éprouvait à l’idée que Chloé Sullivan et son enquête puissent mettre fin à sa carrière, voire à sa vie, ne se reporta-t-il pas sur Lima. Ce fut donc d’une voix calmante qu’il prononça le scénario habituel :
_Bonjour, Lima.
_Est-ce que je me suis endormie ?
_Pendant un instant.
_Puis-je partir ?
_J’ai encore besoin de toi un petit moment.
Docile, elle acquiesça. Gregory secoua lentement la tête. Après des années passées au service de la dollhouse, l’exploit technologique que représentait le nettoyage continuait à l’épater. Il espérait sincèrement que Luthor savait ce qu’il faisait, sinon cette journaliste à laquelle le milliardaire tenait assez pour avoir fait appel à lui en guise de protection perdrait bien plus que la vie.
Connaissant la procédure, le Russe prit la main de l’actif dans la sienne et attendit que Topher règle ses appareils pour la prochaine implantation. Une mesure de sécurité indispensable : les agents étaient tous programmés pour accorder une confiance aveugle à leur intermédiaire, alors même qu’ils l’oubliaient à chaque mission. Enfouie aussi profondément en eux que l’instinct de survie ou le besoin de dormir, cette confiance se déclenchait à la simple vision : une fois face à Gregory, même en étant persuadée de ne l’avoir jamais rencontré, Chloé, ou Lima, ou n’importe laquelle des personnalités qui occuperait son corps à ce moment, saurait qu’elle pouvait lui confier sa vie sans une seconde d’hésitation.
Après quelques minutes de manipulation de ses instruments, le scientifique fit signe au Russe de commencer. Celui-ci plongea son regard dans les yeux de la jeune femme et lui promit :
_Tout va bien se passer.
_Maintenant que tu es là, confirma-t-elle d’une voix atone.
_As-tu confiance en moi ?
_Plus qu’en moi-même.
_Eeeeet… Coupez !
Peu sensible au trait d’humour de Brink, Gregory lâcha la main de Lima. Le scénario avait été joué une fois, la confiance était à présent définitivement implantée en elle. Topher la débarrassa des appareils et l’aida doucement à se lever.
_Merci, Lima, tu peux rejoindre les autres à présent.
Elle hocha la tête et quitta la pièce sans un mot.
_Maintenant, occupons-nous de ces vidéos de sécurité, ordonna le Russe quand elle eut disparu.

*

Le milliardaire ne pouvait être certain de ce qui s’était passé étant donné l’absence de son, mais il en avait une idée assez précise. Notant mentalement de doubler le chèque de Gregory si cette histoire se terminait bien, il décida aussi d’augmenter le budget des ingénieurs qui travaillaient sur le système de surveillance afin qu’ils se penchent sur le problème de la transmission audio.
Il savait que Topher Brink était un homme avec qui il fallait compter, mais il avait espéré que le jeune scientifique ne ferait pas aussi vite le lien entre Chloé et lui. Peut-être avaient-ils manqué de prudence… Ils avaient pourtant tout fait pour ne pas être repérés, mais une erreur avait dû être commise.
Il faisait pleinement confiance à Gregory, mais il avait déjà sous-estimé Brink une fois et il ne pouvait être sûr que celui-ci accepterait de garder le silence sur ses découvertes malgré les menaces que le Russe avait dû proférer en le plaquant contre le mur.
Une élimination pure et simple aurait été la solution la plus sûre, mais elle entraînerait trop de questions, il n’était pas certain de pouvoir faire disparaître Brink sans déclencher une enquête approfondie du côté de la Dollhouse… Enquête qui se focaliserait fatalement sur les dernières recrues comme principaux suspects et mettrait la journaliste en plus grand danger encore.
Impuissant, il allait donc devoir se contenter de supposer que le scientifique se tairait. Une inconnue de taille dans une équation déjà compliquée, ce qui ne lui convenait absolument pas.
Certes, si tout se passait bien, Chloé serait en sécurité dès le surlendemain. Mais il pouvait se passer beaucoup de choses en deux jours…

*

_Alexandre. Je me suis dit qu’une petite visite de courtoisie était de rigueur avant mon rendez-vous avec la dollhouse.
Lex haussa un sourcil en se demandant comment son ami avait convaincu son assistante de ne pas le prévenir de son arrivée. Cet homme pouvait charmer n’importe qui pour obtenir n’importe quoi. Il avait beau être ravi de le voir après des mois de coups de fil rapides entre deux réunions, sa première pensée fut une question de sécurité.
_J’imagine que tu as pris toutes les précautions nécessaires ?
_Me prendrais-tu pour un amateur ?
Il ne put retenir un léger sourire. Les secrets, techniques d’esquive et autres entrées discrètes étaient comme une seconde nature chez lui, il n’avait pas besoin de s’inquiéter. Redevenant aussitôt sérieux, son ami s’installa dans le fauteuil des invités en demandant :
_Où en sont les choses avec Chloé ?
_Avec Lima, tu veux dire ?
_Si cela peut te donner bonne conscience de te détacher d’elle ainsi…
_Arrête.
La froideur dans sa voix convainquit son ami de ne pas pousser le sujet, et Lex laissa échapper un soupir. Il ne se rappelait pas avoir utilisé ce ton avec lui depuis… Eh bien, jamais. Ce qui prouvait à quel point sa remarque était juste. Il avait raison, penser à Chloé en tant que Chloé alors qu’elle se trouvait dans cette situation était… Déstabilisant, pour utiliser l’euphémisme du siècle. Surtout en sachant que c’était de sa faute, à plus d’un niveau.
_Si tu es en train de faire une crise de culpabilité, je m’en vais tout de suite.
Un nouveau sourire étira ses lèvres en réponse au ton ironique. A sa connaissance, il n’y avait que deux personnes qui étaient capables de le lire comme un livre ouvert, et Bruce Wayne était l’une d’elles. Sans doute en partie parce qu’ils se ressemblaient un peu trop. Au lieu de nier, Lex haussa les épaules en lui rappelant :
_La dollhouse n’aurait jamais vu le jour sans moi et tu le sais, Bruce.
_Exact. Et tu aurais aussi dû empêcher la journaliste de mener cette enquête. Mais tu fais plus que ce qui est en ton pouvoir pour la protéger et tu n’avais pas vraiment le choix. Soyons lucides : elle aurait fini par y arriver avec ou sans toi.
_C’est ce que je me suis dit, oui.
_Autant donc que tu puisses garder un œil sur elle. Car j’imagine que tu ne t’es pas gêné ?
Il laissa échapper un minuscule rire. C’était officiel : il le connaissait trop bien.
_Bien sûr.
_Des problèmes jusque là ?
_Brink a fait le lien entre elle et moi.
Le regard de son ami se durcit à cette information et il demanda aussitôt :
_Comment as-tu réglé ça ?
_Gregory, répondit-il simplement.
_Gregory Ibriaknov ?
A l’acquiescement silencieux de Lex, il remarqua :
_Je ne pensais pas que tu étais encore en contact avec lui.
_Je ne l’étais pas. Mais après la requête de Chloé, je l’ai appelé.
Un demi-sourire semblable au sien se dessina sur le visage de son ami alors qu’il posait une simple question :
_Combien ?
_Cinq millions.
Bruce Wayne laissa échapper un sifflement.
_Il a fait fort.
_Il n’en exigeait que trois.
_Pourquoi lui offrir plus, dans ce cas ?
_Question de motivation.
_Toujours le meilleur pour Sullivan, n’est-ce pas ?
Lex ne put s’empêcher de réagir à la provocation mi-moqueuse, mi-affectueuse de son ami, secouant la tête dans un rare signe d’amusement. Retrouvant son sérieux, il expliqua :
_Gregory a déjà accompli des miracles en convaincant Topher Brink de garder le silence, et pour autant que je puisse en juger, il prend sa mission à cœur. J’ai pu l’apercevoir grâce au système de surveillance qui a été implanté à Chloé. Il n’est jamais très loin d’elle, bien qu’elle ne risque pas grand-chose pour le moment.
_Pas d’autre incident ?
_Pas que je sache. En revanche, j’ai découvert quelque chose de… Surprenant. Quelque chose que Chloé ne voulait certainement pas que je découvre.
Intrigué, le milliardaire le plus en vue de Gotham haussa les sourcils en guise d’interrogation. En silence, Lex pianota quelques touches sur son ordinateur, puis fit pivoter l’écran pour qu’il se trouve face à son ami. Il se leva et se plaça derrière lui afin d’observer lui aussi la scène.
_L’équipe que j’ai assignée à la surveillance des écrans m’a fait parvenir ceci, ils ont pensé que cela pourrait m’intéresser. L’enregistrement date d’hier, juste après le réveil de Lima.
Bruce acquiesça en silence, attendant de voir ce qu’il y avait à voir. La caméra se déplaçait dans les locaux de la dollhouse au rythme des pas de la jeune femme. Ils aperçurent sur la droite une dizaine d’actifs accomplissant docilement des mouvements de yoga sous les ordres d’un professeur, un médecin en train d’analyser un échantillon de sang dans une pièce dont la porte était restée entrouverte, Topher Brink accoudé à une rambarde à un étage supérieur. Rien d’inhabituel. Jusqu’au moment où Lima pénétra dans la salle qui devait servir aux loisirs et s’installa à la dernière place libre, une chaise placée devant une table sur laquelle trônaient une feuille et un crayon. Avant qu’elle ne s’en saisisse, Lex mit pause, figeant l’image sur l’homme assis face à la petite blonde, un homme qu’elle avait apparemment ignoré. Bruce écarquilla les yeux, incertain de ce qu’il voyait. Cherchant confirmation, il demanda d’un ton qui laissait transparaître son incrédulité :
_Est-ce que c’est…
Lex hocha la tête et finit pour lui :
_Logan Echolls.

*

À suivre…
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:49

Citation :
Chlo : Oh la vache de ******

Oui je sais je me répète toujours mais cette fic me passionne ^^ déjà les hurlements à la fin... mon voisin a du avoir peur ^^ Logannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

miam! (comment a t il atterri là... le connaissant ça doit être beau ^^)

La suiteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee

Citation :
Mandy : WOUAHHHHHH! !!!!!!

OMG mais c'est trop bien cette fic !!! Je passe tranquillement déposer ma nouvelle fic et je me dis j'ai le temps d'en lire une avant d'aller bosser... Résultat, j'ai appelé pour dire que j'allais être en retard, pas bien Mandy, pas bien !!! Enfin bref, je connais pas dollhouse mais ton crossover roxe à fond ! J'ai adoré quand Lex dresse mentalement la liste de toutes les personnes qu'il connait et qui seraient succeptible de l'aider : Osborne de New-York mais surtout les Echolls de Veronica Mars c'est génial !

Et puis le mélange d'émotions que Chloé ressent quand elle voit Lex, c'est superbe... Et puis, j'avoue j'ai un faible pour Bruce Wayne alors de savoir enfin que c'est lui qui va aider Lex ça me comble !!!!!

smile/blob_box.gif smile/blob_box.gif

Ah lalala, j'ai hâte de lire la sweety !!!!!!!! Alors au boulot hein lol

BRAVO !!!

Citation :
Eli47 : GÉNIAL
j'aime beaucoup la série dollhouse et je trouve que tu réstitue trés bien l'univers de la série.Les émotions des personnages surtout topher brink (personnage que j'adore) sont bien retranscrite, et Lex qui craque pour notre petite chloé
et puis l'apparition du dernier personnage, présage de bon rebondissement

alors
vivement la suite

Citation :
Quidam2 : oui oui oui vive mon logie d'amour hum lex, logan, chloe et veronica ca vas etre hot et en plus imaginer lex et logan ensemble c le pied integral lol

Citation :
Sixpence : Eh ben !!! si je m'attendais à ça ! oui en effet la fic aurait plutôt eu sa place dans les cross mais bon...
J'aiiiiiiiime ! Comme le dit Bruce, Lex ne fais pas les choses à moitié pour Chloé la vache ! Je suis étonnée !
Maintenant j'attends de voir ce que la Dollhouse va faire de Chloé.

Vivement la suite.

Citation :
Elina : Moi je dirai pareil: LLLLLLLLLLLLLOOOOOOOOOOOOOGGGGGGGANNNNNNNNNNNNNNN!!! http://illiweb.com/fa/pbucket.gif C'est donc lui l'ami qu'elle voulait retrouver à l'intérieur de DollHouse ???? dis-moi que c'était lui!!!

Rhô et puis Bruce qui capte tout de son pote Lex!!!! 5millions rien que pour préserver Chloé ????

Bon allé moi j'ai hâte de voir ce que ça va donner quand il vont commencer à l'envoyer aux clients!!!! http://fc00.deviantart.net/fs22/f/2007/353/6/2/Mistletoe_chase_by_CookiemagiK.gif
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:50

Wouhou, tout plein de nouveaux lecteurs! http://fc05.deviantart.net/fs44/f/2009/111/8/1/Cheerleader_by_CookiemagiK.gif Moi contente! Et pour le prouver moi bosser sur cette fic au lieu de rattraper mon monstrueux retard au boulot ! lol

Chapitre 6


_Comment le fils Echolls s’est-il retrouvé mêlé à cette histoire ?
_Je ne peux pas en être certain, mais je le soupçonne d’être la personne que Chloé veut tirer de là.
_Qu’ont donné tes recherches ? demanda Bruce sans douter un instant du fait que Lex avait dû lancer l’investigation dès qu’il avait découvert ce visage à l’écran.
_Pas grand-chose pour le moment. Je pense connaître la plupart des aspects de la vie de Chloé et je ne vois pas comment ni quand elle aurait pu le rencontrer. J’ai fait monter un premier dossier superficiel sur lui, mais il n’y a rien. Je ne comprends même pas comment il s’est retrouvé à Métropolis. Quant à Chloé, elle doit ignorer jusqu’à l’existence de Neptune.
_Dans ce cas, qu’est-ce qui te fait penser qu’elle fait ça pour lui ?
_Tu ne trouves pas la coïncidence trop... Trop ?
_C’est étrange, je dois l’avouer. Mais sans preuve…
_De toute façon, je ne suis pas certain que ça ait une importance. Mon rôle, comme le tien, consiste à assurer la sécurité de Chloé et à la sortir de là si ses amis échouent quand elle aura assez de matériel pour faire tomber la dollhouse. Il s’agit plutôt de curiosité de ma part.
_Une curiosité légitime.
Bruce marqua une pause avant de demander d’un ton hésitant :
_Penses-tu qu’il y ait quelque chose entre eux ?
Les épaules de Lex se raidirent légèrement avant qu’il ne se reprenne et parvienne à se détendre. Il contourna son bureau pour s’asseoir de nouveau à sa place et répondre sans tenter de feindre l’indifférence avec un ami qui savait tout ce qu’il y avait à savoir de lui :
_Je l’ignore, mais cela ne me semble pas logique.
_Explique-moi ça ?
_Quelqu’un qui serait aussi proche d’une femme comme Chloé n’aurait pas besoin d’avoir recours à la dollhouse.
Le milliardaire brun esquissa un sourire à ce demi-aveu. Il devait admettre qu’il n’avait pas tort, mais il y avait une autre possibilité que Bruce évoqua :
_Sauf si elle a rompu et que cette rupture a été le déclencheur pour Echolls. Je comprendrais qu’un tel chagrin d’amour précipite quelqu’un d’aussi… instable que lui dans les filets de la dollhouse.
_Je ne le crois pas si instable que ça. Et surtout, si cela s’était passé ainsi, Chloé n’aurait pas pris tant de risques pour lui.
Un simple haussement de sourcils servit d’objection de la part de Wayne, et Lex soupira en se corrigeant :
_D’accord, elle l’aurait fait. Mais j’ai l’impression qu’il nous manque des pièces du puzzle, à supposer que le fils d’Aaron soit bien la personne qu’elle veut aider.
_As-tu cherché parmi leurs connaissances pour découvrir s’ils en ont en commun ?
_Pas encore. L’enquête commence à peine, j’ai demandé à mon équipe d’investigateurs de se concentrer d’abord sur Echolls, ils devraient commencer à fouiner plus en profondeur demain.

*

A 2 000 kilomètres de là, un agent du FBI rentrant d’une mission particulièrement éreintante vérifia ses e-mails par acquis de conscience avec la ferme intention d’aller se coucher ensuite. Mais le message qu’elle avait reçu du contact qui travaillait en collaboration avec elle sur un dossier d’ordre privé fit disparaître toute idée de sommeil de son esprit. Un simple « il faut que tu voies ça » en guise d’objet, et une photo comme pièce jointe. Rien d’autre. Typique.
La miniature lui avait déjà dit tout ce qu’elle avait besoin de savoir, mais elle cliqua tout de même pour afficher l’image en grand, incapable de croire à ce qu’on lui avait transmis la veille pendant qu’elle était sur le terrain et privée d’accès à un ordinateur. Le visage qui envahit alors son écran, elle ne l’avait pas vu depuis… Cinq ans, calcula-t-elle. Lorsque, une fois son diplôme de criminologie en poche, elle avait quitté sa ville d’origine sans un regard en arrière pour intégrer la prestigieuse école de Quantico et être recrutée ensuite par le Bureau Fédéral d’Investigation à Washington. Les souvenirs se bousculèrent dans sa tête, certains mauvais, d’autres bons, la plupart simplement nostalgiques, et elle ne put réprimer un sourire, perdue dans ses pensées.
L’implication de ce qu’elle voyait ne fit son chemin jusqu’à son cerveau qu’après les quelques secondes qu’il lui fallut pour se remettre du choc, et l’incrédulité disparut au profit d’une suspicion mêlée de fureur naissante.
_Dans quoi es-tu encore allé te fourrer, Logan ?

*

Une cheville posée sur son genou dans une attitude nonchalante, les mains croisées sur son ventre, un sourire en coin à rivaliser avec ceux de Lex fermement fixé sur les lèvres, Bruce Wayne observait Topher Brink d’un regard ironique, le mettant au défi de faire une remarque ou de commettre la plus petite erreur qui aurait risqué de mettre Lima en danger. Le milliardaire avait remarqué la réaction instinctive de pure panique du scientifique lorsqu’il avait fait son entrée dans le bureau, et il savait à quoi elle était due.
Bruce était arrivé une heure auparavant pour son entretien avec le directeur de la branche locale de la dollhouse. Il avait commencé par expliquer les raisons de sa présence : il devait passer trois semaines à Métropolis et il avait besoin d’une personne de confiance à ses côtés, une assistante suffisamment curieuse pour fouiner dans les affaires de ses concurrents, suffisamment loyale pour ne pas mettre son nez dans les siennes. Quelqu’un qui oublierait tout ce qu’elle avait vu et entendu pendant ces deux semaines.
Une jeune femme blonde, de préférence. Il avait toujours préféré les blondes, ce n’était un secret pour personne, ce qui aidait à faire passer la pilule : la dollhouse ne trouverait pas suspect qu’il précise ce point.
Le directeur lui avait annoncé qu’ils avaient un actif libre qui correspondait à ses critères physiques et avait fait chercher Topher Brink afin de lui confier ce dossier. A son arrivée dans la pièce, le jeune homme avait posé un unique regard sur Wayne, l’avait identifié en un quart de seconde et avait dû retenir un sursaut. Le milliardaire avait discrètement haussé un sourcil à son intention.
Les craintes du scientifique étaient logiques. Il savait que Chloé Sullivan et Lex Luthor se connaissaient, que Gregory travaillait pour ce dernier, et qu’ensemble, ils comptaient détruire la dollhouse. Voir débarquer un ami du PDG de LuthorCorp dans l’histoire devait être perturbant, car il réalisait à quel point la conspiration visant à faire tomber l’organisation était étendue. Jamais encore la dollhouse n’avait eu à affronter un tel rassemblement de personnalités… persistantes. Et Bruce soupçonnait que personne ne connaissait tous les détails. Lui-même ignorait, comme Lex, qui étaient les amis que Chloé avait chargés de veiller sur elle pendant qu’elle serait sous le contrôle de l’organisation. Quant à la journaliste, elle ne savait pas que Bruce entrait dans l’équation, ni que son intermédiaire était un employé de Lex.
Après un silence tendu, Brink se tourna finalement vers son supérieur, étant parvenu à maîtriser sa première réaction et à conserver son calme.
_Monsieur ? Vous avez quelque chose pour moi ?
L’homme lui tendit une chemise cartonnée contenant les informations que Bruce lui avait délivrées au cours de l’heure écoulée. Le jeune scientifique l’ouvrit pour survoler les exigences de ce nouveau client, puis il demanda, bien qu’il se doute déjà de la réponse :
_A qui pensiez-vous ?
_A Lima.
Topher réprima visiblement une grimace et tenta une objection, sachant qu’il devait essayer de limiter les dégâts :
_Je ne suis pas certain qu’elle soit prête pour une première mission, il faudrait que…
_Je vous en prie. D’après votre rapport, le nettoyage initial s’est passé à merveille, et cette mission ne comporte aucun risque, elle est parfaite pour un galop d’essai.
Nouvelle grimace retenue. Bruce vit le jeune homme se replonger brièvement dans le dossier avant de se tourner vers lui :
_Je vois que vous n’avez posé aucune exigence côté romance.
_Ce n’est pas exact, répondit le directeur. Monsieur Wayne a bien précisé qu’il ne voulait pas que son assistante ressente une quelconque attirance pour lui.
_C’est une demande inhabituelle…
_En effet.
_Ne m’en veuillez pas, Monsieur Wayne, mais je trouve étrange que vous ayez des caractéristiques physiques à nous soumettre si vous n’avez pas l’intention de… profiter de l’arrangement.
Le sourire de Bruce s’élargit. Brink était futé, il devait le reconnaître. En ayant compris qu’il était là pour aider Luthor et Sullivan, il tentait, sans insister au point où son hésitation semblerait suspecte, de faire remarquer au directeur que ce contrat pouvait paraître bizarre. Mais le milliardaire avait déjà mis au point un argument pour parer cette attaque. Il fit remarquer d’une voix suave :
_Ce n’est pas parce que je souhaite que mon assistante reste professionnelle que je n’ai pas l’intention de profiter un peu de la vue.
_Topher, avez-vous une bonne raison de vous opposer à ce contrat ? intervint le directeur. Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de vous mettre au travail, nous ne voudrions pas faire attendre un homme aussi occupé.
Vaincu, le scientifique eut un unique hochement de tête et quitta la pièce sans un mot. Si le directeur sembla surpris par cette attitude, il n’en montra rien, mais sans doute avait-il pris l’habitude des humeurs de son collaborateur. Il se tourna vers le milliardaire en proposant :
_Si vous voulez me suivre, je vais vous montrer qui nous comptons assigner à cette mission. Vous pourrez me dire si elle vous convient.
_Avec joie.

*

Debout derrière un miroir sans teint, Bruce Wayne observait le processus sans un mot, tout en songeant que l’absence de Lex était une véritable bénédiction. Si son ami avait vu Chloé dans cet état, sans aucune volonté et à la merci de Brink… Il préférait ne pas finir cette pensée. Lui-même était sonné alors qu’il ne tenait pas particulièrement à la jeune femme, il se doutait que la réaction d’Alexandre Luthor aurait été pour le moins violente.
Il secoua discrètement la tête en songeant à la relation que son ami entretenait avec la petite blonde. A moins qu’il ne s’agisse plutôt d’une absence de relation. Il soutenait Lex depuis le début dans cette histoire, même s’il n’était pas certain que le milliardaire ait pris la bonne décision, car il le comprenait. Le raisonnement pouvait paraître étrange, mais la logique en était indéniable. Chacune des personnes à qui Lex avait tenu avait fini soit par mourir, soit par le trahir. S’éloigner avant d’être blessé était devenu un réflexe chez lui.
Il supportait la solitude bien mieux que quiconque, mieux même que lui, mais Sullivan… Sullivan avait foutu le bordel, pensa Bruce avec un sourire invisible en se souvenant que Lex avait utilisé cette expression exacte lorsqu’il lui avait raconté ce qui se passait…

*

Flash-back
_Alexandre, cette lycéenne… Tu ne me dis pas tout.
Il vit son ami fermer les yeux, rassemblant le courage de lui avouer quelque chose qu’il aurait préféré garder pour lui-même. Une rare marque de faiblesse qu’il ne se permettait qu’avec lui. Bruce savait que Lex vivait une période particulièrement compliquée. Ses efforts pour faire tomber son père l’épuisaient autant sur le plan physique qu’émotionnel, et maintenir LexCorp à flots en même temps relevait de l’exploit. Sans l’aide de cette Sullivan dont il lui rabattait les oreilles depuis des semaines, il aurait sombré depuis longtemps. Quoi que. Sans l’aide de Sullivan, sans doute n’aurait-il même pas envisagé de s’attaquer à Lionel avant quelques années. Bonne ou mauvaise chose, Bruce l’ignorait encore. Lex reprit une gorgée de bourbon qui lui arracha une moue révélant les quantités d’alcool qu’il avait déjà ingurgitées ce soir. Bruce le resservit sans chercher à le dissuader de boire davantage. Quelques heures d’oubli ne pouvaient pas lui faire de mal, et son ami se confiait toujours plus volontiers après quelques whiskies, même face à lui. Après plusieurs secondes d’un silence interminable, Lex lâcha enfin :
_Elle a foutu le bordel, Bruce.
Il haussa les sourcils en retenant un sourire. S’il avait besoin d’une preuve que son ami était ivre, il l’avait. Alexandre Luthor ne se serait jamais exprimé de cette façon s’il avait été aussi lucide que d’habitude, pas depuis l’adolescence en tout cas.
_Vraiment ? demanda-t-il simplement, sachant que moins il posait de questions, plus Lex serait enclin à parler.
_Ouais.
Une pause. Puis un simple :
_Je l’aime.
Comme Lex, il ne se laissait pas aisément surprendre, pourtant il ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux. Il se doutait depuis quelques temps que son ami ressentait quelque chose pour la rédactrice en chef de la Torche. Depuis qu’il lui avait raconté qu’elle avait débarqué dans son bureau pour lui proposer de travailler avec lui à la chute de Lionel. Mais jamais il n’avait imaginé que c’était si sérieux. Lex Luthor n’était pas quelqu’un qui employait certains mots à la légère. Il avait même plutôt tendance à utiliser des euphémismes lorsqu’il lui arrivait de parler sentiments. S’il disait qu’il l’aimait, cela signifiait que les choses allaient plus loin encore. Tentant de se faire à l’idée que le milliardaire intouchable s’était laissé approcher par une femme – journaliste, qui plus est – Bruce commença avec hésitation :
_Lex, c’est…
_Une mauvaise idée. Je sais.
Il grimaça. Ce n’était pas ce qu’il s’apprêtait à dire, mais il savait reconnaître le ton employé par son ami. Il ne souffrait aucune contradiction, et dans l’état d’épuisement et d’ivresse dans lequel il se trouvait, il ne servirait à rien de tenter de discuter avec lui.
_Que vas-tu faire ?
_La protéger, comme je l’ai promis.
_Et ensuite ?
Un rire amer. Une gorgée d’alcool. Puis Lex se leva sans tituber ou hésiter un seul instant, prouvant à son ami qu’il était moins ivre qu’il ne l’avait pensé. Son regard se perdit dans le vague quelques secondes, comme s’il tentait de rassembler ses esprits. Quand il posa les yeux sur le grand brun assis dans le canapé, ils étaient clairs, dénués de toute trace de doute ou d’alcool.
_Ensuite, rien.
_Pourquoi ? Pour la protéger ? Ou pour te protéger toi ?
Lex haussa les épaules avec une indifférence feinte.
_Ca a une importance ?
_Bien sûr. Dans le premier cas, tu n’es qu’un abruti. Dans le second, un abruti égoïste.
Un éclat de rire surpris s’échappa de la gorge du milliardaire chauve, auquel Bruce répondit d’un sourire avant de demander doucement :
_Es-tu sûr de faire le bon choix ?
_Tu sais que non. Dans le cas contraire, tu n’aurais pas posé la question.
_Penses-tu qu’elle…
Il s’interrompit, incertain de la façon dont il pouvait formuler sa question sans risquer de blesser son ami. Il n’en eut pas besoin, Lex comprenant aussitôt où il voulait en venir et lui offrant un sourire en coin désabusé.
_Je pourrais l’avoir si je le voulais, oui.
_Et tu ne le veux pas ?
_Pas autant que je veux la garder en sécurité.
Bruce poussa un soupir en concluant :
_Juste un abruti, alors.
_Il faut croire.

*

Les quelques mois suivants avaient été une véritable torture pour son ami, il le savait. A deux ou trois reprises, il avait failli craquer et avouer à Chloé ce qu’il ressentait pour elle. A ce jour, Bruce ignorait encore ce qui l’avait retenu. Il n’était pas certain que Lex lui-même le sache. Les choses étaient devenues plus faciles une fois le procès de Lionel achevé. La folie de l’affaire avait empêché le jeune héritier de trop se pencher sur d’autres problèmes, et Sullivan avait eu ses propres démons à affronter après sa supposée mort. Les deux partenaires ne s’étaient plus retrouvés seuls dans la même pièce pendant des années, et le milliardaire avait pu apprendre à contrôler son désir et ses sentiments, sans jamais les étouffer totalement, comme le prouvait son obstination à tout faire pour venir en aide à la journaliste aujourd’hui.
Étrangement, rester loin d’elle n’avait pas posé tant de problèmes que cela à Lex. Il s’était persuadé depuis longtemps que rien de bon ne pourrait en ressortir s’il tentait quoi que ce soit avec elle, par lâcheté ou, au contraire, courage, Bruce n’avait jamais réussi à trancher. Quoi qu’il en soit, l’ignorer était devenu naturel pour le jeune chauve, même si l’oublier était une impossibilité pure et simple.
Il ne pouvait qu’imaginer ce que le PDG de LuthorCorp avait pu ressentir quand la journaliste lui avait demandé un entretien particulier en lui annonçant qu’elle avait besoin de son aide. Il ne pouvait qu’imaginer la terreur qui l’avait saisi quand elle lui avait exposé son but et son plan. Il ne pouvait qu’imaginer le remords qui le rongeait à l’idée que par sa faute, la petite blonde se voit obligée de prendre des mesures aussi drastiques pour venir en aide à quelqu’un à qui elle tenait.
Imaginer lui suffisait. C’était peut-être même trop.
Il lâcha un nouveau soupir en réalisant que même si cette histoire se terminait bien, même si Sullivan parvenait à tirer Echolls de là sans dégâts, même si la dollhouse était démantelée, cela ne changerait rien à la situation de son ami. Il aurait certes un poids de moins sur la conscience, mais Bruce ne voyait pas comment la journaliste pourrait passer à côté de l’implication de Lex dans la naissance de l’organisation, et lorsqu’elle découvrirait le fin mot de l’histoire, elle le détesterait très probablement. A moins qu’elle ne comprenne… Il ne la connaissait pas si bien que ça personnellement, mais il avait assez entendu parler d’elle pour savoir qu’elle était capable de pardonner bien plus que la plupart des gens. La question était de savoir ce que Lex déciderait de faire une fois l’enquête bouclée.
Peut-être…
Peut-être pouvait-il ajouter son grain de sel dans l’histoire.
Une idée naissant soudain dans son esprit, Bruce esquissa un sourire. Il n’hésita qu’une seconde avant de désobéir à l’ordre qu’on lui avait donné en le laissant seul dans cette pièce : on lui avait dit d’y rester tant que le processus n’était pas terminé et on l’avait abandonné là. Jetant un coup d’œil à Topher Brink qui observait ses écrans pendant qu’une nouvelle personnalité était implantée à celle qui avait été Chloé Sullivan, Bruce prit la décision en un instant. Il franchit la porte qui le séparait du labo, surprenant le scientifique, qui se releva d’un bond en renversant son soda. Avant que celui-ci ait le temps de se remettre de sa brusque entrée, le milliardaire brun annonça :
_Arrêtez le processus. J’ai une nouvelle exigence.

*

À suivre…
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:50

Citation :
Mandy : Rhhhhhhhhooooooooooooooo !!!!!!

C'est quoi la nouvelle exigeance ?!?!?!?! Ah non non je suis pas d'accord du tout, tu coupes juste au moment où il faut pas! Là je me poses pas mal de questions, qu'est-ce qu'il va faire ?!

Demander à ce que Lima ai un faible pour Lex pour lui ouvrir les yeux ? Demander à ce que Lima ai un faible pour lui comme ça Lex sera un peu jaloux ? Fiou... pas bon ça Pret je m'imagine plein de choses alors tu reviens vite avec la sweety hein lol

Sinon niquel ce chapitre, y a beaucoup d'explications et j'ai l'impression de regarder la série Dollhouse du coup ! Et surtout de savoir que Veronica va certainement faire son apparition je saute de joie et je me roule par terre lol !smile/!2214_EM2.gif
J'apprécie le fait qu'elle soit déjà agent du FBI, ça ne rajoute que plus de piment à cette histoire !

Le meilleur pour la fin : l'amitié de Bruce et Lex. Du coup j'hésite à lire la suite j'ai peur que ça m'influence pour la continuité de ma fic Témoin Amoureux... lol

En tout cas très très bien, continue comme ça parce qu'on s'y croit à fond !!!!! Et comme j'adore les pompoms smileys je t'en met pleins pour t'encourager lol

Bravo et Sweety surtout !!
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:51

désolée, la suite s'est un peu faite attendre...

*

Chapitre 7


Topher poussa un soupir. Il avait espéré se débarrasser de cette mission le plus vite possible et juste oublier toute cette histoire pour les trois semaines à venir, mais apparemment, c’était trop demander. Se saisissant d’un torchon qui traînait, il entreprit de réparer les dégâts de sa boisson renversée afin de trouver quelque chose à faire de ses mains. Il jeta un coup d’œil à Lima, allongée dans un état de semi-inconscience alors que la personnalité qu’il avait préparée selon les réclamations de Bruce Wayne lui était implantée. Puis, après avoir reposé le torchon trempé en vrac sur son bureau, il accorda enfin son attention au milliardaire pour le prévenir :
_Si vous voulez que j’enlève quoi que ce soit à sa personnalité, cela risque de prendre un moment. Assez longtemps pour que cela paraisse suspect.
_Et si je veux que vous ajoutiez quelque chose ?
Il considéra un instant la question, finit par hausser les épaules.
_Tout dépend de ce que c’est. Si c’est un élément facile à trouver dans ma base de données, cela peut être fait en quelques minutes. Si c’est une caractéristique que je ne possède pas…
En voyant Wayne esquisser un sourire, il retint un nouveau soupir. Il en avait marre de ce boulot où on lui demandait l’impossible vingt fois par jour… En même temps, c’était aussi sa raison d’être, il ne travaillait bien que sous pression.
_Du désir, expliqua simplement le client.
Topher fronça les sourcils, confus.
_Je croyais que vous ne vouliez pas…
_Pas pour moi.
_Qu’est-ce que… Oh. Non.
_Non ?
_Non. Je sais ce que vous allez me demander, et je n’ai pas ça sous la main. Vous voulez qu’elle soit attirée par Luthor, c’est ça ? C’est ce genre de service que vous comptez rendre à votre ami ? Ne répondez pas, ça ne me regarde pas. Ce qui me regarde, c’est le boulot que ça va me donner, et j’annonce la couleur : c’est non. Il serait trop compliqué d’obtenir une chose pareille. Aucun des fragments de personnalités que j’ai en réserve ne ressentait quoi que ce soit pour Lex Luthor, et…
_Même pas Chloé Sullivan ?
Interrompu en pleine tirade, Topher stoppa les mouvements erratiques de ses mains en même temps qu’il arrêtait de faire les cent pas dans son labo. Il se tourna lentement vers Wayne et haussa un sourcil, incapable de réaliser qu’il n’avait pas pensé à cette possibilité. Interprétant mal son hésitation, le milliardaire précisa :
_La personnalité que vous avez enlevée à Sullivan. Ne me faîtes pas croire qu’elle ne ressentait rien pour Lex.
_Non… Enfin si. C’est juste que… C’est complexe.
_En quoi ?
_Et bien, d’après ce que j’ai pu voir, il y avait effectivement de l’attirance, mais il y avait aussi tout un tas d’autres facteurs qui font que Sullivan ne ferait jamais d’avances à Luthor.
Wayne hocha la tête. La méfiance, principalement. Un manque de confiance en elle, sans doute. Une certaine dose de crainte aussi.
_Mais Lima… Enfin, la personnalité que vous êtes en train de lui donner, ne possède aucun de ces facteurs, n’est-ce pas ?
Le scientifique marqua un temps d’hésitation avant de confirmer d’un unique acquiescement. Il n’aimait pas la direction que prenait l’entretien.
_Dans ce cas, implantez seulement l’attirance.
Topher se mordit la lèvre, incertain de la conduite à suivre.
_Pourquoi ? demanda-t-il soudain. Je sais pourquoi vous êtes ici. Vous devez protéger la journaliste. En s’assurant qu’un de ses amis la recrute en tant qu’actif, Luthor est certain qu’elle ne fera rien qu’elle n’aurait pas fait en tant qu’elle-même. Pour les trois semaines à venir, vous êtes censés la mettre dans une cage dorée. Puis elle reviendra ici pour son nettoyage et elle aura filmé assez de preuves pour détruire la dollhouse.
_C’est exact.
_Alors pourquoi cette exigence ? Je suis certain que Luthor n’est pas au courant de ce que vous me demandez, sinon vous auriez annoncé ce détail dès le départ. Qu’est-ce que vous voulez, au juste ? Qu’elle couche avec lui et l’oublie ? Qu’est-ce que ça vous apporte ? Qu’est-ce que ça lui apporte à lui ? A part l’évidence, corrigea Topher en songeant que n’importe quel hétéro gagnerait à se retrouver au lit avec la jeune femme.
Un sourire en coin étira les lèvres du milliardaire. Au lieu de répondre à ces questions particulièrement bien vues, il fit remarquer sans chercher à dissimuler le rire dans sa voix :
_Je croyais que ça ne vous regardait pas ?
Topher ouvrit la bouche pour protester, renonça, la referma. Avec un haussement d’épaules, il décida de se laver les mains de cette affaire. Résigné, il s’installa devant son ordinateur et rechercha dans ses archives la personnalité de Chloé Sullivan.
_Vous voulez quel degré de désir ? Genre elle lui saute dessus dès qu’elle le voit, ou genre elle glousse avec ses copines quand elle parle de lui ?
Bruce Waye lâcha un léger rire à cette dernière idée, avant de demander par curiosité :
_Quel degré vous pouvez lui implanter ?
_N’importe lequel. Je peux amplifier ou atténuer à l’extrême ce que Sullivan ressentait à la base.
Il hésita une seconde avant de décider :
_Restez-en à ce qu’elle ressentait à la base.

*

Elle avait depuis longtemps dépassé le stade de la fureur, mais elle n’était plus aussi impulsive qu’à l’époque de son adolescence et elle avait réussi à se retenir de prendre le premier vol pour Métropolis et d’aller botter les fesses de… Eh bien, elle ne savait pas par lequel des deux elle commencerait lorsqu’elle les aurait sous la main, mais Logan Echolls et Chloé Sullivan allaient avoir affaire à elle.
Pour le moment, elle observait d’un regard meurtrier la pile de dossiers posée sur la table basse de son salon, comme si tout était de sa faute. L’avantage de bosser au FBI : avoir accès à un logiciel de reconnaissance des visages qui lui permettait d’identifier à peu près n’importe qui. Elle avait acquis une certitude au cours des dernières heures : aucune des personnes présentes à la dollhouse, aucune de celles que la journaliste avait croisées et filmées pendant ces premiers jours d’enquête, n’avait de lien, direct ou non, avec elle. Chloé ne connaissait personne d’autre que Logan là-dedans, il n’y avait donc qu’une conclusion logique : c’était pour lui qu’elle avait infiltré l’organisation. Et par extension pour elle.
Et elle allait le lui faire payer. Aussi bien pour avoir pris cette décision que pour lui avoir menti.
Elle ne parvenait pas à savoir si elle était plus en colère contre elle-même ou contre son amie. Elle décida donc de reporter toute sa rage sur Logan, histoire de régler ce dilemme une fois pour toutes.
Mais les règlements de comptes attendraient.
Pour le moment, elle devait les aider.
Le problème, c’était qu’elle ne savait pas vraiment ce qu’elle pouvait faire de plus que ce qu’elle faisait déjà. Elle avait accepté de participer au plan de la journaliste à contrecœur, après que celle-ci l’ait suppliée et lui ait rappelé qu’elle lui devait un service. Personnellement, elle aurait préféré mettre le Bureau sur l’affaire, mais Chloé lui avait fait remarquer, à juste titre, que les autorités avaient une fois tenté d’investiguer sur la dollhouse pour se heurter aux plus hautes sphères du pouvoir. Quelques disparitions d’agents ayant bossé sur le dossier n’avaient d’ailleurs toujours pas été résolues.
Le seul moyen de détruire l’organisation était de l’infiltrer, et le FBI ne lancerait pas d’opération de ce genre. La CIA oui, le FBI, non. Or, elles étaient d’accord toutes les deux sur un point : il était hors de question de mêler la CIA à cette affaire. La proportion d’espions était d’environ 60 % à l’Agence, elles ne pouvaient pas savoir à qui elles pouvaient se fier.
Ainsi était né le plan de Chloé.
La jeune femme poussa un soupir. Si elle avait su pourquoi – pour qui – la journaliste avait monté cette affaire, elle aurait été plus insistante en tentant de la dissuader. Pas qu’elle ne voulait pas tirer Logan de là, au contraire : c’était à elle de le faire, pas à son amie.
Il y avait décidément trop d’inconnues dans cette histoire. La plus grande d’entre elles étant Lex Luthor. Chloé semblait décidée à lui faire confiance, au moins en partie, alors qu’elle aurait préféré le laisser en dehors de ça. Mais peut-être la journaliste avait-elle eu raison.
Elle avait eu des sueurs froides lorsque, au cours du nettoyage initial, le scientifique avait semblé réaliser ce qui se tramait, et elle n’avait pas vraiment compris ce qui s’était passé ensuite, même si elle avait pu déduire une partie de l’histoire. Le type qui avait été assigné comme intermédiaire à Chloé – ou Lima, si elle avait bien lu sur les lèvres de l’employé de la dollhouse – avait apparemment menacé le scientifique, et depuis, plus rien.
L’intermédiaire semblait plus dévoué à l’actif qu’il n’aurait dû l’être, et elle avait soupçonné Luthor d’y être pour quelque chose.
Un coup de fil à l’autre personne qui avait accepté de garder un œil sur les vidéos transmises par le système de surveillance avait confirmé ses doutes : son contact connaissait Gregory Ibriaknov de réputation et était persuadé qu’il avait rencontré le milliardaire chauve plusieurs années auparavant, alors qu’il bossait pour la section russe de la dollhouse et que Lex Luthor avait séjourné à Moscou pour un contrat avec un grand groupe de métallurgie.
Elle s’empara de la bouteille de bière à moitié vide qu’elle avait posée sur la table basse et en sirota une gorgée sans vraiment y faire attention, perdue dans ses pensées.
Il y avait quelque chose qui n’allait pas dans cette histoire. Luthor faisait trop d’efforts, Chloé cachait trop de choses, et Logan n’avait rien à faire là-dedans.
Quant à Bruce Wayne, elle ne savait pas quoi en faire. Il était apparemment le premier client à qui la dollhouse comptait confier Lima. Cela ne pouvait pas être une coïncidence étant donnée son amitié avec Luthor, mais alors pourquoi la dollhouse n’avait-elle pas fait le lien ?
Frustrée par trop de questions sans réponse, elle poussa un soupir et prit une décision sans même s’en rendre compte. Au diable les actions réfléchies et le bon sens. En moins de dix minutes, elle avait demandé quelques jours de congé à son supérieur et réservé un vol pour Métropolis.

*

_Catherine, tu es resplendissante.
La jeune femme baissa les yeux sur sa tenue sans rien y trouver de particulier. C’était le même type de tailleur qu’elle portait chaque jour pour aller au boulot, elle n’était pas plus maquillée que d’habitude et ses cheveux blonds mi-longs flottaient librement sur ses épaules. Elle leva le regard pour observer son employeur d’un air suspicieux, ne trouva pas trace de malice dans les yeux sombres, répliqua avec un brin de méfiance :
_Merci. Tu n’es pas trop mal non plus, dans le genre grand ténébreux.
Bruce Wayne lâcha un léger rire en la guidant hors de l’ascenseur d’une main posée dans le dos et en lui ouvrant la portière de sa voiture. Il laissa derrière eux l’immeuble qui abritait les locaux de la dollhouse avec un soulagement non dissimulé.
_Alors, qu’avons-nous au programme aujourd’hui ?
_Pas grand-chose, en fait. Mais demain matin, j’ai cette vidéoconférence avec Madrid, j’aurai besoin de ton rapport.
Cathy Langson acquiesça. Ce n’était rien d’inhabituel : le milliardaire ne passait aucun marché sans être parfaitement informé sur ses interlocuteurs et leurs habitudes de travail, et son boulot à elle consistait à mener une petite enquête pour s’assurer qu’il n’y avait rien à déterrer. Le rapport préliminaire contenait des informations de base, rien de très important. Des recherches qu’elle pouvait effectuer elle-même en fouillant dans quelques coupures de presse et communiqués. Lorsque son patron décidait d’entamer les négociations, il exigeait des informations plus complètes, et elle confiait alors le dossier à quelqu’un de plus compétent.
_Et pour cette fichue soirée samedi, est-ce que tu as répondu ?
_J’ai dit oui.
Elle poussa un grognement qui arracha un nouveau rire à Bruce. Il secoua doucement la tête. Lex avait pris un risque en lui donnant ses instructions concernant la personnalité à implanter à la journaliste. Elle ressemblait un peu trop à celle de la journaliste, justement. Il s’était assez éloigné pour que la dollhouse ne trouve pas suspect que ses exigences s’approchent tellement du vrai caractère d’un de ses actifs : par exemple Catherine Langson avait grandi à New York et n’avait jamais voulu être journaliste, mais elle était curieuse, possédait un sens de la répartie assez exceptionnel, une intelligence au-dessus de la moyenne, détestait les mondanités et aimait pousser les gens pour découvrir qui ils étaient réellement. Autant de spécificités qui la rapprochaient de Chloé Sullivan, et Bruce était persuadé que son ami ne pourrait pas leur résister. Pas alors qu’il lui avait ajouté cette attirance pour son ami, songea-t-il en réprimant un sourire machiavélique.
_Tu ne peux pas trouver une autre cavalière ?
_Pas si je veux que tu me donnes ton impression sur les gens que nous y rencontrerons.
_Je te hais, Bruce.
_Tu sais que c’est faux, répondit-il dans un nouveau sourire.
_Tu ne pourras jamais le prouver.

*

_Alors, comment est-ce que ça se passe ?
_Plutôt bien. Mais je préfère te prévenir : c’est assez étrange pour moi alors que je n’avais rencontré Sullivan que quelques fois, alors pour toi…
Bruce entendit un soupir à l’autre bout du fil.
_Je ne m’attends pas à ce que cela soit facile.
_Tu n’imagines pas à quoi tu vas être confronté. Elle lui ressemble trait pour trait…
_Mais ce n’est pas elle. Je suis au courant, Bruce.
Ce fut son tour de soupirer. Puis il fit remarquer :
_Tu aurais dû me demander de lui faire implanter une personnalité opposée à la sienne. Tu aurais eu moins de mal à te détacher de la femme que tu connais.
Il n’y eut pas de réponse dans l’immédiat. Inquiet, Bruce relança au bout de quelques secondes :
_Alexandre ? Est-ce que tu as…
_Tu ne t’es jamais demandé ce qui aurait pu être ? l’interrompit son ami.
_Alexandre…
_Je sais. Je ne parle pas de ce que je ressens pour elle. De toute façon, même si quelque chose pouvait éventuellement se passer entre Catherine et moi, tu sais que ce n’est pas ce que je veux. Si je t’ai demandé de recruter Lima, c’est précisément pour que ce genre de choses n’arrive pas à Chloé.
_De quoi parles-tu, dans ce cas ?
_De possibilités. Le passé que je partage avec elle… Avec Chloé, je veux dire, il est toujours… là.
Bruce hocha la tête en comprenant soudain ce que Lex était en train de lui dire. Il avait aujourd’hui l’occasion d’effacer l’ardoise, de savoir ce que la jeune femme penserait de lui s’ils n’avaient pas lutté ensemble contre Lionel, s’ils n’avaient pas été en conflit à cause de Kent, s’ils ne partageaient pas ces sentiments de trahison, de méfiance et d’incertitude. L’occasion de mener une conversation totalement normale avec elle en sachant qu’elle ne connaissait pas certains de ses plus noirs secrets. Il poussa un nouveau soupir en l’avertissant :
_Tu vas être déçu.
Un petit rire empli d’amertume résonna dans ses oreilles.
_Sans aucun doute. Quelles que soient leurs ressemblances, elles ne sont pas la même personne, je ne saurai donc jamais ce qui aurait pu se passer. Et même si Catherine n’a aucun souvenir de notre histoire, moi, je les ai. Mais laisse-moi me bercer d’illusions encore quelques jours.
_Très bien. Je suppose que je te verrai samedi ?
_Bien sûr. Je fais partie des principaux donateurs, je pourrais difficilement y échapper.

*

à suivre...
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:53

Citation :
Kfn : ça me déprime j'ai pas le temps de le lire et puis je n'ai pas lu le chapitre précédent ...

mais je refais mon retard très vite, j'adore cette fic !!

(et c'est très motivant de voir que tu postes si régulièrement ! review dans la semaine, je fais mon possible )

Citation :
Chlo : Oh god!

j'adore!

j'avais déjà eu une partie mais la fin est exquise!

Le caractère de catherine et son aisance parfaite avec bruce alors qu'elle ne le connait pas... c'ets juste stupéfiant

suis abasourdie.

Et lex. Rohhh lex! j'adore! juste la manière dont il réfléchit aux évènements à venir c'est trop bon!

J'veux la suite!

Citation :
Poyuri : Arf... c'est à la fois génial parce que super bien écrit, l'histoire est accrochante puis intrigante aussi mais frustrant parce qu'on est là à manger sa souris en se disant "OMFFFFG! Mais qu'est-ce qu'il se passe quoi?!"...
Bref le suspens est trèèès bien (trop bien?!) dosé ce qui peut juste nous inciter à demander une suite rapiiiide! O_o
=)

Citation :
Kfn : j'ai refait mon retard !
Et franchement c'était pas gagné... quand j'ai beaucoup de retard, la plupart du temps je laisse tomber, c'est trop déprimant ...

Bon alors, place au feed !
Topher fait froid dans le dos, mais qu'est-ce que j'ai aimé qu'il se fasse "mater" par Gregory !!!
Je pense que Topher va être intéressant (et je le déteste pas trop moi, surement parce que j'ai lu pas mal de l'histoire d'une traite...) mais je pense qu'il va falloir le surveiller...
Quant à Logan, les réactions des lectrices m'ont fait délirer et pour cause, je sais à peine qui c'est ...
Par contre je pense que des surprises sont à prévoir pour les "amis" de Chloé notamment cette personne qui bosse pour le FBI !!

j'adore Bruce, et c'est plutot rare ! j'aime bien que tu brises direct le suspens pour les sentiments de Lex vis à vis de Chloé (et je dis ça d'une manière admirative , c'est tout sauf une critique, au contraire ! ça change, et ça amène un nouveau challenge ...)

enfin voilà, je suis emballée !!!

petite question que je pose souvent, on en est ou dans l'histoire ??? début milieu fin ?? oui je suis embetante, mais j'aime bien situer, et je peux pas regarder le nombre de pages

SUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIITE

Citation :
Alexiel : Ça y est, je prends enfin le temps de feeder !
Bon au risque de me répéter, j'ai adoré.
J'ai vraiment hâte de voir ce que va donner la première confrontation, Lex - "Catherine". Quel cabotin ce Bruce quand même !
Bref tu sais quoi faire lol !

Citation :
Sixpence : Rhoooo j’ai aimé ce chapitre pinaise !
Tout voir par les yeux et les souvenirs de Lex est bien plus instructif que de voir les deux perso principaux en fait mdr ! Tu vas faire ça constamment hein ??
Alors, définitivement, avec autant de perso d’autres séries, c’est un cross ! VM is back ! j’ai pas vu beaucoup d’épisodes mais j’aime le perso, je vais me mettre direct à la suite, je suis contente d’avoir un autre bout à lire parce que là c’est une fin sadique encore ! je me vengerai pour toutes ces fins sadiques, tu a dépassé les bornes des limites Prêt’ !

Hou ça m’étonne que Topher parle librement devant Wayne du fait qu’il est tout compris au sujet du plan, mais bon tu gères, tu sais ce que tu fais !
Mdr ! tient donc, on implante du désir, Wayne est un vrai pote mais je suis pas sûr que Lex apprécie ça, vu qu’il sait qu’il n’aura pas vraiment Chloé en face de lui.
Haaaa, la conversation entre Wayne et lex au téléphone tend à confirmer mes doutes mais bon, je vais rien avancer tend que Cathy et lui n’auront pas eus de face à face, ça pourrait être étonnant.
J’adore le perso de Veronica Mars, vivement qu’elle débarque telle une bombe atomique à Métropolis.

Vivement la suite !!

Citation :
Mandy : Youhou une suite !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Bon alors j'avais remarqué que c'était posté mais manque de temps, j'ai pas pu lire, et je profite d'une insomnie à 3h du mat pour me refaire la fic entière, lol !

Génial cette partie, jme disais aussi que Bruce allait rajouter "ce" quelque chose et le fait d'enlever tous les facteurs qui empêchent Chloé de se jeter sur le beau milliardaire c'est une bonne idée, et ça ne présage que de bonnes choses pour la suite de cette fic !!!

Moi aussi ça me fait peur que Topher parle de la prochaine chute de la Dollhouse comme ça. Bon c'est vrai que je regarde pas la série, mais je sais pas pourquoi je m'imagine les locaux hautement surveillés, avec des caméras et des micros partout... lool Je dois certainement me tromper...

Quant à la conversation Bruce/Lex, nikel ! Franchement, j'aime bien cette amitié entre ces deux personnages charismatiques. Et Catherine, ben elle ressemble vraiment à Chloé, du répondant, de l'intelligence... rien que ça ? lool Lex va-t-il résister à la tentation ? C'est vrai quoi : il aura en face de lui tout ce qu'il apprécie chez elle (physique, personnalité, désir en plus). J'attends la rencontre dans la prochaine partie qui je suis sûre sera très, mais alors TRES intéressante !!!

Bon, pour pas changer je mets pleins de pompom pour réclamer la SWEETY !!!!!!!
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:54

Rho marchi pour tous ces feeds ! bien constructifs en plus, suis trop contente de voir vos idées et suggestions. Et vi Mandy t’avais vu juste pr la nouvelle exigence de Bruce, bien joué. Et tu te trompes pas non plus pour les locaux ultra-surveillés, mais j’en dirai pas plus pour l’instant
kfn pr être tout à fait honnête je sais pas trop où on en est dans l’histoire non plus lol je sais où je vais avec cette fic, mais pas encore tout ce qui va se passer pour en arriver là… Donc je dirais environ la moitié, peut être un peu plus loin, mais sans garantie, ça sera peut être bcp plus long ou bcp plus court, selon l’inspi !

Chapitre 8

*

_Monsieur Luthor, quelqu’un aimerait vous voir.
Intrigué par l’hésitation perceptible dans la voix de son assistante, Lex haussa les sourcils. Il était en pleine rédaction d’un mail capital à l’intention de son service juridique et attendait d’une minute à l’autre l’appel de l’un de ses directeurs d’usine pour le rapport trimestriel, sans compter ce contrat qui attendait sa relecture avant d’être envoyé au client. Le temps était une denrée rare. Posant un doigt sur l’interphone, il demanda :
_A-t-il rendez-vous ?
_Elle, Monsieur Luthor, corrigea l’assistante. Et non, pas exactement, mais elle a fait une demande étrange…
_C’est à dire ?
_Elle souhaite vous parler au sujet de Lima.
Stupéfait, le milliardaire garda le silence un long moment, jusqu’à ce que la voix de la quadragénaire qui était à son service depuis près de dix ans le ramène à la réalité :
_Monsieur Luthor ? Dois-je la renvoyer ?
_Non. Faîtes la entrer. Et dites à Sagnor que son rapport attendra demain, même heure.
Elle était trop polie et trop bien formée pour poser des questions malgré sa curiosité évidente. Elle était au courant de la plupart de ses affaires en cours et n’en connaissait aucune qui ait un quelconque rapport avec la capitale péruvienne. Quelques secondes plus tard, la double porte de son bureau s’ouvrit pour laisser entrer une jeune femme blonde vêtue d’un tailleur gris anthracite et d’une chemise blanche, et il se leva pour l’accueillir. Pas de talons hauts, nota-t-il avec le réflexe caractéristique d’un observateur aguerri, remarquant également le très léger renflement au niveau de l’épaule. Il en tira aussitôt les conclusions qui s’imposaient : agent de terrain. CIA, police, ou FBI, peu importait. La plupart des femmes qui prenaient le temps d’assortir leur pendentif à leurs boucles d’oreille, arboraient une tenue aussi soignée et se maquillaient, aussi légèrement que cela soit, n’auraient pas fait cette concession au confort sans une bonne raison. Il avait rencontré de nombreuses exceptions, mais celles-ci ne portaient pas un holster sous leur veste.
S’avançant vers lui d’un pas assuré, elle lui tendit une main qu’il serra avec un brin de méfiance.
_Monsieur Luthor. Veronica Mars. Je crois que nous devons parler.
_Cela semble s’imposer, en effet. Asseyez-vous.
Elle prit place sur l’un des fauteuils réservés aux invités alors qu’il se réinstallait derrière son bureau. Décidant d’attaquer afin de ne plus se laisser prendre par surprise, Lex demanda aussitôt :
_Que savez-vous de Lima ?
Si elle fut surprise par sa façon d’entrer directement dans le vif du sujet, elle ne le montra pas, se contentant de rétorquer :
_Tout.
Il esquissa un bref sourire en coin et s’enfonça davantage dans son fauteuil dans une attitude décontractée.
_Une technique de bluff bien connue, Madame Mars, mais je suis moi aussi un très bon joueur de poker.
_Mademoiselle, corrigea-t-elle de façon automatique.
Elle sembla hésiter un instant avant de prendre une décision.
_Votre bureau est-il sûr ?
Il hocha la tête. La pièce était insonorisée et son équipe de sécurité la passait au peigne fin deux fois par semaine, à la recherche d’éventuels mouchards. Une précaution qui tenait peut-être de la paranoïa… Mais elle était nécessaire quand on savait combien de millions se négociaient chaque jour entre ces murs. Une dernière seconde de silence, puis la jeune femme lâcha :
_Je sais que Lima s’appelle en réalité Chloé Sullivan et qu’elle est devenue un actif de la dollhouse dans l’espoir d’en sortir quelqu’un qu’elle connaît. Je sais que vous lui avez fourni le système de surveillance sans lequel son plan n’aurait servi à rien. Je sais que son intermédiaire, Gregory Ibriaknov, est sous vos ordres. Et je sais que votre ami Bruce Wayne est le premier client de Lima. Mon résumé vous convient-il ?
_Il me surprend, répliqua Lex sans manquer un battement. Vous êtes l’une des personnes chargées de la tirer de là, n’est-ce pas ?
C’était la seule explication envisageable, il ne voyait pas comment cette Veronica Mars aurait pu en savoir autant autrement. Et il ne voyait pas non plus l’intérêt de nier alors qu’elle connaissait de toute évidence toute l’histoire. S’il décidait à la fin de cet entretien qu’elle représentait un danger, il pourrait s’arranger pour qu’elle ne puisse pas menacer la sécurité de Chloé. La voyant acquiescer, il demanda par curiosité :
_CIA ?
Elle sourit. De toute évidence, elle n’avait pas réellement cherché à cacher son appartenance à une agence gouvernementale.
_FBI.
Voilà qui l’arrangeait. Il avait au Bureau des connaissances très haut placées qui ne demanderaient qu’à rappeler leur agent à l’ordre s’il leur demandait de la brider.
_Que faîtes-vous ici ?
_J’ai découvert récemment qui Chloé cherchait à aider, et je dois dire que cette révélation m’a… Déstabilisée.
Notant l’emploi inconscient du prénom qui suggérait une certaine familiarité avec la journaliste, Lex se contenta de lui faire signe de continuer, et elle obtempéra.
_Le nom de Logan Echolls vous dit-il quelque chose ?
_Ce nom dit quelque chose à tout le monde.
La jeune femme concéda ce point d’un hochement de tête. Les années de lycée et de fac de Logan avaient été parsemées de scandales ayant fait la une de tous les journaux du pays, et l’arrestation de son célèbre père pour le meurtre de Lilly Kane, sans même parler du suicide de sa mère, avaient propulsé cette famille sur le devant de la scène plus d’une fois. Plusieurs années s’étaient écoulées depuis, mais le nom de Logan était toujours synonyme de tête brûlée et de gosse de riches à la recherche de sensations fortes, et ce bien qu’il n’ait pas fait parler de lui depuis quelques temps.
_Monsieur Luthor, ne me faîtes pas l’affront de prétendre que vous ignorez que Logan Echolls est en ce moment même l’une des poupées de la dollhouse de Métropolis.
Feignant un air choqué, le milliardaire haussa les sourcils en demandant simplement :
_Vraiment ?
Il l’entendit pousser un soupir exaspéré bien qu’aucun muscle de son visage n’ait bougé. Décidant apparemment qu’elle était lasse de perdre du temps, l’agent du FBI se pencha en avant pour prononcer d’une voix plus dure :
_Ecoutez, j’ai pu tracer les signaux émis par le système de surveillance implanté en elle, et il y a trois signatures. Une pour moi, une pour le deuxième ami que Chloé a mis sur le coup, et une qui arrive à moins de 300 mètres d’ici, dans un immeuble appartenant à une société écran que vous avez fondée il y a trois ans et qui se charge de toutes vos affaires plus ou moins légales. Et je peux le prouver. Alors laissez tomber. Je sais que vous n’avez pas respecté le souhait de confidentialité de Chloé et je m’en moque, comme je me moque de savoir pourquoi. Tout ce qui m’importe, c’est sa sécurité. La sienne, et celle de Logan.
Il ne répondit pas immédiatement à son petit discours. Dire qu’elle l’avait impressionné aurait été un euphémisme, mais le fait qu’elle soit au courant pour le signal de surveillance n’était pas si perturbant, pas plus que ses connaissances sur cette fameuse société écran. Si elle avait voulu faire quelque chose de cette information, c’est toute une équipe d’investigation qui aurait débarqué dans son bureau. Il s’était toujours félicité de sa capacité à évaluer rapidement les gens, et ce que dégageait cette femme, c’était de l’honnêteté, tout simplement. Une honnêteté brutale, rassurante. Décidant de la tester pour voir ce qu’elle était prête à lui révéler, il posa la question qui l’intriguait depuis plusieurs jours :
_Comment Chloé connait-elle Echolls ?
Elle répondit sans la moindre hésitation.
_Ils se sont rencontrés il y a quatre ans à New York. Vous vous souvenez de ce scandale financier qui a éclaté, celui qui a impliqué la plupart des personnalités de la ville et fait tomber la municipalité à quelques semaines des élections ?
S’il se souvenait ? Un détournement de fonds d’une ampleur inégalée. Toutes les associations caritatives de la ville s’étaient fait subtiliser quelques milliers de dollars chacune. Des sommes qui, individuellement, pouvaient passer inaperçues, mais dont le total s’était élevé à plusieurs millions. L’affaire présentait une autre caractéristique intéressante…
_C’est le papier qui a lancé la carrière de Chloé.
Veronica acquiesça alors que Lex se remémorait les autres détails. Fraîchement diplômée en journalisme, la petite blonde s’était offert un été à New York chez une amie avant d’entrer réellement dans la vie active. C’était par hasard qu’elle était tombée, en visitant une exposition, sur le responsable comptable d’une petite association qui l’avait invitée dîner. Et il lui avait sorti le grand jeu. Un peu trop. Le restaurant hors de prix, le trajet en limousine et la Rolex avaient déclenché le radar de Chloé, et il n’en avait pas fallu plus pour qu’elle remonte la filière et découvre le fin mot de l’histoire. Des politiciens, artistes, et chefs d’entreprise faisaient pression sur tous les trésoriers d’associations de la ville afin qu’ils détournent chaque mois un petit pourcentage des revenus de l’organisme, se servant au passage. Un complot à grande échelle d’une efficacité redoutable, qui durait apparemment depuis plusieurs années et servait à financer toutes sortes d’activités illicites. Après avoir vendu l’article au plus grand quotidien local, Chloé avait connu une notoriété exceptionnelle pour une jeune reporter et été contactée par plusieurs journaux et chaînes télévisées pour des interviews sur son enquête, souvent suivies d’offres d’emploi. Elle avait tout refusé pour intégrer plutôt le Planet, le quotidien de ses rêves.
Mais tout ça ne répondait pas vraiment à sa question
_Quel rapport avec le fils Echolls ?
_A votre avis ?
Il réfléchit un instant, ne trouva qu’une réponse logique :
_Il faisait partie du réseau ?
Il vit l’agent du FBI hocher la tête et attendit qu’elle reprenne la parole :
_Après le suicide de sa mère et l’emprisonnement de son père, Logan est encore resté quelques années dans sa ville d’origine, puis il a déserté. Il était arrivé à New York à peine un an avant cette histoire et était aussitôt rentré dans le système grâce à certains contacts de son père. Je ne tiens pas particulièrement à lui trouver des excuses, mais déshérité, sans diplôme, et médiatisé comme il l’était, il n’a pas vraiment eu le choix.
_On l’a toujours, répliqua aussitôt le milliardaire.
Elle haussa les épaules. Il eut l’impression qu’elle avait envie de prendre la défense du jeune homme, contrairement à ce qu’elle avait prétendu, mais elle se contenta de répondre :
_Possible. Quoi qu’il en soit, il a connu une mauvaise période. Et il a été l’un des premiers que Chloé a interrogés pour son article. Ils ont passé un accord : il lui livrait les plus gros poissons et elle oubliait son nom. Elle a accepté, et c’est comme ça qu’elle a pu remonter la filière. Mais elle n’a pas réussi à protéger ses sources aussi bien que prévu, et quelqu’un a découvert que c’était Logan qui était à l’origine de la fuite.
Lex eut une grimace. Il n’eut pas le temps de commenter, l’agent continuait :
_C’est là que je perds sa trace. J’ignore s’il a tenté de s’enfuir et si c’est de cette manière qu’il s’est retrouvé à Métropolis, ou si les arnaqueurs lui ont mis le grappin dessus à New York et l’ont enrôlé de force dans la dollhouse pour lui faire payer. Ils l’auraient ensuite envoyé ici à cause de sa célébrité. Il est moins connu dans cette région et les clients de la dollhouse risquent moins de le reconnaître.
_Pourquoi Chloé prendrait-elle de tels risques pour lui ?
_Ils ont eu une aventure pendant qu’elle était à New York. C’est pour ça qu’elle a accepté le deal qu’il lui proposait.
Il haussa les sourcils. Il imaginait mal Chloé tomber dans les bras d’un type de ce genre, mais il ne la connaissait plus aussi bien qu’avant.
_Est-elle au courant ?
_De quoi ?
_Sait-elle qu’à cause d’elle, il a été repéré par les leaders de cette arnaque à grande échelle ?
_Je ne pense pas, non. La connaissant, elle aurait réagi plus tôt.
Bonne remarque. Il était plus que probable qu’elle n’ait pas eu le temps de le revoir dans le tourbillon médiatique qui avait suivi la parution de l’article, peut-être avaient-ils échangé des e-mails, faciles à falsifier, dans lesquels quelqu’un qui se serait fait passer pour Echolls prétendait rompre et partir. Histoire de pouvoir le faire disparaître sans qu’elle s’en inquiète trop.
_Je ne comprends pas pourquoi Chloé a accepté de lui rendre ce service.
_Vous ne connaissez pas Logan.
_Mais vous, oui ? réagit-il aussitôt.
Il la vit se tortiller brièvement sur sa chaise, visiblement prise au dépourvu par la rapidité de sa déduction. Au final, elle lui accorda un très léger signe de tête.
_Je l’ai connu, oui. Il n’a rien d’un manipulateur, au contraire. Il est trop passionné et impatient pour prendre cette peine. C’est quelqu’un qui préfère jouer cartes sur table, et c’est précisément la raison pour laquelle la plupart des gens qu’il rencontre sont prêts à lui accorder des secondes chances à la pelle. C’est ce qui s’est passé avec Chloé.
_Comment la connaissez-vous ?
_Ca a une importance ? Nous sommes amies et je suis prête à tout pour l’aider. Les circonstances de notre rencontre importent peu. Je comprends votre curiosité concernant sa relation avec Logan étant donné l’enjeu qu’elle représente dans cette affaire. Mais j’ai jusque là été bien plus ouverte que vous, et je pense que c’est à votre tour.
_Vous avez sans doute raison, mais je ne vois pas ce que je pourrais vous dire que vous ne sachiez déjà.
_Je peux sans doute vous aider là-dessus. J’ai des tonnes de questions pour vous, à commencer par celle qui m’inquiète le plus : pourquoi n’avez-vous pas dit à Chloé que Topher Brink a travaillé pour vous ?

*

A suivre…
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:56

Citation :
Sixpence : WOLAAAAAA the big révélation pour la fin, je comprends bien mieux la faculté de déduction impressionnante de Brink.
J'aime beaucoup tout le défi qui se lit dans chacun de ses deux perso une fois qu'ils sont face à face.
Et c'est sympa aussi de faire un semblant de flash back pour l'histoire d'Echolls pour les gens qui connaissent pas VM, comme moi quoi.

Aller aller au boulot, vivement la suite !!! Tu te débrouille comme un chef à poster aussi fréquemment !

Citation :
Stetiphany : Oh my god!!! Ta fic mérite de devenir culte ^^. J'ai juste adorée!!!!
Tous ces personnages d'univers différents qui se connaisse, c'est trop bon à lire!
Normal que Véronica et Chloé soient amies, elles se ressemblent beaucoup coté caractère
Quand à la façon dont tu décrit la relation Chloé/Lex chapeau! Je suis clouée devant mon écran depuis que j'ai commencé à lire la première phrase.
J'attend la suite avec impatience!
xoxo
Stéti'

Citation :
Mandy : HAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!! (euh... j'en fais un peu trop ?! non mais comprenez-moi c'était génial !!!!) smile/bloblaugh.gif smile/bloblaugh.gif smile/bloblaugh.gif

Ahem... Bon alors déjà merci d'avoir posté une suite aussi vite, ça fait trop plaisir !!!! C'est genre la trilogie du samedi sur M6 mais en beaucoup mieux !!! lol.

Citation :
Et vi Mandy t’avais vu juste pr la nouvelle exigence de Bruce, bien joué. Et tu te trompes pas non plus pour les locaux ultra-surveillés, mais j’en dirai pas plus pour l’instant

Donc j'ai raison d'avoir peur... sinon merci de flatter le côté perspicace de ma personne ça fait toujours plaisir à entendre smile/!2214_EM2.gif hi hi hi

J'ai beaucoup aimé ce huitième chapitre mais en même temps, c'est pas nouveau, je dévore littéralement chaque suite que tu postes !! La conversation Lex/Veronica était super, les déductions de notre beau milliardaire sur le fait qu'elle bosse sur le terrain où encore qu'elle ai eu une relation avec Logan flattent son intelligence (genre il en a besoin !! lol). En même temps la petite, c'est une pro aussi : avoir découvert les signaux et Lex qui est "impressionné"... ça ne pouvait être qu'une bonne conversation vu les personnages.

Petite note, pour avoir suivi les deux premières saisons de Véronica Mars et quelques épisodes de la troisième, je peux te dire que quand j'ai pris connaissance de la série, j'avais l'impression d'avoir une Chloé bis ! Blonde, pipelette, intelligente, travail pour le journal de son lycée, adore les mystères... Grrr au début moi pas contente ! Mais après, petit à petit ben tu t'attaches au personnage et c'est pour ça que j'étais contente de son apparition dans ta fic. Elle ne peut rajouter que du piment à cette aventure !!

J'aime bien aussi le fait que même s'il y a pas mal de dialogue, tu expliques clairement les liens entre chaque perso. Et c'est étrange, mais totalement génial, à quel point l'histoire de plusieurs séries peuvent coller !

Ah oui, je sais pas pourquoi (enfin si peut-être parce que la série à commencer bien après Smallville) pour moi j'ai toujours l'impression que Véronica & Logan sont plus jeunes que Chloé. Alors ça m'a un peu surprise de voir qu'il y avait eu une aventure entre la journaliste et le fauché (lool ben oui je peux pas dire milliardaire puisqu'il est déshérité). Mais je t'assure c'est une demie-seconde d'étonnement !

Euh... moi j'aimerais quand même bien savoir comment elles se sont rencontrées les blondinettes parce que, je me rappelle pu exactement le numéro du chapitre, mais tu avais souligné le fait que si Chloé avait infiltré la Dollhouse pour sauver Logan, elle le faisait parce qu'il était son ami mais également par "extension" pour Veronica... Alors j'espère que tu m'éclaireras sur ce point !!

Voilà, voilà... Par contre, on devrait te descerner un prix pour "Sadisme où comment finir une fic avec beaucoup de suspens"... Parce que tu nous fais le coup à chaque fois lol

J'attends avec impatience la suite afin de voir ce que donne la rencontre Catherine (Chloé)/Lex !!!

Ben après ce roman il me reste plus qu'à te réclamer la SWEET !!!!!!!!!!!!! (et pour pas changer, pleins de pompoms, youhou !!)
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:56

Wouha, ça c du feed Mandy ! lol bonne remarque pr l’âge de Veronica et Logan par rapport à Chloé, mais je t’avoue que je pars toujours du principe qu’ils ont tous à peu près le mm âge, parce qu’effectivement Chloé et Veronica se ressemblent énormément et que VM m’a servi de défouloir au moment ou les scénaristes de SV massacraient le perso de Chloé lol
En plus l’aperçu qu’on a eu d’une éventuelle 4ème saison de VM avait avancé de plusieurs années, donc on va dire que ça colle lol
Merci pr votre soutien les filles, ça me motive bien sur cette fic !
PS : Sadisme powaaa encore une fois dans ce chapitre lol

Chapitre 9

La question ne surprit pas le milliardaire. Il n’avait jamais vraiment couvert ses arrières là-dessus, partant du principe qu’étouffer tout le projet aurait été trop suspect, et n’importe qui fouillant dans le passé de Brink pouvait découvrir qu’il avait été recruté par LuthorCorp avant même la fin de ses études. Il avait en revanche été particulièrement prudent en ce qui concernait les véritables attributions du scientifique, bien plus compromettantes pour lui que le fait d’avoir eu un employé tel que cet homme. Toutefois… Puisque Veronica Mars lui posait la question, c’était qu’elle savait que Brink travaillait aujourd’hui pour la dollhouse, ce qui était logique étant donné qu’elle avait accès aux mêmes images que lui. Et elle semblait suffisamment intelligente pour recouper ces renseignements. Malheureusement.
_Parce que cette information n’avait aucune importance pour elle, répondit-il d’un air détaché, comme si ce sujet ne l’intéressait tout simplement pas.
Son ton ne trompa pas l’agent du FBI, qui haussa les sourcils et répliqua :
_L’inventeur de cette technologie qui est en train de lui pourrir la vie a débuté sa carrière chez vous, et vous estimez que ça ne la concerne pas ?
_C’est exact.
_Que faisait Brink pour vous ?
Peut-être n’avait-elle pas recoupé les renseignements, au final. Ou peut-être connaissait-elle déjà la réponse et ne posait-elle la question que pour voir s’il serait honnête avec elle.
_Les dossiers sont classés confidentiels.
_Bien sûr. Il ne faudrait pas que qui que ce soit découvre que c’est grâce à vous que cette technologie et la dollhouse ont vu le jour.
Il lui offrit son sourire le plus suave en rétorquant :
_Je ne vois pas de quoi vous parlez.
_Niez autant que vous le voudrez. Cette affaire ne me concerne pas et le FBI refuse de s’en mêler. Mais quand Chloé sortira de là, je lui révèlerai tout ce que je sais de votre implication, et je peux vous jurer qu’elle vous réduira en pièces.
C’était aussi ce qu’il craignait, ça expliquait qu’il lui ait caché autant d’informations. N’importe qui d’autre, et une disparition discrète aurait pu être organisée… Mais comme l’avait souligné Bruce à plus d’une reprise, la jeune journaliste était l’une de ses rares faiblesses. Il aurait sans peine pu déterrer quelque chose d’inavouable sur elle et la forcer à garder profil bas, ou inventer des accusations suffisamment bien étayées pour la détruire, mais il ne le ferait pas, bien sûr. Pas avec elle.
_Monsieur Luthor ?
_Peu m’importe ce que vous croyez pouvoir lui révéler. Ma priorité est sa sécurité, pas la mienne.
Un éclair de surprise passa dans les yeux de son interlocutrice et la question sortit d’instinct, avant qu’elle n’ait le temps d’y réfléchir :
_Pourquoi ?
Il haussa les épaules.
_Me croirez-vous si je réponds que je la compte parmi mes amis ?
_Non.
_A votre guise. Avez-vous d’autres questions pour moi ?
_Rien qui ne puisse attendre.
_Vous pensez donc que nous nous reverrons avant la fin de cette histoire.
Pour la première fois, il vit un vrai sourire se dessiner sur les traits réguliers et les yeux s’éclairer d’une lueur amusée.
_Bien sûr. Je suis invitée à la soirée de samedi.
Elle se leva là-dessus et se dirigea vers la porte avant qu’il n’ait le temps de digérer l’information.
_A bientôt, Monsieur Luthor.

*

_Alors, qu’en dis-tu ?
_J’ai connu mieux.
Il reçut un coup au bras pour sa peine et corrigea dans un rire :
_Splendide, comme d’habitude.
_Voilà qui est mieux.
_Si Mademoiselle veut bien se donner la peine…
Il lui offrit son bras et elle posa la main au creux de son coude, se laissant guider jusqu’à l’ascenseur qui les amènerait directement au garage et à la limousine qui les y attendait. En montant dans la voiture et en la sentant démarrer, Cathy Langson secoua la tête avec un sourire. Elle avait assisté à beaucoup de soirées officielles avec son patron, mais c’était la première fois que l’une de ces soirées se déroulait à Métropolis, et elle ne pouvait s’empêcher d’être un brin nerveuse. Elle ne connaissait personne ici, elle aurait plus de difficultés à suivre les conversations et à se débarrasser des interlocuteurs agaçants. A Gotham, il lui suffisait d’envoyer une remarque bien sentie sur les opérations illégales de l’un ou l’aventure extraconjugale de l’autre, et elle était tranquille. Ici, elle ne disposait pas de suffisamment d’informations pour se sentir tout à fait à l’aise. Mais tant que Bruce était à ses côtés, elle pouvait supporter ces longues heures de torture mondaine. L’amitié qui les liait était profonde, sincère, complice et – Dieu merci – dénuée de tout sentiment romantique. Elle était en sécurité avec lui et elle savait que si l’ennui se faisait vraiment insupportable, il s’éclipserait avec elle quelques minutes, juste le temps d’entretenir une conversation intéressante avant de replonger dans l’arène.
_T’ai-je dit qui sera présent à cette soirée ?
Tirée de ses pensées, elle secoua la tête et attendit, mais Bruce ne continua pas, un sourire étirant simplement ses lèvres. Intriguée, elle demanda :
_Qui ?
_Tu verras.
_Wayne !
_Langson ? répliqua-t-il, son sourire s’élargissant.
_Tu es insupportable.
_Et pourtant, tu me supportes.
_Je commence à me demander si cela va durer.
_Bien sûr que ça va durer. Qui d’autre te trainerait à de longues soirées ennuyeuses et te torturerait mentalement aussi bien que moi ?
_Tu me fais passer pour une masochiste.
_Comme si tu ne l’étais pas.
_Seulement en privé.
Se regardant enfin dans les yeux, ils lâchèrent tous les deux un rire, et le reste du trajet se déroula dans un silence confortable.

*

Dès leur arrivée, il lui fallut à peine une seconde pour repérer le crâne chauve près du buffet et elle comprit aussitôt de qui son ami avait voulu parler.
_Luthor ? Lex Luthor est ici ?
_A quoi t’attendais-tu ?
_A rien, répondit-elle dans un murmure, mal remise de sa surprise.
Il avait raison, elle aurait pu s’en douter. Un gala de charité à Métropolis, rassemblant les plus grands pontes de la région, évidemment, le milliardaire ne pouvait qu’être présent. Si elle était surprise, c’était surtout parce qu’elle venait de réaliser que malgré toutes ses années en tant qu’assistante de Bruce Wayne, elle n’avait jamais rencontré cet homme dont elle avant tant entendu parler, cet homme qui était le plus proche ami de son patron. Elle avait toujours été curieuse, en particulier avec tout ce que Bruce lui avait raconté sur lui et leurs folles années de lycée, mais la rencontre n’avait simplement jamais eu lieu, par une série de coïncidences. Elle était généralement en congé lorsque Luthor venait à Gotham, et lui était à l’étranger les quelques fois où elle avait accompagné Bruce pour des meetings à Métropolis.
_Tu me présentes ?
_Uniquement si tu me promets de ne pas succomber à son charme.
_Aucun risque.
Bruce Wayne dissimula un sourire. Avec la personnalité de Catherine avaient été implantés de faux souvenirs de la vie qu’elle avait menée jusque là, et Lex étant l’une des personnes les plus importantes de son entourage, Bruce avait exigé qu’elle le connaisse au moins de nom, tout comme elle connaissait ses habitudes de travail ou le visage de toutes les personnes qui étaient à son service. C’était naturel. Ce qui l’était moins, c’était l’ajout express pour lequel il avait interrompu Brink, et il avait hâte de le voir à l’œuvre. S’emparant de deux flûtes de champagne sur le plateau d’un serveur en livrée noire qui passait devant eux, il lui en tendit une, puis il la guida jusqu’à son ami, en grande conversation avec un homme qu’il ne connaissait pas.
_Alexandre. Puis-je t’interrompre ?
Le milliardaire prit congé de son interlocuteur et se retourna, mentalement prêt à affronter ce qui allait lui tomber dessus. Sans même parler de cette voix qu’il aurait identifiée dans n’importe quelles circonstances, il n’y avait qu’une personne qui l’appelait par son prénom complet, et il savait par qui cette personne était accompagnée ce soir. Mais malgré toute la préparation dont il avait bénéficié pendant quelques jours, il ne put empêcher sa respiration de se bloquer un instant quand il la découvrit. La robe était simple, mais efficace. Le tissu noir épousait à la perfection les courbes de la jeune femme, s’arrêtant juste au-dessus du genou et fendu à mi-cuisse sur un côté. Le décolleté était soigneusement calculé et révélait assez pour être sexy sans sembler vulgaire. Les cheveux étaient remontés en un chignon serré dont s’échappaient quelques mèches bouclées caressant ses épaules. Le maquillage était discret. Serrant la main de son ami, Lex força sa voix à rester neutre.
_Bruce. Je suppose que cette charmante jeune femme doit être Mademoiselle Langson.
La petite blonde réprima de justesse l’envie de lever les yeux au ciel. Avec sa réputation de playboy, elle s’était attendue à plus original. Toutefois, elle corrigea poliment en tendant une main qu’il porta à ses lèvres :
_Cathy. C’est un plaisir de vous rencontrer enfin.
_Voilà qui m’étonne. En général, Bruce dresse de moi un portrait peu flatteur.
Elle sourit. Il avait évité le classique et banal à pleurer "tout le plaisir est pour moi", il se rattrapait.
_Qui vous dit que ce n’est pas précisément ce qui m’a donné envie de vous rencontrer ?
Pris au dépourvu, il ne put empêcher un sourcil de se soulever et il échangea un regard avec Bruce, qui haussa les épaules en sirotant une gorgée de champagne. C’était une remarque que Chloé aurait pu lancer, ils en étaient tous les deux conscients. Se reprenant rapidement, il proposa :
_Accepteriez-vous une danse avant que ces interminables discours ne nous endorment pour la soirée ?
_Alexandre…
Au reproche contenu dans la voix de Bruce, Cathy se tourna vers lui avec une moue intriguée :
_Vas-tu nous l’interdire ?
_Je devrais. Tu m’as promis de ne pas succomber.
Elle roula des yeux et accepta aussitôt l’offre de Lex, plaçant une main dans la sienne pour se laisser entraîner sur la piste de danse. Bruce retint un sourire. L’esprit de contradiction. Un trait de caractère qui n’était pas particulièrement développé chez Chloé Sullivan, mais qui était profondément ancré dans la personnalité de Catherine Langson. Tout ça s’annonçait plus facile que prévu, du moins s’il avait bien interprété le premier regard que son ami avait posé sur Cathy. Et il savait que c’était le cas.
La jeune femme émit un grognement quand la chanson en cours s’arrêta au moment où ils arrivaient au centre de la pièce et qu’un autre rythme commença. Ben voyons, songea-t-elle. Juste au moment où elle remarquait que le milliardaire était plutôt agréable à regarder dans son smoking noir impeccable, il fallait que l’orchestre se lance dans une des danses les plus sexys de toute l’histoire des danses. Remarquant sans doute son inconfort, le milliardaire proposa :
_Souhaitez-vous attendre la prochaine ?
Prenant de toute évidence sa question comme un défi, elle lui offrit un sourire machiavélique.
_Un problème avec le tango, Monsieur Luthor ?
Souriant à son tour, il posa une main sur sa hanche et leva celle qu’il tenait toujours afin de les mettre en position. Attendant une confirmation, il se mit à la guider sur la piste dès qu’elle lui eut accordé un hochement de tête. Elle était à l’aise, remarqua-t-il vite avec une pointe d’étonnement. Il connaissait les exploits dont était capable la dollhouse, mais il devait admettre qu’il était étonné. Chloé n’avait jamais été une danseuse exceptionnelle. Elle était capable de tenir le rythme sur des danses simples et de suivre les pas de son partenaire, mais certainement pas de se déplacer ainsi en experte sur du tango.
_Vous semblez surpris, Monsieur Luthor.
_Lex. Je le suis. Où avez-vous appris à danser ainsi ?
_Bruce. Il a insisté pour m’apprendre quelques rudiments quand il m’a recrutée. Histoire de ne pas être embarrassé par son assistante dans les soirées d’affaires.
_Ses cours semblent avoir payé.
_En toute modestie, je dois avouer que je me débrouille, répondit-elle dans un sourire en le suivant sur un enchaînement de pas particulièrement compliqué.
Il confirma d’un acquiescement et ne prononça plus un mot, se contentant de savourer la sensation de ce corps si proche du sien. Bruce avait eu raison, la situation était plus dangereuse qu’il ne l’avait craint. Il profitait trop de cet instant. Mais il ne s’était pas accordé un moment de détente depuis des années, et il était bien incapable de résister à la tentation. Remarquant quelques regards posés sur eux, il réalisa qu’ils devraient faire attention aux personnes qui aborderaient Cathy ce soir. La plupart des invités connaissaient Chloé Sullivan, il était déjà surprenant qu’après le scandale de son procès en diffamation elle soit vue souriante en sa compagnie, mais si quelqu’un lui adressait la parole et se rendait compte qu’elle était… différente, ils risquaient énormément.
_Je devrais me vexer de votre distraction.
La voix le ramenant instantanément à la réalité, le milliardaire reporta son attention sur la jeune femme et s’excusa d’un sourire.
_Pourquoi croyez-vous que Bruce n’ait pas jugé utile de nous présenter plus tôt ?
_Compartimentation, répondit-elle aussitôt. Vous le connaissez, il est doué pour ça. Il n’aime pas que les divers aspects de sa vie se mélangent. Un vrai drame, en ce qui nous concerne.
Surpris, il fronça les sourcils. Il n’y avait pas deux façons d’interpréter cette dernière remarque et le sourire qui l’avait accompagnée. Observant attentivement la petite blonde tout en continuant à danser, il nota une subtile différence par rapport à quelques minutes plus tôt, lorsqu’ils avaient commencé. Ses joues avaient pris une teinte rosée qu’il ne pouvait pas attribuer à la rapidité de leurs mouvements et elle s’était rapproché de lui de sa propre initiative. Et elle plongea les yeux dans les siens en s’humectant les lèvres sitôt qu’elle sentit son regard sur son visage. Il n’avait pas la prétention d’être expert en relations humaines, mais s’il y avait une émotion qu’il avait appris à reconnaître sans l’ombre d’un doute, c’était le désir. Cathy Langson était attirée par lui. Ce qui aurait dû être flatteur si cela n’avait pas été aussi perturbant.
Réalisant que son silence pouvait paraître étrange, il répondit avec un sourire charmeur :
_Je trouve aussi.
_Faîtes-moi penser à oublier de le prévenir que son rendez-vous de demain a été déplacé. Ca lui apprendra.
_Vous travaillez pour lui depuis cinq ans, c’est ça ?
A son hochement de tête, il continua :
_Combien de rendez-vous a-t-il manqués parce que vous aviez quelque chose à lui apprendre ?
Elle lâcha un léger rire.
_Deux par mois, minimum.
_Et il vous garde à son service ?
_Je suis irremplaçable.
Se faisant sérieux, il répondit gravement :
_Je n’en doute pas.
Surprise par sa voix soudain solennelle alors que leur échange était jusque là resté plutôt léger, elle manqua un pas, mais il la rattrapa aussitôt en la plaquant contre lui. Troublée par cette proximité, Cathy sentit les battements de son cœur se faire plus violents. Au regard intense que posa sur elle le milliardaire, elle devina qu’il les avait sentis aussi. Comment aurait-il pu les manquer ? Elle était persuadée que tout le monde dans la pièce pouvait voir l’électricité qui passait entre leurs corps. Elle déglutit difficilement tout en tentant de se raisonner. Bruce était un homme séduisant et elle avait l’habitude de le voir tiré à quatre épingles, comme l’était Luthor aujourd’hui, mais jamais il ne lui avait fait cet effet. Elle n’était plus une petite fille rêvant du coup de foudre, elle savait qu’il ne s’agissait que d’attirance physique, mais pourquoi était-elle incapable de la contrôler ? Elle avait eu quelques amants et deux relations vraiment sérieuses… Sauf que rien ne s’était jamais approché de cette violente décharge de désir qui lui réchauffait le corps. Rien n’avait jamais été aussi tentant que les lèvres qui s’approchaient doucement des siennes. Rien n’avait jamais été aussi sexy que les bras qui l’enfermaient fermement dans une étreinte dont elle n’avait aucune envie de s’échapper. Rien n’avait jamais été aussi troublant que ces yeux bleus qui semblaient chercher une autorisation dans les siens.
Et puis l’instant fut brisé.
_Monsieur Luthor, j’espère sincèrement que vous n’êtes pas en train de faire ce que je crois que vous êtes en train de faire.
Il était trop maître de lui pour sursauter ou s’écarter comme s’il avait été pris en faute, mais il se redressa imperceptiblement avant d’affronter la jeune femme qui venait d’interrompre ce moment avec Chl… Cathy. La main qui reposait contre les hanches de l’assistante de Bruce retomba à ses côtés et il accueillit la nouvelle venue d’un hochement de tête ne trahissant rien de la haine qu’il ressentait pour elle à cet instant précis.
_Mademoiselle Mars. Laissez-moi vous présenter Cathy Langson. Cathy, Veronica Mars. Elle est… L’amie d’une amie.
_Enchantée.
_Moi de même.
Observant la situation d’une distance raisonnable, l’imperturbable Bruce Wayne dut faire un effort dramatique pour ne pas éclater de rire. Si un regard avait pu tuer, la jolie blonde qui venait d’arriver aurait été foudroyée sur place. Ses yeux croisèrent ceux de son ami et il se permit un demi-sourire, peut-être plus parlant qu’il ne l’aurait voulu, puisqu’il le vit aussitôt se pencher vers les deux jeunes femmes et prononcer des excuses avant de se diriger vers lui d’un pas faussement tranquille. Se plaçant à ses côtés sans le regarder, il garda le silence un long moment et le sourire de Bruce s’élargit. Ils gagnaient successivement à ce jeu depuis des années, mais aujourd’hui il était sûr de battre Alexandre à plate couture. La curiosité aurait raison de sa détermination à ne pas prononcer un mot, et ses défenses avaient déjà été mises à mal par cette danse avec Catherine. Son ami confirma ses soupçons en prononçant enfin :
_Bruce ?
_Oui ?
_Qu’est-ce que tu as fait ?
_Moi ?
L’innocence même, mais Lex ne s’y laissa évidemment pas tromper.
_Bruce…
_Rien que tu puisses me reprocher.
Un soupir agacé, et il se tourna enfin vers lui. Bruce termina sa coupe de champagne et la posa sur la table derrière lui avant de reporter son attention sur son ami.
_Crois-moi, c’est à ton avantage.
_Explique-toi.
Il haussa les épaules en souriant de nouveau.
_Tu aimes relever les défis, Luthor. Relève celui-là. Résiste à Cathy alors qu’elle est prête à se jeter sur toi.
Le milliardaire secoua la tête, incrédule. Il ne comprenait pas ce qu’avait fait Bruce, pas plus que l’intérêt que son ami pouvait y trouver.
_Pourquoi ?
Il vit Bruce se faire plus sérieux, l’étincelle d’humour disparaissant de son visage alors qu’il répondait :
_Parce que tu mérites mieux que ce que tu t’es imposé, Alexandre.
_Discutable.
_Pas pour moi.
Lex s’apprêtait à répondre, mais son ami l’en empêcha en annonçant brusquement :
_On a un problème.
Suivant son regard, Lex retint un juron.
Cathy était en train d’expliquer à Veronica Mars en quoi consistait son travail lorsqu’elle sentit que son interlocutrice n’était plus vraiment avec elle. Ses yeux s’étaient perdus quelque part derrière elle, vers l’entrée, et sa bouche s’était entrouverte, certainement sous l’effet de la surprise. Elle était sur le point d’essayer d’attirer son attention quand Veronica murmura d’un ton absent, visiblement sous le choc :
_Logan.

*

À suivre…
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pretender
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:59

Citation :
Chlo : *prépare la hache*

je vais te tuer pour cette fin!

(mais c'est trop trop sex cette fic)

(va prendre des cours de tango)

Citation :
Sixpence : houlaaaaaaaaaaaaaa quel chapitre ! Purée j'arriverai pas à comprendre comment tu fais pour exploiter à fond tes personnages comme ça, nous décrire la moindre parcelle d'émotion, les expressions, moi j'adore ça !
Pi alors c'était radical l'effet d'attirance envers Lex, je pensais pas que se serait à ce point là. Exquis la façon dont Bruce s'en amuse d'ailleurs, voir son meilleur ami qui doit se dépatouiller tout seul de cette nouvelle situation c'est très comique.
rhaaaaaaaaaaaaaa je me disais et merde qui c'est qui vient interrompre the moment ? bon tu es toute pardonnée ce n'est que VM, hahaaaaaaaaaaa elle va bien s'immiscer entre Lex et ex Chloé je pense, genre j'arrive à l'improviste et j'adore ça ! j'ai bien sourit quand elle a débarqué.
et je reviens un peu au début, haaaaaa, the révélation qui tue qui tue ! Lex serait donc la personne qui a commencé avec la Dollhouse, aoutch ça fait mal quand on se doute parfaitement que Chloé finira fatalement par l'apprendre.

Vivement la suite !

Citation :
Mandy : Choudoubidoup !! Une SWEET !!! http://illiweb.com/fa/pbucket.gif

Alors déjà :

Citation :
Wouha, ça c du feed Mandy ! lol

oui ben je t'invite à faire de même lool

Bon passons au feed...

J'aime bien le fait que tu prennes le temps d'expliquer l'origine de la Dollhouse et que Lex y ait prit part c'est wow ! Toute façon, notre milliardaire il finance tout et n'importe quoi, si tu sais pas dépenser ton fric Lexy, achète moi une voiture ok ?! lol

Citation :
Il lui offrit son sourire le plus suave en rétorquant :
_Je ne vois pas de quoi vous parlez.

J'adore ce passage, j'imagine trop le sourire de Lex et le ton qu'il utiliserait pour la phrase !! C'est ce que j'aime chez lui, cette façon de changer de sujet avec charme... ça me fait fondre...

Enfin bref, temps de se concentrer là... C'est sûr quand Chloé va apprendre que Lex est plus impliqué qu'elle ne le sait dans la Dollhouse, ben elle va pas être contente... C'est pas du joli, joli tout ça et j'aimerais pas être à sa place... Prévoit le café Lex, ou un séjour sur une île déserte !

Bon je m'égare encore une fois...J'étais impatiente de lire la rencontre Cathy/Lex et je ne suis pas déçue !! Le tango muy caliente, j'adore !! Pour avoir fait de la danse avec mon chéri, dont du tango argentin, ben c'est pas facile et si on est pas doués (genre nous lool) ben le sexy se transforme en ridicule lool !! Là ça donne envie d'enfiler une robe rouge, d'écouter Assassin's Tango (de Mr&Ms Smith) et de se laisser envoûter par le démon de la danse... Mouais... c'est pas prêt d'arriver vu que j'arrive même pas à enchainer 2 pas...

Ahahahah non mais Véronica, ça va pas d'interrompre les gens comme ça en pleine union des corps ?! Jte rappelle que cette fic c'est du Chlex et pour une fois qu'on en a un peu plus quand dans les autres chapitres toi tu la joues briseuse de "THE MOMENT" !!! Non mais oh, on t'apprend quoi au FBI ?! Heureusement que c'était toi d'ailleurs, parce que si c'était Bruce, j'aurais trouvé un moyen de le faire mourir dans ma fic pour le punir lool

Citation :
Se plaçant à ses côtés sans le regarder, il garda le silence un long moment et le sourire de Bruce s’élargit. Ils gagnaient successivement à ce jeu depuis des années, mais aujourd’hui il était sûr de battre Alexandre à plate couture. La curiosité aurait raison de sa détermination à ne pas prononcer un mot, et ses défenses avaient déjà été mises à mal par cette danse avec Catherine.

J'ai adoré ce passage aussi !!!!! hihihihihihihi (non c pas un rire blanesque...bon d'accord un petit peu alors...) J'aime beaucoup l'amitié de Bruce et Lex et le fait qu'ils s'amusent c'est chou !

Pret ?! Enfile tes baskets et commence à courir, allez je te laisse dix minutes d'avance... Non mais c'est quoi ça ? Finir comme ça ? Voilà t'a gagné ton prix maintenant j'espère que t'es contente parce que tu va pas pouvoir en profiter !!! Grrrrr... quoi ? Ah oui c'est vrai, fini la fic on verra le reste après...

En résumé, super chapitre, continue comme ça !!!! Pour pas changer je réclame la SWETT et je fais :

Brrrr, quel froid ici, y a surement les Clovers qui sont tout près d'ici !!
Je fais han-hi-han-hi-han, gla-gla-gla, han-hi-han-hi-han, gla-gla-gla !!

Fiou... bientôt la camisole pour moi...

Citation :
Elina : Je dois t'avouer que je suis bien contente d'avoir eu 3 nouveaux chapitres à rattraper... http://www.aceboard.net/kator/smiley41.abgif et je suis toujours aussi fan de cette fic!
Je dois quand même t'avouer que j'ai failli me perdre. Je ne sais pas pourquoi mais j'étais bloquée sur le fait que Chloé s'appelait Lima, alors je ne pigeais pas qui était cette Cathy. Mais il m'a fallu 2s pour le comprendre quand tu as fait bloquer Lex ... . C'est quand même un sacré défit que lui lance Bruce...

C'est plutot étonnant comme il à l'air d'avoir fait ça toute sa vie Bruce. On dirait qu'il connait Chloé (enfin Cathy) depuis 5 ans comme elle le pense. très bon comédien...

J'adore aussi Véronica Mars qui entre en jeux. ça promet des suites de chapitres avec pas mal de perso. Va falloir que je m'accroche...En plus Logan qui entre en jeux ...

Toujours aussi fan de la complicité entre Lex et Bruce. ça permets d'ôter un peu le côté tendu de la fic, le fait que Bruce prenne tout ça avec amusement.

Bien y a plus qu'à demander la suite. Alors SUITE!!!
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 17:59

Petit point de vue de Veronica, je trouve que ça manquait, donc vala, dîtes moi ce que vous en pensez, même si du coup le Chlex est un peu mis de côté pour ce chapitre.

Chapitre 10


*

_Un ami à vous ?
Secouant la tête, Veronica se reprit vite. Elle offrit un sourire à celle qui avait été Chloé en répondant d’une voix tout à fait calme :
_Je l’ai cru, mais non.
Elle remarqua le regard sceptique que l’actif posait sur elle et dut faire un effort pour ne pas soupirer. Elle ignorait quels étaient les traits de caractère que Wayne avait fait implanter à son assistante, mais de toute évidence, la curiosité et la jugeote en faisaient partie. Toutefois, Cathy Langson n’insista pas, contrairement à ce qu’aurait fait la journaliste en temps normal, et Veronica en fut reconnaissante. Apercevoir Logan lui avait fait un choc. Elle était déjà difficilement remise de la nette différence qu’elle percevait entre Chloé et Cathy alors qu’elle s’y attendait, mais être prise ainsi par surprise était bien pire.
Risquant un coup d’œil en direction du jeune homme, elle sentit les battements de son cœur accélérer alors qu’elle le voyait sourire et se déplacer avec le plus grand naturel du monde, comme s’il était à sa place ici. Elle ne l’avait jamais vu en smoking, réalisa-t-elle de façon incongrue. Elle ne l’avait jamais vu aussi suave, agréable et dénué de toute intensité. L’inconnu qu’elle observait du coin de l’œil possédait une attitude assurée, avait la conversation facile et ne dégageait rien de l’énergie presque destructrice qui avait toujours entouré Logan.
_Est-ce que tout va bien ?
Elle redescendit sur terre en entendant cette voix familière et hocha la tête.
_Je crois que j’ai besoin d’un peu d’air. Excusez-moi une minute.
A l’acquiescement de son interlocutrice, elle s’éloigna en s’efforçant de ne pas sembler perturbée et se retrouva rapidement devant une grande porte-fenêtre donnant sur un balcon en forme de demi-cercle. Toute la pièce était entourée de fenêtres comme celle-ci, toutes fermées en raison de la fraîcheur de l’air en soirée. Testant la poignée avec une prière silencieuse au dieu des échappatoires d’urgence, l’agent du FBI se retrouva sur le balcon et referma derrière elle avec un soupir de soulagement avant d’inspirer à pleins poumons.
Mais sa respiration se retrouva soudain bloquée au fond de sa gorge et le soupir se mua en un sanglot qui la prit totalement par surprise. Portant précipitamment une main à sa bouche pour tenter de se maîtriser, elle n’y parvint pas, et une série de hoquets douloureux lui échappa, incontrôlable. Comprenant qu’elle ne réussirait pas à s’arrêter, elle se laissa glisser à terre sans se soucier des conséquences pour sa délicate robe émeraude et posa à ses côtés la petite sacoche contenant uniquement son Beretta, sa plaque et la clef de son hôtel.
Les sanglots surgirent librement du plus profond de son être alors qu’aucune larme ne coulait sur son visage. La réaction était physique, maladive, plus que purement émotionnelle.
Logan…
Ou quel que soit le nom sous lequel on le désignait aujourd’hui.
Elle ne se calma qu’après de longues minutes au cours desquelles son corps fut secoué de spasmes. Lorsqu’elle parvint à retrouver une attitude rationnelle, elle fut capable d’analyser ce qui venait de se passer en elle.
Cette affaire la perturbait bien plus qu’elle n’avait voulu l’admettre, mais cela, elle le savait depuis le début, depuis que Chloé lui avait énoncé son plan. Le problème, c’était d’être confrontée à la réalité. D’entendre celle qui avait envahi le corps de son amie lui parler avec un tel enthousiasme de ce poste qu’elle n’avait en réalité jamais occupé. De ne pas pouvoir, malgré ce que lui hurlait son instinct, lui répondre qu’elle était journaliste et le serait toujours. D’être incapable de se distancer du visage qu’elle connaissait pour ne voir qu’une inconnue. De songer que la véritable Chloé était en ce moment même enfouie au fond d’un disque dur et risquait, en dépit de toutes les précautions, de ne jamais en ressortir.
De tomber sur Logan alors qu’elle avait pensé ne devoir faire face qu’à Cathy Langson ce soir.
De le voir au bras d’une femme et d’en ressentir une pointe de jalousie, après cinq ans. De remarquer les petites rides au coin de ses yeux et de réaliser tout ce qu’elle avait manqué avec lui. De se rendre compte qu’elle n’avait pas été à la hauteur, qu’elle avait été plus égoïste que jamais quand elle l’avait laissé derrière elle sans jamais songer à lui proposer de rester amis. De comprendre qu’il était… Heureux, tout simplement, malgré tout ce que ce bonheur avait d’artificiel et de mensonger.
De savoir que comme Chloé, elle risquait de ne jamais le revoir dans son état normal.
Mais s’apitoyer sur son sort et faire preuve de faiblesse n’était pas habituel chez elle. Aussi se releva-t-elle en passant la fine lanière de sa sacoche à son bras et se massa-t-elle brièvement le front pour en chasser les pensées trop intenses et ne se concentrer que sur les tâches à accomplir, même si elle n’avait aucune idée de ce qu’elles étaient.
Sentant un courant d’air chaud dans son dos, elle réalisa qu’elle venait d’être frappée par l’atmosphère surchauffée de la pièce et que cela signifiait que quelqu’un l’avait rejointe sur ce balcon. Alors elle se retourna, se composant un visage souriant pour affronter Lex Luthor.
_La crise est-elle terminée ?
_Quelle crise ?
Elle le vit esquisser ce sourire en coin supérieur que Chloé lui avait souvent décrit et elle sentit ses épaules s’affaisser quand elle réalisa qu’elle ne le tromperait pas, qu’il avait été témoin de son instant de faiblesse et qu’il ne la laisserait pas s’évader. Alors elle répondit honnêtement, histoire de se débarrasser de lui le plus vite possible :
_Elle est terminée, oui.
Malgré elle, ses yeux dérivèrent vers la pièce à travers la vitre et se posèrent sur la petite blonde qui était en train de danser avec Bruce Wayne et riait à l’une de ses remarques. Quand elle revint au milliardaire chauve, elle constata qu’il l’observait attentivement. Avant qu’elle ait eu le temps de songer à retourner à l’intérieur, il lui rappela d’une voix qu’elle ne put s’empêcher de trouver presque réconfortante :
_Ce n’est pas elle.
_Je sais.
_Ce n’est pas lui non plus.
Choquée, elle mit quelques secondes à répondre de nouveau :
_Je sais.
_Nous allons les tirer de là.
_Est-ce moi que vous essayez de convaincre ?
L’autre coin de ses lèvres se souleva pour former un sourire un peu plus sincère alors qu’il admettait :
_Entre autres.
Elle n’hésita qu’un cours instant avant que l’explosion qui menaçait depuis qu’elle l’avait rencontré ait enfin lieu :
_Pourquoi faîtes-vous ça, Luthor ?
En guise de réponse, il haussa les sourcils, sans doute surpris par l’agressivité dans sa voix. Alors elle développa :
_Pourquoi l’avez-vous aidée ? Sans vous, elle n’aurait pas pu le faire et elle serait restée en sécurité. Sans vous, votre secret aurait été à l’abri. Qu’avez-vous à y gagner ?
_Sans moi, elle l’aurait fait quand même. Si vous pensez le contraire, c’est que vous ne la connaissez pas aussi bien que vous le prétendez.
Elle lui accorda ce point d’un hochement de tête et attaqua de nouveau :
_Alors pourquoi ? Vous voulez contrôler l’information ? Avoir un moyen de pression ? Vous venger de ceux qui vous ont doublé ?
_Quelle importance ?
Elle poussa un grognement frustré devant son insistance à ne pas s’ouvrir. Il n’était jamais présenté comme un modèle de communication ou de clarté, elle aurait dû s’y attendre. C’était même l’une des raisons pour lesquelles elle était ici ce soir. Elle n’accordait aucune confiance au milliardaire, qu’elle savait froid, menteur et manipulateur. Il y avait forcément une raison pour laquelle il avait accepté d’aider Chloé, et elle restait persuadée que sa sécurité n’était pas sa priorité, loin de là.
Elle ignorait ce qui les liait exactement, comme elle ignorait ce qui avait poussé Brink à quitter LuthorCorp des années plus tôt pour vendre la technologie à d’autres… Mais elle n’avait pas besoin des détails, les grandes lignes suffisaient pour avoir une idée de ce que Luthor avait derrière la tête : utiliser l’enquête de la journaliste pour mettre un terme à la dollhouse et à la trahison qu’il avait subie après avoir lancé le projet de recherche sur les implantations de personnalité.
Le problème, c’était qu’en ne sachant pas ce qu’il comptait faire ni pourquoi il comptait le faire, elle n’avait aucune marge de manœuvre. Elle se voyait obligée de se fier à lui en ce qui concernait la protection de Chloé. Malgré l’étendue de ses ressources et l’aide dont elle pourrait bénéficier grâce à la deuxième personne que la journaliste avait mise sur le coup, à présent qu’elle soupçonnait Brink d’avoir tout deviné, elle savait qu’elle aurait besoin d’un soutien puissant.
Luthor.
Faire confiance à Luthor pour tirer Sullivan d’affaire.
Voilà qui ne lui plaisait pas.
Surtout que…
Elle fronça les sourcils alors que la scène à laquelle elle avait assistée en arrivant lui revenait à l’esprit. Elle l’avait occultée, trop perturbée par l’apparition inattendue de ce fantôme du passé, mais à présent qu’elle lui revenait à l’esprit, elle devait avouer que quelque chose clochait.
_Vous étiez sur le point de l’embrasser, murmura-t-elle comme pour elle-même.
Il n’y eu aucune réaction perceptible et elle maudit son impassibilité pour la énième fois de la soirée. Elle ne savait pas comment son entourage supportait ça… Et soudain elle réalisa. Il n’avait pas d’entourage. Elle retint un reniflement méprisant à ses propres pensées. Il ne méritait ni compassion ni pitié. Il avait choisi son chemin depuis longtemps.
_Pourquoi ? ajouta-t-elle d’un ton plus normal.
De nouveau, ce demi-sourire.
_Il vous a peut-être échappé qu’elle est une femme attirante, mais je peux vous garantir que la plupart des hommes ici l’ont remarqué. Je ne suis pas différent.
_Mais vous, vous savez qui elle est. Ou plus précisément qui elle n’est pas. Merde, Luthor ! vous vous prétendez son ami et vous êtes prêt à profiter d’elle alors qu’elle n’est pas elle-même. Et vous voudriez que je vous fasse confiance ?
Etrangement, sa voix s’adoucit alors qu’il répondait :
_Vous n’avez aucune idée de ce qui se serait passé. Vous ne pouvez pas me juger sur ce qui aurait pu être.
Prise au dépourvu par l’éclair de sincérité dans son regard, elle ne répondit pas. Lex Luthor la perturbait. Elle était arrivée avec une opinion déjà bien affirmée sur lui, une opinion qui n’avait rien de positif et qu’il n’avait rien fait pour changer. Jusqu’à cet instant. Il y avait quelque chose d’étrange dans son comportement, comme… Un paradoxe. Comme si l’homme d’affaires implacable cachait quelque chose de plus, contrairement à ce qu’elle avait toujours cru d’après ce qu’elle savait de lui. Peut-être Chloé avait-elle raison à son sujet. Mais ce quelque chose de plus était enfoui très profondément et elle n’était pas sûre de vouloir savoir de quoi il s’agissait. Poussant un soupir, elle désigna la salle qu’ils avaient quittée quelques minutes plus tôt.
_Nous devrions y retourner.
Il eut un sourire entendu à cet abandon et lui fit signe de le précéder. Une fois de retour à l’intérieur, il chercha des yeux l’homme qui semblait tant avoir perturbé l’agent du FBI. Le repérant près de l’orchestre, au bras de la superbe brune avec qui il avait fait son entrée, il se pencha vers la jeune femme en annonçant :
_Je connais sa cavalière. Si vous le souhaitez, je peux vous le libérer le temps d’une danse.
Stupéfaite, elle se tourna vers lui et plongea son regard dans le sien. Ne décelant aucun signe de tromperie ou de motif caché, elle considéra sa proposition avec une once d’hésitation. Sa curiosité était en train de la dévorer et elle devait admettre qu’à cet instant précis, elle aurait tout fait pour se retrouver dans les bras de Logan, être entourée par leur chaleur rassurante, se blottir contre un homme qu’elle avait aimé. Mais voilà… Il ne s’agissait pas de Logan. Et elle se connaissait trop bien, elle serait incapable de savourer le moment tant que ce fait resterait ancré dans son cerveau.
_Merci, mais je vais devoir décliner.
Il hocha la tête comme il s’y était attendu et se dirigea vers Bruce Wayne sans un mot de plus. Alors qu’il s’approchait de son ami, elle le vit tomber en même temps que plusieurs autres invités. Quand elle constata que tous semblaient s’évanouir, elle réalisa qu’il y avait un gros problème. Réagissant purement à l’instinct, elle retint sa respiration tout en armant son revolver, et elle chercha du regard l’origine du chuintement qu’elle percevait par-dessus les bruits étouffés de corps s’effondrant les uns après les autres. Elle finit par repérer une grille d’aération dans l’un des murs et y vit un mince filet de fumée qui s’infiltrait dans la pièce. Elle réalisa alors qu’elle aurait besoin d’oxygène bien avant d’avoir résolu la situation et elle se précipita vers la sortie afin d’aller chercher de l’aide. Mais alors qu’elle atteignait la porte, elle ressentit une violente douleur à la base du crâne, et tout devint noir.

*

À suivre…
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 18:02

Citation :
Chlo : Dans le genre "je veux tuer tous mes lecteurs à coup de crise cardiaque" tu gagnes le prix.

*va ruminer sa vengeance plus loin*

*ligote pret*

je vais te forcer à regarder les feux de l'amour.

Tous les épisodes!

depuis le début!

*rire diabolique*

Citation :
Aranya : Ouah ouah ouah !
Franchement, j'aurais presque envie de te menacer en te disant que pour toi aussi tout va devenir noir bientôt, si je te balance une chaussure sur la tête pour t'assomer...
mais bon je vais essayer de me retenir (le plus longtemps possible).
Quelle histoire, quel suspense, quel truc-de-fou-qui-tue !

Je me demande comment ça va finir (comme tout bon lecteur qui se respecte).
La suiteee ?!

Fighting !

Citation :
Chlo : aranya, faut trouver quelque chose d'autre, elle esquive trop bien tout objet volant. faut trouver une autre torture ^^

Citation :
Kfn : Bordel, j'ai pas le temps de feeder le nouveau chapitre qu'un nouveau nouveau chapitre arrive !! yala !!

Tu/il/Ils joue(s/nt) avec Lex, le pauvre, je sais pas comment il fait...
C'était vraiment super d'avoir un point de vue différent, on ressent encore plus à quel point c'est difficile pour ceux extérieurs à la dollhouse de revoir leurs "amis"... Spécial !!

Bon, par contre coupez comme ça, c'est limite bon pour l'éxecution capitale ...

Citation :
Sixpence : Rhaaaa la vache encore une fin sadique, mais je l'aime bien celle-là ! Me demande bien ce qui se passe, il y a multitude de possibilités en plus...
Bien bien cette scène avec Lex et VM, il y règne toujours une énorme tension quand ils sont ensemble. En même temps ils viennent de milieux qui sont un peu antagonistes mdr et cette nana a un tempérament de feu contrairement à Lex qui peut tout contenir en lui.

Vivement la suite.

Citation :
Elina : mais quelle fin!!!! t'as de quoi nous tenir en haleine un petit moment... Y a t-il quelqu'un qui abrègera nos souffrances ????

Bref très beau chapitre. On comprends tout à fait que Véronica ait du mal à avoir confiance en Lex. Mais finalement a t-elle le choix ? Rhô et puis cette crise du début. La pauvre véronica est vraiment retournée....

Allé vite la suite!

Citation :
Stetiphany : Ah non, on ne s'arrête pas sur un suspens comme ca! non mais! C'est pas sympa! pfff
Pas besoin de nous tenir en haleine comme ça à la fin de tous tes chap', tu sais, on continuera à la lire ta fic, elle est trop intéréssante pour qu'on s'arrête ^^
J'adore l'amitié franchement, le pote qui met uyne carotte sous le nez de son copain tout en lui disant "essaie de résister"...ah l'amitié vache c'est trop chou
Véronica qui débarque ttoujours au bon moment, Bruce qui se fend la poire, Chloé qui assume...j'adore!!!!!!!!!!!!!
Maintenant j'ai hâte de lire la suite... Next please ))) (jte fais ma petite moue supliante là lol)
A bientôt
xoxo
Stéti'
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 18:03

chlo, c'est ta faute si je suis si douée pour éviter les projectiles, t'avais qu'à pas m'habituer ! merci pr tes relectures

Chapitre 11


Il s’ennuyait fermement. Sa protégée ne risquait absolument rien, et rester enfermé dans un fourgon plongé dans l’obscurité avec une pizza tiède et des écrans affichant des signes vitaux réguliers n’était pas sa conception d’une soirée amusante. Le seul événement notable des dernières heures avait été une légère accélération du pouls de l’actif. Il en avait déduit qu’elle avait "rencontré" Lex Luthor. Il savait que Wayne avait exigé qu’on lui implante du désir pour le milliardaire chauve, et il devait avouer que cette perspective l’amusait. Il aurait juste voulu assister à la scène plutôt que d’être coincé dans cet espace étroit et sombre.
Avec un soupir, Gregory Ibriaknov fit passer d’une longue rasade de soda la bouchée fade qu’il venait d’avaler. Il aurait tout donné pour une bière, mais il avait pour règle de ne jamais boire d’alcool en service. Malgré l’ennui mortel de cette journée et de cette mission en général, il tenait à être prêt à tout, et il préférait être en possession de tous ses moyens si jamais il arrivait quelque chose. En tant qu’ex-soldat, il savait qu’un dixième de seconde pouvait faire toute la différence. Ses réflexes et ses rapides capacités de déduction était sa meilleure arme, plus utiles que le neuf millimètres glissé à sa ceinture.
Il jeta pour la énième fois un coup d’œil à sa montre, soupira de nouveau et reporta son attention sur l’écran affichant l’activité cérébrale de Cathy Langson. Il n’y comprenait pas grand-chose, mais cette information ne lui servait à rien de toute façon, il n’avait pour mission d’intervenir que si elle paniquait ou tombait dans les vapes, et pour cela, l’écran affichant les battements de son cœur lui suffirait. L’activité cérébrale, la température corporelle, ce genre de renseignements, c’était surtout à Brink qu’ils servaient. Le scientifique supervisait tous les actifs en mission depuis son bureau, et si quoi que ce soit d’inhabituel se produisait, il le préviendrait pour qu’il tente de comprendre ce qui se passait en intervenant sur le terrain. Lui réagirait éventuellement de son propre chef si tous les capteurs passaient au rouge.
La sonnerie de son portable intervint comme une véritable bénédiction pour rompre la monotonie de sa soirée. Fronçant les sourcils en voyant que l’appel était anonyme, il hésita une seconde avant de répondre. Ce téléphone était hautement sécurisé, seules quelques personnes en possédaient le numéro. Il finit par décrocher, la curiosité et la crainte que l’un de ses contacts ait des ennuis prenant le dessus sur la méfiance. Il n’eut pas le temps de prononcer un mot, la voix de l’autre côté demandant aussitôt :
_Gregory Ibriaknov ?
_Qui êtes-vous ?
_Je bosse sur le cas Chloé Sullivan. Que vous disent vos capteurs ?
Un quart de seconde lui suffit pour analyser la situation. Ce type avait trouvé son numéro, connaissait son nom et son affectation, il savait précisément ce qu’il faisait et sa voix était tendue, dissimulant mal une certaine dose de stress. Ses muscles se raidirent alors qu’il pressentait un problème. Un autre quart de seconde, et il avait pris sa décision. Ce n’était pas de l’instinct, mais un examen objectif de tous les faits. Répondre honnêtement était pour l’instant sa seule option.
_Que tout est normal.
_Ce n’est pas le cas. Votre cliente vient de s’évanouir.
_Comment le savez-vous ?
_J’ai accès aux vidéos qu’elle filme.
_Elle a peut-être simplement fait un malaise.
Avant même que son interlocuteur ait le temps d’objecter, Gregory se corrigea tout seul :
_Non. Les capteurs l’auraient indiqué dans ce cas. Que se passe-t-il ?
_Il y a un problème. Plusieurs invités sont tombés avant qu’elle ne ferme les yeux il y a quelques minutes.
_Quelque chose dans la nourriture ?
_Ou un gaz, précisa la voix inconnue.
_Pourquoi les capteurs…
Il s’interrompit alors que la réalisation lui tombait dessus. Brink. Seul Brink était capable de contrôler les informations qu’il recevait. Seul Brink, créateur du réseau, pouvait l’avoir piraté pour lui transmettre des données tout à fait normales alors que quelque chose se tramait.
_Merde !
_C’est une façon de résumer la situation.
_J’y vais, décida-t-il en coinçant son portable entre son épaule et son oreille pour s’assurer du bon fonctionnement de son arme. Votre numéro ?
L’inconnu lui donna un numéro dans la région de New York et raccrocha en lui souhaitant bonne chance.

*

Il ralentit en arrivant à la double porte qui menait à la salle de réception. Il avait pris la précaution de se munir d’un masque à gaz au cas où, remerciant une seconde les fourgons de la dollhouse parés pour toutes les éventualités. Par-dessus le bruit de sa respiration filtrée par l’appareil, il percevait des voix, des ordres secs, des armes maniées, des pas de course. S’il devait se fier à son ouïe, il en déduirait qu’il y avait là-dedans une petite armée.
Une prise d’otages ?
Il détestait les coïncidences.
_Trouvez Lima !
Il stoppa tout mouvement en entendant ce cri. Il s’en doutait plus ou moins depuis qu’il soupçonnait Brink d’avoir trafiqué les capteurs, mais la confirmation lui fit un choc. Ces hommes étaient là pour l’actif qu’il devait protéger… Et si Brink avait voulu le garder sur la touche, cela signifiait que la dollhouse était dans le coup, sans aucun doute.
Il réfléchirait plus tard à la raison de cet assaut et aux erreurs qu’ils avaient pu commettre pour en arriver là. Pour le moment, cette information jouait surtout en sa faveur. Il pouvait facilement se faire passer pour l’un des membres de l’équipe chargée de repérer la petite blonde. A condition que les autres portent aussi des masques.
Se plaquant contre l’un des battants de la porte, il entrouvrit le second et jeta un coup d’œil rapide à l’intérieur avant de le refermer. Parfait. Les douze ou quinze d’hommes debout, entièrement vêtus de noir, comme lui, s’étaient bien munis de masques à gaz. Il lui suffisait d’en neutraliser discrètement un et de prendre sa place. Sortant son portable de sa poche, il le posa à terre en réglant le son au maximum. Puis il quitta le couloir pour se diriger vers la réception vide et composa son propre numéro. Il laissa le téléphone décroché et revint au couloir, prenant soin de rester dissimulé. Au bout de quelques secondes, la double porte s’entrouvrit. Gregory remercia sa bonne étoile en remarquant que l’homme qui se penchait pour ramasser son téléphone était à peu près de la même corpulence que lui. Il fondit sur lui et le mit hors d’état de nuire d’un coup de crosse sur la nuque.
L’agent s’écroula dans un bruit sourd et Gregory le traîna par les pieds jusqu’à un recoin du couloir. Récupérant l’arme de son ennemi ainsi que son propre téléphone, il put enfin pénétrer dans la grande salle.
_Alors ?
Il eut simplement un geste négatif pour signaler que ce n’était rien, préférant éviter de parler. Les autres ne lui accordèrent pas plus d’attention. Deux hommes encadraient la porte, chargés de neutraliser d’éventuels intrus. Les autres se déplaçaient parmi les invités évanouis, à la recherche de Lima.
Il la repéra en moins d’une demi-minute, écroulée près de Bruce Wayne, et il hésita sur la conduite à suivre en voyant la forme immobile de Luthor à quelques pas. Mais son rôle consistait à protéger la petite blonde, c’était pour ça qu’il était généreusement payé, et s’occuper du milliardaire à cet instant aurait nui à sa mission. De plus, Luthor n’était apparemment pas la cible de la dollhouse, il ne risquait rien pour le moment.
Il lui fallait un plan d’action.
Une fois de plus, s’agissait-il d’instinct ou d’une décision prise grâce à une analyse rationnelle de tous les paramètres ? Il sut instantanément ce qu’il devait faire. Il ne parviendrait pas à mettre la petite blonde discrètement à l’abri, aussi cria-t-il en courant vers elle :
_Elle est là !
Il se pencha sur elle, vérifia son pouls. Régulier. Les autres employés de la dollhouse se rassemblèrent vite autour de lui alors qu’il soulevait la jeune femme et la jetait sans cérémonie en travers de ses épaules. Celui qui semblait être le chef de l’opération eut un hochement de tête appréciateur et ordonna :
_On décampe.
Il avait bien compté là-dessus. Suivant l’homme à la voix étonnamment haut perchée pour sa corpulence, il se dirigea vers le parking souterrain et s’engouffra à l’arrière d’une voiture aux vitres teintées dont l’autre lui tenait la porte ouverte. Il déposa son fardeau à ses côtés tout en retirant son masque et attendit alors que l’un des agents s’installait au volant et que les autres rejoignaient d’autres véhicules. La voiture démarra calmement, le conducteur voulant éviter d’attirer l’attention sur eux. Les quatre autres véhicules les précédèrent, passant l’un après l’autre au péage automatique du parking. C’était sa chance, il aurait quelques secondes pour agir, pas davantage. Lorsque son chauffeur s’arrêta devant la barrière et fouilla dans la poche de sa veste à la recherche de son ticket, il sortit son arme et déposa le canon tout contre la nuque de l’inconnu.
_Ton arme, ton téléphone et ta radio. Tout de suite.
Comme il s’y était attendu, l’autre réagit aussitôt en tentant de le désarmer d’un coup de coude, mais sa marge de manœuvre était réduite et Gregory n’eut aucun mal à le maîtriser. Un coup de crosse lui fendit la pommette et un doigt serré sur la détente lui explosa le genou. Son adversaire poussa un hurlement. Il aurait préféré lui loger une balle dans la tête ou dans la poitrine, mais son angle d’action était trop limité et il aurait risqué d’endommager la voiture, de briser une fenêtre par exemple, et il tenait à ce qu’elle reste en bon état afin de ne pas interpeller les autres lorsqu’il sortirait du parking. Se faufilant entre les deux sièges avant, il s’installa à la place passager le temps de tirer une autre balle dans la deuxième jambe de l’inconnu, dans la cuisse cette fois. Puis, bloquant ses cris de douleur et de protestation, il fouilla dans ses poches, commença par l’alléger de son arme, trouva son portable, le ticket du parking et enfin sa radio. Il se pencha ensuite par-dessus son adversaire pour ouvrir la portière, défit la ceinture de sécurité et poussa l’autre dehors, l’entendant s’écrouler à terre dans un bruit sourd. Il s’installa sur le siège conducteur, glissa le ticket dans le système de paiement automatique, paya avec une carte de crédit, et put démarrer à peine une dizaine de secondes après le début de l’affrontement. Remontant lentement la pente qui le mènerait dehors et le ferait rejoindre les autres, il ne put s’empêcher d’esquisser un minuscule sourire, satisfait de sa propre efficacité.
Les quatre voitures l’attendaient devant la sortie. Il fit un appel de phares pour signaler que tout était OK, bénissant le besoin de discrétion de la dollhouse et les vitres teintées qui en découlaient, et tous s’engouffrèrent tranquillement dans la circulation nocturne de Métropolis.

*

Lex fut l’un des premiers à émerger du sommeil artificiel provoqué par le gaz. Désorienté, il commença par ouvrir les yeux, les referma aussitôt en grognant face à l’agression de la lumière trop vive. Il porta la main à son front avec un gémissement de douleur. Un marteau frappait son crâne avec une régularité de métronome et il n’était pas sûr de l’endroit où il se trouvait. Rouvrant les yeux plus prudemment, il repéra d’abord la manche de son smoking et fronça les sourcils en remarquant qu’il s’agissait d’une texture différente de ce qu’il portait d’habitude pour travailler. Baissant le regard sur son corps, il réalisa qu’il était en tenue de soirée, et tout lui revint en un flash.
Il se redressa brusquement, le regretta en sentant le sol tourner mais se força à se mettre debout. Il chercha Bruce, le trouva non loin de lui, en train lui aussi de s’éveiller. Mais pas de Chloé à ses côtés.
Prenant une grande inspiration, il s’efforça de ne pas paniquer tout de suite. Les minutes précédant son évanouissement étaient encore floues dans son esprit, il était possible que la jeune femme se trouve ailleurs. Faisant un premier pas hésitant, il découvrit que le sol commençait à se stabiliser et il rejoignit son ami, l’aidant à se relever.
_Qu’est-ce qui s’est passé ?
Lex ne répondit pas, laissant le milliardaire brun retrouver seul ses souvenirs. Bruce prononça finalement :
_Tout le monde est tombé en même temps ou presque.
Son ami n’eut pas le temps de répondre, Bruce en tira aussitôt ses propres conclusions :
_La dollhouse.
_On ne peut pas en être sûrs, mais je le crains, oui.
_Où est-elle ?
_Je ne sais pas. Te souviens-tu de l’endroit où elle se trouvait ?
_Elle…
Il marqua une pause. Inquiété par la grimace qui déforma un bref instant son visage, Lex insista :
_Bruce ?
_Je l’ai vue s’évanouir. Elle était près de moi.
Tous deux parcoururent du regard les environs tout proches, sachant déjà qu’ils ne trouveraient pas ce qu’ils cherchaient. D’autres personnes commençaient à se redresser et cherchaient à comprendre ce qui leur était arrivé.
_Lex, elle…
_Ils l’ont récupérée, murmura-t-il, sous le choc.
Ils savaient tous les deux ce que cela signifiait. Pour que la dollhouse mette en place un plan d’une telle envergure et prenne le risque d’intervenir d’une manière aussi peu discrète en mettant hors d’état de nuire plusieurs dizaines de personnes parmi les plus influentes de la région, c’était qu’ils avaient découvert quelque chose. Chloé était en danger, et c’était en grande partie de sa faute. Il était censé la protéger.
Un violent coup sur son bras le tira de pensées qui dérivaient dangereusement vers la culpabilité et la déprime et il lâcha un grognement de protestation. Mais avant qu’il ait pu vraiment exprimer son mécontentement, Bruce lui pointa un index sous le nez en ordonnant fermement :
_Pas de ça. Il me faut un Luthor d’attaque, pas un Luthor dépressif.
Il ne put retenir un sourire et il acquiesça, remerciant son ami du regard et passant aussitôt en mode Luthor d’attaque. Bruce avait raison. Luthor d’attaque était capable de retourner tout Métropolis et de mettre sur pied une véritable armée pour retrouver Chloé, Luthor dépressif en revanche se serait précipité sur la première bouteille de scotch venue et n’aurait été d’aucune utilité.
_Par quoi on commence ?
Tous deux surpris par la voix féminine, ils durent baisser le regard pour repérer la petite blonde qui s’était approchée et qui se massait les tempes dans une grimace douloureuse. Lex adressa un hochement de tête à l’agent du FBI en demandant :
_Est-ce que ça va ?
_Ca ira. Je trouve assez injuste de me retrouver avec une gueule de bois sans avoir bu, mais on s’en remettra tous. Le gaz n’était pas dangereux. Savez-vous où ils peuvent avoir emmené Chloé ?
_Alexandre ? Tu me présentes ?
_Désolé. Bruce, Veronica Mars. Elle est agent du FBI, c’est l’un des contacts de Chloé. Elle est au courant de tout.
Agacée par ces formalités inutiles, la jeune femme réitéra sa question. Alors le milliardaire chauve répondit :
_Dans leurs locaux, cela semble évident. La question est plutôt de savoir comment la récupérer. Et je ne parle pas seulement de son corps.
Veronica acquiesça. Récupérer Lima, ou Cathy, serait déjà difficile, mais récupérer la sauvegarde de la personnalité de Chloé s’annonçait quasiment impossible, elle commençait à connaître un peu la sécurité de la dollhouse à force d’avoir observé les vidéos de l’actif se déplaçant dans les locaux. Si le FBI avait renoncé quelques années plus tôt… Elle sourit malgré la situation. Le FBI avait renoncé, mais il ne possédait pas la moitié des moyens de Luthor, elle en était persuadée. Si quelqu’un avait une chance, c’était lui. Restait à savoir s’il était aussi motivé que la tension dans ses épaules semblait le suggérer.
Lex fronça les sourcils en sentant sa veste vibrer et mit une seconde à réaliser qu’il s’agissait de son portable. Un intense soulagement l’envahit quand il reconnut le numéro de Gregory et déchiffra le SMS. Au regard interrogateur de Bruce, il lui tendit l’appareil. Comme d’habitude, le message était bref, mais efficace, et il ne se rappelait pas avoir été aussi heureux de lire quatre petits mots.
« Elle est en sécurité. »

*

A suivre...

(une fin même pas sadique, vous aviez plus l'habitude hein? lol)
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 18:06

Citation :
Chlo : moi je dis que c'ets le prochain chapitre qui va être hyper sadique ^^

et Vero elle gère du tonnerre comment qu'elle leur parle c'ets juste à tomber par terre (mais pas à cause de la gueule de bois non plus ^^)

Rahhhh l'affaire devient miam!

Citation :
Sixpence : http://fc05.deviantart.net/fs51/f/2009/303/d/4/OMG_by_CallmeBinky.gif PTDR et nan tient ! une fin pas sadique, merci !
Je l'aime bien le russe, il est efficace au moins, je me demande quelle tête tu lui donnes tiens, si jamais il y en a une.
Purée la Dollhouse n'aura pas été longue à la détente, c'est Brink qui aurait tout cafté ? Me demande.
Rhaaa et ouais comme dit Chlo directe d'attaque VM c'est bien elle ça et puis à la fin le texto qui rassure tout le monde. Mais bon, pas évident pour la suite parce que ils vont devoir planquer Lima constamment.

Aller vivement la suite !

Citation :
Mandy : Rhhhhaaaaa j'avais vu depuis un moment, mais honnêtement pas le temps de feeder alors je profite !!!!! http://illiweb.com/fa/pbucket.gif

Alors déjà :

Citation :
Petit point de vue de Veronica, je trouve que ça manquait

Je trouve que ça c'est une bonne idée d'avoir le PDV de Veronica. Je pense pas que ça manquait forcément mais c'est toujours intéressant de savoir ce qu'elle pourrait penser.

La "crise" de Véronica est tout a fait réelle. Je pense sincèrement qu'elle aurait réagi comme ça sans nouvelles de Logan depuis un bout de temps. Et du coup je me demande s'il y aura des retrouvailles qui déboucheront sur une histoire d'amour ?! J'aimerais bien voir comment tu pourrais amener ça surtout que j'ai toujours trouvé leur relation qui balance sur le Je t'aime moi non plus... Enfin, c'est une idée comme ça en passant, je réfléchis pas non plus à ce que j'écris... lol ^^

Citation :
Elle le vit esquisser ce sourire en coin supérieur que Chloé lui avait souvent décrit

Est-ce que cette phrase veut dire que Chloé parle un peu plus de conversation que l'on peut considérer comme normale avec Veronica ?! lool Je sais pas si je me suis bien fait comprendre... Ce que je veux dire par là c'est que Chloé décrivant ce petit sourire Made in Lex Luthor Copyright déposé mdr ça tient plus de la descrïption physique de ce que l'on aime chez quelqu'un de ... comment dire spécial... Enfin, bref... Je me demande surtout si Chloé a parlé de son attirance (évidente) pour Lex avec Blondinette bis' ?! Affaire à suivre !

Citation :
Vous n’avez aucune idée de ce qui se serait passé. Vous ne pouvez pas me juger sur ce qui aurait pu être.

Mmmmmhmmhmmhhh j'adore ce genre de réplique de la part de notre milliardaire !!!! Rhhooo ce sont exactement le genre de mots que je le verrais prononcer dans la série, alors ça ne rend que plus réaliste ce petit intermède sur le balcon avec Veronica !

Et la fin ???!!!!!! smile/zx11shocked.gifsmile/zx11shocked.gifsmile/zx11shocked.gifsmile/zx11shocked.gif
Mais t'es sadique en fait ?! Haaaaaaahhh je supporte plus de vivre des fins de chapitres suspens comme ça !!! Mais bon... j'avoue c'est génial parce qu'on s'attend jamais à ce que pourrait contenir chaque suite que tu nous livres...
Mais du coup... j'ai peur :/ est-ce que ça veut dire que la Dollhouse passe à l'attaque ?! Brink aurait-il tout dévoiler ?! Qu'est-ce qu'ils vont devenir et est-ce qu'ils vont s'en sortir parce que... ben y a plus personne de ok ils seraient plutôt du genre K.O... smile/bgrinl2.gifoh la la la le mauvais jeu de mots, mais bon on fait comme on peut lol ^^.

Bon ben tu reviens vite mais vite hein avec la Sweet et surtout, arrête de nous tenir en haleine, je frôle la crise cardiaque... lol ! Bravo encore pour ce chapitre super !

Citation :
Mandy : Euhhhh je viens de poster ma feed mais c t pour le chapitre 10... dsl de faire apparaitre ça après le chap 11 lool

Ben c'est l'occasion de le lire et de feeder après hein lol merci Pret' pour ta rapidité !!

Citation :
Mandy : OUUUAAAAHHHH je viens de lire et c'est génial !!!! Bon ben t'es revenu super vite avec la Sweet puisque j'étais en train d'écrire mon message que c t posté... j'aurais du rafraichir ma page puisque j'étais mm pa devant l'ordi...

Bon ben je feederai en longueur plus tard, mais juste pour dire que c'est vrai pour une fois qu'on a pas une fin sadique, mon petit coeur s'en remet...doucement quand même !

Bon je réclame quand même la Sweet mais je reviendrais pour détailler ce que j'ai aimé lol mdr^^ j'adore les feed roman !

Citation :
Alexiel : Pas sadique, pas sadique, ça se discute, moins sadique on va dire !

Mais bon c'était génial quand même. Je suis d'accord avec les autres Vero elle assure grave. On sent ta sympathie pour le personnage.

Citation :
Kfn : pas sadique pas sadique, mouais...
je suis rassurée mais je crois que j'ai pas tout compris quand même entre le russe et brink ...
je vais relire tiens !!!
Hate hate hate de lire la suite, on sen bien que tout s'accélère...
elle me plait bien véronica !!!!


allez suiiiiiiiiiite
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MessageSujet: Re: Sous Couverture   Lun 31 Mai 2010 - 18:06

Désolée que vous ayez dû l’attendre celle-ci, la vraie vie à tendance à se mettre en travers de mon chemin parfois, la crevure ! lol

Chapitre 12


Cathy Langson grogna dans son demi-sommeil et porta une main à sa bouche pour lutter contre la nausée. Elle avait mal à la tête et une puissante envie de vomir lui tiraillait l’estomac, peut-être due aux mouvements du véhicule dans lequel elle semblait se trouver. Cette réflexion la força à ouvrir les yeux. Véhicule ? Véhicule en mouvement ? Qu’est-ce que… Sa confusion se porta à son comble quand elle ne vit que du noir devant elle, puis elle comprit qu’elle se trouvait allongée sur la banquette arrière d’une voiture, le visage tourné vers le dossier, et que son champ de vision était par conséquent réduit. Alors elle se retourna et parvint à s’assoir, sourcils froncés dans une expression de douleur autant que d’incompréhension.
En voyant la silhouette du conducteur et en apercevant son regard dans le rétroviseur, elle se plaqua contre le siège, paniquée. Mais avant qu’elle n’ait eu le temps de poser une question ou de se demander qui était cet inconnu, elle l’entendit prononcer d’une voix ferme :
_Tout va bien se passer.
_Maintenant que tu es là, rétorqua-t-elle automatiquement sans comprendre d’où venait cette réponse.
_As-tu confiance en moi ?
_Plus qu’en moi-même.
Sa réaction la surprit elle-même lorsqu’elle réalisa qu’elle disait la vérité. Elle n’avait aucune raison de se fier à cet homme : pour autant qu’elle le sache, il l’avait assommée et kidnappée, pourtant elle aurait sans hésiter mis sa vie entre ses mains.
Sans ressentir la moindre peur, elle se faufila entre les deux sièges avant pour s’installer à la place du passager et boucla sa ceinture avant de reporter son attention sur l’inconnu.
_Qui es-tu, et que s’est-il passé ?
_De quoi te souviens-tu ?
_Il y avait… Cette réception. Ca explique ma tenue, marmonna-t-elle pour elle-même. Les gens ont commencé à s’évanouir, et après, plus rien.
Il hocha la tête comme s’il s’était attendu à cette réponse.
_La salle a été prise d’assaut. Je t’ai tirée de là.
_Pourquoi ?
_Parce que je suis chargé de ta protection.
_Qu’est-ce que… Bruce, lâcha-t-elle dans un grognement.
Gregory sourit, mais ne démentit pas. Cathy Langson n’avait pas besoin de savoir que c’était Lex Luthor, ce type qu’elle ne connaissait pas une demi-journée plus tôt, qui lui avait donné pour mission de veiller sur elle. L’observant d’un coup d’œil en coin, il réalisa qu’elle était parfaitement calme et son sourire s’élargit. Il avait fait ses recherches sur Chloé Sullivan en acceptant cette mission, et la situation actuelle prouvait qu’il existait une différence entre la personnalité de la journaliste et celle qui lui avait été implantée par la dollhouse. En temps normal, Chloé Sullivan se serait battue bec et ongles pour se sortir de cette situation, elle n’aurait pas eu peur d’affronter un homme de sa taille et elle ne se serait certes pas fiée aveuglément à un inconnu juste parce qu’il prétendait vouloir la protéger. Mais l’implantation d’une confiance totale en son intermédiaire jouait en sa faveur et il en était soulagé. S’il avait dû maîtriser la jeune femme en conduisant… Il aurait réussi, il n’avait pas de doute là-dessus, mais dans la lutte, sans doute aurait-il fait quelques écarts sur la route et cela ne l’aurait pas aidé à passer inaperçu.
Il avait profité d’un feu rouge l’arrêtant alors que les autres voitures de la dollhouse continuaient leur chemin pour virer de direction et s’éloigner le plus vite possible, toujours sans attirer l’attention. Il roulait à présent vers la sortie de la ville. Le temps que les agents de l’organisation s’aperçoivent qu’il ne rentrait pas au bercail, il aurait mis Chloé Sullivan, alias Lima, alias Cathy Langson, à l’abri dans un motel anonyme et il pourrait prendre des mesures pour la suite.
Il devait être particulièrement prudent. Sans aller jusqu’à dire que la journaliste était un personnage public, son article sur Luthor quelques semaines plus tôt et le procès qui en avait découlé l’avaient propulsée sur le devant de la scène et plusieurs personnes étaient susceptibles de la reconnaître.
_Où allons-nous ?
Quand il ne répondit pas, se contentant de hausser les épaules, Cathy ne posa pas davantage de questions. Ce type était chargé de la protéger, pas de lui faire la conversation, et cela lui convenait. Elle aurait tout de même deux mots à dire à Bruce quand elle le retrouverait, elle n’aimait pas qu’il prenne ce genre d’initiative sans la prévenir. Pourtant, elle le comprenait. Il avait quelques ennemis et elle savait qu’il était du genre à ne rien laisser au hasard. Peut-être avait-il reçu des menaces récemment et ne lui avait-il rien dit pour ne pas l’inquiéter, ça n’aurait pas été la première fois. Mais si c’était le cas… La peur naquit soudain dans son esprit.
_Bruce, est-ce qu’il…
_Il va bien, ne t’en fais pas. Je lui communiquerai nos coordonnées dès qu’on aura trouvé un endroit sûr et il pourra venir nous rejoindre.
Rassurée, elle s’enfonça davantage dans son siège et croisa les bras devant elle. La suite ne dépendait pas d’elle, mais elle faisait confiance à cet homme et il semblait compétent, elle n’avait pas de souci à se faire.

*

_Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
La question était légitime, et Lex répondit à l’agent du FBI avec son efficacité habituelle.
_On s’éloigne d’ici. Quand la dollhouse va s’apercevoir qu’ils n’ont pas récupéré leur actif, Bruce et moi serons leur prochaine cible. En revanche, ils ne savent pas que vous connaissez Chloé, vous allez partir dans une autre direction et…
_Hors de question.
_Vous devez vous mettre à l’abri. Je vous contacterai dès que…
_J’ai dit non, Luthor. Oubliez ça. Je suis dans l’affaire jusqu’au cou et je n’ai pas l’intention de rester sur la touche pendant que vous jouez les héros.
_Ecoutez…
_Je n’écoute rien. Attendez-moi là, j’en ai pour une minute.
Elle s’éloigna là-dessus, laissant derrière elle un milliardaire chauve bouche bée et un milliardaire brun contenant son amusement avec difficulté.
_J’ai l’impression que tu as du mal à t’imposer avec les blondes. Je comprends que tu te cantonnes aux brunes. Moins vexant.
Lex ne put s’empêcher d’esquisser un sourire sans quitter la jeune femme des yeux. Il retrouva son sérieux en la voyant se diriger vers une silhouette encore allongée au sol et il échangea un regard avec Bruce.
Logan Echolls. Ou qui qu’il soit ce soir.
_Elle l’aime, n’est-ce pas ?
Lex hésita une seconde avant de répondre, songeant à la réaction viscérale de l’agent lorsqu’il l’avait rejointe à l’extérieur à peine quelques minutes plus tôt. Finalement, il lâcha :
_Elle l’a aimé, en tout cas.
_Est-ce que tu crois que c’est pour ça qu’elle s’est retrouvée mêlée à ça ?
_Je crois plutôt que c’est pour ça que Chloé s’est retrouvée mêlée à ça.
_Comment ça ?
_Je pense que l’agent Mars ne m’a pas tout dit. Elle m’a raconté comment Echolls et Chloé se connaissaient. Je sais qu’il l’a aidé sur cette affaire de corruption à New York et qu’ils ont eu une aventure. Mais Chloé ne prendrait pas de tels risques pour n’importe qui, pas même pour quelqu’un à qui elle a tenu. S’il s’agissait juste de tirer un ex de là, elle s’y serait prise autrement. Un article explosif aurait été moins dangereux pour elle, mais il aurait eu moins de chances de réussir. Elle a sorti l’artillerie lourde dès le début, et je pense que c’est pour Mars qu’elle l’a fait.
Bruce garda le silence un moment, analysant ce discours alors qu’ils observaient tous les deux la jeune femme qui s’assurait qu’Echolls se portait bien. Il était l’une des personnes qui se trouvaient le plus près du système d’aération et il avait dû inhaler plus de gaz que la plupart des autres invités, cela expliquait qu’il soit toujours inconscient et il y avait de quoi se faire du souci. Finalement, il se tourna vers son ami et se décida à répondre à ses spéculations :
_Je crois que tu connais Chloé un peu trop bien pour ton propre bien.
Un rire légèrement amer lui échappa et il confirma d’un hochement de tête. Alors Bruce demanda plus sérieusement :
_Alexandre… Que va-t-il se passer quand toute cette histoire sera terminée ? A supposer qu’elle se termine bien ?
_Que veux-tu dire ?
_Je parle de Chloé.
_Bruce…
_Ecoute, comme je viens de le souligner, tu la connais bien. Tu sais de quoi elle est capable. Tes actions ne resteront pas un secret. Tu vas avoir du mal à expliquer que tu te sois impliqué à ce point. Gregory et la petite fortune que tu lui verses, l’accès à ses vidéos, ce moment que vous avez vécu sur la piste de danse… Elle finira par comprendre.
Le jeune homme poussa un soupir.
_Je sais. Elle finira aussi par comprendre que c’est grâce à moi que la dollhouse existe aujourd’hui. Et pour le moment, je n’ai aucune idée de la façon dont je vais gérer ces deux aspects du problème.
_Tu vas très vite devoir penser à un plan d’action.
_Une chose à la fois. Si nous n’arrivons pas à récupérer la personnalité de Chloé, un plan d’action ne servira à rien.
Bruce lui accorda ce point alors que Veronica Mars revenait vers eux, apparemment rassurée sur le sort d’Echolls. Elle se traça un chemin entre les invités toujours confus. Une fois plantée devant eux, elle lança :
_Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

*

Se sentant beaucoup mieux, Cathy Langson sortit de la salle de bain drapée dans un peignoir, tête penchée en avant alors qu’elle martyrisait ses cheveux à l’aide d’une serviette éponge. Quand elle fut certaine d’avoir fait le maximum en l’absence de sèche-cheveux, elle rejeta la tête en arrière et eut un sursaut de surprise en découvrant que son garde du corps se trouvait plus près qu’elle ne l’avait cru et qu’il lui tendait une arme en la tenant par le canon. S’en emparant d’un geste hésitant, elle leva sur lui un regard plein de questions.
_Tu sais t’en servir ?
Elle secoua la tête, intimidée par le poids du revolver dans sa main. Laissant tomber la serviette à terre, elle approcha l’arme de ses yeux pour l’examiner, incertaine de ce qu’elle devait en faire. Alors le jeune homme au léger accent qui avait fini par lui révéler qu’il s’appelait Gregory reprit le neuf millimètres et le manipula avec l’assurance d’un professionnel tout en décrivant ses gestes :
_Tu armes, tu fais sauter la sécurité, tu vises, tu tires.
Il lui tendit de nouveau l’arme et elle effectua les mêmes gestes, moins efficace mais avec un certain succès tout de même. Satisfait, il hocha la tête en précisant :
_Ne t’occupes pas de la vie de l’autre et n’essaie pas de viser les genoux. Si tu dois tirer, vise la poitrine. Tu as moins de chances de manquer ta cible.
_Mais je…
_Fais ce que je te dis, et tu devrais rester en vie.
Elle finit par acquiescer avec hésitation et elle s’assit sur le lit en posant l’objet à ses côtés, le guettant encore d’un regard en coin méfiant. Puis elle reporta son attention sur Gregory et s’aperçut qu’il glissait une deuxième arme dans son dos et renfilait sa veste.
_Où vas-tu ?
_Je dois m’absenter une petite heure. Wayne ne va pas tarder, évite de le descendre.
Elle esquissa un sourire, peu rassurée à l’idée d’être abandonnée seule dans cette chambre, mais sachant qu’elle ne risquait pas grand-chose puisque personne d’autre que son patron ne savait où elle se trouvait. Son garde du corps lui accorda un dernier hochement de tête avant de partir, et elle se dirigea aussitôt vers la porte pour la verrouiller, juste au cas où.
Hésitant un instant sur la conduite à suivre à présent qu’elle n’avait plus rien à faire, elle alluma la télévision et zappa sur une chaîne info pour voir si on parlait des événements de la soirée. Un reportage sur un attentat dans le métro moscovite venait tout juste de s’achever quand elle entendit des coups à la porte. Elle coupa le son et eut la présence d’esprit de vérifier de qui il s’agissait par le judas. Poussant un soupir soulagé en reconnaissant Bruce, elle ouvrit la porte et se blottit aussitôt contre lui sans un mot. Son patron referma les bras sur elle, mais l’étreinte ne dura qu’une seconde avant qu’elle prenne un pas de recul et le frappe violemment à la poitrine.
_Toi, la prochaine fois que tu me crois en danger, t’as intérêt à me prévenir. Et à m’apprendre à me servir de ce truc, ajouta-t-elle en désignant le revolver toujours posé sur le lit.
_Ravi aussi de te voir en sécurité, Catherine.
Elle ne put retenir un sourire, incapable de lui en vouloir plus de dix secondes. S’apercevant qu’il y avait d’autres personnes derrière lui, elle s’écarta pour le laisser passer et haussa les sourcils en reconnaissant Lex Luthor et la jeune femme à qui elle avait parlé au cours de la réception. Les invitant à entrer, elle referma la porte derrière eux et les vit prendre place comme si l’endroit leur appartenait, Bruce s’installant sur le fauteuil dans un coin de la pièce, Luthor s’asseyant au bord du lit, et la dénommée Veronica Mars se postant près de la fenêtre et écartant le store pour guetter l’extérieur.
_Quelqu’un va-t-il m’expliquer ce qui se passe ?
Elle les vit se consulter du regard alors qu’ils tentaient de décider par où commencer. Poussant un soupir, elle s’assit sur le lit à côté du milliardaire chauve. Elle sentait que la nuit allait être longue. Ce fut Lex Luthor qui finit par prendre la parole en premier.
_Il y a… Cette organisation. Ils sont puissants et dangereux.
_Et ils ont une dent contre Alexandre et moi, continua Bruce.
_Pourquoi ?
_Parce qu’on essaie de faire échouer leurs plans.
_Qui consistent en ?
Elle vit les deux hommes hausser les épaules dans une parfaite synchronisation, et Veronica Mars prit le relais.
_En à peu près tout ce qui se fait d’illégal.
_Que venez-vous faire dans cette histoire ?
_J’appartiens au FBI.
_D’accord.
Pas d’autre remarque, et Lex retint un soupir. Chloé les aurait bombardés de questions en sortant un calepin, mais il était presque reconnaissant de noter cette différence. Il était déjà bien assez difficile de voir dans ce corps une inconnue, si elle avait été semblable à la journaliste en tout point, ça aurait été mission impossible. Et puis, cette modération dans sa curiosité présentait un autre avantage de taille : ils n’avaient pas besoin d’approfondir leur mensonge ou d’inventer des détails trop précis dans lesquels ils risquaient de s’embourber.
_Il va nous falloir du liquide, annonça soudain l’agent du FBI.
_Quoi ?
_S’ils décident de nous poursuivre, on ne peut pas utiliser de cartes de crédit. Ils nous repéreront tout de suite. J’espère que votre chien de garde a pensé à payer la chambre en cash ?
Cathy haussa les épaules. Elle avait attendu dans la voiture alors que Gregory se présentait à la réception, elle ne savait pas s’il avait pensé à prendre de telles précautions. Mais Bruce répondit pour elle :
_C’est un pro, il y a pensé, ne vous en faîtes pas. Il y a de l’argent liquide dans ma chambre d’hôtel, mais je ne peux pas aller le chercher sans être repéré.
_Moi, je le peux, rappela Veronica. Ils ne savent pas que je suis dans le coup.
Les deux milliardaires échangèrent un coup d’œil, et quand Lex donna son approbation d’un hochement de tête, Bruce esquissa un sourire. Avant que qui que ce soit ait le temps de protester, il récupéra les clefs de voiture que son ami avait posées sur le petit meuble de l’entrée et décida :
_Je vous emmène.
Il quitta la pièce là-dessus, s’attendant visiblement à ce que la jeune femme toujours en tenue de soirée le suive. Veronica hésita un instant, réticente à l’idée de laisser Luthor et Langson seuls dans une chambre d’hôtel, mais elle finit par céder et sortit à son tour.
Lex se tourna alors vers la petite blonde visiblement mal à l’aise.
_Où est Gregory ?
_Parti. Il a dit qu’il en aurait pour une heure environ.
Il acquiesça et garda le silence un moment pendant qu’elle se triturait les doigts. Ne sachant trop s’il devait être blessé ou amusé par son inconfort évident, il tenta une voix légère pour demander :
_Vous rendrais-je nerveuse ?
Visiblement surprise par la question, elle s’immobilisa et posa doucement les mains sur ses genoux afin de contrôler ses mouvements. Puis elle finit par esquisser un sourire et le regarda enfin dans les yeux.
_Laissez-moi réfléchir. Entre vous et une sorte de mafia qui veut s’en prendre à nous, je ne sais pas ce qui me fait le plus peur.
_Le danger mafia n’est plus aussi immédiat. Le danger Luthor l’est.
Son sourire s’élargit alors qu’elle s’approchait de lui imperceptiblement et baissait la voix d’une façon tout à fait consciente.
_Qu’est-ce qui vous fait croire que ce n’est pas moi qui suis un danger pour vous ?
Tiraillé entre son désir de s’approcher à son tour et la voix de la raison qui lui soufflait au contraire de s’éloigner, il trouva un compromis en ne bougeant pas. Quelque chose venait de se passer et ils en étaient tous les deux conscients. D’une tension angoissée, ils étaient passés à un court moment de détente pendant leur échange, et cette dernière question de la jeune femme avait fait renaître un autre genre de tension. Un désir qui avait déjà failli les submerger tous les deux sur la piste de danse. Un désir qui lui semblait plus difficile à contrôler à présent qu’il se retrouvait seul avec elle et que le sentiment de sécurité temporaire s’accompagnait de la crainte de la perdre pour de bon s’ils ne parvenaient pas à récupérer sa personnalité.
Car combien d’autres occasions aurait-il ? Si elle ne redevenait jamais elle-même, il n’en aurait plus… Et si elle redevenait elle-même, elle le détesterait en découvrant la vérité à son sujet. Autant dire que c’était maintenant ou jamais.
Sa raison soufflait jamais.
Il ne l’écouta pas.
Il s’apprêtait à répondre d’un ton séducteur quand elle se lassa d’attendre sa réaction. Posant une main contre sa joue, elle franchit les derniers centimètres qui les séparaient pour effleurer ses lèvres des siennes. Il ne chercha pas à comprendre. N’essaya même pas de se maîtriser ou de se rappeler qu’il ne s’agissait pas vraiment de la femme qu’il aimait. Ne pensa pas au fait que l’attirance qu’elle ressentait pour lui en cet instant lui avait été implantée artificiellement.
Il fut perdu dès le premier contact, ses paupières s’abaissant dans un signe de pur abandon alors qu’il s’enflammait aussitôt et posait les mains sur sa taille pour l’attirer à lui. Elle eut un gloussement surpris qui se perdit dans leur baiser quand elle le sentit immédiatement la soulever pour la positionner sur lui et elle répondit avec la même passion, à califourchon sur ses cuisses. Le rire se mua en un gémissement alors qu’il glissait une main dans ses cheveux et dévorait sa bouche. Une décharge de plaisir la parcourut quand elle se rappela qu’elle était nue sous son peignoir et elle se pressa davantage contre lui sans vraiment comprendre comment un contact relativement innocent avait pu se muer en une passion aussi dévastatrice en l’espace d’une demi-seconde.
Elle brisa le baiser pour tenter de reprendre son souffle et de maîtriser ce désir dévorant, mais le contact lui manqua cruellement et elle s’attaqua à son cou, léchant et mordillant la peau tout près de son épaule. Il répondit d’un mouvement involontaire du bassin qui lui arracha un grognement sauvage et elle eut un frisson d’anticipation en sentant des mains brûlantes remonter le long de ses jambes pour se glisser sous le peignoir et l’écarter d’un geste impatient. Les pans du vêtement s’ouvrirent, découvrant sa peau à ses caresses, et elle le poussa en arrière pour le forcer à s’allonger. Elle était sur le point de l’embrasser de nouveau quand une sonnerie les fit sursauter. A travers la brume de désir, il leur fallut quelques secondes pour comprendre qu’il s’agissait d’un téléphone, et le milliardaire poussa un grognement frustré en fouillant les poches de sa veste à la recherche de son portable. Un soupir lui échappa quand il identifia le numéro.
_Désolé, il faut que je réponde.
Déçue, elle acquiesça et le libéra, refermant le peignoir et reprenant sa position, assise au bout du lit. Elle écouta sa conversation d’une oreille distraite tout en gardant un œil peu attentif sur l’écran de télévision toujours muet qui diffusait une conférence de presse du chef de la police de Métropolis. Les informations étaient à jour, réalisa-t-elle en lisant les sous-titres et en découvrant qu’il s’agissait d’un reportage sur les "terroristes" qui avaient pris d’assaut la soirée caritative.
Jetant un coup d’œil sur celle qui avait été Chloé tout en essayant de se concentrer sur sa conversation, Lex réprima un sourire quand il constata que ses lèvres étaient rouges et gonflées. A une question de son interlocuteur, il répondit :
_Oui, tout va bien. Bravo pour votre efficacité. Bruce est allé chercher de l’argent. Où êtes-vous ?
Gregory répondit d’une vague banalité qui ne lui apprit rien et l’assura qu’il rejoindrait très vite le motel pour établir un plan d’action avec eux. Alors le milliardaire raccrocha et se tourna vers la jeune femme. Il fronça les sourcils en remarquant la soudaine pâleur de sa peau et les éclairs de fureur que lancèrent ses yeux quand elle les posa sur lui. Mais sa légère confusion n’était rien comparée à sa stupéfaction quand elle demanda d’une voix blanche :
_Qui est Chloé Sullivan ?

*

A suivre…
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