Shivers : le forum du chlex

D'abord unique forum français entièrement dédié au couple Chloé/Lex de Smallville, Shivers se tourne aujourd'hui vers l'écrit sous toutes ses formes !
 
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 The heiress of Arcadia

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Sixpence
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MessageSujet: The heiress of Arcadia   Dim 30 Mai 2010 - 0:42

Voilà après de nombreuses hésitations je "poste" cette fic ici aussi, enfin si on peut dire.
Je crée seulement le topic en réalité avec le lien ci-dessous
--> http://six17.webs.com/fanfictionsencours.htm#314211489
qui mène directement à l'histoire sur mon site. Aujourd'hui cette fic compte 18 chapitres.

J'attends de voir s'il y a sur le forum des amateurs de fics historiques.

Pour vous faire un petit topo il s'agit d'une fiction fantastico-médiévale très inspirée du Seigneur des Anneaux en passant par Narnia et d'autres...
Les seuls éléments "fiables" que je reprends c'est le Chlex même si les noms vont quelques peu différer.

Ce topic me servira principalement à faire des news comme par exemple l'ajout de nouveaux chapitres si je vois qu'il y a des intéressés. Je posterai aussi des fanarts à l'occasion !

Sur ce, bonne lecture !

Et puis j'en profite pour faire une méga promo de wall assez suggestifs que je ne voulais pas trop dévoiler jusque là...(je pensais pas qu'il y en aurait autant mdr)

Je vous met le premier en image car c'est le dernier né de ma looooongue collect' de wall pour cette fic et les autres en liens.



http://illiweb.com/fa/pbucket.gif
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Alexiel
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Dim 30 Mai 2010 - 0:49

Moi je suis fan !

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 2 Juin 2010 - 9:48

moi aussi, fan ^^
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Chlo
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 2 Juin 2010 - 19:20

Idem ici ^^

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Sixpence
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 2 Juin 2010 - 21:34

Very Happy Le chapitre 19 est en cours les filles ! grosso modo je dirai que 50% est fait !
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Sixpence
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Dim 1 Aoû 2010 - 20:53

Après des mois d'absence sur cette fic, le chapitre 19 est posté !

--> http://six17.webs.com/fanfictionsencours.htm#314211489

Bonne lecture
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Lun 16 Aoû 2010 - 18:47

C'était pas le jour mais tant pis je préfère dire les choses telles que je les pense.
Je constate que la plupart des autres fics postées sur ce forum continuent à être commentées, moi ça fait 15 jours que j'ai posté, pas un feed. Bon, j'en tire les conclusions qui s'imposent.
J'ai une suite de prête, mais je n'ai pas spécialement envie de continuer à poster sans encouragements. Moi aussi j'ai une vie. Si j'écris encore c'est peut-être pour moi mais aussi pour faire plaisir aux inscrites. Peut-être est-ce inutile que je me donne encore du mal.
Voilà coup de gueule est fait.
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Alexiel
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Lun 16 Aoû 2010 - 19:00

Alors, je comprends ton coup de gueule et je ne remets pas en cause ce que tu dis, mais j'aurais juste deux petits trucs à dire, d'abord que pour l'instant c'est les vacances et que le forum tourne au ralenti et deux, je pense que le faite que tu ne postes qu'un lien extérieur, n'aide pas les commentaires, puisque ça demande de faire des "efforts" (tu obliges les gens à aller sur un autre site et à revenir sur le forum pour feeder, pas forcément la meilleure tactique) en plus et globalement l'internaute est feignant.

Je comprends que tu veuilles drainer des visiteurs vers ton site et que tu n'es pas envie de rapatrier les choses ici pour plein de raisons, je ne te fais aucun reproche, mais j'ai peur que ça n'incite pas aux feeds.

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Lun 16 Aoû 2010 - 19:42

je plaide coupable, j'ai un retard monstre dans la lecture et quand j'ai 20 mn pour lire, j'avoue que je m'en tiens à des OS ou des chapitres courts parce que j'ai du mal à m'investir dans une histoire complexe en ce moment

je ne peux que t'inciter à continuer parce que cette fic est super et que ça serait terriblement dommage de ne pas la finir, mais je ne peux pas dire quand je reprendrai

Courage, je sais que c'est pas facile de trouver la motivation quand on manque de feeds
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Chlo
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Lun 16 Aoû 2010 - 20:12

Ben, je viens de rentrer de vac et je comptais me mettre à jour cette semaine... Wait and see

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 18 Aoû 2010 - 18:00

Rohhhhh c'est sur que le départ de calya qui cherche qui est elle au fond va etre une fameuse épreuve et bon... ils vont vachement changer tous les deux. l'une va apprendre à se découvrir et l'autre va devoir défendre son royaume aussi quoi. On va avoir du pain sur la planche. Et le pauvre Viktor et ses bandages, j'ai pas pu m'empêcher de ricaner en l'imaginant tenter de se dépêtre avec lol

Et son pouvoir d'empathie est assez intéressant même si ça risque de lui jouer des tours selon moi.Les surplus d'émotions et les foules vont etre un calvaire.

Ah ben voilà, un super chapitre, sadique à souhait à la fin. mais euhhhh ramène tes fesses! je veux savoir comment va se passer le départ non mais!

Sixette (pas mal hein comme surnom) ramène ta belle gueule!

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Sixpence
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MessageSujet: Chapitre 20   Ven 19 Nov 2010 - 22:56

Very Happy Bonsoir,
Je suis contente ce soir de pouvoir enfin poster quelque chose, ça faisait un moment encore que rien n'avance dans les fics.
Voilà le chapitre 20 qui marque la fin de la première partie de l'histoire, je le sens comme ça, et le tout agrémenté d'un nouveau montage !

Bonne lecture !






Chapitre 20 : The escape

Réunis dans le cabinet de travail du roi depuis plusieurs heures, les deux princes, Witchard, Lydéric ainsi que le roi avaient longuement débattus sur la guerre contre les Barbarians et à présent le sujet du départ de Calya était enfin abordé. Une carte était dépliée sur toute la longueur d’une table et rapidement, une cacophonie de voix d’hommes s’éleva. Chacun voulait à tout prix faire entendre sa vision des choses et proposer la meilleure route à suivre.
Voyant l’exaspération de la princesse, Lionel ordonna le silence et suggéra que les idées soient énumérées à tour de rôle. Tout naturellement, il donna en priorité la parole à son fils ainé qui connaissait le royaume comme sa poche. Celui-ci s’avança et fit glisser son doigt sur la carte en suivant le chemin le plus judicieux à ses yeux tout en expliquant que la seule réelle menace à prendre en compte était les Traqueurs.
_Ce qu’il faut avant tout c’est favoriser une course rapide mais également très praticable pour les chevaux.
_Est-ce vraiment la meilleure solution de se mettre à découvert dans les plaines ? Interrompit Lydéric en comprenant immédiatement le plan d’Alexandre.
_Les Traqueurs devront eux aussi se montrer s’ils ont l’intention d’attaquer. Il est hors de question que nous risquions d’aller nous cacher et de tenter de progresser en passant par les forêts, là où une embuscade est à craindre. Nous devons atteindre Deep Forest qui se trouve à l’autre bout du royaume alors toutes les précautions sont bonnes à prendre.
Lydéric finit par acquiescer, d’accord avec le prince.
_De combien d’hommes aurons-nous besoin ?
_Une dizaine suffiront amplement. Décida Alexandre.
_Dix hommes ! S’exclama Witchard.
_Et bien ?
_Alexandre, si les Traqueurs devaient effectivement vous attaquer il vous faudra plus que dix hommes pour repousser l’assaut !
Il considéra les remarques du conseiller, prit un instant pour réfléchir et changea d’avis pour s’en remettre à ses conseils.
_Et de combien d’hommes aurais-je besoin d’après vous ?
_Par mesure de sécurité partez avec une trentaine de soldats. Vos assaillants ne seront pas moins nombreux s’ils ont bien prévu une attaque.
_Soit.
Alexandre apprécia un moment de silence et comme personne ne chercha à prendre la parole, le plan fut considéré comme accepté par tous. Lydéric salua le conseil avant de quitter la pièce. Il avait encore du travail pour choisir trente hommes pour cette mission qui s’annonçait dangereuse.
_Prends moi avec toi ! S’il s’agit de mettre Calya en sécurité je veux en être ! Implora Lucas.
_Non petit frère. Je m’attendais à une telle demande mais réfléchit, s’il devait m’arriver quelque chose je veux que tu sois ici pour prendre le relai.
Cet argument suffit largement à convaincre le cadet. Il n’avait pas considéré les événements de cette façon et donc il n’insista pas davantage.
_Calya, nous ne t’avons pas entendu jusqu’à présent. Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais dire ? Fit remarquer Alexandre.
Jamais à court de paroles, il était en effet assez perturbant d’être face à une Calya si passive face au débat qui avait lieu et qui la concernait au premier plan. En réalité, la jeune femme n’écoutait ce qui se disait que d’une oreille. Tous les sens en éveil, elle percevait dangereusement la tourmente dans laquelle se trouvait le conseiller. Comme s’il pressentait certains événements à venir. Il n’avait pas parlé sans réfléchir tout à l’heure. D’après ce qu’elle pouvait savoir, il avait suggéré trente hommes en parfaite connaissance de cause. Il savait ce qui arriverait. Cette nouvelle la chamboulait plus que son imminent départ désormais. Elle qui avait placé sa confiance en cet homme qui lui avait tant appris, qui avait tant enseigné aux princes et que le roi suivait dans ses conseils, aujourd’hui elle découvrait sa duplicité. N’était-il donc qu’un traitre ? Immédiatement elle pensait aux émotions si négatives ressenties il y avait maintenant un mois pour le nouvel an. En était-il le responsable ? Elle ne pouvait pas le prouver mais tous ces signes étaient plus qu’inquiétants.
_Je suis d’accord. Répondit tardivement et brièvement Calya en acquiesçant.
Alexandre se tourna ensuite vers son père pour être certain d’avoir son aval. Lionel n’avait rien dit lui non plus, il savait son fils parfaitement capable de mener à bien cette mission sans devoir intervenir. Il mit donc un terme à cette épuisante réunion en réclamant à ce que Calya reste un moment. Elle vint s’asseoir près du roi sans savoir quoi lui dire, sachant qu’ils ne se reverraient pas avant longtemps.
_Je devine tes pensées.
_Pourquoi dites-vous cela ?
_Je ne suis plus aussi vigoureux ni aussi fort que je l’étais lors de notre première rencontre. La vieillesse me gagne, rapidement. Mais je ne suis pas inquiet, mes fils sont prêts à me succéder.
_Ne parlez pas comme si votre vie était terminée. Dit-elle en posant une main bienveillante sur le bras du roi.
_Si elle ne l’est pas cela ne saurait tarder. La tienne commence à peine et je sens une grande force grandir en toi. Je constate l’évolution depuis ton arrivée ici.
Calya ne put réprimer un sourire alors qu’une foule de souvenirs lui revenaient en tête.
_J’ignore si vous êtes la meilleure personne à qui je puisse me confier. C’est au sujet d’Alexandre.
En effet, il ne s’attendait pas à ce qu’elle souhaite aborder ce sujet.
_J’ai été le premier à condamner votre histoire, je ne pensais pas que mon fils pourrait se montrer digne de toi.
_Digne de moi ?
_Tu commences à peine à pressentir la femme que tu vas devenir. Ton existence à elle seule annonce tant de changements ! Alors que pouvait bien représenter l’affection qu’Alexandre te porte ?
_Auriez-vous changé d’avis ?
_Il sait ce que tu représentes et malgré cela, il est là pour toi.
_Alors il ne m’oubliera pas ?
_Je n’ai pas de réponse. Mais qui sait, peut-être l’oublieras-tu malgré toi.
Calya laissa un silence pesant s’installer derrière cette éventualité qui ne lui aurait jamais effleurée l’esprit.
A l’aide d’une canne, le roi se leva de son fauteuil et conseilla à la princesse d’aller se reposer. Instinctivement, elle enroula ses bras autour de Lionel, le remerciant encore une fois de toute l’aide et du soutien qu’il lui avait apporté.
_C’est moi qui te remercie, ma fille.
Bouleversée par cette appellation, Calya força un sourire avant de quitter la pièce en se pinçant les lèvres, les larmes aux yeux.

Le lendemain soir, Calya et Alexandre se retrouvèrent dans les écuries, tous deux attelés à sceller leurs chevaux, en silence. Aucun d’eux n’avait dormi la nuit précédente, lovés l’un contre l’autre et aucun n’avait cherché à perturber le repos de l’autre. Finalement ils garderaient un bien étrange souvenir de leur dernière nuit passée ensemble. La tension était palpable et les chevaux commençaient déjà à s’agiter. Calya passa quelques minutes à calmer Haras qui en plus devait s’habituer à son nouvel équipement.
Sans la surprendre, Alexandre emprisonna une main de Calya qui se laissa guider dans un endroit un peu plus sombre. Devinant ce que le prince réclamait, la princesse s’accrocha désespérément à la nuque de son amant de sa main libre et fonça sur sa bouche avant de se retrouvée plaquée dos contre un mur.
_Calya…
_Non tais toi ! Ordonna-t-elle.
Plus que leur corps, leur cœur se déchirait à l’idée de cette séparation. Les langues se mêlaient avec passion, les mains s’agrippaient avec force et le besoin de se dire adieux était plus pressant que tout le reste. Dans un dernier effort, seuls quelques vêtements furent soulevés ou retirés pour satisfaire cet appel incontestable au plaisir brut et authentique.
Seulement quelques minutes plus tard, ils étaient retournés chacun de leur côté, remplissant leur sacoches de nourriture. Plus chargée, Calya avait emballé quelques effets personnels avec précaution. Prête à partir, elle savait qu’elle ne pouvait pas rester silencieuse sur ce qu’elle savait, même si cela contribuerait à affecter Alexandre.
_Il faut que je te mette en garde.
_Contre quoi ?
Alexandre s’était rapproché de Calya et lui massait la nuque.
_A la soirée du nouvel an, souviens-toi je me suis soudainement sentie mal à l’aise. J’ai clairement sentie que quelqu’un avait de mauvaises intentions contre nous. Je n’ai jamais pu savoir de qui il s’agissait mais…
_Mais…
_Je peux me tromper, je l’espère, je ressentais l’angoisse de Witchard, les Traqueurs vont nous surprendre cette nuit c’est évident ! Et il le sait !
_Que je comprenne bien. Tu suggères que Witchard nous ait menti, alors qu’il m’a persuadé de prendre une trentaine d’hommes justement pour assurer notre défense en cas d’attaque. Calya je ne remets pas en cause tes dons mais avoue que cet argument ne tient pas la route.
_Je sais, c’est étrange, ça n’a pas de sens, mais s’il te plait, au moindre signe étrange, surveille le ! Je n’ai pas confiance.
_Je le ferai, au besoin. Maintenant s’est à toi de m’écouter. Dit-il sérieusement en posant ses mains sur ses épaules.
_Tu ne veux pas d’adieux, je le sais ! Coupa-t-elle.
_Nous nous sommes mis d’accord mais il ne s’agit pas de ça. Si nous devions être attaqués sur la route, tu devras suivre mes ordres à la lettre. Si je te dis de poursuivre ton chemin sans te retourner tu devras le faire. Si tu devais m’abandonner fais-le ! Je viens pour te permettre de rejoindre Deep Forest.
Assimilant difficilement ces directives, Calya acquiesça, comprenant parfaitement l’enjeu de cette mission.

Alexandre et Calya étaient les derniers attendus. Lydéric avait déjà rassemblé ses hommes, tous montés sur leurs chevaux. En prenant la tête du groupe, le prince fit un signe de tête à son capitaine et ils quittèrent la cour pour rejoindre le pont levis qui s’abaissait déjà suite aux ordres d’un soldat. Passant cette barrière, Calya fut envahit de frissons à l’idée de quitter cet endroit, craignant de ne plus y revenir.
Dès que les troupes furent en dehors du château, Alexandre fit prendre une allure plus rapide à son cheval jusqu’à l’entraîner à galoper et les soldats le suivirent dans ce mouvement. Avant de les imiter, la princesse se tourna pour voir la le palais puis la tour d’Argent rapetisser très rapidement sous ses yeux et sans se laisser submerger par la tristesse, elle rejoint Alexandre aux devants en un rien de temps.
Ils galopèrent ainsi en surface plane pendant une heure jusqu’à rencontrer une rivière qu’ils devaient absolument traverser. Fort heureusement, le courant n’était pas violent et il semblait que les chevaux appréciaient un tel rafraichissement après de longs efforts. Certains redoutaient un peu de s’engager aussi profondément et ralentirent donc le groupe. Mais le prince se montra compréhensif. Il descendit même de sa propre monture pour venir en aide aux animaux les plus récalcitrants ainsi qu’à leur cavalier. Mieux valait éviter de perturber ces chevaux capables de se blesser inutilement.
Une fois tout le monde sur la même rive, ils purent repartir à un rythme moins rapide et à quelques mètres plus loin, une mauvaise surprise pourtant prévisible s’annonça à eux.
En voyant en face d’eux cinq Traqueurs eux aussi à cheval, Calya eut un horrible souvenir de sa première confrontation avec l’un d’eux. La même peur s’empara d’elle en les fixant, recouverts de noir et de leur casque en forme de tête de loup.
Préparés à cette attaque, Lydéric et Alexandre communiquèrent à nouveau par gestes et le capitaine s’engagea violemment dans un combat avec quatre de ces hommes pour équilibrer les forces, permettant au groupe restant de poursuivre leur route. Décontenancée, Calya se laissa guider par la voix du prince qui lui hurlait de le suivre. Elle n’avait pas été mise au courant de ce plan de défense. Elle trouvait tellement injuste que des soldats aient été choisis pour partir en mission suicide seulement pour la faire quitter le royaume. Son instinct lui dictait de faire demi tour pour leur venir en aide mais la raison reprit le dessus et elle força Haras à reprendre sa course initiale. Elle espérait seulement qu’il ne se fatiguerait pas trop vite avec autant de changements de vitesse.
Deux heures plus tard, les cavaliers prirent la décision de descendre de cheval pour leur permettre de se reposer. Ils étaient à présent perdus au milieu du plateau le plus vaste du royaume. Cinq des hommes étaient partis en éclaireur à chaque point cardinal, aucune chance qu’ils ne soient surpris à nouveau.
Ne connaissant absolument pas cet endroit, Calya supposa qu’ils avaient parcouru une longue distance déjà et elle voudrait bien savoir où ils se trouvaient précisément seulement elle se sentait incapable d’aller poser la question au prince. Elle ressentait parfaitement son inquiétude pour les soldats restés en arrière et particulièrement Lydéric dont il était apparemment proche. Il espérait même les voir revenir d’un instant à l’autre. Inconsciemment, peut-être avait-il permis de réduire l’allure pour leur laisser une chance de les rattraper.
L’heure suivante fut marquée par un silence beaucoup trop perturbant pour tout le monde et cette tension fatiguait Calya qui était remontée sur le dos d’Haras principalement pour se reposer. Elle ne tenait plus sur ses jambes et sa tête devenait dangereusement douloureuse.
Au loin, un cor retentit, cela venait de la direction d’où ils venaient. Le signal pour les hommes de forcer à nouveau l’allure, des Traqueurs étaient en vue. Tous remontèrent en scelle et alors qu’ils allaient repartir au galop, l’un des éclaireurs parti à l’est fit son apparition en titubant. Recouvert de sang, il balbutia quelques mots incompréhensibles avant de tomber en avant, mort. Sans se laisser dépasser par les événements, Alexandre cria à ses hommes de partir à l’instant où cette fois, une dizaine de Traqueurs sortirent de nulle part, n’hésitant pas à piétiner leur dernière victime venue de la même direction.
Comme la fois précédente, dix hommes levèrent leurs épées et s’arrêtèrent pour combattre, laissant le reste des troupes poursuivre leur mission. En retrait du conflit, Alexandre fit relâcher les montures des éclaireurs encore en vie pour leur laisser une chance de s’enfuir avant d’aller se rapprocher au maximum de Calya. Epuisée, la princesse sentit pourtant une proche menace et elle comprit avant les autres qu’ils ne seraient pas tranquilles longtemps. Les Traqueurs les avaient déjà rattrapés, en nombre réduit mais ils arrivaient rapidement. Apercevant à son tour la menace, Alexandre réfléchit à toute vitesse. Il dénombra ses hommes et dû choisir d’en laisser à nouveau cinq derrière eux.

Epuisés et morts de faim, les derniers rescapés de l’expédition marchaient aux côtés de leurs chevaux qui, eux aussi, peinaient à avancer, la respiration saccadée.
Sachant qu’une longue route l’attendait encore, Calya se sacrifia et préféra donner l’eau qui lui restait à Haras qui apprécia particulièrement le geste, donnant un léger coup de tête contre la poitrine de la jeune femme.
De plus en plus inquiet pour la sécurité de la princesse, Alexandre ne la quittait plus des yeux et tâchait de rester près d’elle. Que se passerait-il s’ils devaient essuyer une nouvelle attaque ? À quatre le prince ne donnait pas cher de leur peau.
Droit devant, des collines s’élevaient sur plusieurs dizaines de mètres et dans un froncement de sourcils, Alexandre scruta l’horizon et après quelques minutes d’observation, un sourire naquit au coin de sa bouche. Au loin, au milieu de l’une des hauteurs, une brève lumière apparaissait par intermittence. C’était le signal.
_Une autre menace ? Demanda Calya, angoissée.
_Non rassure toi. Suivez-moi ! Commanda-t-il.
Tous montèrent en scelle et suivirent impatiemment le prince.
_Où allons-nous ? Questionna Calya, vexée de n’être mise au courant de rien.
_Dans un endroit où tu pourras te reposer un moment.
Cette notion de repos lui semblait tellement impossible et irréelle que Calya se laissa volontiers guider, curieuse finalement de découvrir les plans d’Alexandre. Quand elle y réfléchissait, lorsqu’on lui avait demandé son avis lors du conseil privé, elle n’avait rien eu à dire, ayant une totale confiance en Lionel et Alexandre. Et puis elle ne s’était pas non plus montrée des plus attentives, elle avait très bien pu manquer l’évocation de cette étape dans le voyage.
Les pentes de la colline étaient raides, mais heureusement le sol était sec et les chevaux avaient pu se reposer plus tôt. Par ce fait, leur ascension en était largement facilitée.
Plus ils grimpaient, et plus Calya découvrait que la roche avait été travaillée, sculptée. Des marches se formaient petit à petit sous leurs pieds et des rampes prenaient forme. Mieux encore, des ouvertures apparaissaient dans la roche d’où des hommes en sortaient et y rentraient et à trois mètres au dessus d’elle, Calya fut submergée et put admirer la haute tour de pierre qui trônait là, maîtresse de cette imposante construction. Un escalier tournant menait au sommet, véritable poste de garde stratégique et elle comprit dans quel endroit ils arrivaient.
_Bienvenue à Tyghern Monseigneur ! S’exclamèrent les personnes qui s’étaient à présents rassemblées à l’entrée de la forteresse.
Bien diminué, Alexandre était incapable de leur sourire, il se contenta de les saluer d’un signe de tête et de la main. Les pertes avaient été trop lourdes pour arriver jusque là, il ne s’était pas suffisamment préparé à cette attaque.
A peine furent-ils descendus de cheval que des écuyers se chargèrent des soins à leurs prodiguer et les emmenèrent avec eux. Calya était un peu réticente à l’idée de confier Haras de qui elle s’était rapprochée ces dernières heures mais elle n’eut pas le temps d’y penser davantage. Alexandre entoura un bras autour de ses épaules et l’encouragea à le suivre à l’intérieur. Tout impressionnait la princesse, cette forteresse creusée dans la montagne, ces installations si bien pensées et tout ce monde qui s’affairait ici.
Un dédale de couloirs se présenta à eux et le couple s’enfonça profondément jusqu’à descendre un escalier qui conduisait à une unique salle vaste, équipée en meubles, mais très sombre, donnant une sensation d’emprisonnement. Deux hommes semblaient les attendre et prirent place dans des fauteuils, bientôt imités par les nouveaux occupants.
_Nous vous attendions plus tôt votre Altesse.
_Nos troupes ont subi les attaques répétitives des Traqueurs.
A ce nom, les deux hommes ouvrir de grands yeux avant de se lancer un regard, preuve incontestable de leur stupéfaction.
_Partis à trente, nous arrivons à cinq. Déclara directement Alexandre, reconnaissant là son manque de discernement.
_Ici aucun fait troublant n’a été soulevé. Mais, soyez tranquille mon prince, vous êtes en sécurité. Répondirent-ils, faute de trouver de meilleures paroles.
_Nous ne restons que quelques heures, le peu d’hommes qu’il me reste a besoin de repos. Je ne veux pas être dérangé. Fit-il savoir avant de conduire Calya hors de cette pièce.
Revenus à leur point de départ, Alexandre s’arrêta à l’entré de la caverne et se tourna vers la princesse.
_Tu vas être amenée à ma chambre, prend le temps de te reposer. Ensuite je reviendrai avec un repas nourrissant et tu pourras me poser toutes les questions que tu voudras. Promit-il en déposant un baiser sur son front.
Calya le laissa partir et le suivit du regard alors qu’il empruntait l’escalier menant en haut de la tour de garde. Oui, elle avait hâte de se retrouver seule avec lui pour en savoir plus sur cet endroit.

Ces instants de solitudes lui parurent rapidement être des heures. Ne rien avoir d’autre à faire qu’attendre était terriblement angoissant après un voyage si dangereux et éprouvant. Elle ne réalisait pas que plus de vingt hommes étaient morts. Elle avait sous-estimé la violence des Traqueurs elle aussi. Tout son être en était perturbé, alors elle peinait à imaginer la colère d’Alexandre qui serait considéré responsable de la perte de ces soldats. Une boule se forma au creux de sa gorge et elle n’eut qu’un visage désolé à offrir au prince qui revint enfin la voir. Il apportait avec lui viande et légumes sur un plateau, mais toute cette nourriture lui retournait en fait l’estomac. Elle attendit qu’Alexandre la rejoigne sur le lit et elle l’enlaça sans trouver de mots justes à lui murmurer.
_Il faut que tu dormes, nous ne restons que quelques heures.
_Puis-je au moins savoir où nous sommes ?
_C’est une forteresse construite lors de notre première guerre contre les Barbarians. Nous l’avons scrupuleusement gardée secrète depuis lors. C’est pourquoi mon père a omis d’en parler lors du conseil. Il n’a évoqué la question d’une halte qu’avec moi et en privé. C’est aussi un point de repère pour les soldats. Je souhaiterais, il n’est pas impossible de penser que…
_Tu espères que certains s’en soient sortis, et parviennent à nous rejoindre. Comprit-elle.
Très concernée par l’inquiète palpable du prince, Calya fit son possible pour lui apporter du réconfort, même par une simple caresse.
Il la remercia d’un baiser sur le front avant d’aller grignoter quelque chose puis de se débarrasser de son armure et de sa côte de maille. Il soupira d’être un peu soulagé de cet énorme poids et il retourna sur le lit, pour s’y allonger cette fois. Calya vint se blottir contre lui, appréciant plus que n’importe quoi ce contact humain si particulier. Une fois sa tête posée contre le torse d’Alexandre, la jeune femme n’eut aucun mal à trouver le sommeil.
Un peu plus tard, Alexandre fut tiré du sommeil par des coups donnés contre la porte, accompagné d’une voix qui murmurait.
_Monseigneur, levez-vous, Monseigneur !
En prenant bien garde à ne pas réveiller aussi Calya, le prince attrapa son oreiller qu’il cala sous la poitrine de la jeune femme en compensation de son corps contre lequel elle s’était reposée. Il se rhabilla en vitesse avant de sortir de la chambre et trouva un jeune valet porteur d’un message.
_Quelles nouvelles apportes-tu ?
_Un groupe de cavaliers arrivent, ils ont donné le signal de reconnaissance.
Croyant difficilement à une telle information, Alexandre imposa une main sur l’épaule du jeune garçon, le toisa du regard avec de grands yeux ébahis et il constata qu’il n’y avait pas de mensonges sur son visage. Il se précipita alors à l’extérieur et déjà, de lointains hennissements se faisaient entendre. Au pied du fort, Alexandre intercepta un soldat, en quête d’autres indications.
_Combien sont-ils ?
_Ils seraient cinq Monseigneur.
Satisfait de la réponse mais déçu du contenu, il se contenta d’un acquiescement avant d’aller à la rencontre des nouveaux arrivants en haut de l’escalier. Reconnaissant ses soldats laissés en arrière, Alexandre leur apporta main forte et vint leur prouver sa gratitude. Il ordonna à ce qu’on prenne grand soin d’eux. Dernier à arpenter la montagne, fermant la marche, Lydéric descendit de cheval, les traits marqués par la fatigue et les combats endurés. La gorge nouée, Alexandre vint enlacer son capitaine et ami qu’il désespérait de revoir.
_Tu ne t’imaginais quand même pas que je claquerai sans avoir un peu profité de mon statut ?
_Je vous ai tous envoyé à la mort sans me préparer au pire. Je ne fais décidément pas honneur à mon armée.
_On nous a tendu un piège, qui pouvait savoir ? Ne te rend pas coupable. Nous n’avons pas encore échoué.
_Les Traqueurs vont continuer à nous poursuivre. A dix nous ne sommes pas de taille à les repousser.
_Vous n’êtes que dix ! S’exclama Lydéric en agrippant le bras d’Alexandre.
_Nous sommes dix en tout ! Répéta-t-il avec dégoût.
Le prince accompagna son capitaine à l’intérieur en lui expliquant que malheureusement, ils n’auraient pas le temps de prendre de repos et il se montra reconnaissant face à la motivation perceptible chez ces retardataires pourtant blessés.
Il ordonna qu’on leur prodigue des soins rapides et qu’ils puissent manger et il s’éclipsa pour aller se préparer.
La plupart des muscles engourdis, c’est avec difficulté et douleur qu’il enfila à nouveau sa cotte de maille. Dans le lit, Calya ouvrait tout juste les yeux, groggy par un repos si court. En se levant, elle chercha les bras d’Alexandre qui l’accueillir avec douceur et une intrusion dans la chambre les distrait du bienfait de cette courte étreinte.
_Nous sommes prêts. Informa Lydéric, saluant la princesse au passage.
Bouleversée par cette apparition, la jeune femme plaqua ses mains sur sa bouche en étouffant une exclamation et interrogea Alexandre du regard. Ainsi dont il avait eu raison d’espérer.
_Ils sont quelques uns à être revenus.
Calya laissa sa joie s’exprimer et des larmes coulèrent le long de ses joues. Voir ces courageux soldats se sacrifier pour assurer sa protection lui avait déchiré le cœur et les voir revenir allait lui donner la force nécessaire de terminer ce voyage.

Après un dernier signe de salutations, les dix rescapés reprirent la route avec pour unique but, atteindre Deep Forest. Ils s’engagèrent sur une route creusée dans la montagne permettant de la traverser en son centre. Au moins à travers ce chemin escarpé, ils savaient que les Traqueurs ne se montreraient pas, leur marge de manœuvre en serait trop réduite. Calya réalisait qu’en dépit de leur soif d’extinction de tous les loups, ces dangereux ennemis usaient des mêmes stratégies d’attaques, ils attaquaient en meutes organisées.
Soudainement agressée par le froid, la princesse réalisa qu’à présent, il était impossible de voir à plus de cinq mètres devant soi. Un brouillard très épais les surprit et Alexandre interdit aux cavaliers de s’éloigner. Heureusement pour eux, le sentier avait été agencé de façon à faciliter la traversée de la montagne, notamment pour des cavaliers. Plus qu’avancer, il s’agissait maintenant de rester parfaitement concentrer dans cet environnement devenu plus hostile. Dans de telles conditions, une mauvaise surprise n’était pas à exclure. Calya imita le réflexe d’Alexandre et posa sa main sur le fourreau de son épée, sécurité qu’elle espérait être également copiée chez les soldats derrière elle.

Après deux longues heures de marche à travers la montagne brumeuse, les cavaliers entamèrent leur descente à travers des chemins glissants et escarpés. Tendu, le petit groupe attendait avec impatience de regagner la plaine. Le brouillard les avait énormément ralentis et à présent, ce nouvel obstacle mettait leurs nerfs à rude épreuve. Constatant la difficulté des animaux à progresser dans un tel milieu, Calya suggéra que les chevaux soient détachés, la princesse préférait éviter tout risque d’accident. Si l’un des chevaux était amené à glisser, au moins les autres ne seraient pas entraînés dans la chute. Chacun s’affaira donc à détacher sa bête et Calya prit quant à elle un petit instant pour caresser et murmurer des paroles réconfortantes à Haras qui apprécia grandement l’attention. Non loin d’elle, Alexandre sourit à la jeune femme. Il était toujours en admiration devant son comportement si vigilant.
Ils reprirent leur route et au plus dur de la descente, les cavaliers passèrent devant pour guider l’avancée des chevaux récalcitrants à mettre un sabot devant l’autre. Et puis, subitement, les animaux s’agitèrent, hennissant et tentant de se dégager de l’emprise de leurs maîtres qui maintenaient les rennes avec fermeté. Quelques secondes s’écoulèrent avant que Calya ne comprenne tout. Ils n’étaient pas seuls ici. Le groupe subissait toujours les inconvénients de ce brouillard qui ne s’était que partiellement dissipé, mais la jeune femme perçut très distinctement une voix qu’elle seule pouvait entendre.
_Ils vous ont repéré. Ils attendent au pied de la montagne.
Cette nouvelle terrorisa Calya. Ils n’étaient pas prêts. Ils n’avaient aucun visuel et donc aucun moyen de dénombrer leurs adversaires, aucun moyen de prévoir l’assaut.
_Que devons-nous faire ?
_Nous allons les retenir, mais soyez prêts, c’est toi qu’ils sont venus chercher.
_Calya ! Appela Alexandre pour la troisième fois.
_Les Traqueurs attendent en bas, tenez-vous prêts à vous battre ! S’exclama-t-elle.
Personne ne comprenait vraiment ce qu’il se passait. Les chevaux se calmaient mais une menace plus grande les attendait. Alexandre lança un regard à Calya. Lui se doutait de ce qui était arrivé, il se rappelait des confidences de la princesse. Des chevaux qui s’agitaient et une absence d’esprit, des loups devaient être tout proche et avaient communiqués la présence des Traqueurs.
Dans un même mouvement, les épées furent dégainées et les boucliers sortis. Alexandre avait un mauvais pressentiment. Comment pouvaient-ils avoir une chance de s’en sortir dans une telle configuration ? Pour le moment rien ne leur permettait de se mettre en ligne et sortir les arcs était inutile sans vision par l’avant.
_Alexandre.
Lydéric était descendu de cheval pour rejoindre le prince.
_Dès que nous aurons touché terre, laisse les soldats partir devant et vous protéger toi et la princesse.
_Tu es fou, je ne vous laisserai pas cette fois !
_Il faut s’en tenir au plan initial, se sont tes directives ! Nous retiendrons les Traqueurs, toi, fonce avec Calya jusque Deep Forest.
Sans attendre de réponse, le capitaine remonta en scelle, sachant pertinemment qu’il avait raison.
Plus tendue que jamais à l’idée d’affronter à nouveau ces adversaires qui l’effrayait, Calya échangea un regard avec Alexandre.
_Lydéric a raison. Appuya-t-elle avec fermeté.
Un hurlement retentit en contrebas. Calya attendait ce signal puis le prince prit le relais en ordonnant l’assaut.
En débarquant dans la plaine, tous purent constater que le brouillard était moins épais et les ennemis à portée. Les canidés avaient déjà bien entamés le combat, ils étaient venus nombreux. Calya avait du mal à comprendre la raison d’une si grande loyauté envers sa seule personne.
Comme prévu, les huit soldats rescapés s’engagèrent à leur tour dans la bataille et ils avaient bon espoir car en surnombre par rapport aux cavaliers adverses qui n’étaient que six. Avec les loups comme alliés, la victoire leur était favorable.
Restés en arrière, Alexandre et Calya souhaitaient eux aussi participer avant de filer. Arc et carquois sortis, ils jouaient les archets avec une étonnante précision. Trois de leurs ennemis étaient touchés mais, ils ne pouvaient retarder plus longtemps leur départ. A contre cœur, ils laissèrent à nouveau derrière eux leurs compagnons et lancèrent leurs montures au galop pour une dernière chevauchée jusqu’à l’immense forêt qu’ils apercevaient déjà.
Seulement quelques instants plus tard, Calya faillit perdre tout contrôle sur elle. Le cauchemar n’était pas terminé. Elle hurla le prénom de prince qui aperçut tout comme elle trois Traqueurs qui cherchaient à les encercler.
Alexandre n’eut pas à réfléchir, il avait envisagé cette situation, mais pas que le danger serait aussi extrême. Il se rapprocha alors au maximum de Calya pour s’assurer qu’elle comprenne parfaitement ce qu’il s’apprêtait à lui dire.
_Tu te rappelles ce que je t’ai demandé avant de quitter le palais ?
Horrifiée, Calya se souvint de sa promesse mais elle n'imaginait pas abandonner Alexandre à son sort.
Seul contre trois, même si elle le savait puissant, il n'était pas en mesure de venir à bout de plusieurs Traqueurs, surtout après un voyage aussi épuisant.
Ils n’avaient plus le temps. Sans lui laisser le choix, Alexandre donna un violent coup de cravache à Haras qui se cabra avant de partir au galop. Malgré les efforts de Calya, elle ne parvint pas à l'arrêter ou le forcer à faire demi-tour, il filait droit dans les bois.
Impuissante, Calya se retourna pour voir Alexandre se battre énergiquement contre ses ennemis jusqu'à ce qu'il soit désarmé. Il tomba d’abord de cheval et fut rapidement mit à terre. Calya pu voir très nettement les Traqueurs le frapper de plusieurs coups d'épée.
En pénétrant dans la forêt, Haras fut ralenti par l'abondance d'arbres et de végétation et sa cavalière finit enfin par le maîtriser. En pleurs, elle chercha à tout prix à le faire faire demi-tour mais l'animal était trop effrayé par ce nouveau milieu.
Rapidement et par désespoir, Calya se chargea en armes et partit en courant pour secourir Alexandre même si, au fond d'elle, elle savait que les Traqueurs l'aurait battu à mort.
Elle ne sentit même pas les blessures des branches sur son visage, elle fonça droit devant en ne pensant qu’à Alexandre, plus rien ne comptait. Elle fut stoppée dans sa course, heurtant violemment quelque chose qui la fit tomber en arrière. Ce ne fut qu’en relevant la tête qu’elle comprit qu’elle venait d’être appréhendée par un loup qu'elle connaissait bien. Elle se dégagea rageusement pour repartir, n’ayant déjà plus en tête l’aide apportée tout à l’heure.
"Ne fait pas ça malheureuse"
_Il va mourir si je ne vais pas à son secours ! Hurla-t-elle entre ses sanglots.
« Il est déjà mort. Quelle chance avait-il seul contre trois Traqueurs d'après toi?"
Anéantie, Calya lâcha son épée, tomba dans l'herbe et laissa sa souffrance s'exprimer.
"C'était sa mission de te permettre d'accomplir la tienne."



A suivre…
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Sam 20 Nov 2010 - 14:51

superbe mais tu vas pas nous laisser comme ça hein?! Résurrection demandée Razz non mais oh Razz

nannnn quoi! Pas de mort! Interdit!

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Dim 19 Déc 2010 - 21:06

Je suis toujours aussi fan.
Please la suite.
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:10

Embarassed Vous avez le droit de dire "eeeeeeeeeeeeenfiiiiiin" ! Et oui, après 6 mois de silence radio, voilà un nouveau chapitre et des news sur cette fic !
Mes post laissent à désirer, je le sais bien, mais comme j'avance petit à petit toutes mes fics, les suites arrivent tardivement. Et cette fois ne fera pas exception, je suis en mode sadique mouahahahaha !
Tout ce que j'espère c'est vous promettre un chapitre 22 dans moins longtemps, le plan est fait, me reste juste à l'écrire !

en tout cas, voilà déjà le chapitre 21, alors bonne lecture et merci à Alexiel pour sa relecture !





Chapitre 21 : Adventure in Deep Forest

Anéantie, Calya suivait aveuglément le loup. Marchant à une allure très lente, la jeune femme tenait d’une main les rennes d’Haras, satisfait du rythme d’avancée après des heures de course. De l’autre main, la princesse comprimait entre ses doigts le fourreau de son épée. La tête baissée, elle apercevait à peine ses pieds tant elle avait pleuré. Sa vue était complètement brouillée et son esprit chaotique. C’était comme si tous ses souvenirs avec Alexandre s’effaçaient plus elle songeait à lui. Ses grands bras ne l’enlaceraient plus, sa présence ne la rassurerait plus. Et puis, elle s’enfonça davantage dans la dérision, se mettant d’affreuses pensées en tête. Si elle n’était pas entrée dans sa vie, dans la vie de cette famille, Cargaran n’enterrerait pas son prince.

Plus qu’agacé de ne pas progresser plus que cela dans un environnement aussi peu fiable, l’animal grognait plus que de raison. Il n’avait pas envie de discuter avec la princesse. Il pouvait ressentir toute la douleur de son chagrin. Jamais elle n’aurait dû s’attacher ainsi à un homme. Un homme mortel qui plus est. Elle aurait dû commencer son apprentissage bien plus tôt, ne pas prendre d’habitudes de vie auprès de cette famille qui l’avait connue enfant.
Bientôt, le jour laisserait place à la nuit, et en conséquence, ils devaient s’arrêter. Pour se calmer, le loup enfonça longuement ses griffes dans le sol. Ils venaient de perdre une journée de voyage.
Évidemment, Calya n’entendait rien lorsqu’il lui somma de s’arrêter, il dû montrer les crocs devant le cheval, et encore, avec difficulté puisque le quadrupède s’était habitué à sa présence. Ainsi, la jeune femme fut forcée de s’arrêter et s’effondra sur le sol avant de s’allonger dans un tapis d’herbe. Elle ne se rendait même pas compte qu’elle avait froid, et sûrement pas qu’elle avait faim. Ils n’avaient rien mangé.

Connaissant assez bien les dangers de ces bois, le loup n’osait laisser la princesse seule et pourtant, il devait chasser. Absolument pas rassuré, il s’éloigna à reculons de manière à garder Calya le plus longtemps dans son champ de vision. Il tâcherait de ne pas aller très loin. De toute façon, les biches et les chevreuils abondaient par ici.
Au maximum, il resta tapit dans les fourrés. Mieux valait ne pas se faire repérer seul. Accompagné de la princesse, il se savait un minimum en sécurité, mais là ce n’était plus le cas. Cette forêt n’était pas son territoire, les loups n’avaient rien à y faire. D’autres créatures en avait fait le leur et elles ne comptaient pas parmi ses alliés. D’ailleurs, il était vital que Calya reprenne ses esprits, il en allait de leur survie à tous les deux. Le loup ne se faisait guère d’illusions, ils seraient repérés tôt ou tard par les maîtres de ces lieux et il n’avait aucune idée de la réaction que leur présence allait provoquer. Ambrosinus avait anticipé sur la réticence des Traqueurs à pénétrer à Deep Forest, ils auraient poursuivis Calya sans fléchir s’ils avaient emprunté un tout autre itinéraire. Mais, avait-il songé aux épreuves qui attendaient la princesse ici ? Où bien se risquait-il à jouer sur son identité qui pourrait lui garantir un voyage moins périlleux ?
Tous les sens en éveil, les oreilles du loup se dressèrent à l’approche d’un chevreuil. Il se rapprocha encore en rampant et resta allongé, attendant un rapprochement de sa proie. Inconsciente que sa mort était proche, la jeune bête continua à s’avancer pour venir paitre là où la verdure était abondante. Cette fois, l’angle d’attaque était parfait. Le loup planta ses griffes dans le sol avant de bondir hors de sa cachette, se jeta sur l’animal et lui porta un coup mortel à la gorge. Et, pour s’assurer qu’il l’avait bien tué, il planta ses crocs à l’endroit même de la première blessure. Voilà une belle satisfaction après une si mauvaise journée. Et encore, le plus difficile restait à faire. Il ne pouvait pas déplacer cette bête tout seul même si leur camp n’était pas loin. Alors à moins qu’un adversaire plus puissant vienne lui chiper son butin, il n’avait pas d’autre choix que d’aller chercher Calya.

La princesse ne réagit même pas à son arrivée. Elle était toujours allongée dans l’herbe, sur le dos et les bras sous la tête. Elle regardait la cime des arbres et leurs épais branchages qui obstruaient le ciel.
- Debout ! Ordonna-t-il.
Toujours aucune réaction. Il était plus qu’exaspéré. Il en venait même à se demander ce qu’Ambrosinus comptait tirer de cet individu entêté.
- J’ai dit, debout ! Grogna-t-il en venant se placer au dessus de son visage.
- Je n’ai plus envie de te suivre. À quoi bon ? J’ai provoqué la mort de trente hommes en une seule journée alors que je ne suis rien !
- Oui, tu es un être semblable à tous les autres, mais tu parles à un loup, loup d’ailleurs qui n’a pas hérité du don de la patience.
- Alors laisse-moi ici. Je ne suis qu’une seule personne après tout, comment pourrais-je avoir un jour la moindre influence sur ce monde ?
- Crois-tu que ton père serait fier de t’entendre dire de telles choses ? Et ce prince ?
- NE ME PARLE PAS DE LUI ! Hurla-t-elle en se redressant, de nouvelles larmes coulant en abondance sur ses joues.
- Il croyait en toi lui aussi !
Complètement oppressée, Calya prit sa tête entre ses mains et fit les cents pas en maugréant. Évidemment, il avait raison, trop de monde comptait sur elle, mais sa peine était trop grande pour qu’elle ait les idées claires pour affronter cette nouvelle étape de son voyage.
- Que dois-je faire ? Supplia-t-elle, espérant que son guide de fortune puisse lui apporter une réponse.
Agacé par ce trop plein d’émotions et trop peu familier à ces comportements si humains, il détourna d’abord rageusement la tête, tourna autour de la jeune femme, cherchant pour la première fois des paroles moins sèches que celles qu’il aurait volontiers sorties de sa gueule.
- Comme pour chaque étape de la vie, il faudra que tu acceptes de laisser ce prince derrière toi, il demeurera ainsi dans ta mémoire. Quoi qu’il en soit, son sacrifice aura été inutile si tu ne te ressaisie pas maintenant !
Calya réagit à ces dernières paroles et elle releva enfin la tête. Ses conversations avec cet animal relevaient davantage d’un discours humain. Il savait même faire preuve de sagesse. Les nombreuses années passées en présence de son père expliquaient certainement cette seconde nature que le loup s’était forgée.
- Dans un premier temps, préoccupons-nous de notre survie. J’ai égorgé un chevreuil tout près d’ici.
Il ouvrit le chemin à la princesse à travers les branchages et ils arrivèrent rapidement auprès de l’animal qui perdait toujours son sang et qui attirait déjà un nuage de mouches. Rapidement, Calya sortit une lame de l’une de ses bottes et découpa les morceaux de viande comestibles avant de les plonger dans un sac. Même avec cette odeur de mort amplifiée par l’humidité ambiante, la faim se fit sentir et apparemment pas uniquement pour la princesse. Elle voyait son compagnon saliver en silence.
De retour à leur campement provisoire, Calya s’activa pour la préparation d’un feu mais alors qu’elle perdait patience en tentant de faire jaillir de la braise, tout son corps fut à nouveau secoué par une nouvelle crise de larmes incontrôlable. Bien avant l’annonce de son départ elle s’était préparée à vivre loin des êtres aimés, d’Alexandre, mais certainement pas à subir une perte aussi brutale dont elle endossait la responsabilité. Depuis son enfance n’était-elle destinée qu’à voir ses proches mourir sous ses yeux ?

Détourné de la détresse de la princesse, le loup tourna la tête et tendit une oreille derrière lui. Ce qu’il semblait avoir entendu dans les fourrés se répéta, mais pire, se rapprocha.
- Ton épée !
Déroutée et le visage souillée de larmes, Calya alla chercher son fourreau posé sur la scelle d’Haras et dégaina la lame sans poser de questions. Elle ne commença à s’inquiéter qu’en voyant son compagnon se positionner devant elle comme s’il était prêt à bondir. A côté d’elle, Haras s’affola brusquement, cherchant à se libérer de ses rennes attachés à la branche d’un arbre. A la hâte, Calya le délivra et le laissa s’enfuir un peu plus loin. Elle savait qu’il en avait assez vu aujourd’hui pour revenir vers elle lorsque le danger serait écarté.
Elle aussi prête à se défendre, la princesse appréhendait. Rien ne venait, et pourtant, un son dérangeant se répétait et se rapprochait, elle entendait des oiseaux s’enfuir en fureur et des branches craquer.
- Qu’est-ce que ?
À juste quelques mètres en face d’elle, Calya n’en crut pas ses yeux lorsqu’elle vit sortir des fourrés une tête de serpent. Tête munie d’une gueule à crochets et d’une longue langue sifflante. Rampant au sol, le reptile haut de plusieurs mètres et d’une taille très imposante s’approchait encore, les yeux rivés sur elle et sur le loup, des proies certainement très appétissantes au premier coup d’œil. Calya jeta un coup d’œil sur le côté. Ce bruit régulier et agaçant venait du sonnet à la queue de ce serpent hors normes.
La jeune femme déglutit, en temps normal elle savait à l’avance ce qu’elle risquait d’affronter, elle n’était jamais surprise. La dernière fois qu’un tel frisson d’angoisse lui avait parcouru le corps remontait à sa première confrontation avec les Traqueurs. Là, elle ignorait totalement de quelle façon elle allait bien pouvoir affronter cet adversaire pour le moins insolite.
- La gueule, méfie-toi uniquement des crochets, une morsure te tuerait ! prévint le loup toujours prêt à bondir devant elle.
Ce qu’il disait était entièrement vrai, elle n’avait pas à se soucier d’autre chose. Seulement, avec une seule épée en main, elle se sentait encore démunie.
- Pourrais-tu, l’occuper, juste un instant ?
- Pas davantage, seul je ne fais pas le poids contre lui. Avertit-il.
Au pas de course, Calya retourna près de l’arbre au pied duquel elle avait laissé ses affaires et, sans surprise, le reptile attaqua au même moment. Les deux mains équipées, Calya rejoint son compagnon qui usait d’une stratégie plutôt originale. Il tournait en cercle autour du serpent qui, désorienté, tentait des offensives malheureuses, plantant ses crochets dans le sol. Mais l’ennemi se mettait en fureur, trop rapidement et à présent que Calya était à portée, il délaissa totalement son premier attaquant.
Avec des picotements dans les mains, Calya su exactement ce qu’elle avait à faire, mêler rapidité et efficacité. Mieux, elle savait comment y parvenir. Ce combat était en fait le remède dont elle avait besoin. Elle fonça droit devant, esquivant avec adresse les coups rapides du serpent et elle le transperça une première fois à mi hauteur. Désarçonné, il ne put se défendre contre deux autres coups proches du premier. Presque apeurée, Calya fit face, les yeux dans les yeux avec son adversaire dont les yeux avaient viré du jaune vif au rouge. Elle ne fut suffisamment distraite pour qu’il se défende, usant d’un coup de queue assez puissant pour propulser la jeune femme plusieurs mètres dans les airs. Les bras chargés, elle préféra ne pas assurer sa chute que de perdre l’une de ses épées. Et comme prévu, l’atterrissage fut douloureux et son bras gauche en pâtit. Légèrement sonnée, elle put sentir de longues trainées de sang coulées dans sa manche. Mais tant pis, elle devait restée concentrée. Le temps qu’elle se relève, le loup prit à nouveau le relais, avec autant d’agressivité que le reptile.
- Calya, la tête !
La princesse mit un instant avant de comprendre ce que cela voulait dire. Son compagnon faisait en fait le maximum pour garder la tête du serpent proche du sol. Elle n’avait plus qu’à frapper fort et avec justesse pour l’abattre. Un nouveau coup porté ne fut pas suffisant et le cri émit assomma les deux assaillants et Calya vit seulement le loup être projeté en arrière, blessé sur le côté et il ne se relevait pas. A présent seule engagée dans ce combat, elle comprit qu’il était vital d’en finir. En déversant toute sa rage dans sa dernière attaque, Calya put enfin se libérer après sa frustration d’avec les Traqueurs et, à l’aide de ses deux armes, elle porta un coup mortel à la gorge du reptile qu’elle transperça. Cette fois, il s’abattit au sol et cessa définitivement de bouger.
En sueur, Calya s’essuya le front d’un revers de manche et souffla un bon coup, soulagée. La seconde suivante, elle se précipita auprès du loup. Comme elle le craignait, sa blessure s’infectait déjà, à cause du venin. Elle pensait pouvoir le soigner, elle s’était équipée avant de quitter le palais, mais il était exclu de resté ici. Les odeurs de sang et de mort attireraient d’autres prédateurs et Calya n’était pas pressée de les rencontrer.
Fort heureusement, Haras refit son apparition peu après. Elle installa donc le blessé dans une couverture puis perché sur le dos du cheval, pas vraiment rassuré. Calya monta à son tour et ils commencèrent à avancer.

Le chemin fut de courte durée. Sur leur droite s’étendait une épaisse barrière rocheuse, presque montagneuse et après de minutieux coups d’yeux, Calya repéra une crevasse dans ces falaises.
Par chance, Haras avait la place de grimper. La princesse se serait sentie mal de devoir le laisser en bas.
Arrivés au bon niveau, Calya se félicita d’avoir repéré un tel endroit avec suffisamment d’espace en hauteur et en profondeur pour accueillir tout le monde. L’endroit était sec et stérile de la moindre présence ou trace de présence. Cela constituait une cachette idéale pour les prochaines heures. Elle prit le loup dans ses bras, le déposa délicatement au sol, débarrassa rapidement Haras de son harnachement puis elle fouilla dans son baluchon. En cherchant ses fioles de remèdes, elle put en même temps se rassurer, toutes étaient intactes. Elle s’empara du contre-poison et reporta toute son attention sur le loup. Il tremblait et gémissait. Ce venin était donc extrêmement puissant, il avait raison. Sans plus attendre, elle déversa une partie du contenu sur la plaie béante. Maintenant il n’y avait plus qu’à prier pour que cela suffise à le soigner. Leur ennemi était encore inconnu à la princesse, elle ne pouvait par conséquent pas évaluer les dégâts des blessures occasionnées. D’ailleurs, elle devrait s’occuper des siennes. Elle prit le temps de s’asseoir, puis elle découpa le tissu pour s’en faire un garrot. Ce n’était pas très grave. Quelques plantes appliquées et un bandage feraient l’affaire.

Les heures qui suivirent, Calya retrouva tous ses anciens réflexes de sa vie à Alderän sauf qu’aujourd’hui, elle veillait sur un animal et trois heures après leur attaque, il continuait à se battre pour sa vie. Tout en préparant un camp de fortune, elle gardait toujours un œil sur ce curieux compagnon à quatre pattes et elle commençait vraiment à s’interroger. A présent que ses premiers souvenirs lui revenaient, elle avait pu reconstituer l’image de son père jusqu’à sa personnalité et sans erreur elle était persuadée que cet animal n’avait strictement rien en commun avec son ancien maître. Ses pensées et ses questions dévièrent sur celle des animaux totems. Elle en savait si peu à ce sujet, il lui tardait d’avoir des réponses.
Une nouvelle fois, elle força le loup à boire et vérifia encore l’état de sa blessure. Elle n’y vit aucune aggravation et crut même à une amélioration. Il valait mieux resté prudent, peut-être espérait-elle tellement ce progrès qu’elle ne faisait que l’imaginer. La princesse était arrivée au bout de ses forces physiques et émotionnelles et elle réalisait que depuis leur intrusion dans ces bois, elle n’avait rien avalé. Posé dans un coin, il y avait bien le sac rempli de viande crue, mais elle ne pourrait pas en manger dans l’immédiat. La nuit tombait rapidement et elle n’avait pas suffisamment de repères dans cet environnement pour se risquer à chercher du bois. De plus, un feu en pleine nuit attirait sans nuls doutes d’autres prédateurs. La solution la plus raisonnable restait le repos. Avant de s’étendre sous les couvertures qu’elle avait dépliées et installées, elle recouvrit son compagnon dans l’une d’elle, laissa un bol d’eau à sa portée, tira une belle pièce de viande du sac et enfin elle se coucha, son épée tout près d’elle. En fermant les yeux une première fois, elle comprit soudainement qu’elle repoussait cet instant où le sommeil viendrait la prendre. Elle craignait trop que son esprit ne lui joue des tours. Pour rien au monde elle ne voudrait avoir à faire à Alexandre dans ses rêves ou cauchemars les plus profonds. Sa douleur ne s’atténuerait pas avant longtemps et le seul mécanisme de défense qu’elle possédait était encore l’ignorance. Après ce puissant face à face avec le serpent géant, elle savait désormais que sa survie dans cette forêt constituait son unique priorité et pour y parvenir, elle devait faire abstraction de tout le reste et aussi annihiler la moindre émotion ou pensée funeste.

***

Emmitouflé dans sa cape, Lydéric fut à nouveau forcé de ré-alimenter le feu, souvent éteint par les vents violents qui frappaient en rafales. Juste au dessous de lui, protégés entre les rochers, il surveillait sans relâche deux de ses quatre derniers soldats, grièvement blessés. L’ultime attaque de Traqueurs essuyée plus tôt dans la journée leur avait coûté cher. Ils avaient perdu trois chevaux et deux hommes se battaient pour rester en vie. Repliés par obligation dans les montagnes, le jeune capitaine attendait plus que jamais un secours quelconque. Seulement, plus les heures passaient et plus son inquiétude grandissait. Le jour se lèverait bientôt et les blessés ne survivraient pas une journée de plus. Pire, Alexandre n’avait donné aucun signe de vie. Il aurait dû revenir depuis le temps. Deep Forest n’était qu’à une heure de cheval.
- Pourquoi Tyghern n’intervient-il pas ? S’acharna un des soldats indemnes.
- Ils n’enverront personne avant demain, ce sont les ordres d’Alexandre, seulement il sera trop tard.
- Devons-nous craindre une autre attaque de Traqueurs ?
- Si seulement je le savais !
Le cinquième soldat les rejoint en grande hâte, sautant de rocher en rocher et s’arrêta à leur hauteur, essoufflé mais le sourire au visage.
- Capitaine ! Des cavaliers en approche !
N’y croyant vraiment pas, Lydéric se leva et prit un peu plus de hauteur encore et put constater la nouvelle par lui-même, des hommes venaient de l’ouest et les couleurs de leurs étendards lui arracha un sourire, Cargaran venait les chercher.
Plutôt surpris, le capitaine qui s’attendait à voir Lucas fit bientôt face à Viktor, ce cousin du Meadowth dont il ne cernait pas encore les intérêts. Même si la famille royale lui donnait toute sa confiance, lui continuerait à se méfier.
- Comment nous avez-vous retrouvé ?
- Un message envoyé par Alexandre de Tyghern la nuit dernière. Le roi a immédiatement dépêché d’autres hommes en renfort.
Et dire qu’il pensait Alexandre presque fou de vouloir poursuite cette mission avec seulement neuf soldats ! Il n’avait pas prévu que son prince se montrerait aussi prudent en mettant la Cité d’Argent en alerte face à l’état critique de leurs forces.
- Combien êtes-vous ?
- Cinquante, nous pensions ainsi impressionner les Traqueurs et nous ne déplorons aucun incident sur la route.
- C’était donc vrai, c’était bien la princesse qu’ils pourchassaient !
- Aux dernières nouvelles, partis à trente, vous étiez dix.
- Plus maintenant. Nous avons traversé la montagne à la sortie de Tyghern mais les Traqueurs nous attendaient et nous ont surpris. Nous ne sommes plus que cinq.
Déconcertés par de si mauvaises nouvelles, Viktor dû pourtant organiser l’évacuation des blessés les plus sérieux ainsi que des corps. Venus avec davantage de chevaux et des charrettes, la prise en charge fut rapide et efficace. Mais dans la précipitation, Lydéric ne savait pas comment annoncer une bien pire nouvelle à Viktor. Et, pour ne pas risquer la propagation d’une folle rumeur, il prit le prince en aparté, à l’écart des autres soldats.
- La dernière fois que les Traqueurs nous ont attaqué, mes hommes et moi avons crée une diversion suffisamment longtemps pour permettre à Alexandre et Calya de s’enfuir. Mais cela remonte au matin et Alexandre n’est pas revenu.
Les deux hommes s’échangèrent un regard dans lequel ils y lurent la même angoisse, sourde mais bien présente, impensable mais impossible à ignorer.
Sans réfléchir et sans donner la moindre explication, Viktor retourna auprès de ses hommes, scinda le groupe pour que le premier regagne Tyghern sans attendre et les autres suivirent le capitaine et le prince. Ils ne feraient pas demi-tour sans avoir retrouvé Alexandre.

***

En ouvrant difficilement les yeux, Calya dû se protéger le visage de sa main pour s’habituer à la puissante luminosité. Le soleil était déjà bien haut. Avait-elle dormi tant que ça ? À quelques mètres d’elle, le loup était assis, lui tournant le dos, la queue remuante, à l’affut du moindre trouble perceptible dans les bois.
- Pourquoi ne pas m’avoir réveillé ?
- Il était impératif que ton corps, ainsi que ton esprit s’apaisent totalement.
Il n’avait pas tort, elle appréciait le retour de ses forces et malgré un mal de tête évident, elle se sentait légèrement apaisée.
- Nous avons encore deux jours de route et nous ne sommes pas en sécurité. Il rôde ici des bêtes insoupçonnables qui savent peut-être déjà que nous sommes là.
La princesse comprenait bien cet impératif de reprendre leur voyage en toute hâte. Lui s’était repu et avait recouvré toute son hostilité mais il était exclu qu’elle parte le ventre vide cette fois.
Sans opposition et même reconnaissant pour les soins apportés, son compagnon lui accorda une pause où la jeune guerrière apprécia ce repas peut-être plus que n’importe quel autre et elle ne fut pas la seule à se régaler. Le loup l’accompagna pour déguster cette fois une viande cuite.
- C’est mon père ? Qui vous a accommodé à ce mode d’alimentation ?
L’animal se contenta de lui lancer un regard avant d’enfoncer à nouveau ses crocs dans son morceau.
- Je ne connais même pas votre nom, à supposer que vous en ayez un.
- Hazgar.
La jeune femme sourit légèrement. Au moins à compter d’aujourd’hui elle saurait le nommer tout en le distinguant de ses semblables. La conversation à présent amorcée, elle brûlait d’envie de lui poser des milliers de questions mais elle s’accommodait à lui finalement. Il était trop peu loquace et elle restait prudente.
- C’est Nicholas qui m’a envoyé à ta rencontre pour te guider jusqu'à Dragonfly, ta réelle destination.
Calya ne fut qu’à moitié étonnée de cette révélation. Hazgar la surveillait déjà à Cargaran, il était logique qu’il l’ait ensuite suivit dans ce voyage.
- Je pourrais te protéger dans la mesure du possible, mais il devient urgent que tu retrouves ton animal totem. Sans lui tu es désarmée, c’est lui qui est chargé d’assurer ta protection.
Calya réalisa à cet instant combien cette tâche pourrait s’avérer compliquée. Elle ne l’avait vu qu’une fois, à Cargaran. Une rencontre trop brève entre elle et cet imposant cheval à corne.
- Comment saurais-je le retrouver ? Il m’était apparu au palais, mais cela fait longtemps !
- Qu’importe où que tu sois, il saura te trouver, à toi ensuite d’aller à lui. Les choses fonctionnent ainsi. Moi j’ai pu te retrouver.
- Je ne comprends pas.
- Tu es la fille de mon ancien maître, son sang coule dans tes veines et je flaire vos odeurs qui sont identiques.
Ces débuts d’explications demeuraient insuffisants aux yeux de Calya, mais elle devrait s’en contenter pour le moment. Elle ne doutait pas qu’Hazgar ignore le véritable lien entre un animal totem et son maître. Et pourtant, ces connaissances lui manquaient cruellement dans la recherche du sien.
Hazgar se mit sur ses quatre pattes avec difficultés, fit quelques mètres en dehors de la grotte et si ses sens ne le trahissaient pas, cette nouvelle journée ne serait pas à leur avantage.
- Hâte toi, nous devons passer par les Montagnes Noires et il va neiger.
Calya se contenta d’obéir, nourrit rapidement Haras, remballa ses affaires et ils quittèrent leur abri. En remontant en scelle, la princesse imaginait bien quel retard pourrait occasionner les blessures du loup alors, sans lui demander son avis, elle le prit dans ses bras et l’installa devant elle. Et, contre toute attente, le plus grognon des deux ne fut pas Hazgar.

***

A moins d’un kilomètre, les soldats voyaient Deep Forest s’étendre devant eux. A partir de là, les deux hommes au commandement descendirent de cheval et ordonnèrent aux autres de les imiter et de créer une ligne. Ils feraient une battue, c’était encore le meilleur moyen de découvrir ce qui avait pu se passer aux abords de leur destination si maudite. Trop régulièrement, Lydéric et Viktor se dévisageaient l’un l’autre, cherchant une explication qui ne les ramènerait pas vers la même pensée morbide. Même si le capitaine avait rejeté cette hypothèse depuis longtemps, il préfèrerait qu’Alexandre ait changé d’avis pour accompagner la princesse dans les profondeurs de Deep Forest. Tous les Cargariens savaient pourtant que l’entrée dans ces bois ne leur était pas admise. Les nombreuses légendes entourant cette forêt avait fait le tour du royaume. Les Mages auraient eux-mêmes créer Deep Forest pour protéger leur sanctuaire, que des bêtes méconnues des hommes et mêmes craintes des Grands Rois peupleraient ces lieux et qu’un trésor perdu aurait été englouti dans les entrailles de ces terres seulement bravées par des inconscients ou des aventuriers jamais réapparus. En tout les cas, Alexandre avait été clair à ce sujet, il y avait même mis un point d’honneur, il n’aurait jamais mis les pieds là bas.
Un bras tendu l’empêcha de faire un pas de plus et Viktor se baissa, passa une main dans une touffe d’herbe et les doutes des deux hommes commencèrent à se confirmer. Le jeune prince se releva en présentant une main partiellement recouverte de sang. En fait, lorsqu’ils y regardèrent de plus près, leurs bottes étaient bien tâchées. Sur toute cette surface il y avait bien eu un conflit.
- Capitaine !
Viktor emboita le pas à Lydéric et quelques centaines de mètres plus loin, ils durent rompre le cercle qui s’était formé autour de la macabre découverte. Avec horreur, le capitaine reconnut la dépouille du cheval d’Alexandre dont le flan supportait une blessure béante. A en juger par l’état du cadavre, la mort était relativement récente et aucun charognard n’était passé par là.
- Nous arrivons trop tard. Déclara Viktor, très pessimiste.
Tendu à l’extrême, Lydéric n’était pas habitué à entendre ce genre de discours défaitiste, son statut le lui interdisait tout bonnement. Tant qu’il n’aurait pas retrouvé de corps ou qu’il n’aurait aucun signe de son prince, il ne le déclarerait jamais mort. En avançant, il découvrait de longues traînées de sang, certainement celui du cheval qui avait parcouru une courte distance avant d’aller agoniser plus loin.
Un autre soldat se fit rapidement connaître avec un autre indice entre les mains. Plus proche, il laissa Viktor s’en charger et le prince ramena à Lydéric une dague, elle aussi tâchée de sang et tous deux purent se mettre d’accord. Cette lame était taillée de telle façon que son possesseur était facilement identifiable. Même s’ils s’en doutaient déjà, ils purent à présent retracer le parcours d’Alexandre et de Calya. Les Traqueurs les avaient pourchassés jusqu’au bout. Tout en manipulant l’arme entre ses doigts, Lydéric se rappelait en détail les ruses et les techniques employées par ces mercenaires. Même ses connaissances théoriques des Traqueurs confirmaient ses certitudes, ils ne laissaient jamais d’indices derrière eux. Mais ce combat-ci les avaient pourtant conduit à l’erreur. Il ne pouvait qu’imaginer la violence qui avait été exercée ici. Les trainées de sang présentes sur tout le périmètre parlaient d’elles-mêmes.

Une fine pluie commençait à tomber et plus les hommes se rapprochaient de la forêt, plus l’herbe était haute. Ouvrant la marche, Lydéric dégaina son épée pour écarter l’épaisse verdure et devant lui se dessinait presque sur le sol une rivière de sang. Il ne s’arrêta qu’une seconde, une boule douloureuse coincée dans la gorge puis il reprit son avancée silencieuse.
Arrivé sous un énorme saule, le capitaine s’autorisa une courte halte et posa ses mains à plat contre le tronc. Ils avaient traversé la moitié de la prairie en battue et toujours aucune trace du prince. Il commençait vraiment à douter. Si Alexandre était blessé, peut-être aurait-il consenti à faire une entorse à ses principes et il se serait réfugié dans les bois. C’était toujours plus sûr que rester ici, à découvert.
Il se redressa rapidement, se passa une main sur le visage et un goût suspect lui restait sur les lèvres. Instinctivement, il regarda ses mains. Elles étaient couvertes de sang. Abasourdi, il fit un pas en arrière puis releva la tête, reportant son attention là où il s’était appuyé. Son cœur manqua un battement, la pluie commençait à effacer les traces de sang, mais Lydéric pouvait encore déceler les contours de mains, à l’endroit même où il avait posé les siennes.
Précipitamment, il fit le tour de l’imposant arbre. Il avait un étrange pressentiment qui se vérifia bien trop vite pour son esprit en totale déroute. Étendu entre deux épaisses racines, Lydéric découvrit le corps d’Alexandre. Il aurait voulu hurler pour avertir ses hommes mais aucun son ne franchit ses lèvres. Il s’agenouilla et doucement il passa ses bras sous la nuque et le dos du prince. Il était transpercé en une multitude d’endroits, même son armure n’avait pas résisté aux assauts des Traqueurs.
Derrière lui, il devina la présence du cheval de Viktor. Le jeune prince descendit brutalement de sa scelle et contrairement au capitaine, il ne put retenir la violence de sa douleur et un hurlement perça le silence qui pesait ici depuis bien trop longtemps.

***

Depuis leur départ, ils ne faisaient que grimper, toujours plus haut. Et comme l’avait supposé Hazgar, la neige les avait surpris au plus mauvais moment. Leur ascension était plus que périlleuse depuis un long moment. Calya ne pouvait même plus restée à cheval, son poids faisait glisser Haras qui faisait preuve d’un étonnant calme malgré les circonstances. Cet animal était extraordinaire. Il supportait encore aujourd’hui une aventure des plus dangereuses avec un loup sur le dos et il ne se plaignait pas. Et puis, elle debout, elle prévenait contre les débuts de chutes.
- N’y avait-il pas un autre chemin ? Insista-t-elle en criant.
Le vent et l’épaisse neige recouvrait en partie sa voix et les bruits alentours, le sifflement incessant des bourrasques et le grondement de la montagne l’assourdissait.
- La traversée de Deep Forest est une partie intégrante de ton apprentissage. Tu dois survivre à cet environnement hostile. Toi seule le peux. Aucun humain n’a jamais pu se vanter d’une telle prouesse. Tous les inconscients qui se sont lancés dans cette folle entreprise ne sont pas sortis vivants d’ici.
Rassurant ! Elle avait presque oublié le tempérament inné de cet animal à toujours répondre avec la plus déroutante franchise. Mais au fond, des propos réconfortants ne lui apporteraient rien de positif, il était exclu de la ménager et elle n’avait plus le cœur pour de telles banalités. Aujourd’hui, elle sentait que l’impact d’un quelconque sentiment heureux ne se traduirait plus que par la douleur. Elle ne l’admettait pas encore, mais son cœur était éteint. Ainsi, elle affectionnait son compagnon de route avec toujours plus de force. Et puis, sa nature ne suffisait peut-être pas à expliquer complètement toute l’hostilité qu’il dégageait. Après tout, il avait survécu à l’exil, à la perte de son maître et à de nombreuses autres épreuves. Ils n’étaient plus si différents aujourd’hui.
Secouée par ce qu’elle crut d’abord être un tremblement de terre, Calya repoussa Haras tout contre la paroi rocheuse, elle planta vigoureusement son épée dans la roche et s’y agrippa. A un mètre d’elle, des roches tombèrent, condamnant le chemin retour. Un autre éboulement plus puissant accompagné de fortes chutes de neige détruit entièrement ce passage. Cette fois, il n’y avait plus d’autre choix que d’avancer. Cette fois, la princesse prit les devants mais elle n’y voyait rien et le vent était contre elle. L’angoisse la gagnait peu à peu. Le sentier rétrécissait encore, elle n’était pas certaine qu’Haras puisse passer dans ces conditions. Elle ne put échapper à un autre éboulement qui lui fit perdre l’équilibre et la jeune femme s’accrocha comme elle le put au rebord, les pieds dans le vide en attendant que les secousses se calment. Une nouvelle vague de neige s’abattit sur ce flanc de la montagne mais même en puisant dans toutes ses forces, Calya glissait. Elle allait lâcher prise mais les crocs d’Hazgar se plantèrent dans sa cape et malgré ses blessures, il trouva la force de la remonter. Ils se crurent à l’abri pendant une minute jusqu’à ce que le sentier sous leurs pieds ne cède. Impuissante, Calya aperçut tout juste son cheval disparaître dans l’abîme dans un ultime hennissement qu’elle glissa à son tour, cherchant à appui n’importe où. Agile, Hazgar se cramponnait à la princesse qui observa un instant d’immobilité le temps qu’il s’installe correctement dans son dos. Elle sentait ses griffes enfoncées dans ses côtes mais pour le moment, seule lui importait sa survie. A l’affut, le loup dressa les oreilles, une nouvelle avalanche fonçait droit sur eux mais un autre son totalement inattendu parvint à ses oreilles.
- Saute !
- Quoi ?
- Fais ce que te dis et saute, maintenant !
De toute façon, elle n’avait pas vraiment le choix. Calya voyait cette énorme masse blanche qui dégringolait et qui les frapperait rapidement. Elle prit une profonde inspiration, posa ses pieds à plat sur la paroi et, les yeux fermés, elle prit son élan pour s’élancer dans le vide, découvrant à cet instant précis la plus grande peur qui n’ait jamais envahi son corps et son esprit.


A suivre…
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:15

Chaton...

t'aura une review quand je serai calmée

*20 baffes*

rahhhhhhhhhhhhhhhhhh

*encore une pour la route*

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:17

Ou comment Chlo passe du mode Bisounours au mode Obélix...
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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:18

Chlo, fait pas ta vilaine, s'il te plait !

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:23

Parce que toi, là, tu es parfaitement d'accord sur ce chapitre?!

*sur le c** *

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:24

Laughing Je dirais juste que j'en sais plus long que toi ! Mouhahaha !

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:27

Mais mais mais

*se la joue kalimero*

D'accord

*prend son baluchon et pars*


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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:29

C'est les avantages d'être la béta.

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:31

Razz (mais où est la modo anti flood sur les fics? Laughing )

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 28 Sep 2011 - 23:37

Sérieux, de la part des modo en plus, super exemples! je ne vous félicite pas! Fini le flood les bécasses!

EDIT: j'effacerai les messages flood qui continuent à partir de maintenant!

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MessageSujet: Re: The heiress of Arcadia   Mer 12 Oct 2011 - 22:27

Bon, je fais la reprise alors j'vais poster les feeds petit à petit ici (62 pages word de retard lol... ahem)

Chapitre 12:
Hé hé hééé reprise! (depuis mon bureau de travail certes, entre deux figures à traiter et la zik de SDA… ahem bref) j’ai tout de même relu mes anciens feeds pour que mon moi passé rappelle à mon moi présent où j’en étais lol et donc valà valà, finalement je n’avais pas oublié grand chose et je me replonge avec plaisir dans ton récit. Bon lex est toujours un gentil pignouf, mais allez, circonstance atténuante! Je crains un peu que lucas s’emballe pour chloé et qu’elle se console avec lui, mais là aussi ça ne serait tellement choquant non plus! (sans parler de la psychose qui s’empare de mathilde!) ça m’a trooop rappelé Game of Thrones chloé est comme la blonde véritable reine-dragon qui se cache et qui se révèle, dernière d’une longue lignée de rois passés qui avaient du pouvoir! Enfin bon, j’vais au chapitre suivant, c la fiesta sans papa au château (enfin j’imagine ça cool mais je te connais hein! Wink

Chapitre 13:
Toujours dans la découverte des origines de chloé et je sens qu’elle va briller cette petite! J’vais te passer le couplet “pignouf” mais je le pense toujours concernant Lex lol par contre j’aime assez le coup des Libérateurs (si c’est pas Mathilde qui a monté le coup bien sûr!) et des anciennes traditions contre la nouvelle religion, très Narnia et Kaamelott, ça m’plait! (et je ne referai pas de parallèles avec Game of Thrones, mais je le pense toujours autant!) bon en tous cas, ça s’annonce tendu, je commence à voir ce que tu nous prépares, une jolie guerre entre les nouveaux adeptes de la nouvelle religion, et contre chloé et ses anciennes croyances (va-t-elle revendiquer sa couronne, ou se venger, je la vois bien hargneuse sur ce coup…) et puis ce qui peut être super dans la suite, c’est de voir qui va où et dans quel camp. Genre Viktor qui débarque, trop propret sur lui, j’le vois dans l’autre camp. Mathilde aussi, pis du coup où va aller Lex…? Lucas, sauf s’il tombe amoureux et qu’il vit une lourde déception, je le vois dans le camp de Chloé. Enfin bref, j’me pose des questions quoi lol j’m’en vais lire la suite!


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