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 L'arnaque des Lupercales (fic Saint-Valentin hors concours)

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winnie
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MessageSujet: L'arnaque des Lupercales (fic Saint-Valentin hors concours)   Dim 19 Fév 2012 - 18:30

Voici ma contribution à la semaine de la Saint-Valentin, postée ici parce que hors-concours, que je pensais pas la finir à temps, et que ça ne concerne pas que la Saint-Valentin! Il s'agit d'une suite de ma série péplofic romaine avec Azenor et Aulus (sauf qu'il faut oublier l'épilogue du Bleu le plus pur) l'action se déroule après la mort de Vercingétorix. Les Lupercales sont une fête romaine, l'ancêtre et l'inspiration de la Saint-Valentin, qui se déroulait du 13 au 15 février.

Lex et Chloé (enfin presque) ne m'appartiennent pas.
Avertissement NC17!

Bonne lecture!



***


L’arnaque des Lupercales


Azenor s’étira dans son lit, plongée sous la couverture. Publius se blottit contre elle en grognant. Elle se rapprocha à son tour avec un grand sourire, décidant finalement de s’attarder un peu plus.
_ Ce sont les Lupercales* aujourd’hui ma chérie.
Ou pas.
_ Tu me le rabâches depuis les Saturnales*, mais c’est quoi encore comme célébration barbante, râla-t-elle en se redressant.
_ On fête la Louve dans la grotte où Romulus et Rémus ont été recueillis, le Lupercal.
_ … Tu crois vraiment que je vais fêter ça ?
_ Enfin par extension c’est devenu la fête de la maternité, de la fertilité et de...
_ Je répète, tu crois vraiment que je vais fêter ça ? Se moqua-t-elle en attrapant un drap de bain et une robe avant de se diriger dans leurs bains privés.
Idéal pour de l’intimité, ne pas faire la queue et enfin protéger le personnage public qu’était devenu Lex, même s’il allait de temps en temps aux thermes de la ville pour discuter politique avec des dignitaires de l’Urbs*. Le préfet regardait d’ailleurs sa délicieuse épouse sortir de la chambre en rouspétant alors qu’il allait finir par le meilleur.
_ De l’amour et du sexe.
Il aurait peut-être dû la prévenir de ce qu’elle risquait de voir dans les rues ce jour-là. Lui n’aurait probablement pas le temps, mais peut-être irait-elle voir les sacrifices à la grotte sous le Palatin et qu’elle comprendrait ce que feraient les prêtres nus avec leurs lanières de cuir…

*

Elle avait balancé un « j’vais jeter un œil dans la grotte » avant de partir, mais en vérité, elle avait trouvé une occupation bien plus amusante : le combat de gladiateurs. Des hommes baraqués, torse nu, se battaient en plein cœur de la cité, dans de petites arènes éphémères en bois. Les gladiateurs s’affrontaient deux par deux sous le regard sérieux d’un arbitre, et chaque vainqueur déclenchait les hourras de la foule. Les matrones de Rome avaient leur favori et se battaient pour au moins l’approcher de quelques pas. Les plus riches achetaient des flacons de leur sueur et croyaient dur comme fer qu’ainsi leurs maris démontreraient la même virilité.
Mais Azenor se pressait surtout d’admirer le combat et les muscles… et de parier. Oh, petit travers que son préfet de mari devait absolument ignorer, mais qui l’amusait beaucoup. Elle marchait donc dans les grandes rues romaines, l’âme en paix, et une bourse de sesterces bien remplie à la taille. Jusqu’à ce que son regard se pose sur un homme barbu, nu, qui fouettait des femmes au passage tout en leur tripotant les seins.
Azenor s’immobilisa en fronçant les yeux. Ils étaient plusieurs barbus à s’adonner à cette masquarade dans la rue et les femmes les entouraient avec un abandon à faire frémir la guerrière chevronnée qu’elle était. Plutôt que de foncer dans le lard, la princesse gauloise décida de faire demi-tour et de contourner le problème. Au moment où elle pivota, de jeunes gens portant des peaux de moutons surgirent en chantant et en dansant, ils s’éparpillèrent dans la rue et laissèrent place à un vieillard dans le plus simple appareil, se dressant devant Azenor. Au moment où il leva ses lanières de cuir et tendit sa main libre vers elle, la blonde lui assena son poing dans la figure et s’éloigna rapidement.
_ Sans rire, pesta-t-elle alors que les passants semblaient outrés.

*

Rien ne valait son petit nid douillé, songea-t-elle une fois avachie sur une banquette dans l’atrium, près d’un brasero.
_ Amour ? Appela Aulus.
Elle redressa la tête avec un demi-sourire. Ça, c’était généralement son invitation pour une séance de mamours dans leur chambre.
_ Oui mon lapin ?
_ J’ai eu la visite d’un homme à la caserne, il m’a dis qu’une blonde qui te ressemble étrangement au vu de sa description, l’avait frappé en pleine rue.
Lex croisa les bras en la toisant. Azenor se redressa.
_ Il ose se plaindre ! Ce satyre voulait me tripoter la poitrine et me fouetter !
Le préfet dodelina de la tête. Il aurait vraiment dû la prévenir.
_ C’est un Luperque, un prêtre du dieu Faune.
_ Et après ? C’est une excuse ça ?
_ Pendant les Lupercales ils font tous ça, c’est pour favoriser la fertilité des femmes qu’ils touchent.
Azenor cligna des paupières et s’approcha de son mari pour toucher son front.
_ Tu n’es pourtant pas souffrant.
Lex soupira et prit sa main.
_ Tu vas lui présenter des excuses et plus vite que ça.
_ Il est hors de question que je lui présente des excuses.
Il la poussa dans l’entrée où le Luperque attendait, un œil au beurre noir. Lex lui donna un coup de coude, elle commença par souffler, agacée, puis elle s’approcha du vieillard.
_ Je suis désolée… pervers, ajouta-t-elle à voix basse.
Le prêtre se renfrogna, et finalement tendit la main. Azenor pivota directement. Lex la retint par le bras avant de la renvoyer sur le front avec un « fais ça pour ton lapin » glissé à son oreille. Elle grimaça et laissa le prêtre la tripoter et lui envoyer ses lanières de cuir sur le visage sans laisser de marques, puis, l’air satisfait, il sortit de la domus et rejoignit la ferveur générale. Lex fut soulagé. Un conflit avec une quelconque congrégation de prêtres était la porte ouverte aux soucis avec toutes les institutions de Rome.
_ Azenor ?
_ T’approche pas de moi, je vais dormir dans une chambre d’ami cette nuit.
_ Ce n’est qu’une tradition, quelque chose de positif.
Elle lui jeta un regard noir et disparut.

*

S’il y avait bien une fête que les Romains attendaient, c’était les Lupercales. Les amoureux se mariaient, les époux enfantaient, les amours se déclaraient, et lui, alors qu’il était enfin marié à la femme qu’il aimait, il ne pouvait même pas en profiter. Tout ça à cause d’une malheureuse rencontre avec un vieux pervers. Un vieil abruti. Il détestait les prêtres en plus.
_ On a du nouveau sur les paris illégaux préfet, aborda Manius en entrant dans le cabinet de travail de la caserne.
_ Ouais lesquels, grogna Lex, la tête appuyée dans sa main.
Numerius s’approcha de son collègue pour murmurer à moitié.
_ Problème de couple.
_ Ouuuh, fit Manius en secouant la tête. Le jour des Lupercales en plus.
_ Et ben ? Aborda Quintus en entrant à son tour.
_ Certains vont passer des Lupercales bien froides.
_ Oooh, fit-il avec pitié en regardant le préfet.
_ C’est malheureux, commenta Sextus en apparaissant. Moi ma chérie va être comblée cette nuit. Dommage pour ceux qui sont de garde !
Manius et Quintus le chahutèrent un peu et Numerius souriait, amusé.
_ Bon, les paris, s’impatienta Lex en se redressant.
_ J’ai trouvé ces trois jetons près de l’arène du Champ de Mars*, aborda alors Manius en s’approchant du préfet. Tous en argile sèche, et ils portent le même sceau. Probablement confectionnés par ceux qui organisent les paris dans les arènes. Ils ont déjà faussé deux combats pour empocher une jolie somme. Et plus ça va aller dans ce sens, plus les entraîneurs et les gladiateurs vont accepter de truquer les jeux.
Lex tenta de lire l’inscription.
_ Canes Aventinum. Les Chiens de l’Aventin.
_ Au moins on sait où ils sont, fit Quintus.
_ Ou d’où ils viennent, corrigea Lex. Donc ils font des jetons qu’ils distribuent aux parieurs qui leur laissent de l’argent c’est cela ?
_ Apparemment, répondit Manius. Malheureusement je les ai trouvés par terre, sans leurs propriétaires. Probablement perdants. Mais l’arrière de chaque jeton est anoté. En plus d’une lettre gribouillée, c’est sûrement le montant de la mise.
_ Bien, on ne perd rien à fouiller un peu l’Aventin*, décida Lex. Allez voir les tavernes et les collèges*. Mais en civil. Si nous réussissons à attraper un parieur avec ce genre de jetons, nous en saurons plus sur qui les donne.

*

Bon, il allait tenter de ne pas se faire étriper par la jolie blonde en allant la voir dans la chambre d’ami choisie. La nuit tombait, la première nuit des Lupercales, il allait bien réussir à la convaincre !
_ Tu dors ?
_ J’essaie de ne pas cauchemarder, grogna-t-elle, la tête sous un coussin.
_ Est-ce que je peux terminer mon hiatus sur les Lupercales ?
_ Nan !
_ La fin pourrait t’intéresser tu sais.
_ Pff !
_ J’ai de la cervoise et du sanglier qui t’attendent, si tu changes d’avis.
Il fit demi-tour et alla se poster dans le triclinium d’hiver. Il la connaissait plutôt bien à présent. La cervoise était comme le sexe : elle se levait pour ça, consommait et consommait, et en redemandait toujours. Et comme prévu, il l’entendit courir dans le péristyle et ralentir par fierté en approchant du triclinium. Elle s’appuya contre le mur avec une moue.
_ Je ne reste pas.
_ Oui bien sûr, répondit-il en lui tournant le dos pour sourire.
Il versa une coupe pleine de cervoise bien fraîche et y trempa les lèvres. Azenor s’en approcha, museau en avant.
_ Et moi ?
_ Assis-toi.
Azenor se dépêcha de s’asseoir sur une banquette et remarqua à cet instant le guéridon plein de nourritures. Des morceaux de sanglier fumant, des oranges, des fruits confis, entouré de feuillages hivernaux. Les petites lampes créaient un espace chaleureux dans la fraîcheur du mois. Azenor eut subitement l’impression d’être dans la maison de son père, plus par les sentiments provoqués que par le décor.
_ Donc les Lupercales, aborda-t-il en lui tendant un grand gobelet de cervoise.
Oh à présent il pouvait déverser sa science, elle avait sa boisson préférée entre les mains.
_ Par extension, et au-delà de la fête de la Louve, les Lupercales sont aussi la célébration de l’amour… Azenor ?
_ Mmh ?
Elle releva la bouche de son gobelet.
_ Tu disais ?
Ses épaules s’affaissèrent.
_ Qu’on est sensé faire l’amour passionnément pendant trois jours et trois nuits sans pause possible !
Azenor se raidit.
_ Quoi ? C’est vrai ? C’est aussi la tradition ? Pourquoi tu m’as rien dit !
Il pencha la tête sur le côté.
_ Ah oui d’accord, tu me fais marcher, se renfrogna-t-elle.
_ Oui et non. Les pauses sont utiles.
_ Rhooo, s’amusa-t-elle avant de vider son verre d’un trait. Alors pas de temps à perdre ! On a déjà gâché une journée entière !
Elle se jeta sur lui pour l’embrasser et le basculer sur la banquette. Voilà enfin les Lupercales qu’il avait imaginées. Il la bascula sur le dos et releva sa robe pour chatouiller l’arrière de ses genoux. Elle se mit à rire et à se tortiller avant d’enrouler ses bras à son cou.
_ Tu sais ce que j’aimerais ? Susurra-t-il en retirant sa robe.
_ Quoi ? Demanda-t-elle en se débarassant par de gestes secs de la tunique de son mari.
_ Un massage.
Azenor gloussa.
_ Préfeeet...
Il l’embrassa et se leva.
_ Je vais chercher des huiles.
_ Reviens vite ! Entendit-il en traversant rapidement le péristyle.
Il entra dans les bains et chercha l’huile qu’il aimait tant sentir sur sa peau. Il rapprocha une lampe de l’étagère et attrapa le bon flacon. Lorsqu’il fit demi-tour, il marcha sur un petit objet inattendu. Il se baissa pour l’attraper et le retirer du chemin lorsqu’il aperçut rapidement, à la lueur de la maigre lampe, une inscription familière. Canes Aventinum.
_ Amour ? Appela-t-il en revenant avec moins d’entrain.
_ Mon lapin je suis prête ! Je suis prête !
Lorsqu’elle le vit arriver avec une tête de dix pieds de long, elle sût que la soirée prometteuse était déjà en train de tourner.
_ Est-ce que le mot « Amour » va devenir synonyme de « problème » ? Demanda-t-elle, le sourire crispé.
_ Où as-tu trouvé ça ?
Question rhétorique, se disait-il en brandissant le jeton sous ses yeux. Pas la peine de soupçonner un esclave. Azenor se leva et voulut l’attraper.
_ Je l’avais perdu ! Où l’as-tu trouvé ?
_ Donc c’est bien le tiens ?
_ Oui bon bon, ça m’arrive de parier de temps en temps, s’expliqua-t-elle en balayant l’air devant elle. Parfois je perds mais surtout je gagne !
Il eut un frisson d’épouvante en se dépêchant de retourner le jeton pour découvrir la mise.
_ Cinquante sesterces ?!
_ J’ai gagné mais j’ai perdu le jeton ! J’ai pas pu encaisser tout ce que j’aurais dû gagner ! Se défendit-elle.
_ Bon sang… Qui te l’as donné ?
_ Un type près des arènes, on peut faire l’amour maintenant ?
_ Non, on s’rhabille.
_ L’arnaaaque ces Lupercales…

*

Ils étaient partis à la caserne dans la nuit pour élaborer un plan avec Manius et Quintus, les deux tribuns de garde. Sextus s’occupait de sa chérie et à leur grand étonnement à tous, Numerius avait lui aussi une femme à satisfaire.
Au petit matin, ils s’étaient mis d’accord. Puisque les Lupercales, en tant que célébrations religieuses, étaient favorables aux jeux, Azenor se rendrait à l’arène du Champ de Mars avec Aulus, déguisé en civil. Ils rencontreraient l’homme qui prenait les paris et pourraient en apprendre plus sur les Canes Aventinum.
_ Finalement on a notre sortie en amoureux, relativisa Aulus.
_ Tu parles. Tu m’as fait de super promesses et tu les tiens pas.
_ Si tu ne jouais pas, on serait à la maison en ce moment-même.
_ Comme c’est facile.
Ils marchèrent dans les rues où les amoureux semblaient omniprésents. Puisqu’ils vivaient au Champ de Mars, Lex ne s’était pas rasé et avait enfilé une vieille tunique pour contraster avec son allure habituelle. Ils approchaient de la petite arène où le monde se pressait. Lex attrapa la main de son épouse.
_ Est-ce que tu le vois ?
_ Pas encore.
Il aperçut un comptoir de taverne bruyant et y entraîna sa femme. Il lui acheta un petit pain au fromage de chèvre qui lui rendit un peu le sourire. Ils n’avaient pas tellement pris de repos depuis la veille.
_ Préfet ?
Lex se retourna lentement. On le reconnaissait déjà ?
_ Sénateur ? S’étonna-t-il.
_ Il me semblait bien que c’était toi, malgré ta tenue.
Brutus, le fils adoptif et de cœur de César, qui s’était rebellé contre lui aux côtés de Pompée, était revenu à Rome et vivait tête basse avec son collègue et ami Cicéron. Comme le préfet était un homme de Marc Antoine, Brutus s’en approchait avec précaution. Il ne pouvait pas non plus passer à côté de lui sans le saluer.
_ Pardonne-moi sénateur, mais je suis en mission, d’où ma tenue.
Oui bon, il aurait pu déléguer à un tribun, mais il ne voulait certainement pas laisser l’un de ses bras cassé seul avec Azenor.
_ En mission, que se passe-t-il ?
_ Paris frauduleux.
Brutus eut un demi-sourire.
_ Antoine ne doit pas être loin, dit-il en s’éloignant.
Sa remarque éveilla immédiatement ses soupçons. Marc Antoine pourrait très bien commander ce genre de combines pour aider à payer ses folles nuits romaines. D’ailleurs, en y réfléchissant, le collège de l’Aventin était dirigé par des anciens de la XIIIe légion, des hommes d’Antoine…
_ C’est lui ! Repéra Azenor.
Il espéra à cet instant ne pas reconnaître un visage de soldat, un camarade de légion. Mais non. C’était un inconnu à ses yeux, appuyé contre un mur, près de l’arène. Un autre homme se tenait près de lui, un sac à la main, probablement rempli de jetons et d’argent misé.
_ Ave ma belle ! Lança l’homme en la reconnaissant.
Elle sentit la main d’Aulus resserrer la sienne.
_ Ave, qu’as-tu à me proposer aujourd’hui ?
_ Un beau combat ! Faustus le mirmillon* contre Ursius le thrace* !
Il baissa d’un ton et avança sa tête vers le couple.
_ Faustus est souffrant depuis hier, personne ne le sait. Personne à part moi bien sûr, s’amusa-t-il.
_ Comment es-tu au courant de tout cela ? Répliqua Azenor avec un sourire enjôleur.
_ C’est un secret ma belle ! Combien veux-tu miser ?
Lex la coupa dans son élan.
_ Cinq sesterces.
L’homme se tourna vers lui avec un visage assombri.
_ Seulement ? Même avec l’information que je vous ai donnée ?
_ Nos moyens sont devenus plus limités, expliqua Lex en lui refourgant les pièces.
L’homme prit un jeton dans le sac tendu par son collègue et grava le chiffre V sur dos suivi de l’initiale U pour Ursius. Lex comprit enfin ce que signifiait le gribouilli à côté du chiffre. Ils devaient être très prudents pour que chaque initiale diffère selon le jour du combat et éviter que quelqu’un ne fraude leur propre système.
_ Bon spectacle !
Le couple s’éloigna.
_ Si le combat est bel et bien truqué par leurs soins, Faustus devrait gagner et Ursius perdre donc, il nous a quasiment forcé à miser sur lui… Et tu pariais à l’aveugle comme ça ? Ajouta Lex.
_ Nooon, je vais toujours tâter la marchandise avant !
Il lui jeta un regard en biais.
_ Oui enfin, je jète toujours un œil sur les gladiateurs, j’évalue la musculature et les armes.
_ Et pourquoi on n’y est pas allé avant là ?
_ Je sais déjà comment ils sont faits ces deux-là, répondit-elle en haussant les épaules.
Depuis quand faisait-elle cela… Se désespérait-il.

*

_ Vous avez perdu, vous avez perdu ! Vous aurez plus de chance la prochaine fois ! Vos cinq sesterces sont à nous maintenant, compris ?
Le visage était nettement moins souriant lorsqu’il fallait réclamer.
_ J’m’occupe du gros, toi tu prends le bavard, glissa Azenor à l’oreille de son mari.
_ Hors de question, siffla-t-il entre ses dents.
_ Allez circulez ! S’agaça le fraudeur.
_ Oh ça suffit ! Répliqua Azenor en croisant les bras. Ce sont les Lupercales et au lieu de fêter ça dignement on se retrouve ici à démasquer des fr…
Aulus posa rapidement sa main sur sa bouche.
_ Bien bien bien, je vois que le ton n’est plus le même à présent, nous allons partir.
_ Oui partez, préfet.
Lex fronça les yeux. L’homme se posta sous son nez.
_ Nous avons eu quelques renseignements pendant le combat de gladiateurs.
_ Vraiment. De qui ?
_ Ce n’est pas important. Mais si j’étais vous, je resterai prudent.
Voilà qui était bien plus inquiétant qu’un simple fraudeur.
_ Vous connaissez l’adage préfet ? Cave canem, attention au chien.
L’homme prit le sac des mains de son collègue et lui ordonna de s’occuper d’eux alors qu’il s’éloignait rapidement dans la foule. Azenor repoussa Aulus et le poursuivit. Le préfet resta donc seul face au deuxième homme, plus costaud que le premier. Plus costaud car ancien gladiateur à en croire ses cicatrices sur le torse qu’il dénuda immédiatement avec un sourire satisfait, et son nom tatoué sur l’épaule : Heracleus, le fort.
Lex se surprit à faire un pas en arrière. Soit, il avait vraiment eu de la chance au cours de la guerre des Gaules, aucune blessure, jamais à terre. Mais il s’était toujours battu avec un glaive et non pas à mains nues.
_ Porter la main sur le préfet de Rome peut te coûter très cher, prévint-il alors en se souvenant subitement de qui il était.
_ Sauf si tu meurs avant, s’amusa-t-il en faisant craquer ses doigts.
Si seulement son Azenor était là…
Heracleus envoya son poing qu’il esquiva de justesse. Mais il n’anticipa pas le second coup et recula de plusieurs pas, le nez en sang. Les passants les avaient encerclés, curieux. Le problème avec l’anonymat, c’était que personne n’allait croire que le manant mal rasé était préfet. Par contre ils semblaient tous reconnaître Heracleus. Les célébrités du peuple étaient bien plus souvent des gladiateurs et des pantomimes plutôt que ceux qui faisaient tout pour arranger leur quotidien.
Aulus se redressa et secoua ses mains. Bien bien, il le prenait comme ça ! Il attaqua à son tour en lançant ses poings devant lui, trois ou quatre fois sans même l’érafler, sous les rires du public. À présent que son adversaire croyait avoir affaire à un impotent, il put attaquer de façon inattendue, et ce fut son pied qui frappa violemment le tibia du gladiateur. Heracleus poussa un cri de colère alors que certains spectateurs commençaient à se ranger du côté d’Aulus.

*

Azenor avait réussi à arracher le sac des mains de l’homme mais n’avait pas réussi à le retenir. À force de rester sagement à la maison, elle perdait un peu sa forme athlétique. Il faudrait penser à faire de l’exercice, se reprocha-t-elle en revenant près de l’arène. Un attroupement s’était formé et des voix hurlaient Heracleus et Fulgur*. Azenor se fraya un chemin dans la foule et parvint au centre de l’agitation où le type baraqué, apparemment Heracleus, tenait contre lui le préfet, surnommé alors Fulgur, le cou en étau dans son bras. Ils étaient tous les deux bien amochés.
Azenor croisa les bras et interrogea son époux du regard. Ce dernier se crispa un peu. Il n’était pas en super posture devant elle. Alors qu’il savait parfaitement qu’elle pouvait égorger le molosse en deux trois mouvements. Il envoya ses coudes plusieurs fois dans les côtes d’Heracleus et parvint ainsi à le faire lâcher prise. Immédiatement il le poussa à terre et asséna un dernier coup de pied dans le flanc.
_ La milice ! Cria un spectateur. La milice !
_ C’est pas trop tôt, soupira Aulus.
La foule se disperça alors que Sextus débarquait avec quatre hommes, attirés par l’animation ambiante.
_ Préfet ! Tout va bien ?
_ Embarquez-moi ça, dit-t-il en passant le dos de sa main sur son front.
Azenor se rapprocha de lui.
_ Tu es sûr, ça va ?
_ Super.
Elle tapota son épaule, il grimaça.
_ Ouh non pas ici, murmura-t-il.
_ Moui. J’ai pris le sac de notre chien de l’Aventin, mais il a disparu dans la foule.
_ Ces preuves nous seront très utiles, remercia-t-il en donnant le sac à l’un de ses hommes. Il vaut mieux que tu rentres à présent, je vais rester à la caserne un moment pour le faire parler.
Elle voulut protester mais un citoyen l’en empêcha en approchant Aulus pour lui tapoter l’épaule à son tour.
_ Bravo Fulgur ! La prochaine fois je miserai sur toi !
Lex lui accorda un vague sourire mais espérait bien retrouver rapidement sa toge de préfet.

*

Ce ne fut qu’à la fin du troisième jour des Lupercales qu’Azenor vit réapparaître Aulus dans la domus, encore bien cabossé.
_ Alors ? Se dépêcha-t-elle d’aborder en l’aidant à retirer sa toge.
_ Il n’a rien dis. Et il est mort dans la matinée. Personne ne sait rien sur l’Aventin, évidemment. Nous n’avons plus rien. À part des menaces.
_ Dommage oui, dommage, commenta la princesse en retirant sa ceinture.
_ Quelqu’un a dû le tuer, mais personne n’entre comme ça dans la caserne. Sauf s’il y a un traître parmi les miliciens.
_ Comment est-il mort ? Demanda-t-elle en lui levant les bras pour retirer sa tunique.
_ Ça c’est une bonne question, il est juste mort. Aucune trace de lame, pas de poison puisque personne d’autres n’est décédé et que les prisonniers partagent la même nourriture.
_ Peut-être que l’un de tes coups lui a été fatal.
_ Possible… Tu fais quoi là ? Commença-t-il à remarquer.
_ Il ne reste qu’une nuit des Lupercales ! S’exclama-t-elle en retirant sa robe. J’ai suffisamment été patiente !
Il se retrouvait nu dans la chambre sans avoir compris son manège. La fatigue pesait beaucoup trop sur ses épaules.
_ Amour…
_ Ah nan hein ! Tu utilises ce mot seulement si tu veux ravager mon corps et non plus pour m’engueuler !
Il cligna des paupières mais ne tenta pas de discuter, il se laissa juste tomber sur le lit, rabattit la couverture sur lui et ferma les yeux.
_ Amour, juste une sieste, quelques heures, et je suis à toi…
Azenor croisa les bras.
_ Tu parles des Lupercales ! Quelle arnaque !
Elle se laissa tomber à ses côtés avec un grand soupir, mais il était bel et bien endormi. Elle s’accouda près de lui, l’air boudeur. Puis elle constata que son épaule semblait bien bleue. Elle repoussa un peu la couverture et fronça les yeux. Il était tout de même dans un sale état. Azenor eut alors une idée. Elle se leva, courut chercher l’huile parfumée et revint pour s’asseoir doucement au creux de ses reins. Il voulait un massage, il en aurait un pour ses Lupercales. Elle sentit tous ses muscles se détendre et ses épaules s’affaisser.
Au bout d’un moment, alors que l’huile avait entièrement pénétré sa peau, elle l’entendit grogner et se dit qu’il était temps de changer de côté. Elle le fit doucement rouler, il passa ses bras au-dessus de sa tête, toujours assoupi. Azenor se mordilla les lèvres. Elle avait déjà remarqué que les hommes pouvaient faire de doux rêves, provoquant quelques réactions des plus heureuses. Elle se mit donc à le caresser plus qu’à le masser, et à déposer des baisers dans son cou. À force de frotter son bassin contre lui, elle sentit qu’il était plus que prêt et elle s’emboîta lentement sur lui en se mordant la langue.
Azenor bougea, Aulus eut un gémissement guttural et entrouvrit les yeux. Il posa ses mains sur sa taille.
_ On peut savoir ce que tu fais ? Tu serais pas en train de me violer ?
Elle se pencha pour l’embrasser.
_ Rendors-toi, je vais t’aider à faire de beaux rêves.
_ Et manquer cette dernière nuit des Lupercales avec toi ?
Il se redressa pour la serrer contre lui, mais il la laissa diriger, ne souhaitant pas faire de gestes brusques. Il souhaitait surtout s’abandonner entièrement à ses ondulations de bassin qui lui tournaient toujours autant la tête.
_ Nous n’avons qu’une nuit… malheureusement, souffla-t-elle en poussant des plaintes.
Excité, il saisit plus fermement sa taille.
_ Trois jours et trois nuits… comme promis !
_ Oh oui ! C’est bon oui !





Fin





les Lupercales
(fête romaine s’étalant du 13 au 15 février)
les Saturnales (fête romaine du solstice d’hiver, ancêtre de Noël)
l’Urbs (« la Cité », Rome)
le Champ de Mars (vaste étendue au nord de Rome, en dehors de l’enceinte historique de Rome)
l’Aventin (l’une des 7 collines de Rome)
les collèges (associations regroupant des métiers ou des quartiers)
mirmillon (gladiateur se battant avec un glaive et un bouclier, un casque et une protection au bras)
thrace (gladiateur se battant avec une dague courbe, un bouclier et deux jambières)
Fugur (« l’éclair »)


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Chlo
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MessageSujet: Re: L'arnaque des Lupercales (fic Saint-Valentin hors concours)   Lun 20 Fév 2012 - 0:33

Rohhhh

Rohhhhhhhhhh


Rohhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!

J'adore Laughing

L'arnaque, c'ets sûr que là :lol:trois nuits de débauche qui finissent comme ça, y a vraiment de quoi s'arracher les cheveux! Et pour finir à tenter de trouver des méchants Laughing

Azenor est fortiche quand même pour faire plein de paris et même pas savoir ce qu'il va se passer dans sa ville. Et son style' j'en parle pas comme ça pas de ralerie du mari" mdr

Très mignon au final. De l'humour mais surtout de la tendresse. Miam!

Accor!

Accor!

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Alexiel
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MessageSujet: Re: L'arnaque des Lupercales (fic Saint-Valentin hors concours)   Mar 21 Fév 2012 - 0:16

Hihihihi !!! Shuffling Excited

Je les adore tes fics romaines, elles sont tops ! Je suis méga-fan !

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L'arnaque des Lupercales (fic Saint-Valentin hors concours)
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