Shivers : le forum du chlex

D'abord unique forum français entièrement dédié au couple Chloé/Lex de Smallville, Shivers se tourne aujourd'hui vers l'écrit sous toutes ses formes !
 
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 Trafic d'influence

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Sixpence
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MessageSujet: Trafic d'influence   Sam 21 Aoû 2010 - 15:18

Disclamer : Rien n'est à moi
Contexte : Sv, saison 1 à 4

Chloé poussa la porte du Talon et remonta complètement la fermeture de son manteau et enfouit ses mains engourdies par le froid dans ses poches.
La jeune femme venait de passer plus de deux heures à réviser son devoir de mathématiques du lendemain avec Lana qui n’allait sûrement pas tarder à quitter le café à son tour.
Un souffle régulier sortait de la bouche de la journaliste qui marchait à petits pas sur les routes glacées de Smallville, voyant la lune se refléter sur la fine couche de glace qui recouvrait le bitume de la route. Grelottant et frissonnant, elle se donnait du courage pour soulever ses jambes, sa voiture n’étant pas garée très loin.
De sa main gauche, elle agrippa son sac qui se balançait, accroché à son épaule et baissa les yeux pour chercher ses clés.
Elle avait tellement froid qu’elle n’entendit pas venir l’homme qui la traîna violemment dans la ruelle d’à côté, la faisant hoqueter de surprise et sentit la seconde suivante une main glaciale sur sa bouche et la lame meurtrière d’un couteau sous sa gorge, tentant de toutes ses forces de crier à l’aide, sans succès. Chloé se débattait dans tous les sens et ne parvint malheureusement qu’à énerver davantage son agresseur qui la poussa contre une montagne de caisses en bois entassées les unes sur les autres, l’assommant à moitié. Plus que la peur, le froid la paralysait totalement et se laissait misérablement malmener sans pouvoir se défendre. D’une part elle était désarmée et d’autre part elle ne faisait largement pas le poids contre cet individu qui devait bien être deux fois plus grand qu’elle.
Chloé tenta de s’enfuir mais s’était bien inutile, elle était piégée et la grosse brute qui s’en prenait à elle la propulsa contre un mur et fit de nouveau pression avec son arme sur la peau de la jeune femme qui croyait bien que sa dernière heure était venue.
La suite devint très floue dans sa tête, sa tête lui sembla soudain peser une tonne et se sentie tout juste projetée une nouvelle fois au sol. Dans un ultime effort, avant que le froid et la douleur n’aient raison d’elle, Chloé osa jeter un coup d’œil sur la scène qui se jouait devant elle et aperçue une tierce silhouette se dessiner sous ses yeux, entendant des voix lointaines et des coups avant de sombrer dans l’inconscient.

*******************************************

Qu’avait-il bien pu se passer ? Se fut la première question qui envahit son esprit alors qu’elle reprenait peu à peu conscience, comme si elle sortait d’un sommeil qui aurait duré des années. Soulever ses paupières lui demanda un effort considérable, tous ses membres la faisait souffrir et pourtant elle n’avait pas été renversée par une voiture et le ciel ne lui était pas non plus tombé sur la tête. Une lumière extrêmement vive vint alors la frapper, était-elle morte ? C’était éblouissant et pourtant pas autant que ce qu’elle aurait pu imaginer le jour où elle passerait de l’autre côté. Des formes rectangulaires apparurent peu à peu puis d’autres formes mouvant dans une étrange légèreté.
Au moins elle était rassurée, elle était bien vivante et ne distinguait que la lumière du soleil à travers une fenêtre. Mais quelle fenêtre ? Elle ne pouvait pas être chez elle et elle n’avait pas l’impression d’être dans un hôpital non plus.
Sa main caressa les draps, Dieu qu’elle se sentait bien en cet instant, enfoncée dans un matelas, la tête contre un oreiller d’une extrême mollesse et s’autorisa un gémissement de bien-être. Peut importait où elle était, se n’était pas au fond d’une ruelle glaciale, la gorge tranchée.
Elle se releva lentement, s’aidant de ses mains et laissa ses yeux s’habituer à la luminosité que la pièce offrait.
_ça à l’air d’aller mieux.
Chloé tourna brusquement la tête, ne s’attendant absolument pas à être observée, sans doute depuis un bon moment.
Le seul endroit sombre de la chambre de part l’ombre d’une imposante armoire attira son attention et y décela bien une présence. Un homme était assis sur un siège, une jambe repliée sur l’autre.
_Où est-ce que je suis ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
_Tu n’as plus à t’inquiéter, tu es en sécurité. Tu es chez moi. Rajouta l’homme qui se leva et s’approcha du lit, révélant son identité.
_Lex !
_Tu as l’air surprise.
_Et bien, il me semble que c’est tout à fait légitime.
_Tu devrais peut-être te rallonger, tu n’as pas très bonne mine.
_Que, qu’est-ce qui m’est arrivé ? Demanda-t-elle, complètement déboussolée.
_Tu ne te souviens de rien ?
_C’est très flou à vrai dire. Répondit-elle en prenant sa tête entre ses mains.
Elle les retira brusquement, sentant une douleur au niveau de son front qu’elle toucha de nouveau avec prudence de ses doigts.
_Tu as été légèrement blessée mais je ne pense pas qu’il y ait quelque chose de grave rassure-toi.
_Lex dis-moi ce qui s’est passé je t’en pris.
_Tu as été agressée, j’ai vu de l’agitation et comme j’ai entendu crier je suis intervenu.
Détournant son regard de lui, Chloé se concentra et se repassa le film de sa soirée. Les révisions avec Lana, ça elle s’en souvenait parfaitement, elle se voyait également quitter le café pour rentrer chez elle mais après….
Lex la vit alors sursauter et s’assit près d’elle sur le bord du lit.
Cette image de la lame sur sa gorge, cette frayeur, ça lui revenait. Une boule se forma dans sa gorge, une larme coula le long de sa joue et tourna à nouveau le regard vers le milliardaire.
_Tu m’as sauvé la vie ! Si tu n’étais pas intervenu j’ose même pas imaginer ce qu’il aurait pu se passer !
_Ssshhh, il ne faut pas y penser d’accord ! Par chance j’étais là et c’est finit maintenant ! Dit-il en caressant sa joue mouillée de sa main.
_Je, je ne l’ai pas vu venir il m’a attrapé par surprise, j’allais rentrer dans ma voiture, il m’a, il m’a menacé je n’ai rien pu faire !
_Chloé ! Tu n’aurais rien pu faire, maintenant ça va aller d’accord ?
Chloé acquiesça en respirant bruyamment, elle ne parvenait pas à se calmer, les spasmes d’angoisse étaient toujours présent et ne réalisait pas encore tout à fait ce qu’il se passait autour d’elle. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle n’était pas toute seule et tenta de se concentrer sur cette idée pour retrouver un rythme cardiaque moins violent.
Lex remis quelques mèches de cheveux derrière l’oreille de la jeune femme, effleurant ses égratignures et se leva.
_Il va falloir soigner ça.
Chloé le vit juste disparaître derrière une porte en entendait de curieux bruits. Intrigués, elle tenta vainement d’où elle était de déceler ce que Lex fabriquait dans l’embrasure de la porte. Il réapparut quelques minutes plus tard avec un flacon, du coton et une boite de pansements dans les mains et reprit sa place au bord du lit. Chloé se décala un peu pour lui laisser plus de place et le regarda faire, sans dire un mot. Il déversa quelques gouttes d’un produit désinfectant sur un morceau de coton et l’appliqua avec douceur sur la plaie de la jeune femme qui émit une grimace contre les petits picotements dus à l’effet du produit sur la plaie.
_Est-ce que tu as été blessée autre part ?
_Heu, à l’épaule je crois. Dit-elle en sortant de sa rêverie, plongée dans le regard attentif du milliardaire.
Elle baissa le col de son pull jusqu’à dégager entièrement son épaule droite. Lex y constata d’autres éraflures, peut-être un peu plus profondes que les autres mais elle avait vraiment eu de la chance, elle se sortait vraiment bien de cette agression.
Il refit les mêmes gestes et appliqua de nouveau un coton humide sur la fine blessure et finit en recouvrant la plaie d’un pansement.
_Je confirme ce que je disais tout à l’heure, tu n’as rien de grave.
_Je te remercie, pour tout ce que tu fais.
_Je t’en pris, c’est normal.
_En tout cas, tu ferais un super médecin !
_Je n’ai vraiment rien fait. Je vais te laisser si tu veux dormir encore un peu.
_Non, ça ira je tiendrais le coup. Lui sourit-elle.
_Bon, dans ce cas, est-ce que tu voudrais boire quelque chose ? Un café par exemple.
_ça c’est quelque chose que je ne pourrais jamais refuser.
_Rejoins moi en bas dans un instant, je te laisse le temps de te changer. Il y a des vêtements dans l’armoire, prends ce que tu veux.
Chloé se contenta de lui répondre par un hochement de tête et un regard très reconnaissant.
Une fois la porte fermée, Chloé attrapa son sac que Lex avait posé au pied du lit et en sortit une disquette qu’elle regarda avec attention et inquiétude surtout.

*********************************************

Avant d’entrer dans le bureau de Lex, Chloé frappa à la porte et n’entra que lorsqu’elle entendit distinctement la voix de Lex lui autoriser l’entrée.
Quand il la vit s’avancer, un sourire se dessina sur ces lèvres. Il n’aurait su dire pourquoi mais les vêtements que la jeune femme avait choisit la mettait vraiment en valeur et il n’était pas réellement surpris que son choix ce soit porté sur ce jean taille basse et ce chemisier rouge à grand colle et aux larges manches.
Chloé répondit au sourire de Lex, ne sachant pas malgré tout pourquoi il la détaillait ainsi et le suivit jusqu’au canapé près d’une table basse où avaient été posés deux tasses fumantes dont l’odeur suffisait pour que la petite blonde puisse identifié la nature de la boisson et se réjouissait d’avance.
Lex voyait très clairement la jeune femme reprendre déjà quelques couleurs avec ce remontant et s’en voulait déjà de ce qu’il allait dire mais ça ne pouvait vraiment pas attendre. Ce qui était arrivé était grave et il était hors de question de laisser les choses se faire en laissant un malade dans la nature.
_Chloé.
Au ton grave de la voix du milliardaire, Chloé releva la tête, inquiète de ce qu’il allait dire bien qu’elle en ait une petite idée.
_J’ai mis plusieurs de mes hommes sur la trace de ton agresseur, je sais que tout ça est beaucoup trop frais dans ta tête mais si je le fais c’est pour toi. Savoir qu’un homme comme lui traîne encore dans la rue pourrait avoir de réelles conséquences et elles ne joueront certainement pas en ta faveur.
_Tu as prévenu la police ?
_Non, ça il faudra que tu le fasses quand tu te sentiras prête à témoigner de ce qui s’est passé mais il est évident qu’il ne va pas falloir trop traîner.
_Je le ferais pas. Il est hors de question d’appeler les flics ! S’énerva-t-elle.
_Chloé ne réagit comme ça je sais que c’est dur mais….
_Nan ! Nan tu sais rien ! Que tu me sois venue en aide c’est une chose mais vouloir mettre la main sur mon agresseur s’en est une autre !
_Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’inquiète autant ? Une fois arrêter il ne pourra plus faire de mal à personne, tu es en mesure de l’identifier et je suis témoin.
_J’aimerai pouvoir te dire que c’est aussi simple que ça, malheureusement, ce n’est jamais le cas. Lex je suis désolé de devoir t’annoncer ça mais, je ne me suis pas faite agresser par hasard.
Lex, plus intrigué que jamais, fixa la journaliste pour y déceler n’importe quoi qui lui dirait qu’elle était en plein délire à cause de son agression mais elle était bien sérieuse et sûre de ce qu’elle avançait, cette histoire s’annonçait beaucoup plus compliquée que prévue.
_Chloé je suis impliqué maintenant, je sais ce qui s’est passé.
_Et je n’ai pas l’intention de te cacher quoi que soit, je vais tout te raconter.
La jeune femme pris une grande inspiration et commença son récit et sans vraiment regarder Lex dans les yeux, elle se replongea dans de proches souvenirs.
_Il y a deux semaines, j’étais à la Torche comme à chaque fois entre mes cours et j’avais laissé la porte entrouverte. Je n’étais pas réellement absorbée dans mon travail puisque je recopiais simplement un article avant de faire la mise en page. Et puis une fois l’intercours passé, j’entendais encore bavarder dans le couloir et il ne m’a pas fallut très longtemps pour deviner que les pom-poms girls étaient dans le coin. Elles parlaient même tellement fort que j’entendais absolument tout ce qu’elles racontaient et plus elles parlaient et moins j’étais concentrée sur ce que je faisais. Ce qui m’a interpellé, c’est qu’elles paraissaient inquiètes, elles ne parlaient pas de ce qu’elles feraient après les cours ou le week-end qui arrivait. Pour la première fois elles étaient vraiment plongées dans un sujet sérieux. Et puis elles ont commencés à parler plus bas, du coup tout ne me revenait pas, seulement quelques mots comme « vous y croyiez vous ? » « ils ne seraient pas capables d’aller jusque là » « ce genre de saloperies dans notre lycée ? » Enfin tout ça a suffit à réveiller mon instinct journalistique.
Une semaine après, j’ai enfin réussi à faire cracher le morceau à une de ces pimbêches siliconée et là j’avais vraiment quelque chose de sérieux sous la main. Et puis de fil en aiguille j’ai fait ma petite enquête, espionné certains élèves, j’ai relevé les bruits qui couraient et puis un jour, j’ai remarqué la présence de personnes assez louches qui rôdaient autour du lycée. Un soir je sortais du lycée quand j’ai vu une voiture garée près des grilles alors je me suis approchée discrètement et je les aient pris en photo, je n’ai pas l’identité de ces personnes mais ils doivent être au courant de ce que je sais.
_Et c’est l’un d’eux qui s’en est pris à toi. Qu’est-ce qui se passe réellement au lycée ?
_Des trafiquants de drogue se servent des lycéens pour qu’ils les aident à cacher leurs produits.
_Dans le lycée ? S’étonna-t-il.
_Malheureusement.
_Et tu n’as jamais prévenu personne ?
_Comment j’aurais pu ? Je n’ais pas encore de preuves suffisantes, je ne sais même pas quels élèves sont impliqués là dedans ni combien ils sont !
_Comment ils peuvent se faire enrôler dans ce genre de magouille ?
_Ce n’est pas évident ? Les études ça coûte cher et l’entrée à l’université n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont très bien payés pour ce service qu’ils rendent à ces dealers. C’est pour ça que se serait trop dangereux de prévenir la police, on ne sait pas encore à qui on a à faire.
Lex se leva, fit quelques pas dans le bureau en passant sa main sur son visage.
_Mais enfin Chloé est-ce que tu rends compte de la galère dans laquelle tu t’es fourrée ? Même si ça concerne un de tes lieux de vie tu t’attaques à quelque chose qui te dépasse, ça n’a rien à voir avec les mutants et les événements paranormaux qui te fascines tant ! La tu joues dans la cours des grands et ils ne vont pas te laisser t’en tirer comme ça.
_Merci, c’est, très rassurant. Mais tu crois quoi ? Que je suis pas consciente des risques ? Je sais que le danger est réel mais tu vois je peux pas laisser faire ça, justement parce que des ordures se servent d’un petit lycée de campagne comme QG pour leur cochonneries, en se servant de quelques élèves qui ne demande qu’à pouvoir poursuivre leurs études, je trouve ça déguelasse !
La jeune femme tenta de reprendre son calme et prit la disquette entre ses mains, la tendant à Lex qui l’accepta, la scrutant avec intérêt.
_Qu’est-ce qu’il y a là-dessus ? Les preuves et les quelques pistes que tu as ?
_Oui. Mais par mesure de précaution ce n’est qu’une copie. Tout ce que j’ai pu rassembler est là-dedans, libre à toi de consulter les fichiers si tu en as envi.
_Tu me fais assez confiance pour me donner des informations ?
_Je t’ai tout raconté ça devrait te suffir comme preuve et puis, tu m’as sauvé là vie, je te devais bien la vérité. Mais je tiens quand même à te prévenir. En me protégeant tu t’es mis toit aussi en danger, ils savent forcément qui tu es et, personnellement je n’ai pas envi que tu sois impliqué davantage dans cette histoire.
_ça veut dire quoi ça ?
_ça veut dire que je te remercie encore une fois, mais que je ne reste pas plus longtemps, je préfère partir. Tu en as déjà trop fait pour m’aider et je me sens coupable quelque part.
Ne sachant pas vraiment ce qui le poussait à faire ça, il s’approcha d’elle rapidement, emprisonna son visage de ses mains et posa ses lèvres sur les siennes, faisant durer l’instant autant qu’il le pouvait. Il ne la sentait pas vraiment réticente et lui sourit sincèrement en s’écartant, caressant les cheveux de la jeune femme qui paraissait un peu perdue.
_C’est trop tard Chloé, je suis impliqué maintenant et je suis bien décidé à t’aider, comme je te l’ai déjà dit, mes hommes sont déjà sur la piste de ton agresseur.
Les joues encore rosies sous l’effet de ce baiser plutôt inattendu, Chloé toussota en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille, ne sachant trop que dire, mais n’eut pas le temps d’y penser, son téléphone sonnait et s’éloigna un peu du milliardaire.
Quelques secondes plus tard, le temps de répondre au message qu’on lui envoyait, elle revint vers Lex, l’esprit encore envahi par la sensation de ses lèvres sur les siennes.
_C’était Pete, je devais le voir tôt ce matin et comme il n’avait aucune nouvelle il s’est inquiété.
_Tu l’as mis au courant de ça ?
_Oui. Il travaille avec moi à la Torche et comme il fait parti de l’équipe de foot c’est un autre avantage que je ne pouvais pas ignorer.
_Pourquoi ça ?
_Hé bien les premières rumeurs sont parties des pom-poms girls donc j’ai supposé que certains joueurs pouvaient être impliqués dans le trafic.
_Bien vu. En tout cas je veux que tu fasses attention à toi, tu pourrais repasser par le manoir pour me dire s’il y a du nouveau ?
_Oui, d’accord. Mais tu sais, je ne pense pas qu’ils oseraient remettre ça en plein jour, ce serait trop risqué.
_On est jamais sûr de rien Chloé.

***************************************************


Malgré ses convictions sur le fait qu’il ne lui arriverait rien dans la journée avec le monde qu’il y avait dans les rues, elle ne pouvait que suivre les conseils de Lex qui était beaucoup plus raisonnable qu’elle, il devait avoir été confronté à des situations similaires par le passé et il était plus sage de l’écouter lui qui avait plus d’expérience qu’elle. C’était une des raisons pour laquelle elle marchait à pas rapides, scrutant tout et n’importe quoi, elle restait sur ses gardes jusqu’à ce qu’elle atteigne enfin le petit café. Elle dénoua son écharpe et retira son manteau en se dirigeant vers la table où Pete sirotait déjà un café.
_Salut, désolé de t’avoir laissé sans nouvelles mais….
_Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Demanda-t-il, inquiet et effleurant sa blessure à la tête.
_Ce n’est rien, presque rien. Assura-t-elle en retirant la main de Pete.
_Ils t’ont mis le grappin dessus c’est ça hein ?
_Oui. Honnêtement je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient autant sur le qui vive.
_Attend tu rigoles ! Ces gars là prennent d’énormes risques, ils ne feront pas l’erreur de baisser leur garde et d’être moins vigilant. Faire confiance à des lycéens pour planquer leurs produits c’est déjà pas une assurance tu sais.
_Tu as du nouveau ? Espérait-elle.
_Attends déjà est-ce que tu es sûre que ça va ? Parce que je te vois venir avec tes grands airs de journaliste sans peur et sans reproches.
_ça aurait pu être pire, mais par chance j’ai été secouru, par Lex. Hésita-t-elle à dire.
_Luthor ?
_Pete je sais que tu ne le supportes pas mais sans lui je ne serais sans doute pas ici en train de t’en parler. Il n’est pas comme son père tu sais.
_Ouai, il y en a un autre qui me sort le même baratin au moins une fois par jour et te voilà qui t’y mets. J’espère que tu as raison. Mais s’il t’est réellement venu en aide sans rien demander en retour je serais capable de lui serrer la main et de le remercier.
_Est-ce que tu pourrais changer ton fusil d’épaule ? Toi ? Bon et alors ces nouvelles ?
_Je suis quasiment sûr qu’au moins deux joueurs de l’équipe font partis du trafic. Je préfère pas te donner les noms ici. Et ils cherchent encore à recruter des athlètes, pour le reste je ne sais pas.
_C’est déjà énorme. Tu as réussit à parler avec quelques uns de tes coéquipiers ou pas ?
_J’ai essayé, mais ils sont très fermés pour la plupart, comme si tout le monde était au courant sans vouloir dénoncer les autres et j’ai pas vraiment envi de me faire repérer.
_Oui je comprends, et puis ils ont sans doute peur de représailles s’ils disaient ce qu’ils savent. Le problème s’est qu’ils sont de plus en plus nombreux et nos chances d’en prendre un ou deux à partie pour qu’ils dénoncent les autres s’amenuisent.
_Il faudrait trouver un autre plan d’action.
_Je vois pas vraiment comment. Bon, le fait que Lex soit prêt à nous aider c’est un avantage mais ça ne résoudra pas la question des lycéens qui sont impliqués. Lex n’aura aucune influence là-dessus.
_Lex est au courant ? Tu lui as tout dit ?
_Je n’est pas vraiment eu le choix, il voulait tout balancer aux flics et il pourrait vraiment apporter une aide précieuse je me voyais mal refuser. Et puis il a insisté qu’est-ce que je pouvais faire ?
_Moi je te fais confiance à deux cents pourcents donc si tu lui fais confiance ça me va. La seule chose qui m’inquiète se serait qu’il décide à la dernière minute de se la jouer en solo si tu vois ce que je veux dire.
_Quoi tu n’y songe pas ?
_Bah quoi ? Avoir des relations avec une branche d’un réseau comme celui-là il pourrait très vite y voir son propre intérêt, j’essaie juste de te faire comprendre que tu n’as n’importe quel allié avec toi.
_Il ne fera aucun coup foireux, il n’osera pas.
Elle le disait mais, elle ne pouvait être sûre de rien, Pete se méfiait tellement des Luthor qu’il envisageait tous les scénarios possible et vraisemblables et elle n’avait aucune garantie sur la loyauté de Lex.

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Chloé savait qu’elle désobéissait à Lex en faisant ça mais il fallait qu’elle passe par chez elle, il fallait qu’elle prenne le temps de souffler dans son petit coin d’intimité et réfléchir sur la prochaine démarche à suivre. En plus elle n’avait pas du tout pensé au fait que les deux personnes qui l’entouraient pour cette enquête étaient sans doute les pires ennemis de la ville, enfin ça s’était le point de vu de Pete.
Et puis cette petite pause dans son salon lui permettait de s’enfermer dans ses doutes, à l’égard des autres, des millions de questions envahissant son esprit. Et si Pete avait raison et qu’il s’agissait d’une branche d’un réseau beaucoup plus étendu ? C’était tout à fait possible et là, il était clair qu’elle ne pourrait pas faire grand-chose, même avec le soutien d’un milliardaire qui, pourtant, avait pas mal de relations et de ressources.
Mais ce n’était pas le moment de flancher. Se serait tout à fait légitime qu’elle laisse tout tomber pourtant, elle aurait pu y passer mais l’intervention in extremis de Lex tendait à lui prouver le contraire. Elle était bien entourée maintenant et le fait qu’elle ait été attaquée lui avait au moins montré une chose. Elle devenait trop gênante et ils devaient avoir peur d’elle et des informations qu’elle avait déjà récolté. C’était une chose qu’elle ne devait pas ignorer, ils craignaient ce qu’elle était capable de faire et cette pensée lui redonna énormément de courage et de toute façon, comme le disait Lex, il était trop tard pour reculer. La jeune femme se préparait pour retourner au manoir et fut retenue à la dernière minute par le téléphone qui sonnait et dont la sonnerie résonnait dans toute la maison.
_ Allô ?
_ « Mademoiselle Sullivan ? »
_Qui êtes vous ? Demanda-t-elle, suspicieuse, ne reconnaissant pas la voix.
_ « Je crois que vous le savez »
_Vous ne réussirez pas à m’intimider, vous avez laissé passer la seule chance que vous aviez de me réduire au silence il n’y aura pas d’autre.
_ « Vous avez l’air bien sûr de vous, mais qui vous dit que nous avions l’intention de vous tuer ? »
_Quelque chose comme un poignard sous la gorge ça sonne comme très explicite.
_ « Je vais vous le demander gentiment Chloé, laissez tomber votre investigation »
_Pourquoi je ferais ça ?
_ « Parce que vous être une jeune femme raisonnable qui n’a pas envi que cette histoire tourne au massacre »
_C’est-à-dire ? Vous vous montrez menaçant mais je sais que vous avez peur de ce que je peux faire des informations que j’ai déjà, et il est hors de questions que j’abandonne cette enquête.
_ « Dommage, j’aurais pensé que vous préfèreriez tout arrêter plutôt que de voir vos proches en subir les conséquences. Même avec des amis très hauts placés vous n’êtes pas plus en sécurité. »
_ Vous voulez quoi ? » Demanda-t-elle la voix légèrement chevrotante.
_ « Vous allez bien sagement arrêter votre enquête et nous remettre tous vos documents et il se pourrait qu’on vous laisse tranquille, vous avez deux jours pour réfléchir à la question et je vous recontacterais. »
L’homme à l’autre bout du fil raccrocha sans attendre aucune réponse, laissant Chloé interdite et paniquée. Sa cage thoracique semblait se compresser durement et elle avait du mal à respirer. Que faire maintenant ? Se mettre en danger de son plein gré s’était une chose, mais mettre des innocents en danger ça elle ne pourrait pas le cautionner. Elle avait beau retourner la question dans tous les sens, il n’y avait qu’un seul moyen de continuer. Elle devait leur obéir, leur remettre ses documents et laisser Lex et Pete en dehors de ça. Ensuite elle aurait le loisir d’agir seule. Elle ne leur remettrait qu’une copie des informations en les assurant du contraire et devrait mentir aux personnes à qui elle tenait, elle ne voyait pas d’autre issue possible.

**************************************************

Lorsque Lex entendit la porte du bureau s’ouvrir, un grand sourire se dessina sur ses lèvres et bondit presque de son siège pour aller à la rencontre de Chloé. En son absence, il avait pu utiliser à bon escient les documents qu’elle lui avait fourni et était parvenu à retrouver l’identité de son agresseur. Ses hommes devraient d’ailleurs bientôt le contacter pour lui annoncer qu’il était entre leurs mains. Seulement, sa joie fut de courte durée. Chloé arborait un air désolé sur le visage et paraissait extrêmement gênée.
_Tu vas bien ? Demanda-t-il en posant ses mains sur ses épaules.
_Lex on ne peut pas continuer.
_Mais enfin qu’est-ce que tu racontes ? Chloé on avance ! Mes hommes ont retrouvé la trace de ton agresseur et tout ça grâce à tes documents. C’est une très bonne chose pour nous et une fois qu’il sera hors d’état de nuire il représentera un parfait moyen de pression.
_Lex, non. Dis à tes hommes de laisser tomber je, je ne peux plus continuer ce n’est pas possible. C’est trop dangereux.
_Dis-moi si je me trompe mais je trouve tout à fait suspect que tu changes d’avis si brusquement.
_Pete m’a aidé à me faire entendre raison et j’ai réfléchi c’est tout.
_Non, tu pourras me dire ce que tu veux je n’arrive pas à te croire. Qu’est-ce qui s’est passé qui a pu te faire changer si facilement d’avis ?
_Ecoute, crois ce que tu veux, je te demande simplement d’arrêter et de reprendre tes affaires et moi je vais rentrer chez moi et faire la même chose.
Lex ne la laissa pas partir et referma son emprise sur ses épaules avec plus de force.
_Arrête tu me fais mal !
_Ils t’ont contacté, je ne sais pas comment mais ils ont réussi te faire chanter toi aussi pour que tu arrêtes tout, Chloé il ne faut en aucun cas leur céder je connais ce genre de méthode.
_La ferme ! Tu peux pas comprendre, tu ne sais pas ce qui s’est passé…
_Non je ne sais pas, mais je ne te laisserais pas rentrer toute seule sachant que ton père est en voyage d’affaire, il n’est pas question que tu quittes ces murs.
_Et moi il est hors de question que j’implique davantage dans cette histoire les gens que j’aime ! C’est mon affaire, c’est moi qui me suis mise dans ce pétrin. Cria-t-elle en sanglotant.
Réalisant ce qu’elle venait de dire, Chloé se désenclava de l’emprise de Lex, ne pouvant plus affronter son regard et se précipita hors du bureau, montant quatre à quatre les escaliers jusqu’à la chambre dans laquelle elle se trouvait ce matin.
Lex aussi réalisait tout juste ce qui venait de se passer. S’était donc de ce moyen de pression qu’ils usaient sur Chloé, le point faible de n’importe quelle personne, il comprenait mieux qu’elle veuille tout laisser tomber mais lui ne céderait pas à de pareilles menaces. Il protégerait Chloé et la savoir ici cette nuit le rassurait déjà un peu, et puis il avait retenu l’une des choses qu’elle avait dite qui ne le laissait pas indifférent. Il sortit son téléphone de sa poche et ordonna une sécurité plus renforcée autour du manoir, il ne voulait pas d’incident, Chloé en avait déjà trop vu en vingt-quatre heures.

************************************************

Chloé n’aurait su dire depuis combien de temps elle s’était cloîtrée dans cette chambre, allongée sur ce lit, recroquevillée sur elle-même en forme fœtale, forçant ses yeux à se fermer pour enfin trouver un peu le sommeil, et voir ce cauchemar s’évaporer. Elle tremblait encore de la colère qui l’avait envahi quelques instants plus tôt mais ne regrettait pas d’avoir dit tout haut ce qu’elle pensait réellement. Au fond elle n’en avait peut-être pas conscience mais il semblait clair qu’elle tenait plus qu’elle ne le croyait au milliardaire. Ça ne pouvait pas être les émotions et la pression constante de cette enquête, elle pouvait le sentir. Mais alors pourquoi ne s’en était-elle pas aperçue avant ?
Elle se tourna une fois, deux fois, c’était inutile, elle ne trouverait jamais le sommeil dans des circonstances pareilles. Lex l’empêcherait de sortir, ses gardes du corps devaient garder les portes, et puis s’enfuir ce n’était pas non plus ce qu’elle voulait. Elle savait qu’elle avait peur, cette peur de mourir qu’elle avait ressenti la veille et qui revenait au galop lorsqu’elle s’aperçue que la nuit était tombée. Combien de temps cette agression allait-elle la traumatiser, l’empêcher de dormir ? Le temps viendrait peut-être à bout des choses. Elle pouvait s’estimer heureuse, certaines personnes ne se remettaient jamais de telles choses et elle était prête à se jeter de nouveau dans la gueule du loup.
Angoissée de n’avoir rien d’autre à faire que tourner en rond et en carré, elle chercha son téléphone au fond de sa poche et tenta de joindre Pete. Elle allait lui sortir le même baratin qu’à Lex, et il ne la croirait pas non plus mais elle devait le faire pour sa sécurité. Elle pouffa bruyamment quand elle entendit les sons répétitifs qui signifiaient que la ligne était occupée. Tant pis elle l’appellerait plus tard. Elle balança son téléphone sur le lit et se laissa tomber durement contre le matelas.

************************************************

Pendant ce temps, Lex continuait d’étudier inlassablement les documents de Chloé, dans l’attente d’un appel. Son vœu fut exaucé mais ce n’était pas réellement celui qu’il attendait impatiemment.
_Je m’attendais à tout sauf à recevoir un coup de téléphone de ta part.
_ « Il parait que vous faites aussi partie de l’équipe maintenant alors je fais plaisir à Chloé et je vous informe de l’avancée des recherches. »
_J’apprécie ce que tu fais Pete. Mais je ne comprend pas pourquoi tu m’appelles moi plutôt que Chloé.
_ « Parce que j’ai une idée qui pourrait nous permettre d’arrêter ce trafic. »
_Je t’écoute avec toute mon attention.
_ « Les trafiquants recherchent d’autres lycéens et plus particulièrement parmis les joueurs de l’équipe… »
_Et en te faisant enrôler tu penses pouvoir accumuler assez de preuves pour les faire tomber. Très ingénieux !
_ « Je voulais avoir votre avis avant de mettre Chloé au courant. »
_Si tu restes prudent c’est une excellente idée mais pour ce qui est de Chloé il va d’abord falloir que je discute sérieusement avec elle.
_ « Pourquoi il y a un problème ? »
_Elle a reçu des menaces pour qu’elle arrête tout et elle est prête à s’y plier.
_ « Nan moi je laisse pas tomber. En tout cas essayez de la raisonner, elle pourrait vous écouter. »
_Je vais le faire. Pete, préviens-moi quand ils t’intégreront, en cas de problème il y aura deux de mes hommes qui ne seront jamais loin.
_ « Ok. Et, même si je risque de le regretter, merci Mr Luthor. »

Lex raccrocha, un peu surpris de l’initiative du jeune Ross mais satisfait que lui non plus ne veille pas laisser tomber. Il devait être un peu insouciant mais semblait malgré tout conscient du danger de devoir jouer un double jeu.
Les portes du bureau s’ouvrir et un des gardes du corps pénétra dans la pièce et Lex le rejoint, impatient de savoir ce qu’il en était.
_Quelles sont les nouvelles ? Demanda-t-il.
_Nous l’avons. Que devons-nous en faire Monsieur.
_Vous ne le quittez pas des yeux, vous essayez de le faire parler mais vous le gardez en vie.
_Bien Monsieur. Répondit l’homme avant de quitter le bureau aussi rapidement qu’il était entré.

Un léger sourire de soulagement se dessina sur ses lèvres, au moins la nuit serait tranquille et cet élément ferait peut-être pencher la balance en sa faveur et il espérait vivement que Chloé reprenne confiance, sachant son agresseur arrêté.
Lex monta les escaliers et toqua à la porte de Chloé à plusieurs reprises sans réponse. Il ouvrit la porte mais ne pu que constater qu’elle n’était pas là. Bon sang le voilà qui s’inquiétait de nouveau, où avait-elle dont été courir ?
Il se mit à parcourir rapidement les couloirs du manoir et à ce rythme là, il en avait pour un moment.

***************************************************

Ayant vu l’heure tardive, Chloé n’avait même pas pensé à descendre tout simplement vérifier si Lex était encore dans son bureau. Elle l’avait imaginé plutôt dans sa chambre en train de travailler sur son ordinateur portable ou bien en train de lire un bon roman dans le genre du Rouge et le Noir. Mais c’était bien la quinzième porte qu’elle ouvrait et toujours rien. Ce manoir était vraiment immense. De plus, il n’y avait pas âme qui vive par ici et s’était lancée à la découverte des couloirs à l’aveuglette sans regarder où elle allait et résultat, elle était perdue. Ça ne l’inquiétait pas plus que ça, elle se sentait en sécurité mais la perspective de devoir retrouver son chemin la fatiguait d’avance, tout se ressemblait autour d’elle. Des lustres au plafond, un long et interminable tapis violet au sol et des œuvres d’arts qu’elle ne connaissait pas accrochées au mur.
En tournant à l’angle d’un couloir, elle sursauta si fort qu’elle croyait bien que son cœur allait être éjecté de sa poitrine.
_Mais enfin qu’est-ce que tu fais là ? Demanda Lex visiblement inquiet.
_Bah, je te cherchais figure toi et, j’ai décidé de visiter.
_Oui et en attendant je me suis inquiété.
_Désolé. Heu, est-ce que par hasard tu me cherchais aussi ?
_Oui, mais viens on va pas rester là, allons en parler ailleurs.

**************************************************

Lex ramena la jeune femme dans sa chambre et referma la porte alors que Chloé s’assit sur le bord du lit, attendant que Lex la rejoigne.
_Je commence ou tu commences ?
_A toi l’honneur, on va garder les bonnes nouvelles pour la fin. Dit Lex.
_Je voulais m’excuser pour tout à l’heure. J’ai vraiment pété les plombs et, je n’ai pas envi d’abandonner, surtout après ce qu’ils auraient pu me faire.
_Ne t’excuse pas, pas après ce que tu as vécu, c’est tout à fait normal de faire sortir ses émotions.
_Tu crois vraiment que ça va aller, je veux dire, qu’il faut continuer ?
_C’est là que je voulais en venir, on est pas aussi désarmé que tu le penses. Mes hommes ont capturé ton agresseur et il y a de fortes chances pour qu’on puisse le faire parler. Dans le cas contraire on peut toujours s’en servir comme monnaie d’échange ou pour les faire chanter.
Sous le coup de l’émotion, sentant espoir et joie se mêler, Chloé se jeta dans les bras de Lex, souriant pour la première fois depuis hier en lui murmurant merci. Lex la serra fort contre lui, lui faisant comprendre qu’il était là pour elle et se désenclava.
_Et il y a autre chose.
_Dis-moi.
_Pete m’a appelé, oui je sais c’est très étrange mais il l’a fait, il m’a dit qu’il avait une idée et qu’il voulait m’en parler avant.
_Alors vas-y, s’il a un plan je suis toute ouie !
_Il va intégrer le groupe pour mieux les espionner de l’intérieur.
_C’est dangereux mais je pense que ça vaut le coup d’essayer, et puis c’est le seul plan que nous ayons.
_En plus ça nous permettrait de savoir où ils cachent les drogues.
_Je lui ai demandé de me rappeler pour me dire à partir de quand il participera au trafic, en attendant tu vas essayer de dormir, je pense qu’il n’y a aucun danger pour cette nuit et si tu as besoin, ma chambre est au bout du couloir, la porte de droite.
Naturellement, Chloé acquiesça mais retint Lex par la main alors qu’il s’apprêtait à s’en aller.
_Tu ne veux pas rester ? S’il te plait.
Il ne pouvait pas refuser, il voyait très nettement l’inquiétude de la perspective de se retrouver toute seule cette nuit et en même temps il la saurait vraiment en sécurité tout près de lui. Pour seule réponse il déposa un baiser sur son front.
_Je reviens. Murmura-t-il et il quitta la pièce, laissant la porte entre ouverte.

Quand Lex revint dans la chambre quelques minutes plus tard, il fut attendrit par la vision de la jeune femme, qui, même de dos paraissait paisible, la main posée sur le drap de soie. Il ignorait si elle s’était finalement endormie alors fit le moins de bruit possible en marchant jusqu’au lit pour se glisser sous les couvertures, ne quittant pas des yeux ce visage d’ange. Chloé ouvrit les yeux une fois qu’elle ne sentait plus bouger le matelas et se trouva plongée dans les yeux du milliardaire qui lui souriait tendrement.
_Je croyais que tu t’étais endormie.
_Je ne sais pas si je vais réussir à dormir.
_ça va ?
_J’en sais trop rien. Il y a tellement de choses qui se bousculent dans ma tête.
_Il te faudra sans doute du temps pour oublier. Mais cette nuit tu devrais essayé de penser à autre chose, je ne sais pas, de plus agréable par exemple.
_Comme quoi ?
_Je ne sais pas, ce que tu veux, et en te concentrant dessus ça va t’aider à te détendre.
Bizarrement, la seule chose agréable à laquelle elle pensait en fermant les yeux s’était le baiser de Lex ce matin, mais devait-elle le lui dire au risque d’ouvrir ce sinueux sujet de conversation ?
_Tu as trouvé ? Demanda-t-il en la voyant se détendre très légèrement, un petit sourire sur les lèvres.
_Oui, je crois.
_Qu’est-ce que tu vois, sans vouloir être indiscret.
_Toi. Dit-elle simplement en ouvrant de nouveau les yeux. Je vois, ton baiser.
Lex se rapprocha automatiquement d’elle et posa ses lèvres sur les siennes, espérant lui donner la même impression de bien-être qu’elle semblait décrire et fit en sorte d’éterniser cet instant. Oui elle se sentait bien, et ne voulait pas que ça se termine si vite, elle ne rêvait que d’une présence rassurante à ses côtés alors elle exerça une légère pression de sa main sur sa nuque alors qu’il s’écartait et à son tour elle lui donna un doux baiser sans oser aller plus loin. Appréciant tous les deux le moment partagé, ils continuèrent cet échange de chastes baisers pendant un long moment jusqu’à ce qu’elle ouvre de nouveau les yeux, se retrouvant allongée sur le dos, Lex au-dessus d’elle, leurs jambes entremêlées, les mains du milliardaire campées sur ses hanches et celles de Chloé autour de sa nuque. L’un comme l’autre avait peu à peu sentit le plaisir monter d’un cran mais était-il bien raisonnable d’aller plus loin ? Lex sentait la respiration de Chloé s’emballer et ne ferait rien pour la brusquer, s’était à elle de faire le second pas si elle en avait envi. Elle posa sa main sur la joue du milliardaire et l’invita à s’installer plus confortablement sur elle, pouvant alors elle aussi sentir le souffle légèrement saccadé de Lex sur son visage. Il déporta une de ses mains sur le visage de Chloé et se pencha de nouveau sur elle pour goûter encore et encore à sa bouche dans une cascade de baisers avant de caresser ses lèvres du bout de sa langue, désireux là encore de la laisser décider de la suite des événements. Chloé laissa donc son corps diriger à sa place et ouvrit la bouche, rapprochant encore davantage le visage de Lex du sien et gémit au contact de leur langue qui s’effleuraient avant de s’enrouler l’une avec l’autre dans un rythme irrégulier que ni l’un ni l’autre ne souhaitait maîtriser, laissant la passion et le désir agir pour eux. Plus le baiser s’intensifiait et plus Lex semblait passionné dans tous ses mouvements, frottant son corps contre celui de Chloé qui devenait de plus en plus fiévreuse. Elle ne savait plus où poser ses mains ni comment réagir, sentant le plaisir s’insinuer partout en elle, et pourtant Lex restait raisonnable dans ses gestes. Il se contentait pour le moment de caresser ses jambes et ne tentait aucune escapade sous son débardeur. Lex la sentit trembler et dériva alors sur sa gorge pour y déposer d’autres baisers, la laissant reprendre son souffle.
Malgré tout le plaisir qu’elle ressentait, elle se sentait frustrée de le voir et le sentir lui faire partager toute son expérience alors qu’elle ne savait pas du tout quoi faire pour lui faire plaisir à son tour. Lex sentit ce malaise et reporta son attention sur le visage de la jeune femme.
_Tu vas bien ? demanda-t-il d’une voix rauque.
_Oui, sauf que, je ne sais pas vraiment ce qu’il faut que je fasse. Avoua-t-elle, les joues écarlates.
_Ce n’est pas grave Chloé. L’important c’est surtout de se détendre. Mais si tu en as vraiment envi je pourrai, te guider.
Décidée à aller un peu plus loin, elle acquiesça timidement et reprit les lèvres de Lex en otage. Tout en l’embrassant, il prit la main de Chloé et la posa dans le bas de son dos, l’incitant à soulever son tee-shirt et passer sa main dessous. Elle repoussa donc le tissu de coton sur son dos et caressa lentement son corps et se réjouit en sentant sa peau frémir sous ses doigts. Elle prit ensuite l’initiative de lui retira complètement son tee-shirt, le jetant au sol et posa sa main dans le bas de son dos, le laissant lui aussi poser ses mains sur son corps, soulevant son débardeur, déposant un baiser sur chaque parcelle de peau mise à nue. Sentir ainsi leur deux corps humides se frôler la rendait folle et ne retenait plus ses gémissements, elle n’avait encore jamais rien connu de si agréable mais savait qu’elle n’était pas prête à aller tellement plus loin pour l’instant. Elle reprit alors le visage de Lex entre ses mains pour un dernier baiser et le fixa quelques instants avant de se désenclaver de leur étreinte pour remettre de l’ordre dans son débardeur.
Quand il la regardait, une foule de sentiments l’envahissait mais il n’était pas encore tout à fait sûr que ce soit de l’amour. C’était un sentiment qu’il avait tant de fois refoulé qu’il en avait oublié ce que ça pouvait représenter. Mais il était certain d’éprouver du désir pour elle, il ne se serait rien passé ce soir sinon, mais pour le moment ce qui primait devant tout c’était ce devoir de protection qu’il ressentait envers elle et il ignorait s’il serait capable de l’aimer complètement tant que ce sentiment perdurerait.
Complètement détendus, ils se rallongèrent confortablement et Lex attira Chloé à lui pour la serrer contre lui, posant ses lèvres sur son front avant de lui souhaiter bonne nuit.

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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 21 Aoû 2010 - 15:19

Chloé fut réveillée par un long frisson qui lui parcouru tout le corps en l’espace d’une seconde. Elle commençait à bouger, cherchant de ses mains le contact chaud et rassurant de Lex mais rien à faire, seule la fraîcheur des draps et du matelas persistait à rester tout près d’elle comme une torture. Un rapide coup d’œil dans chaque coin de la chambre suffit à lui confirmer qu’elle était seule, et ce malgré l’heure matinale indiquée par la pendule en face du grand lit.
Encore déroutée et perdue par les événements de la veille, elle se redressa avec précaution, sentant ses récentes plaies frottées contre les draps de soie. Il lui semblait qu’elles étaient plus douloureuses que la veille et son corps tout entier en souffrait, comme si elle avait fait un 500 mètres à pleine vitesse. Elle se massa longuement les tempes, prenant le temps de se réveiller complètement et s’aperçue rapidement que la brûlure des blessures sur son corps était moins douloureuse que le réveil seule. Lex occupait toute ses pensées, sa douceur, son attention et sa patience la touchait plus qu’elle ne l’aurait cru. Il savait éveiller tant de choses en elle que les sentiments se bousculaient bien trop vite. Elle ne devait pas foncer au risque de rencontrer un mur, elle ne le supporterait pas, pas après son agression. De plus, elle était seule ici. Pourquoi Lex n’était-il pas resté au moins jusqu’à son réveil auprès d’elle ? La réponse était pourtant évidente, ce qui s’était passé ne représentait probablement rien pour lui et d’ailleurs il n’avait rien dit à aucun moment qui aurait pu lui faire penser le contraire, il n’y avait eu aucune promesse ni aucun sentiment révélé. Elle lui avait demandé de rester avec elle pour la rassurer et il s’était exécuté. Bon les choses avaient certes dérapées mais c’était arrivé par la force des choses, comme un événement inévitable qu’ils n’auraient pu contourner. Mais pourtant elle se sentait vexée et ça suffisait pour envisager la possibilité que pour elle, cette soirée avait eu une grande signification.
Elle pouffa bruyamment, se sentant vraiment nulle de craquer si facilement pour le plus beau parti de cet Etat. Pour lui c’était comme s’il ne s’était rien passé. Elle n’ignorait pas que Lex avait l’habitude d’aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite et avec des femmes qui de préférence avaient quitté le lycée. Et il avait fallu qu’elle s’enfonce encore plus en osant dire qu’elle ne savait pas quoi faire pour lui faire plaisir.
Nan il fallait arrêter de se ronger ainsi, ça ne mènerait nulle part.
Chloé se leva, rangea rapidement le désordre caractéristique des Sullivan qui régnait déjà dans la chambre, pris une douche et s’habilla.

Elle savait déjà qu’elle allait dire n’importe quoi devant lui en entendant sa voix de l’autre côté de la porte pour lui faire signe d’entrer mais il fallait que les choses soient claires avant de repenser à la raison pour laquelle elle restait au manoir.
Elle tourna la poignée, referma derrière elle et resta le plus près possible de la porte, n’osant pas s’avancer jusqu’à lui.
Lex, avec sa naturelle élégance, finissait de se préparer, faisait le nœud de sa cravate et s’approcha d’elle tout en l’ajustant correctement autour de son cou.
_Bonjour. Murmura-t-il presque en posant ses lèvres sur le front de la jeune femme. Tu as réussit à te reposer un peu ?
_Oui. Lui souffla-t-elle.
Le jeune homme lui sourit, caressa brièvement son visage et ouvrit la porte, invitant Chloé à le suivre.
Dans les couloirs, Lex marchait d’un pas décidé, probablement en train de programmer sa journée dans sa tête alors que la petite blonde traînait derrière, la mine déconfite, très déçue de s’être fait ainsi des illusions mais retint ses larmes, essayant de se convaincre qu’elle n’était pas en train de tomber dans les méandres de l’amour.
Lex était installé dans le canapé, occupé à lire le journal, sa tasse de café posée sur la table basse. Chloé se fit aussi discrète qu’une petite souris et s’assis à son tour sur un fauteuil en face de Lex et s’empara d’une seconde tasse, piochant sur le plateau quelques gourmandises, de préférence au chocolat, histoire de se consoler comme elle le pouvait.
Lex avait bien remarqué que son moral ne semblait pas meilleur qu’hier, jetant de discrets coups d’oeils vers elle et il devinait aussi que la soirée de la veille la perturbait seulement lui ne pouvait pas se permettre d’afficher comme elle le faisait ses émotions. Et pourtant, ses pensées étaient toutes tournées vers elle également. Il s’était attendu à ce qu’elle pénètre dans sa chambre mais ne s’y était pas préparé et n’avait pas cherché à échanger le moindre contact intime avec elle. Pas qu’il ne voulait pas la prendre dans ses bras et l’embrasser à en perdre raison, il ne s’agissait pas de ça. Il ne savait tout simplement pas de quelle manière agir avec elle. Il la respectait et ne se permettrait jamais de faire n’importe quoi et le fait de devoir reconsidérer sa propre notion d’une relation intime le rendait maladroit. Et au-delà de ça, Chloé avait des objectifs avec cette enquête et ne devait s’en détourner, il ne savait pas s’il aurait une bonne ou au contraire une mauvaise influence sur elle et préférait pour toutes ces raisons s’abstenir pour le moment.
_Je voudrais que tu restes ici aujourd’hui, j’ai déjà appelé le lycée pour prévenir le principal.
Chloé recracha tout de suite sa gorgée de café dans sa tasse en entendant ces mots, avait-elle au moins bien compris ?
_Tu peux répéter ? Tu me demandes d’obéir à tes ordres comme si je n’étais qu’un vulgaire toutou que tu voudrais contrôler ? S’énerva-t-elle.
_Si je te demande ça c’est parce que je pense à toi et à ta sécurité. Répondit-il plus calmement.
_J’en ai marre d’entendre toujours ces mots là sortir de ta bouche ! Où tu vas d’abord ?
_J’ai un rendez-vous important, c’est tout ce que tu as besoin de savoir.
Ce n’était pas difficile de deviner à quoi correspondait ce mystérieux rendez-vous, elle savait qu’il irait voir l’homme qui l’avait agressé et se sentait plus que jamais dégoûtée d’être mise à l’écart sur des choses qui la concernait directement, il se permettait vraiment tout et n’importe quoi. Elle se leva précipitamment, chopa son sac dans l’entrée et quitta le manoir sans se retourner, entendant très bien les pas pressés de Lex derrière elle.
_Chloé revient ici, je ne veux pas que tu prennes de risques inutiles c’est exactement ce qu’ils attendent ! Cria-t-il.
_Arrête ! Tu n’es même pas capable d’être honnête. Hurla-t-elle en se retournant. Et tu sais quoi ? Pete avait raison, il n’y a que ton propre intérêt qui compte et rien d’autre !
Blessé par ses paroles, Lex se paralysa, impuissant et la regarda démarrer sa voiture en trombe pour rouler à vive allure dans l’allée du manoir jusqu’aux grilles. Il poussa un juron, passa rageusement une main sur son visage. Il aurait dû s’y prendre autrement. Il espérait seulement ne rien avoir fait d’irréparable et qu’il la verrait revenir dans la journée. En attendant, il devait effacer toute émotion de son esprit et ne se concentrer que sur ce qui allait suivre et en aucun cas il ne se montrerait indulgent, bien au contraire il allait pouvoir se défouler et évacuer une part de la pression qui l’habitait.

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Très irritable et sur les nerfs, Chloé traversa les couloirs du lycée comme une furie comme si elle était sur le point de commettre un meurtre et les élèves s’écartaient même sur son passage, la même expression se lisant sur tous les visages.
La petite blonde poussa rageusement les battants qui menaient aux vestiaires des garçons et se mêla aux quelques joueurs qui commençaient à sortir, près pour aller s’entraîner.
Elle agrippa Pete avec la même agressivité et le traîna légèrement à l’écart du groupe sans tenir compte des remarques du jeune homme qui se tuait à lui demander comment elle allait.
_Mais t’es malade de débarquer ici comme ça ! Tu veux te faire jeter ou quoi ? Murmura-t-il.
_Il dure combien de temps l’entraînement ?
_Deux heures environ, mais avec le coach on peut jamais vraiment savoir.
_Ok alors rejoins moi au journal dès que tu as finit d’accord ?
_T’as l’air nerveuse. Cette petite mine on la doit à quoi ?
_Laisse tomber, je suis anxieuse par rapport à la décision que tu as pris de rejoindre ces malades c’est tout ! Se défendit-elle.
_Mais je t’écoute si tu as une autre proposition à faire, seulement je te rappel qu’on a pas vraiment le choix, on a pas des masses de solutions si on veut les coincer. Et puis Lex est un sérieux atout pour nous.
Esquissant une grimace, Chloé le laissa partir, voulant à tout prix éviter d’argumenter sur le sujet et fit demi-tour, traînant les pieds jusqu’au local de la Torche.

A cette heure-ci elle était censée avoir cours mais étant donné qu’elle aurait dû rester au manoir selon le bon vouloir de Lex il valait mieux qu’elle calme ses ardeurs et se faire toute petite. Elle baissa les stores de toutes les fenêtres en faisant abstraction de la rage qui allait sans doute la poursuivre tout le reste de la journée et s’assit sur son fauteuil en allumant son ordinateur. Elle ne se faisait guère d’illusion, elle avait été exécrable avec Pete et il ne manquerait pas de le lui faire remarquer quand il déboulerait ici et il n’était pas certain qu’elle puisse se contenir longtemps.
Pourquoi n’avait-elle pas suivit son instinct ? Elle aurait dû refuser d’aller au manoir et rentrer chez elle comme s’était prévu à la base. Maintenant que le rendez-vous était programmé pour demain soir il n’y avait pas vraiment de risques qu’elle se fasse attaquer de nouveau, ou alors se serait complètement incompréhensible. Une seconde agression la dissuaderait de leur donner les documents de toute façon.
Un maigre sourire se dessina sur ses lèvres, au moins il y aura une bonne nouvelle dans la journée. Elle venait de lire un mail de son père qui lui faisait savoir qu’il restait à Denver cinq jours de plus.
D’un coup elle se sentait moins menacée. Elle avait peur de ce qui pouvait lui arriver bien sûr mais surtout de ce que ces malades étaient capables de faire comme s’en prendre à son père.
Sa décision était prise. Ils allaient exécuter leur plan comme prévu et Pete intègrerait le réseau mais il était hors de question qu’elle retourne au manoir. A dire vrai elle ne se sentait pas plus menacée chez elle que là bas. Elle serait dans son intimité, dans son petit monde et saurait de quelle manière se défendre. Elle se rendait compte que depuis que Lex l’avait secouru elle avait trop compté sur lui justement parce qu’il représentait la présence forte qui était capable de la protéger. Mais avait-elle vraiment besoin de ça ? Elle s’était très bien débrouillée avant qu’il n’intervienne dans cette histoire alors pourquoi ça changerait aujourd’hui ?
Elle pouffa légèrement, ne sachant pas vraiment comment s’occuper alors que la solution semblait pourtant évidente. Elle fouilla dans ses tiroirs et toutes les étagères et faisant tomber quelques dossiers par terre et trouva enfin ce qu’elle cherchait. Elle choisit quatre disquettes sur lesquelles elle allait enregistrer toutes les informations sur ce gang. Sur ce coup-là ils n’étaient pas très malins d’espérer qu’elle leur remette les originaux sans se demander combien de copies elle pourrait faire. Cette petite idée ingénieuse lui redonnait le moral peu à peu.

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N’ayant pas cherché à calmer sa colère de tout à l’heure, Lex claqua la porte de sa Porsche et marcha rapidement jusqu’à ce qu’il atteigne une des entrées de service de l’usine. Il passa une carte d’accès dans le boîtier à droite de la porte et s’y engouffra sans attendre une fois qu’une détonation se soit faite attendre. Il parcouru quelques mètres dans une obscurité presque totale, connaissant si bien les lieux qu’il n’avait même plus besoin de lumière et descendit les escaliers qui débouchait sur les niveaux inférieurs.
Arrivé en bas, un de ses hommes l’attendait et marcha à pas rapides pour tenter de le suivre.
_A-t-il dit quelque chose d’utile ?
_Rien monsieur, seulement que s’ils nous ne l’abattions pas, eux le feraient pour nous.
_On va bien voir s’il continue à garder le silence, je vais me charger de le faire parler.
_Il y aura deux hommes postés à l’entrée de la cellule dans laquelle nous l’avons mis en cas de problème.
_Rien de suspect cette nuit ? Personne n’a essayé de s’infiltrer à l’intérieur de la zone ?
_Non rien à signaler, pourquoi vous craignez qu’on tente de le faire évader ?
_Sait-on jamais. Répondit Lex en ouvrant une lourde porte en métal.
Le garde du corps qui le suivait referma derrière le milliardaire, resta posté à cet endroit et fut rejoint par un second homme.

La pièce dans laquelle venait de pénétrer Lex était uniquement éclairée par un vieux néon au plafond qui faisait sauter la lumière dans un grésillement. Il s’avança prudemment de cet homme qu’il avait envoyé contre un mur dans un magnifique coup de poing dans la jugulaire quelques jours auparavant. D’ailleurs, l’homme en question portait toujours la marque de cette attaque dont la couleur de l’hématome avait viré au violet. Il était assis sur une chaise, les mains attachées dans le dos et s’entêtait à garder le visage baissé tout en sachant qu’il n’était plus seul ici. Lex resta devant lui quelques instants, le temps de canaliser toute sa colère sur la violence dont l’homme avait usé sur Chloé et n’hésita pas plus longtemps avant de lui relever la tête brusquement en l’agrippant violemment par les cheveux.
_Il parait que tu ne t’es pas montré très coopératif jusqu’à présent seulement, aujourd’hui je sens que tu vas te montrer plus bavard et il est hors de question que je sorte d’ici sans les réponses aux questions que je vais te poser, c’est clair ?
_Tu crois que tes menaces vont suffirent ? T’es peut-être quelqu’un d’important Luthor mais que veux-tu que j’y fasse si ta copine s’est mise dans le pétrin ?
_Qui t’as ordonné de la tuer ? dit-il en montant le ton.
_Qui te dis que je devais la tuer ?
_Tu l’as assez menacé pour que je comprenne jusqu’où toi ou tes associés avaient l’intention d’aller.
_J’ai rien à te dire Luthor, tu perds ton temps. Je sais que tu en meurs d’envi alors sors ton flingue et finissons-en. Ils me tueront de toute façon.
_Tu veux qu’on en vienne tout de suite à la manière forte. Comme tu veux.
L’homme leva le regard vers Lex avec un sourire malsain et moqueur sur les lèvres, ce qui encouragea Lex a frappé fort là où ça faisait mal et lui envoya son poing dans le nez.
_Deuxième question, qui sont tes associés ? Demanda-t-il carrément.
Il ne se serait pas attendu à autre chose, même avec le visage ensanglanté il eu le courage de lui rire au nez.
_Je t’explique l’enjeu. Si tu me donnes disons, au moins un nom, je t’achève tout de suite. Sinon il y a de fortes chances pour que je fasse en sorte que ta mort soit beaucoup plus douloureuse. Ça c’est ce qui va arriver si tu continues à te foutre de moi. L’autre solution c’est que je te démolisse encore un peu histoire de me défouler pour te remettre aux flics ensuite. Là je te garanti que tu vas prendre pour perpette d’une pour trafic de drogues et de deux pour agression. La balle est dans ton camp.
Il s’étonnait lui-même. Il était parvenu à garder son sang froid, ce qui donnait encore plus de crédit à son discours et le fait qu’il mette en évidence son arme qui était attachée à sa ceinture faisait doublement réfléchir l’agresseur de Chloé.
_Ouvre grand tes oreilles Luthor parce que tu pourras me faire tout ce que tu veux je dirais plus rien.
_Si tu continues à me raconter que des conneries tu vas croupir ici encore longtemps.
_C’est ça fais ton malin mais quand mes « associés » comme tu dis, auront butté ta copine tu pourras remballer ta fierté. Tant qu’elle aura pas arrêté son enquête ils ne feront rien qui risquerait de les faire tomber.
Lex savait qu’il ne dirait plus rien maintenant mais il avait une furieuse envie de le frapper une dernière fois alors il sortit son revolver, le lui colla sur la tempe et attendit une minute avant de lui frapper de nouveau le visage avec, le faisant s’effondrer au sol.
Légèrement soulagé, il lui jeta un dernier coup d’œil indifférent, rangea son arme et sortit de cette immonde pièce.
_Laissez-le là cette nuit, ça ne peut pas lui faire de mal.
_Bien monsieur.
_Livrez-le aux autorités à la première heure demain matin
Les deux hommes acquiescèrent sans demander davantage de détails et regardèrent leur employeur s’engouffrer dans le couloir sombre et glacial avec la même détermination dans la démarche.

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Lorsqu’elle entendit la porte du local s’ouvrir, Chloé releva d’abord la tête par simple réflexe pour voir de qui il s’agissait en la rabaissant tout de suite mais releva les yeux dans un froncement de sourcils tout en regardant l’heure qu’affichait l’horloge sur son ordinateur. Deux heures venaient effectivement de passer sans qu’elle s’en soit rendue compte puisque Pete attrapait déjà un siège en le mettant à l’envers pour s’asseoir à côté de Chloé et balança son sac de sport dans un coin.
_Tu transpires !
_Oui parce qu’une certaine petite blonde un peu exigeante m’a fait comprendre que s’était urgent donc je n’ai pas pris le temps de me doucher.
_Désolé.
_Nan t’en fais pas, pour deux heures de cours ça devrait être supportable.
_Je n’aimerais pas être ton voisin. Bref. Est-ce que tu as du nouveau par rapport à ton idée d’intégrer leur réseau ?
_Certains viennent m’en parler en douce, ça me donne l’occasion de cerner ceux qui se sont déjà laisser entraîner là-dedans mais, j’ai l’impression qu’ils sont en pleine période de recrutement.
_Qu’est-ce qui te fais penser ça ?
_Des groupes qui se forment, comme je te le dis, des conversations en douce….
_Oui mais, ça n’a rien de vraiment suspect, ce n’est pas un élément de preuve. Tenta-t-elle d’expliquer.
_Chloé, se sont des joueurs qui ne s’adressaient pas ou à peine la parole avant, qui s’évitaient au possible aux intercours, je sais que c’est suspect, fais moi confiance je suis sûr de moi.
_D’accord. Tu vas peut-être me sembler agaçante et un peu lourd mais je veux que tu sois prudent.
_Oui, c’est vrai, tu dis ça en connaissance de cause. Dit-il un peu brusquement.
_Je peux savoir ce qui te prend ? Ne comprit-elle pas.
_C’est comment dire, frustrant d’apprendre que sa meilleure amie s’est faite menacée par la personne que je hais sûrement le plus dans cette ville si ce n’est pas sur la Terre entière.
_Si je suis allée le voir d’abord s’était seulement pour le convaincre de ne plus chercher à s’impliquer davantage dans cette histoire pour nous laisser faire tu comprends ?
_Oui peut-être mais j’aurais espéré que ce soit à moi que tu viennes te confier parce que comme tu me le dis si bien c’est nous qui menons l’enquête, pas lui !
_C’est exactement ce que j’ai voulu lui faire comprendre ! Il était même question que je laisse tout tomber sous prétexte qu’ils m’ont totalement prise au dépourvu, je m’attendais pas à ce qu’ils m’appellent chez moi !
_Oui, je suis désolé. Dès qu’il s’agit de Luthor c’est limite si je perds pas le contrôle de moi-même. Je ne pense même pas à te demander ce qui s’est passé. Quand j’ai eu Lex au téléphone il ne m’a donné que les grandes lignes.
_Il veulent que je leur remette tous mes documents, toutes les preuves potentielles que j’ai pu accumuler depuis le début de l’enquête.
_Et tu étais prête à leur céder !
_Quand on te menace de s’en prendre à toi ou à tes proches tu ne réfléchis pas longtemps si tu es une personne normalement constituée, enfin c’est ce que moi je pense.
_Non, on ne peut pas abandonner maintenant ! Je suis sur le point d’être recruté, enfin si on peut dire ça. Quel plan as-tu élaboré alors ?
_C’est étrange ! Lex m’a dit exactement la même chose, il ne veut pas renoncer lui non plus. Et ne t’inquiète pas, j’ai peut-être un plan qu’ils auront du mal à contrer. Ils veulent que je leur remette tout ce que j’ai sur eux, je vais leur donner, mais ils ne pourront jamais savoir si je vais leur donner les originaux. J’ai pris le soin de faire plusieurs copies et même s’ils trouvaient les miennes, Lex en conserve une qu’ils ne trouveront jamais.
_Donc si je te suis bien tu as l’intention d’aller à leur rendez-vous en sachant que c’est une énorme prise de risque ?
_Tout à fait. Ils voudront sûrement que je vienne seule quand ils me contacteront, le coup classique, et si tu intègres le groupe avant la date du rendez-vous tu y seras peut-être toi aussi et j’espère pouvoir compter sur toi si, ça tourne mal.
_Houla Chloé, STOP ! dit-il d’une voix forte en levant les mains. Sois tu n’as pas du tout consciente d’être totalement suicidaire soit tu tiens vraiment à te faire descendre !
_Pourquoi ? Tu vois une autre façon d’agir peut-être ?
_Tu te bases uniquement sur des suppositions, si j’arrive à me faire intégrer au bon moment mais j’en doute, il y a encore moins de chances pour qu’ils m’envoient récupérer les preuves que tu as accumulées.
_Malheureusement je ne vois aucune autre alternative.
_Et pourtant il y a un gros détail qui cloche. Où tu cases Lex là-dedans ? Quel rôle il a ?
_Lex, n’est pas au courant de ce que j’ai prévu de faire.
_D’accord je vois ! Je comprends mieux pourquoi tu as débarqué comme une furie dans les vestiaires ! Qu’est-ce qu’il a fait ?
_Ce n’est pas la question ! Notre plan peut tenir la route. Quand je leur donnerais le contenu de mes documents ils n’iront pas chercher plus loin et croiront que j’ai arrêté l’enquête, s’est l’objectif qu’il faut qu’on atteigne un point c’est tout.
_Lex pourrait nous fournir les renforts dont nous avons besoin si jamais ça tourne mal et tu le sais. Pourquoi tu le mets à l’écart tout à coup ? Qu’est-ce qu’il a pu faire ou dire pour te mettre les nerfs à vif ?
_Parce qu’il ne pense qu’aux intérêts qu’il peut en tirer ! Cria-t-elle les larmes aux yeux. Tout ce qu’il est capable de faire s’est de se servir des gens sans se soucier que ça puisse les faire souffrir au passage !
Pete était complètement dérouté. Il voyait Chloé, la tête cachée dans les mains en train d’évacuer ses larmes sans savoir ce qui avait réellement pu se passer. Alors il fit ce qu’il avait toujours fait pour tenter de la consoler et de la calmer. Il la prit dans ses bras et lui murmura des mots réconfortants dans le creux de l’oreille.
Il la sentit calmer ses sanglots au bout de quelques minutes et se sépara de leur étreinte.
_Aller, sèche moi ces larmes de crocodile. Dit-il en soulevant son menton de ses doigts. Il n’en vaut vraiment pas la peine.
Chloé émit un léger rire et essuya ses yeux en reniflant.
_Merci, j’essayerai de m’en souvenir.
_Bon, et dans tout ça ton rendez-vous il est prévu pour quand ?
_Ça ils me l’ont pas dit, ils doivent me contacter, mais normalement ça doit se faire demain soir.
_Très bien. En tout cas je veux que tu me tiennes au courant moi, pas Lex étant donné qu’on ne peut pas compter sur lui. Prévint-il en se levant.
_J’ai retenu la leçon ne t’en fait pas.
_Le cours d’anglais commence dans cinq minutes, tu viens ?
_Vas-y, je te rejoins.
Pete lui sourit, attrapa la lanière de son sac et s’engouffra dans le couloir déjà bondé de lycéens.

Voulant profiter de la foule, Chloé éteignit son ordinateur rapidement, sortit une des disquettes sur laquelle elle s’était occupée de copier toutes ses données et la cacha dans un dossier au hasard, rangea le désordre qu’elle avait mit, chopa son manteau et ferma le local avant de se faufiler parmis les élèves qui se dirigeaient tous vers leur salle de classe respective.
Elle n’avait jamais eu l’intention de participer aux cours mais il avait bien fallu qu’elle trouve un moyen de fausser compagnie à Pete, il ne pourrait pas comprendre qu’elle ait besoin de se retrouver seule, de s’isoler pour réfléchir. Et il comprendrait encore moins qu’elle souffre autant à cause de Lex.

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_ Chloé s’est encore Pete, je m’inquiète de ne pas t’avoir vu en cours alors rappelles-moi, au moins pour me rassurer ok ? Bon, je vais passer au manoir histoire de passer mes nerfs sur Luthor, nan je plaisante, à moitié. T’es peut-être là bas qui sait ? Rappelles-moi d’accord ?
Inquiet plus qu’énervé, il referma rageusement le clapet de son téléphone et le balança sur la banquette côté passager de son 4×4 et fit gronder le moteur en démarrant, direction le manoir.

Derrière son bureau, Lex fronça les sourcils d’étonnement de voir Pete débarquer chez lui, et apparemment de mauvaise humeur. Voyant qu’il allait devoir s’y prendre avec des pincettes avec le jeune homme, Lex respira un bon coup, se doutant que Pete venait de voir Chloé.
_Qu’est-ce que vous magouillez encore ? dit-il en plaquant ses mains sur le bureau du milliardaire.
_Pourquoi penses-tu que je magouille quelque chose ? Parce que si tu réfléchissais deux minutes c’est moi qui ais pris la décision de vous aider, Chloé ne m’a jamais rien demandé.
_Ouai, justement c’est ça qui me pose problème. Elle m’annonce qu’elle est prête à vous donner une chance et le jour suivant elle ne veut même plus entendre parler de vous, c’est qu’il y a forcément un malaise quelque part.
_Et tout de suite tu te permets de venir m’accuser. Dit-il en baissant la tête.
_Vous êtes un Luthor, je m’attends pas à un miracle de votre part.
_Chloé a mal interprété mes intentions, ça me ferait mal qu’elle retombe entre les mains de ces malades.
_Pourquoi elle en a après vous ?
_Je lui ais juste demandé de rester ici pendant que je m’absentais. Mes hommes ont mis la main sur son agresseur mais elle n’est pas prête à l’affronter.
_Je comprend pourquoi elle était si enragée. Elle veut toujours se montrer forte mais jamais elle ne le dira si elle souffre.
_Je préférais lui éviter ça et j’espérais surtout le faire parler mais…
_Vous n’avez rien obtenu de lui si je comprends bien.
_Ils ne veulent plus que Chloé représente un obstacle. Elle tente naïvement de se persuader qu’elle est en sécurité alors qu’ils n’attendent que le moment pour s’en débarrasser.
_Et elle n’a rien voulu entendre j’imagine.
_Elle n’est pas au courant, j’attends qu’elle rentre.
_Heu, là aussi il y a un problème.
Inquiet, Lex releva la tête.
_Son téléphone est coupé et elle n’était plus au lycée quand je suis parti. Expliqua Pete.
Lex se leva sans attendre et enfila son long manteau noir.
_Retourne au lycée au cas où elle y soit mais je n’y crois pas trop, je te contacte dès que je la trouve.
_Vous pensez savoir où elle est ?
_Chez elle. Répondit-il simplement avant de disparaître dans le couloir.


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Le cœur battant, Chloé posa le combiné du téléphone sur son socle, les mains légèrement tremblantes. Ils venaient de la recontacter, mais pas pour lui donner de plus amples informations sur le rendez-vous, non, ils voulaient la martyriser un peu mais avaient quand même imposés la seule condition qu’elle vienne seule. Elle jeta un coup d’œil sur les quatre disques posés en pile sur la table de la salle à manger et eu soudain un doute. Allaient-ils se faire si facilement berner ?
Elle sursauta en poussant un cri et se traita d’imbécile à haute voix en réalisant que ce n’était que la sonnette de l’entrée. Elle marcha jusqu’à la porte mais avant d’ouvrir elle se décala vers la baie vitrée et écarta le rideau, se doutant qu’il ne mettrait pas longtemps pour débarquer ici et histoire de se venger, elle le laissa poiroter quelques minutes avant de se décider à ouvrir.
_Tu t’es déplacé pour rien, tu vois que je vais bien alors rentres chez toi, je ne te suivrais pas.
_Charmant accueil. Sauf que moi je ne suis pas là dans le but d’être désagréable.
_Tant mieux pour toi, moi par contre j’en ai très envi.
_D’accord. Seulement tu n’es pas en colère. Tu veux que je te dise ce que tu as Chloé ?
_Si ça t’amuse.
_Tu es vexée. Oui tu es vexée parce tu croyais que tu parviendrais à résoudre cette enquête toute seule sans l’aide de personne. Tu es non seulement vexée mais en plus ta fierté t’empêche de réagir comme n’importe qui qui vient d’être victime d’une agression et pour finir tu es vexée parce que tu ne sais pas à quoi t’attendre avec moi.
_Dégage. Dit-elle sans aucune conviction, les yeux fixant le sol.
_Non, je ne partirais que lorsque tu arrêteras de fuir et quand tu auras le courage de me le dire dans les yeux.
Il ne la lâcherait pas, elle le savait mais elle n’avait pas la force de lui faire face, c’était trop demandé. Elle se retourna en essayant faiblement de refermer la porte et Lex s’introduit à l’intérieur, agrippant Chloé par le bras avec rudesse avant qu’elle ne monte quatre à quatre les escaliers. Elle ne chercha pas du tout à se défendre mais gardait la tête baissée. Il l’agrippa par les épaules pour qu’elle soit face à lui, la sentant déjà trembler et il savait ce qui allait suivre mais ça ne l’effrayait plus autant qu’avant, il savait comment réagir.
C’était insupportable pour elle de sentir son regard sur elle, les épaules déjà douloureuses de par la violence dont Lex usait avec elle et ses paroles résonnaient comme un écho infernal dans sa tête, la vérité qui la touchait durement comme un coup de poignard dans le cœur. Elle éclata en sanglot et se laissa tomber à genoux, ses jambes ne la soutenant plus. Elle ne sentait même pas les larmes couler sur ses joues tant ses spasmes la secouait et elle avait du mal à respirer, s’agrippant de toutes ses forces à la chemise de Lex.
_Viens là. Dit doucement Lex qui s’était agenouillé tout près d’elle.
Chloé cala son visage dans le cou du milliardaire et se laissa bercer, évacuant son chagrin, écoutant les paroles de Lex contre son oreille.
_Il faut que tu évacues tout ce que tu gardes, ne te renferme pas autant su toi-même, pleure, n’ait pas peur de montrer que tu souffres, que tu as mal.
Elle avait trempée le col de sa chemise mais au moins elle se calmait peu à peu, Lex la gardant contre lui aussi fort qu’il le pouvait. Il avait espéré pouvoir la faire réagir même s’il avait dû se montrer dur, il était content de l’avoir fait, il était certain qu’elle irait mieux maintenant et qu’elle pourrait prendre les bonnes décisions.


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Pete était très nerveux, il ne l’avait pas autant été depuis très longtemps et il n’avait jamais autant compté sur Lex et pourtant il avait l’impression qu’il pouvait lui faire confiance pour retrouver Chloé.
Mais juste au cas où le milliardaire se soit trompé et que Chloé ne soit pas chez elle, il se mit à fouiller un peu n’importe où au journal sans vraiment savoir quoi chercher au juste. Un indice, une piste qui pourrait l’aider à comprendre pourquoi la petite blonde se la jouait tant solo ces derniers temps.
Il vida les tiroirs en faisant tomber dossiers, agrafeuse, photos et divers autres choses au sol, sans doute parce qu’il ne trouvait rien d’autre pour se défouler. Il secoua la tête, sachant qu’il aurait le droit à un serment pour avoir mis le foutoir une fois de plus et alluma l’ordinateur. Il y avait plus de chance de trouver quelque chose là-dessus. C’était en effet l’avantage d’être la seule personne avec Chloé de connaître le code d’accès à ses fichiers personnels. Il allait entrer les chiffres quand il perçut une seconde présence dans la pièce.
_Pete Ross c’est toi ? Demanda le jeune homme.
_Ouai. Je vous ai jamais vu ici, vous êtes pas élève. Dit-il suspicieux.
_Nan je suis pas élève mais tu dois bien te douter pourquoi je te cherche.
_Je voudrais bien savoir à qui je m’adresse d’abord, se serait plus simple. Répondit-il en se levant pour lui faire face.
_Je pourrais inventer un nom au hasard que ça n’y changerait pas grand-chose. Tu peux m’appeler Mick si ça te dit.
L’air et le ton provocateur et totalement désinvolte de ce type ne lui plaisaient pas du tout. Il était juste un peu plus grand que lui, les cheveux au-dessous des oreilles, bruns, des yeux noirs et vêtu d’une façon décontractée. Il allait entrer dans le même jeu, ça l’amusait de faire semblant.
_Comme tu veux, après tout je m’en fiche, c’est pas ça qui m’intéresse.
_Wow, sérieux en plus, tu dois avoir un besoin urgent de fric toi !
_Je ne crois pas que ça te regarde.
_Nan, du moment qu’on est satisfait de ton boulot ta vie ne nous intéresse pas. J’ai parlé avec tes coéquipiers, ils disent que tu te porterais volontaire.
_Ouai, mais je suis surpris que le recrutement se fasse comme ça.
_Tu t’attends à quoi ? Des petits test pour savoir si t’auras les trippes de nous suivre ?
_J’en sais rien. Est-ce que vous allez me prendre ou pas ?
_Toute proposition est bonne à prendre. T’a l’air d’un gars discret qui veut pas faire de vague et qui ne demande pas grand-chose, c’est un plus. Après, tout est une question d’argent, à combien estimes-tu ta participation.
_Combien tu as l’habitude de donner, en moyenne ?
_Et bien ça va de dix à trente-cinq milles mais après ça dépend du service que tu nous rends, on fait pas en fonction des besoins de chacun.
_Je me doute bien, je sais que je parle pas à mon banquier.
_Et sarcastique avec ça ! Je t’aime bien. Je sais pas si tu le sais mais tes potes se prennent tous pour des stars locales mais dès qu’il s’agit disons, d’enfreindre les lois je me retrouve en face de quelques chochottes complètement paniqués. Je sens qu’on va faire des affaires ensembles, t’auras pas besoin d’attendre demain pour avoir une réponse je te prends.
_Nan sans blague ?
_Par contre attends mon coup de fil j’aurais des instructions à te donner, et oui on a même pas le temps de rigoler.
_Pas de problème, je suis même impatient de commencer.
_J’aime ton enthousiasme, tu vas en avoir besoin, mais, dis-moi, tu as déjà fait ce genre de choses avant ou c’est ton premier coup ?
_J’ai hâte de découvrir.
Le présumé Mick quitta le journal en lui faisant un geste de la main sans se retourner et disparu dans le couloir. Pete pu souffler un bon coup. Il avait été pris au dépourvu c’était le cas de le dire mais ne s’était pas dégonflé. Il s’était attendu à un type genre gros bras mais en fait c’était tout le contraire. Son recruteur était du genre beau gosse qui ne semblait réfléchir que par l’argent. Alors si tous étaient comme ça, se serait plus dur qu’il ne le pensait. Ils étaient méfiants et diablement intelligents et surtout ils pouvaient se faufiler à la masse de lycéens sans se faire remarquer. Il attrapa son téléphone dans son sac et composa le seul numéro qu’il croyait ne jamais avoir à appeler.


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Ça faisait une demie heure qu’ils étaient assis l’un en face de l’autre sans rien se dire mais de grands regards emplis d’affections étaient au contraire échangés parfois accompagnés de tendres sourires. Chloé clignait beaucoup des yeux, sentant la rougeur de ceux-ci et leurs contours la brûler après toutes les larmes qu’elle avait versées. Elle se sentait si vide à présent. Tout était sorti d’un seul coup, la pression due à l’enquête, son agression et ce pas grand-chose qu’elle avait partagé avec Lex sans savoir ce qu’il représentait réellement.
Il n’en était sûrement pas conscient mais elle lui était doublement reconnaissante de l’avoir forcé à se libérer comme elle l’avait fait. Comment avait-il trouvé ? Mystère. Peut-être l’avait-il plus observé qu’elle ne le pensait. Ce qui était certain, c’était qu’elle se sentait beaucoup plus proche de lui à présent, quelque chose avait changé, ils avaient partagé un moment unique qu’eux seuls pouvaient comprendre.
La sonnerie du téléphone de Lex brisa ce trop long silence et elle suivit ses mouvements du regard. Il chercha son portable dans sa poche et se leva, s’éclipsant dans la pièce adjointe.
Ne voulant pas rester inactive, elle se leva à son tour et se dit qu’un bon café les remettrait d’aplomb.


Lex leva le clapet de l’appareil. Il avait complètement oublié de prévenir Pete mais se doutait bien qu’il y avait une autre raison pour qu’il se décide à l’appeler.
_Oui.
_ « Il y a du nouveau. »
_Du bon nouveau ?
_ « Ça dépend ce que t’appelle par là. C’est une bonne nouvelle d’après toi si je t’apprends que je fais officiellement parti de la bande des ripoux ? »
_C’est ce que nous voulions, maintenant il faut attendre et voir ce qu’ils te demanderons de faire. Dit-il en fronçant les sourcils en remarquant le tutoiement.
_ « De ce côté-là je me fais pas trop de soucis, ça s’est mieux passer que ce que je croyais. »
_Bien. Et tu peux te rassurer, Chloé était chez elle, reste à savoir si elle voudra me suivre au manoir mais quoi qu’il arrive je ne la laisse plus seule.
_ « D’accord, on se tient au courant. » dit-il en lui raccrochant au nez.

Lex mit son téléphone dans la poche de son manteau et rejoint Chloé à la cuisine d’où émanait une odeur de café.
_S’il n’est pas assez chaud tu peux le mettre dans le four à micro-ondes. Dit-elle, assise sur un grand tabouret autour du bar.
Lex empoigna l’anse de la tasse et but une gorgée du liquide, ne cessant d’observer Chloé qui semblait encore perdue dans ses songes.
_Il est bon. Chloé tu sais que…..
_Pas de discours inutiles tu veux ! Je sais que tu vas me demander de revenir au manoir et même si je te disais non je n’ai pas le choix en fait.
_Tu n’es pas en sécurité, ton agresseur me l’a bien fait comprendre et je ne te laisserais prendre aucun risque et si tu veux rester ici je reste avec toi et je mets la maison sous surveillance.
_Nan, je n’ai pas envie d’ameuter tout le quartier, restons discret si possible. Elle bu de longues gorgées et poursuivit après quelques minutes de silence. Tu me raconteras ? Comment ça c’est passé.
_Si tu veux mais, tu risques de ne pas apprécier ma manière de faire, surtout après m’avoir mis hors de moi ce matin. Mais, je ne te reproche rien. Ajouta-t-il en la voyant baisser la tête.
_Merci. Et puis, oublions ça, ça vaut sans doute mieux. Dit-elle sans le penser.
Lex comprenait ce qu’elle entendait par « oublions ça ». Il était question de l’autre soir mais s’était pourtant un sujet qu’il remettrait sur le tapis, mais pas tout de suite.
_C’était Pete, au téléphone. Il a été intégré dans le réseau ça y est.
_Les dés sont jetés alors. On ne peut plus faire marche arrière, il n’y a plus qu’à croiser les doigts.
_Il appellera si jamais il y a du nouveau.
_Je monte. Précisa-t-elle en descendant du tabouret. Je vais préparer quelques affaires.
Lex acquiesça et la regarda monter les escaliers. En posant les deux tasses vides dans l’évier, il espérait que ce qu’il avait fait n’avait pas servit à rien. Elle semblait de nouveau prendre ses distances et se renfermer sur elle-même alors que ce n’était pas du tout le but de la manœuvre. Il espérait se rapprocher d’elle mais en même temps une voix dans sa tête lui criait de ne pas devenir trop proche. Il s’empêchait lui-même de répondre à ses propres désirs. Il avait mis ça de côté mais cette soirée si particulière venait le troubler de plus en plus souvent. Il allait falloir qu’il prenne rapidement une décision et se montrer honnête envers lui-même. Que voulait-il au fond ?
_Qu’est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle en le voyant en pleine contemplation de l’évier, les tasses toujours en main.
_Tu as fais vite ! répondit-il en posant maladroitement les chopes.
_Ça va bientôt faire vingt minutes mais si tu décrètes que je me suis dépêché ça m’arrange. Ricana-t-elle.
_Dans ce cas, allons-y ! Sourit-il en lui prenant son sac.


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Chloé poussa un juron en lâchant brusquement la bûche dans la cheminée. Elle devait s’être piquée à une espèce de ronce et marcha jusqu’à la salle de bain et fit couler de l’eau fraîche sur son index légèrement entaillé.
_Pourquoi j’ai accepté de revenir dans ce manoir inchauffable ?
Heureusement, son doigt ne saignait déjà plus mais la guerre était déclarée avec la bûche qui faisait encore sa maligne parce que Chloé n’avait pas réussit à la mettre au feu.
_Toi tu vas pas faire long feu. Et en plus il faut que je fasse de l’humour à la con. Dit-elle en se relevant, tisonnier en main. Elle usa du peu de force qu’elle avait dans les bras et parvint à pousser le morceau de bois dans les flammes ardentes, accompagné d’un cri de victoire et de petits sauts sur le plancher de la chambre.
Satisfaite, elle se rapprocha de la fenêtre, éteignit la lumière pour se plonger dans une douce ambiance. Dehors, la neige s’était remise à tomber, il ferait froid cette nuit. Par simple réflexe, elle se frotta les bras comme pour se réchauffer mais déjà la pièce avait gagné quelques degrés.
Pendant le dîner, Lex lui avait comme promis raconté quel traitement il avait réservé à son prisonnier et elle se l’avouait, elle avait du mal à reconnaître Lex dans son récit et pourtant il avait été capable de lui dire la vérité. Et elle avait beau retourner la question dans tous les sens, elle pensait qu’il méritait ce qui lui était arrivé, elle n’irait pas jusqu’à dire qu’elle était reconnaissante envers Lex d’avoir usé de la violence mais à travers les coups qu’il lui avait porté elle sentait une partie de sa colère s’envoler. Lex s’était vengé pour elle.

Qu’elle était sereine. Il était là, sur le seuil de sa porte depuis quelques minutes, adossé au pan de mur et elle ne l’avait pas entendu. Oui elle semblait calme et détendue mais l’était-elle aussi dans sa tête ?
Silencieusement, il s’approcha d’elle, s’arrêta un instant alors que leur corps n’étaient qu’à quelques centimètres l’un derrière l’autre et se décida à franchir le dernier pas qui les séparait, enroulant ses bras autour d’elle jusqu’à poser ses mains sur son ventre. Elle n’avait pas sursauter, juste posée ses mains sur ses bras, suivant son mouvement, posant sa tête contre son épaule.
_J’ai hésité avant de monter, je me disais que tu voudrais rester un peu seule.
_Tu n’es pas envahissant. Au contraire, tu sais de quelle façon m’apaiser. Je ne t’en veux pas tu sais, enfin si ça t’intéresse de le savoir.
_Par rapport à ce que j’ai fait ?
_Oui.
_Il m’a provoqué, il n’a fait que récolter ce qu’il a semé, si je devais le refaire je n’agirais pas différemment. S’attaquer à une femme est bien la chose la plus misérable qu’un homme puisse faire. Il ne méritait aucun traitement de faveur, et j’espère que le reste du groupe sera bientôt mis hors d’état de nuire.
Chloé ne se rendit compte de la proximité de leur corps et surtout de leurs mains qui s’effleuraient qu’à cet instant et se sentit un peu gênée, ne sachant comment interpréter cette étreinte de la part de Lex. Du coup, elle avait du mal à garder son naturel et tous ses membres se raidirent d’un coup.
Lex sentit ce changement d’attitude et s’écarta tout doucement, retirant d’abord ses mains.
Chloé toussota, remettant maladroitement une mèche de cheveux derrière son oreille et se tourna vers lui, espérant que le teint rougi de ses joues ne se voit pas trop.
_Désolé, je ne voulais pas te mettre mal à l’aise.
_Non, c’est moi, je n’avais pas réalisé que… J’avais la tête ailleurs c’est tout.
_Oui, moi aussi, mais maintenant je sais ce que je veux. Chloé si je me suis montrer distant et peut-être froid ce n’est pas pour les raisons que tu crois.
_Mais je n’ais rien dit. De toute façon tu as été assez clair, le plus important pour toi c’est ma sécurité, il n’y a pas grand-chose à ajouter.
Elle se sentait soudainement partagée entre l’envi qu’il ferme ce sujet une bonne fois pour toute et l’envi qu’il insiste au contraire. Elle était plus troublée que jamais.
_Les choses pourraient se passer différemment entre nous. Je n’ai pas dormi la nuit dernière je me sentais mal vis-à-vis de toi. J’avais l’impression d’abuser de la situation.
Il sourit légèrement, retrouvant dans les yeux de Chloé la même lueur que la veille et se rapprocha de nouveau, posant sa main sur sa joue, la faisant passer sur sa nuque et baissa la tête, cherchant ses lèvres. Chloé ferma automatiquement les yeux et frémit à l’effleurement de leur bouche. Elle se laissa totalement transporter, offrant de nouveau le libre passage à sa langue et s’accrocha à sa nuque quand il rendit le baiser plus passionné.
Maintenant qu’ils étaient là, il avait envi d’aller plus loin, mais il respecterait les limites que Chloé imposerait. Toujours enlacés, il la fit reculer de quelques pas vers le lit et l’allongea sur le matelas au-dessous de lui. Elle ne semblait pas apeurée, elle souriait, caressait son visage mais hésitait à déboutonner sa chemise. Comme pour lui demander l’autorisation, elle le fixa intensément et se trouva face à un sourire encourageant. Toujours avec la même hésitation, elle déboutonna chaque bouton avec minutie et se mordait la lèvre inférieure chaque fois qu’elle découvrait un peu plus ce corps si bien sculpté et musclé. Une fois complètement ouverte, elle écarta l’étoffe de tissu et passa sa main de haut en bas de son torse. Sentant sa peau frémir, elle dirigea le regard sur son visage. Il avait les yeux clos et sa respiration se faisait déjà plus rapide. Ne sachant pas vraiment quoi faire, elle chercha à se mettre à genoux, entraînant Lex avec elle et l’embrassa doucement, retirant sa chemise qui finit sa course sur le plancher. Elle n’en finissait plus de toucher et caresser sa peau, venant y déposer quelques baisers. Elle se redressa et retira d’elle-même son pull et captura de nouveau de ses lèvres avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit. Voulant reprendre le dessus, Lex se rallongea en l’installant sur lui, approfondissant toujours plus leur étreinte. Du bout des doigts, il chercha à défaire le soutien-gorge de Chloé avec plus de dextérité mais se demandait si c’était une bonne idée en la voyant le regarder gravement.
_Est-ce que je te met mal à l’aise ?
_Non, je ne me suis jamais autant dénudée devant un homme, c’est tout.
_Tu es belle Chloé. Dit-il en déposant un baiser sur l’un de ses mamelons.
Elle laissa échapper un gémissement à force de sentir ainsi sa langue partout sur sa poitrine, sentant leurs pointes se durcir douloureusement. Elle commençait à trouver sa position très inconfortable, le dominer ainsi alors que les nouvelles sensations qu’il lui faisait découvrir lui faisait tourner la tête. Elle se redressa un instant, ébouriffant ses cheveux qui la gênait mais se retrouva face à Lex avant qu’elle ne puisse se rallonger sur le dos cette fois.
_Chloé je ne te forcerais à rien si tu trouves que ça va trop vite. La rassura-t-il en caressant sa joue.
_Lex allonges-toi. Dit-elle en l’incitant à s’installer sur elle.
Cette petite douceur dans la voix de la jeune femme l’envoûtait totalement et se laissa faire, prenant garde à ne pas trop s’imposer sur elle, ne dérivant pas de son regard émeraude. Elle reprit son visage en otage pour un autre baiser langoureux, envoyant l’une de ses mains dans le bas de son dos comme la dernière fois et Lex compris qu’il pouvait en faire autant et continua avec plaisir la découverte de son corps. La première main entama le massage attentif de sa poitrine alors que l’autre descendit bien plus bas, sur ses hanches pour caresser son ventre et son bassin.
Jamais elle n’avait senti son corps s’échauffer à ce point, elle ne voulait pas que ça s’arrête, elle commençait déjà à se arquer, la tête en arrière. Elle n’avait plus peur de l’inconnue et était totalement prête à s’offrir à lui cette nuit et chercha du bout des doigts la fermeture éclair de son pantalon, faisant abstraction du rythme de sa respiration qui traduisait tout de même l’appréhension de la première fois. Lex releva le bassin, surpris qu’elle prenne cette initiative mais surtout qu’elle se sente prête à aller jusqu’au bout avec lui.
_Prend ton temps surtout. Dit-il d’une voix rauque.
Elle parvint sans trop de difficultés à défaire le bouton et la fermeture et Lex l’aida à retirer complètement son pantalon. Ils effectuèrent ensemble la même opération sur Chloé et se lovèrent pour une nouvelle étreinte passionnée avant de penser aux choses sérieuses. Lex la regarda fixement en retirant avec le maximum de douceur sa culotte et Chloé l’imita, totalement en confiance dans ses bras.
Enfin libéré de son érection, il se décala pour attraper un préservatif dans le tiroir dans la table de nuit et Chloé le regarda l’enfiler sur son sexe, un peu impressionnée. Elle le vit s’allonger de nouveau sur elle et enroula ses bras autour de son dos, calant sa tête dans son cou, persuadée que la douleur de la première pénétration ne durerait pas, attendant avec hâte de devenir une femme dans ses bras, impatiente de découvrir les plaisirs de l’amour.
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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 21 Aoû 2010 - 15:20

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Finissant de boutonner sa chemise, Lex sentit même sans le vouloir ce sourire de bien-être propre à l’amour qu’il avait redécouvert, ou peut-être bien découvert cette nuit. Il la contemplait, endormie, allongée sur le dos, enroulés dans les draps qui laissaient à nu une partie de ses jambes et elle semblait détendue. Il pencha légèrement la tête, se rapprocha du lit et s’assit près d’elle en prenant garde à ne pas la réveiller brusquement. D’une main, il frôla son visage, dégageant quelques mèches de cheveux gênantes.

Chloé se tourna vers Lex en grognant, le visage grimaçant et respira plus fort, extirpée de force de son sommeil. A peine réveillée, elle sentait sa tête lourde d’avoir tant pleuré la veille et d’avoir si peu dormit. Même une heure après que Lex se soit endormie tout contre elle, Chloé n’était pas parvenue à réaliser qu’ils avaient fait l’amour. Quelques jours auparavant, il n’aurait jamais été question qu’elle se donne à qui que ce soit si tôt, c’était son point de vu, mais Lex éveillait tant de choses en elle et jamais elle ne regretterait cette nuit. Pour sa première fois elle n’aurait jamais imaginé que son partenaire puisse lui offrir tant d’attention et de douceur. Elle sortit de ses songes en ouvrant difficilement les yeux et enroula ses bras autour de la taille de Lex, reposant sa tête sur sa jambe. Elle aurait tout donné pour rester ainsi dans sa bulle mais elle savait que c’était impossible. Elle se releva un peu brusquement, pressant sa bouche contre celle de Lex et couru jusque la salle de bain.

Une demi heure plus tard, elle pénétra dans le bureau à pas de loup, voulant surprendre Lex qui était en pleine conversation téléphonique près de l’imposante fenêtre qui donnait sur la terrasse. Elle attendit qu’il est raccroché pour l’étreindre par derrière dans un gémissement, se sentant si bien, sentant son corps pressé contre le sien.
_Pete viens d’appeler, il sera là d’ici un quart d’heure.
_Et c’est tout ? Il n’a rien dit d’autre ?
_Je doute qu’il vienne pour une simple visite de courtoisie, il doit sûrement avoir du nouveau. Dit-il en se tournant, l’étreignant à son tour en calant sa tête dans son cou, faisant glisser ses lèvres sur sa peau ainsi que le bout de son nez.
Chloé ferma les yeux, s’abandonnant une nouvelle fois à une si douce étreinte et caressa du bout des doigts le haut de sa nuque. Ils avaient beau ne pas s’être avoués leurs sentiments cette nuit, jamais encore elle n’avait parlé à cœur ouvert comme elle l’avait fait, en lui expliquant tout ce qu’elle avait pu ressentir. Elle avait eu du mal au début, mais Lex s’y intéressait et lui avait posé des questions, écartant sa gêne évidente à parler de sexe en toute liberté. Il pouvait concevoir qu’une première fois représentait beaucoup pour une jeune femme et voulait être sûr de s’être montré digne d’elle, il savait combien ça pouvait être important pour leur relation et la confiance physique qu’ils avaient l’un en l’autre.
Il s’écarta légèrement et pris son visage entre ses mains et déposa un baiser sur ses lèvres, doux et puissant à la fois. Il savait que cette relation n’était pas sans risque, du point de vu du contexte dans lequel cette idylle était née mais également aux yeux du monde, et surtout à ceux de Gabe. Il suffirait qu’il désapprouve cette relation pour y mettre un terme et ni lui ni Chloé ne pourrait agir contre une telle décision. Quant au contexte, si lui avait ces appréhensions là, il était fort probable que Chloé les aient aussi. Les sentiments étaient présents ce n’était pas le problème mais une fois que tout ça serait finit rien ne garantissait qu’entre eux les choses restent les mêmes, elle ressentait le besoin vital d’être protégée et lui de la protéger, mais qu’en serait-il une fois que ces besoins n’auraient plus de raison d’être ?
Il fronça légèrement les sourcils en voyant Chloé déboutonner quelques boutons de sa chemise mais la laissa faire, ses mains toujours campées sur ses hanches. Chloé écarta l’étoffe de tissu au maximum et pencha la tête, posant ses lèvres sur sa gorge complètement mise à nu ainsi que le haut de son torse et les fit glisser très lentement, le caressant de temps en temps du bout de la langue. Avait-il déjà ressenti une caresse d’une telle sensualité ? Il en doutait sérieusement vu la passion que Chloé y mettait. Il la sentait sourire alors qu’il penchait la tête en arrière, ne contenant plus ses râles de plaisir et si elle continuait comme ça il n’allait se retenir bien longtemps de l’allonger sur le canapé et de lui faire fougueusement l’amour.
Et au final il ne se rendit même pas compte qu’elle avait refermé sa chemise, juste un petit bisou sur le nez pour le sortir de sa rêverie.
_Installe toi je vais chercher de quoi petit déjeuner avant que Pete n’arrive. Parvint-il à articuler en se détachant d’elle.
Elle s’exécuta et en profita également pour allumer l’ordinateur de Lex et inséra la disquette dans le lecteur, la visite de Pete allait être l’occasion d’enrichir les informations qu’elle possédait déjà.

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Deux tasses fumantes pleines de café devant eux, Pete et Chloé après plus d’une demie heure de négociations, ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur la meilleure façon d’agir ce soir, lorsque la disquette devrait être donnée. Chloé s’entêtait à vouloir se rendre au rendez-vous seule, et désarmée, tenant par principes à honorer parole. Pete était évidement contre, n’attendant que le moment où Lex reviendrait du commissariat pour faire pencher la balance en leur faveur. Certes Chloé paraissait convaincante et déterminée mais derrière il se cachait encore la peur de devoir faire fasse à des hommes qui eux, n’avaient aucune parole et qui l’avait déjà agressé. Qui pouvait assurer qu’ils ne tenteraient rien comme de la tuer par exemple ? Pete n’était pas prêt à courir ce risque et Chloé semblait bien insouciante sur ce coup là.
_Non je regrette mais tu n’iras pas seule, enfin on pourrait le leur faire croire et puis quelques hommes de Lex se tiendraient prêt à intervenir dans le cas très probable où ça tournerait mal. Tu m’écoutes ?
Chloé acquiesça tout en buvant quelques gorgées de café mais Pete secoua vivement la tête et s’affala un peu plus dans le canapé, il avait l’impression de parler à un mur depuis un moment, qu’elle pouvait être têtue quand elle s’y mettait !
_M’en fou, tu peux dire oui autant que tu veux, tu verras bien que Lex te laisseras jamais y aller toute seule, na !
_C’est moi qui ais l’avantage pour l’instant je te rappel ! Quand ils me rappelleront crois bien que j’aurais mes conditions moi aussi, ce ne sera certainement pas à eux tout le monopole des décisions. Se sont eux qui veulent quelque chose, alors ils se plieront à mes exigences.
_Oui si tu veux mais n’imagines pas que personne ne sera là pour surveiller tes arrières.
Pour toute réponse, Chloé baya bruyamment et finit sa tasse.
Pete allait déclarer forfait mais heureusement, les portes du salon s’ouvrirent enfin et Lex les rejoint, d’installant près de Chloé.
_Comment ça s’est passé ? Demanda Chloé inquiète de savoir si son agresseur allait être relâché ou pas.
_ça fait bizarre de recevoir des remerciements de leur part, bien qu’ils aient fortement suspectés que j’ai essayé de faire justice moi-même.
_Et ? S’impatienta-t-elle.
_Multi récidiviste et déjà inculpé il y a deux ans pour vol avec effraction il va écoper pour un moment.
Sans se soucier une minute de la réaction de Pete, Chloé se jeta dans les bras de Lex, sentant un poids énorme s’échapper enfin. Discrètement, elle lui murmura quelques mots de remerciement et déposa ses lèvres dans son cou avant de reprendre sa place.
_Bon bah maintenant se serait sympa qu’il dénonce ses associés, ça nous faciliterait la tâche. Intervint Pete.
_Franchement je n’espèrerais pas trop la dessus si j’étais toi, je n’ai rien retiré de lui, la police en fera guère plus.
_Et ben maintenant que tu es revenu, tu vas pouvoir convaincre cette demoiselle à ta gauche qu’il serait suicidaire de vouloir se la jouer en solo ce soir. Moi j’abandonne j’arrive à rien avec elle, alors va-y toi, essaye de faire mieux !
_Inutile de tirer des plans sur la comète sans savoir comment, quand et où le rendez-vous aura lieu, on va attendre qu’ils rappellent.
_Et c’est tout ! Dit Pete, outré qu’une personne aussi influente que Lex n’ait rien prévu de plus, décisif à dire.
_Si tu me laissais finir avant de monter sur tes grands chevaux ! Il est évidement hors de question qu’elle y aille seule.
_Ha ! Ouf !
_Quoi ! Dirent Pete et Chloé en chœur.
_Désolé, mais tu n’as pas ton mot à dire à ce sujet. Dit définitivement Lex en se levant, massant la nuque de Chloé au passage, provoquant un froncement de sourcils de la part de Pete.
Il avait bien remarqué la proximité des deux jeunes gens dès son arrivée mais avait préféré mettre ça sur le compte de la jalousie et du peu de considération qu’il avait pour Lex mais là s’était plus que louche. S’il y avait quelque chose entre eux il sentait qu’il avait son mot à dire, à Lex, et en privé. Décidé, il se leva à son tour et fit face à Lex qui se servait un verre.
_Il y a un truc qui doit être clair ! Et tu me regardes quand je te parle Luthor ! Dit-il d’un ton qui se voulait menaçant.
_Ha mais rassure toi je t’écoute avec toute mon attention. Répondit Lex d’un ton plutôt désinvolte.
_Je te préviens que si tu fais du mal à Chloé ou si tu la fais souffrir…..
_D’accord alors d’après toi j’aurais dû venir te demander l’autorisation avant de….
_Non, tu m’écoutes pas là ! Si tu la fais souffrir, je te démolis, c’est clair ?
_Oui, ça me va. Répondit-il en fixant Pete.
Tous deux continuèrent cet échange empli d’un désir de domination sur l’autre et Chloé se retourna, perturbée dans son travail, voyant les deux hommes commencés à rire. La jeune femme arborait une expression de totale incompréhension sur le visage mais renonça à intervenir, préférant les laisser entre eux.
Lex servit un fond de verre à Pete et trinquèrent, enterrant définitivement la hache de guerre.
Chloé ne pu s’empêcher de sourire, entendant le tintement des verres et replongea aussitôt dans son dossier. Pete lui avait donné quelques noms mais tous ne correspondaient pas à des joueurs de l’équipe de football. L’information se diffusait de bouches à oreilles et entrer certains noms dans sa base de données lui retournait l’estomac. Tous des élèves qui n’avaient jamais rien à se reprocher, des élèves sérieux qui jusqu’ici n’avaient jamais fait un pas de travers. Il était grand temps de mettre un terme à ce trafic.

**********************************************************

Pendant tout le repas, Chloé osait à peine manger ce qu’il y avait dans son assiette tant elle se sentait gênée de voir quelle quantité de nourriture Pete était capable d’ingurgiter en l’espace de dix minutes, et il se resservait deux fois de chaque plat. En face d’elle, Lex semblait sourire de la situation en lançant des sourires rassurant à Chloé qui ne répondait que par des grimaces, ouvrant parfois de grands yeux. Elle entendait Pete articuler entre deux bouchés combien c’était bon et il fermait les yeux comme pour mieux apprécier. L’instant d’après, elle lâcha maladroitement sa fourchette et se mordit la lèvre inférieure dans un sourire malicieux regardant amoureusement Lex qui lui faisait du pied sous la table, soulevant son pantalon. Et comme si Pete avait le moindre soupçon sur ce qui se passait sous cette table, Chloé tourna un regard discret vers lui avant de se rassurer, le voyant toujours en pleine séance de dégustation gratuite. Elle en fit de même et joua avec Lex pendant un bon petit moment, jusqu’à ce que Pete finisse son assiette, un quart d’heure plus tard, et encore, le dessert n’était pas encore servi. Lex en profita pour attirer l’attention des deux lycéens en un raclement de gorge, il était temps de parler de choses plus sérieuses. Chloé ne tarderait plus à recevoir un appel et ils devaient être prêts, il était hors de question de jeter Chloé dans la fosse aux lions.
_Hum, Lex, c’était franchement trop bon. Dit-il en se léchant les doigts.
_Je te remercie Pete mais ce n’est pas moi qu’il faut féliciter mais les cuisiniers. Pete ? Interrogea-t-il en le voyant se lever. Après, tu veux ?
_Lex je sais sur quel sujet tu vas te lancer….Intervint Chloé.
_Oui et il serait grand temps de s’inquiéter tu ne crois pas ? Renchérit durement Lex.
Chloé se rabattit sur le dossier de sa chaise en croisant les bras. Elle avait compris, elle n’avait pas son mot à dire, juste à écouter les deux mâles décider ensemble d’une stratégie, une moue boudeuse sur le visage. Pourtant il y avait de quoi être fière, par son intermédiaire les pires ennemis de Smallville étaient réunis autour d’une table et à présent en train de débattre, de façon diplomatique de la meilleure façon de procéder pour éviter que la soirée ne se termine éventuellement en hachis de Chloé.
_.....Ouai mais ils remarqueront notre présence
_.......Nous n’avons aucune idée de combien ils seront alors mieux vaut rester prudent…….cinq je pense……………
Chloé n’enregistrait que les mots les plus importants, elle s’imaginait déjà parfaitement comment les choses allaient se dérouler, elle allait être plus protégée qu’une star de cinéma.
Les deux hommes tournèrent en même temps la tête vers Chloé, faisant silence alors qu’elle ne se gênait pas pour laisser sortir un bruyant bâillement de sa bouche tout en regardant sa montre.
_On te dérange peut-être ? Suggéra Lex en serrant les dents.
_Nan, je suis là, je suis concentrée et je vous écoute ! Continuez ! Lança-t-elle faussement déterminée.
Sa mine s’affaissa aussitôt qu’elle les vit reprendre leur discussion sans la prendre davantage en considération que tout à l’heure, elle rêvait ! Ou peut-être bien qu’ils le faisaient exprès ! Ils ne perdaient rien pour attendre !
_Bon, vous me ferez un bilan détaillé par écrit hein ! Lança-t-elle en quittant la table, ne se sentant plus capable d’avaler quoi que ce soit. Elle sortie dans la cour extérieure derrière le manoir pour s’oxygéner et se laissa tomber sur un transat. En réalité elle était prête à rendre la totalité de son repas tellement elle avait peur de ce qui pouvait se passer ce soir. Et les entendre tout planifier, rendre réel et proche cette rencontre lui tournait la tête et si elle le voulait elle laisserait bien couler ses larmes mais il était trop tard pour reculer, elle devait le faire et reprendre confiance. Ce matin elle semblait encore si sûre d’elle, il fallait qu’elle se concentre là-dessus et tout irait bien.
_ça va ? Demanda Lex qui l’étreignait par derrière, faisant passer ses mains sur son ventre en la berçant.
Chloé enroula ses doigts aux siens et se laissa aller, reposant sa tête contre son torse.
_C’est normal d’avoir peur ? Osa-t-elle demander.
_Il n’y a rien de plus normal que d’éprouver ce sentiment Chloé, et tu sais, d’autres que toi auraient fuit depuis longtemps s’ils s’étaient retrouvés dans ta situation, tu fais preuve de beaucoup de courage pour vouloir mettre fin à un trafic de drogues.
_Et pourtant je n’en retirerais aucun mérite. Je veux dire, si j’avais moi aussi besoin d’argent, si ma situation était différente, peut-être que je me serais laissée embobinée dans leur trafic. Il faut être sacrément malade et intelligent en même temps pour prendre au piège des lycéens encore naïfs et innocents, leurs actes ne doivent pas rester impunis.
_Tu viens exactement de résumer pour quelles raisons tu te bas contre eux, il n’y a pas de raisons pour que ça se passe mal ce soir. Et si tu as toujours peur, pense à ce que tu viens de dire.
_Je ne veux pas que tu viennes ce soir, s’il te plait laisse moi au moins avoir mon mot là-dessus ! Supplia-t-elle en se retournant.
Il détourna le regard, il semblait réfléchir un instant et posa rapidement ses lèvres sur les siennes.
_C’est toi qui a raison, après tout je n’ais rien à faire là bas, et je préfère ne pas prendre le risque d’être vu. Cinq de mes hommes seront tout de même à proximité près à agir au besoin.
Déjà légèrement rassurée, elle souffla un bon coup et se blottit contre Lex qui enroula son bras autour de sa taille, les ramenant à l’intérieur.

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Ils avaient joué la carte de la subtilité ce soir, un unique message texte avait été laissé sur la messagerie du téléphone de Chloé. Bien évidemment, elle devait s’y rendre seule et les garçons pouvaient donc mettre leur plan à exécution.
Dix minutes plus tard, Pete avait été appelé et forcé de quitter le manoir, faisant confiance aux hommes de Lex pour agir.
C’était l’occasion pour le couple de se retrouver un moment seul et Chloé fut prise d’un doute, était-ce elle la plus anxieuse des deux ? Elle le sentait très tendu dans ses bras mais aucun des deux ne voulaient rompre ce moment et gardèrent donc le silence avant que la petite blonde ne se rende au rendez-vous. Elle devrait se trouver à minuit exactement à la lisière de la forêt, derrière le champ de Chandler à côté du pont. L’avantage était que le lieu dit se trouvait tout proche du manoir et de ce fait plus facile d’accès pour les hommes de Lex.

La moindre bise qui venait s’engouffrer entre les branches des arbres, faisant frissonner leurs feuilles était comme une torture pour Chloé au fur et à mesure que les minutes défilaient. Ça faisait quelques temps déjà que quelqu’un aurait dû se montrer et pourtant il n’y avait pas âme qui vive à part elle, grelottant dans son gros manteau et ses gants. Le moindre bruit la faisait sursauter et dans sa poche, elle serrait dans sa main une petite fiole de bombe lacrymogène au cas ou elle aurait à se défendre. Lex avait refusé catégoriquement de lui donner une arme blanche, ce qu’elle pouvait comprendre à juste titre donc elle faisait avec ses propres ressources.
Elle étouffa un cri lorsqu’une main vint tapoter son épaule et se retourna brusquement, aveuglant la personne avec la lumière de sa lampe torche.
_T’es venue seule ?
_D’où sortez-vous ?
_Peut importe. T’as pas oublié ce qu’on t’a demandé j’espère ?
Chloé regarda son interlocuteur un instant avec appréhension. Il n’était pas tellement plus âgé qu’elle, ce qu’y l’étonna et puis il avait plutôt le look grande gueule, comme quoi il ne fallait pas se fier aux apparences. Le craquellement des branches en face d’elle attira son regard et se fut un effort considérable que de cacher sa surprise de voir Pete débarquer aux côtés de l’autre gars.
_Vous m’avez imposé vos conditions mais j’aurais aussi les miennes, je suis seule alors faites en autant ! Lança-t-elle.
Son but premier était de protéger Pete, elle pouvait aisément deviner qu’ils le mettaient à l’épreuve en le faisant venir ce soir mais ça, elle ne l’avait pas prévu dans son plan et ça la déstabilisait beaucoup trop.
_Sinon quoi ? Tout ce qu’on veut c’est récupéré les informations et après on se casse, c’est aussi simple.
_C’est drôle parce que je ne vous crois pas une seconde. Qui me dis qu’il n’y en a pas d’autres qui pourraient surgir à n’importe quel moment de derrière ces arbres ?
_Rien.
_Tant que je ne serais pas sûre et tant que vous ne serez pas seul vous n’aurez rien, alors, que décidez-vous ?
Il sembla réfléchir un instant et se tourna enfin vers Pete.
_C’est bon boy scout, va m’attendre à la voiture, puisque se sont les ordres de la demoiselle. Accepta-t-il en lançant un regard malveillant à la blondinette.
Une fois Pete repartie, elle retrouva immédiatement sa tranquillité d’esprit et pu reporter toute son attention sur ce curieux personnage à l’attitude si désinvolte. Sans le quitter des yeux, elle plongea sa main dans son autre poche et en sortit une disquette et n’attendit pas pour la lui tendre.
_Tout est là.
_Qu’est-ce qui me dis que ce n’est pas qu’une simple copie ?
_Qu’est-ce qui me dis que vous n’êtes pas armé et que vous n’aller pas vous débarrasser de moi avant de repartir ? Renchérit-elle.
_Très bien. Accepta-t-il en prenant la disquette.
_Et au plaisir de ne plus jamais vous revoir ! Pesta Chloé
_Dommage, pourtant un joli minois comme le tient ça ne s’oublie pas si facilement ! Nargua-t-il avant de partir en sens inverse, disparaissant bientôt à travers les buissons.
Soulagée, elle pris sont visage dans sa main et pris sur elle pour ne pas se laisser aller à tout ce stress qui redescendait d’un coup, lui faisant tourner la tête. Elle rejoint les hommes de Lex qui étaient restés cachés sans avoir eu besoin d’intervenir et ne rêvait que d’une douche apaisante et d’un bon lit.

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Assise au milieu de son lit, Chloé, bien emmitouflée dans son peignoir de coton, profitait de la chaleur qui commençait à enivrer la pièce, les yeux plongés sur la danse des flammes dans la cheminée, se passant un baume adoucissant sur ses mains agressées par le froid tout à l’heure.
Comme elle l’avait espéré, sa douche l’avait entièrement détendue et maintenant elle ne pouvait qu’attendre que Pete l’appelle pour lui donner de plus amples informations en prenant garde à ne pas faire parler d’elle et de rester, en théorie, tranquille. Déjà, elle savait qu’elle se rendrait aux archives de la ville dès le lendemain matin pour en savoir plus sur ce premier membre de la bande qu’elle rencontrait.
Elle sourit à Lex qui rentrait tout juste dans la pièce et resta adossé contre l’armoire à contempler ce visage angélique qui brillait avec l’effet de la lueur des flammes.
_Tu n’as besoin de rien ? Demanda-t-il.
_Hum, laisse moi réfléchir. Maintenant que mon estomac est calé et que mon corps est totalement détendu il ne me manque plus que deux grands bras pour me faire un câlin.
Il rit un instant mais reprit tout de suite son sérieux, décidé à se faire un peu désirer.
_Je suis un peu déçu, comme ça je n’arrive qu’en troisième position dans tes priorités ?
_Tu me poses une question alors je te réponds ! Et puis la troisième place ce n’est pas si mal ! Ne plia-t-elle pas, un petit sourire espiègle sur les lèvres.
Il se décida à approcher et vint s’asseoir près d’elle, la laissant l’enlacer, chatouillé par ses cheveux blonds dans son cou et ferma les yeux en sentant son souffle chaud dans sa nuque.
La bouche de la jeune femme ne tarda pas à trouver la gorge du milliardaire qu’elle ne fit qu’effleurer, massant les larges épaules de celui-ci. Elle glissa ensuite ses lèvres sous son oreille qu’elle embrassa et lécha du bout de la langue, souriant de l’effet qu’elle semblait avoir sur Lex qu’elle entendait grogner de plaisir. Elle descendit ensuite ses mains plus bas, retirant la chemise en soie du pantalon et glissa ses doigts dessous, les faisant glisser le long de son dos. Voulant lui aussi participer, Lex agrippa les cuisses de la jeune femme pour qu’elle s’installe plus confortablement autour de lui et d’une main, s’occupa de défaire le nœud du peignoir et l’autre passa sur la nuque de la jeune femme qu’il massa sensuellement. Les yeux emplis de désir, Chloé releva le visage vers Lex et fondit sur ses lèvres, sans perdre de temps pour rendre ce baiser langoureux.
Sans la lâcher, Lex s’allongea sur le dos, l’entraînant avec lui et lui retira son peignoir qui dissimulait un ensemble de dessous noirs en dentelle qui lui coupa le souffle.
_Traîtresse ! Tu avais tout prévu !
_Alors ? As-tu toujours le sentiment d’être recalé à la troisième place de mes priorités ?
Pour la punir, il la fit rouler et lui maintint les poignets au-dessus de la tête, l’embrassa fougueusement et frotta son bassin contre le sien pour lui faire sentir combien il la désirait. Chloé enroula ses jambes autour de sa taille et le laissa poursuivre son traitement. Il fondit sur sa gorge, l’embrassant jusqu’au suçon et fut satisfait de l’entendre soupirer plus fort et finit par la lâcher, ne pouvant plus attendre de partir à la redécouverte de son corps. Chloé s’occupa de déboutonner sa chemise avec empressement et colla son corps au sien une fois le vêtement retiré. Dans leur empressement, ils roulèrent de nouveau sur le matelas et Lex força Chloé à descendre du lit, la prenant par les mains pour la mettre debout. Il défit lui-même la ceinture de son pantalon, le retira, libérant son entrejambe qui le gênait et repris sa belle sans ses bras. Ses mains ne tardèrent pas à détacher son soutient gorge et pris immédiatement un sein dans sa main pour le masser délicatement. Chloé, dont les joues commençaient sérieusement à s’empourprer, exerçait des points de pression de ses doigts à certains endroits de son dos et descendait ainsi de plus en plus bas, jusqu’à atteindre le bas de son dos. Elle passa une main dans son caleçon et lui massa les fesses au même rythme que lui sur sa poitrine. Elle hésita un instant avant de passer sa main sur son pénis et pris son temps, donnant en même temps une cascade de baisers dans son cou. Elle pris plus d’assurance dans son va et vient en entendant Lex gémir à ses caresses, sa tête calée sur son épaule et continua ses caresses quelques minutes avant de s’écarter légèrement de lui. Lex la pris par la main et la regarda sortir un préservatif du tiroir de la table de nuit. Apparemment elle avait envi de le lui enfiler et la laissa faire. Elle semblait confiante dans ses gestes et cela ne le surpris pas plus que ça, elle l’avait bien regardé faire la première fois. Il la repris ensuite dans ses bras et l’embrassa fiévreusement, ne se rendant même pas compte qu’elle le faisait reculer jusqu’au lit. Avant qu’elle ne le force à s’asseoir, il lui retira sa culotte et se laissa enfin faire. Elle vint se placer à califourchon sur lui et posa ses lèvres humides partout sur son visage. Lex allait s’allonger, mais Chloé le retint, mettant plus de fougue à son baiser et frotta son bassin contre le sien. Apparemment elle voulait rester dans cette position seulement ce n’était que la deuxième fois pour elle et il ne voulait pas qu’elle se force à déjà les varier. Pour être plus à l’aise, il se cala bien contre la tête de lit avec un oreiller.
_Chloé on peut s’allonger si ça peut te permettre d’être plus à l’aise, je ne veux pas que tu te forces à quoi que ce soit.
_Je t’assure que ça va, si ce n’était pas le cas je te le dirais.
Sa voix n’était quasiment plus qu’un murmure et elle transpirait déjà beaucoup mais elle avait prouvé qu’elle avait envi de lui, jusqu’à présent elle avait pris beaucoup d’initiatives.
_Dis-le moi si quelque chose n’allait pas d’accord ?
_Oui. Mais il n’y a pas de raison, je te fais confiance et puis, j’ai envi de découvrir de nouvelles sensations, avec toi. Dit-elle timidement.
_On dirait presque une petite poupée en porcelaine avec cette teinte rouge sur les joues. Sourit-il en caressant son visage, cherchant aussi à la détendre juste au cas où elle soit un peu anxieuse malgré l’assurance qu’elle lui montrait.
Dans un sourire, elle pencha la tête et l’embrassa encore, ses mains caressant tout le pourtour de son visage et le haut de son crâne.
_Soulève le bassin ma puce. Demanda-t-il d’une voix rauque.
Chloé posa ses mains sur les épaules de Lex et s’exécuta. Lex caressa rapidement sa poitrine et descendit ses mains partout sur son corps, s’attardant sur son ventre et le haut de ses cuisses avant de venir effleurer son entrejambe et lui sourit en constatant qu’elle disait vrai, qu’elle était totalement rassurée et détendue. Il en profita tout de même pour glisser deux doigts en elle et était plus que satisfait de constater qu’elle était prête et aussi de la voir adopter la bonne position, se laissant déjà aller au plaisir de cette caresse. Ne pouvant plus attendre, il retira ses doigts, posa ses mains sur ses hanches, écarta davantage les jambes en les repliant pour que Chloé s’installe plus confortablement sur lui. Ils échangèrent un regard avant que Lex ne la guide au-dessus de son pénis et la laissa glisser en lui à son rythme. Avec lui elle n’avait pas peur, elle savait de l’autre soir qu’il était capable de beaucoup de douceur et de patience et de ce fait, aucune douleur n’était apparue, elle se sentait vraiment à l’aise. Lex se redressa, la pris dans ses bras et l’embrassa passionnément avant de descendre sur sa poitrine, léchant le contour de son sain gauche avant de venir torturer le mamelon durci, le faisant tourner avec sa langue. Il entendait Chloé souffler au-dessus de lui tant elle était bouillante mais était désireux de faire subir le même traitement à l’autre sein avant de commencer à bouger avec elle. Dans un autre baiser, Lex l’encouragea à aller et venir une première fois, ses mains toujours campées sur ses hanches et gémirent ensemble n’attendant pas un instant pour réitérer le mouvement. Chloé ne s’était pas imaginée qu’ainsi, elle pouvait entrer si profondément en lui et avait l’agréable sensation que son plaisir en était décuplé et n’hésita pas à accélérer le rythme et s’accrochait à Lex comme si sa vie en dépendait, chacun de ses mouvements la soulevant toujours plus haut. Les plaintes de plus en plus régulières et fortes de Chloé lui faisaient complètement perdre le contrôle en enfouit son visage dans la poitrine de Chloé pour étouffer ses propres cris. Il ne tiendrait plus longtemps et voulait que cet instant demeure inoubliable, alors lui aussi intensifia la cadence, soulevant le bassin et s’accrochant désespérément à elle, leurs mains glissant sur leur corps trempé de sueur. Ils étaient autant étonnés l’un que l’autre de la fougue qu’il pouvait mettre à ce moment là et cherchèrent le visage de l’autre pour un dernier baiser. Lex plaça sa main entre leur deux corps joints et vint exercer une pression de son pouce sur le clitoris de Chloé et entendit la jeune femme jouir la minute d’après. Lex la rejoint dans un dernier mouvement. Ils s’écroulèrent l’un sur l’autre sur les draps et échangèrent un grand sourire satisfait avant que Lex ne se retire et ne disparaisse un instant dans la salle de bain pour se débarrasser du préservatif.
Pour mieux reprendre son souffle et ses esprits, Chloé s’allongea sur le dos, l’esprit encore complètement enivré par la magie du moment. Se fut à peine si elle sentit de nouveau le matelas s’affaisser et la main de Lex gambadant de nouveau sur son corps.
_Je ne me suis jamais sentie si bien ! Avoua-t-elle, tout sourire.
_Tant mieux, j’avais un peu peur que ça ne se passe pas comme tu le voulais.
_C’était parfait ! Et même plus encore je crois.
_Oui et je me demande bien comment je vais faire parce que je ne vais plus pouvoir me passer de toi si ça continue.
Chloé ricana, se glissa sous les draps, bientôt suivie par Lex et éteignit la lampe de chevet, laissant les quelques braises restantes les bercer et ses blottirent l’un contre l’autre en soupirant.

******************************************************

Encore une fois, Chloé s’était réveillée seule mais dans un état d’esprit contraire à la dernière fois. Un sourire heureux et fier s’était dessiné sur ses lèvres au moment où elle avait ouvert les yeux et il ne semblait pas prêt de s’effacer. D’ailleurs elle se demandait bien ce qui pourrait venir troubler sa tranquillité d’esprit aujourd’hui. Elle venait de passer la nuit la plus magique de sa vie avec un homme génial et elle voyait peut-être le bout du tunnel avec cette affaire de drogue.
Assise en tailleur sur le lit, elle attrapa son débardeur qui traînait par là et commençait à l’enfiler et n’avait même pas entendu Lex entrer dans la pièce. Celui-ci déposa rapidement une tasse de café bouillante sur la table de nuit et pris Chloé dans ses bras, collant son torse à son dos, callant sa tête dans sa nuque, faisant glisser la bretelle du débardeur d’une main pour y déposer quelques baisers.
_Est-ce que tu crois que je peux espérer pouvoir m’habiller sans que tu ne viennes m’embêter pour ma déshabiller la seconde d’après ? Commença-t-elle à la narguer de si bon matin.
_Ma façon de te dire bonjour te déplait ?
_Tu ne chercherais pas plutôt à te faire pardonner de m’avoir laisser en plan ? Soupçonna-t-elle en jetant un regard par-dessus son épaule.
Il ne répondit pas mais colla tout de suite ses lèvres contre les siennes, la faisant rire en passant sa langue sur leur commissure.
Chloé les sépara en posant une main sur son torse et se retourna vers lui, le tira par la cravate pour le forcer à s’allonger sur elle et enroula ses bras autour de son cou, reprenant ses lèvres dans une étreinte passionnée.
_Bonjour ! Dit-elle en reprenant son souffle.
_Toi alors tu es incroyable ! Avoua-t-il en riant.
_Merci !
_Je te laisse de préparer tranquillement. Dit-il en se relevant. Je t’ai monté un café.
_Qu’est-ce que tu fais ?
_Des recherches, j’essaye de savoir si ces trafiquants ne sévissent pas dans les villes alentours ou même à Métropolis.
Elle acquiesça et le laissa partir. Elle attrapa son café et le but d’une traite. Elle enfila ensuite le reste de ses vêtements et sourit en entendant de nouveau la porte s’ouvrir. Jamais il ne la laisserait en paix plus de cinq minutes. Elle se retourna et étouffa un cri d’horreur en voyant devant elle un homme la tenir en joug, son arme pointer sur elle. Chloé recula tant qu’elle le pu mais se cogna contre un autre corps qui l’emprisonna d’un bras autour d’elle et colla contre sa gorge la lame d’un couteau. Elle étouffa un sanglot avec la douloureuse impression de revivre la scène de son agression.
_Je savais qu’on se reverrait bientôt. Susurra le jeune homme à qui elle avait remis les documents la veille. C’est bon descend ! Dit-il à l’autre. Je sens qu’elle va se tenir tranquille.
_Qu’est-ce vous voulez ? Siffla rageusement Chloé.
_Ho c’est simple ! Avant quand il n’y avait que toi à vouloir jouer les grandes justicières ça ne nous posaient pas de problèmes, tu ne représentais pas un réel danger pour nous et nous aurions disparu avant même que tu t’en sois rendue compte. Seulement, il a fallu que Luthor, en preux chevalier vienne au secours de la jolie demoiselle en détresse. Sauf que ça ne plait à personne et particulièrement à moi de le voir mettre son sal nez dans nos affaires si tu vois ce que je veux dire ! A cause de lui un de nos gars est en prison et encore hier soir je suis certain qu’il se cachait discrètement derrière toi pour t’aider. Et moi les problèmes dans ce genre je les élimine.
_Vous ne pouvez pas faire ça !
_Je vais me gêner ! Aller avance !
Elle ne voulait pas le faire pourtant, ses jambes refusaient d’obéir et de sortir de cette chambre si c’était pour voir le cadavre de Lex et elle se laissait traîner misérablement par cet homme. Arrivés au milieu des escaliers, elle faisait de plus en plus de résistance mais ne parvenait qu’à le faire enrager un peu plus. Décidée à ne pas se laisser faire, elle eu l’idée de décrocher la broche de son gilet et enfonça l’extrémité dans la jambe de son agresseur et se défit de son emprise. Elle remonta les escaliers quatre à quatre et se rua dans le premier couloir qu’elle vit. Elle ne savait pas du tout où elle s’aventurait mais ça lui rappelait fortement cette soirée lors de laquelle elle s’y était égarée. Elle pouvait espérer qu’il en serait de même pour ce grand brun et qu’il ne la rattraperait pas.
Elle hésitait mais courir aussi vite avec en plus la peur au ventre la fatiguait deux fois plus et elle avait besoin de reprendre son souffle une seconde. Elle s’adossa au mur au mettant ses mains sur ses genoux, souffla un bon coup et repris sa course. Deux couloirs plus loin, elle s’arrêta net en entendant deux coups de feu retentir dans tout le manoir. Elle plaqua sa main sur sa bouche, la pensée la plus funeste traversant son esprit et n’avait qu’une envie, se laissant tomber à terre. Seulement, un tout autre scénario était envisageable alors Chloé tenta de reprendre le contrôle d’elle-même et de ses jambes et continua tout droit sans s’arrêter, se souvenant qu’il y a avait quelque part une porte qui menait directement à la mezzanine du bureau. Pour être sûr de ne pas la manquer, elle ouvrit violemment toutes les portes et au bout de trois, elle finit par tomber sur la bonne, espérant arriver avant le deuxième homme qui était à ses trousses et probablement ralenti par la blessure qu’elle lui avait infligé. Elle se pressa pour entrer mais fut de nouveau bloquée, une main venant se plaquer sur sa bouche et toujours cette lame froide et brûlante à la fois sur sa gorge. De nouveau il la forçait à avancer le plus silencieusement possible mais Chloé usait de ses dernières forces pour faire de la résistance et tenta à plusieurs reprises de crier mais que pouvait-elle contre la force de son agresseur qui appuya encore plus fort la lame sur sa peau. Arrivés près des escaliers, Chloé ferma les yeux un instant mais les rouvrit en grand la seconde suivante après avoir entendu la voix de Lex, criant contre ses gardes du corps pour leur négligence. De là où elle était, elle pouvait même voir le premier homme qui l’avait surpris dans sa chambre, il était étendu au sol, inconscient, ou peut-être mort et cela lui était bien égal.
Elle refusait toujours d’avancer et se laissa simplement entraîner dans les escaliers et tous les regards se tournèrent vers eux et les hommes de Lex pointèrent immédiatement leur arme dans leur direction.
_Non ! Baissez vos armes ! Ordonna Lex qui cachait tant bien que mal le désarroi dans lequel il se trouvait, de voir ainsi Chloé piégée entre les mains de ce criminel.
_Vous l’avez abattu comme un chien ! Cria l’homme en regardant son acolyte allongé au sol.
_Il n’est pas mort, seulement assommé. Qu’est-ce que vous voulez ? Demanda Lex.
_Si vous voulez récupérée votre fouineuse en vie je veux deux millions, et trois de plus pour tous les ennuis que vous nous avez causé !
_D’accord. Accepta-t-il sans la moindre opposition.
Il glissa deux mots à l’oreille d’un de ses gardes et celui-ci se glissa derrière Lex et quitta le bureau. Chloé fronça les sourcils, il n’allait pas tout bonnement accepter sans rien faire, c’était trop facile. Elle sursauta légèrement, entendant les alarmes du manoir se déclancher et étouffa un cri en sentant la lame encore plus oppressante sous sa gorge. Lex, qui avait jusque là une main derrière le dos, tendit le bras en avant, brandissant un revolver que lui avait glisser son garde du corps avant de quitter la pièce.
_Les flics seront là dans moins de cinq minutes, si tu la relâches tout de suite, je te fais sortir d’ici. Par contre si tu la touches, je ferais en sorte que les quatre murs de la cellule qui t’attend en prison soit la seule chose que tu vois pour le reste de ta vie.
Pris de panique, le jeune homme libéra Chloé et la poussa loin devant lui et remonta quatre à quatre les escaliers pour s’enfuir.
_Non Lex !
Elle avait beau lui crier de ne rien faire, le milliardaire disparu lui aussi par la porte principal en courant. De la même façon, il monta les escaliers du premier étage et tira une première fois en apercevant le brun qui allait redescendre par l’autre côté. Lex rebroussa chemin et continua à tirer une fois derrière lui sans parvenir à l’atteindre.
Comme lui, il tourna à gauche dans un couloir et tourna plusieurs fois sur lui-même, ne voyant personne. Arme en joug, il fit quelques pas en veillant à regarder à sa gauche, puis à sa droite. Caché derrière la porte entrouverte d’une pièce, l’intrus poussa violemment la porte et se jeta sur Lex, le poussant contre le mur et il perdit son arme qui s’échoua quelques mètres plus loin. Il repoussa son agresseur d’un coup de poing dans les côtes et se courba un instant avant de sortir son couteau de sa veste, face à Lex qui était désarmé.
_Quand je suis venu ici, s’était pas pour tuer la blondinette, c’était pour te tuer toi ! Avoua-t-il en se jetant de nouveau sur Lex qui avait anticipé l’attaque et parvint à lui agripper les bras en les maintenant en hauteur et tenta de le repousser contre le mur. Par un malin jeu de jambes, le brun déstabilisa Lex qui trébucha, l’entraînant dans sa chute et il profita de cet instant d’inattention pour frapper Lex de son couteau, lui entaillant le bras. Malgré sa blessure, il parvint à maintenir au-dessus de lui les bras de son agresseur dont la lame était tournée dans le sens du sol et maintenant, l’un comme l’autre ne pouvait que compter sur leur propre force physique. Lex savait qu’il ne tiendrait pas longtemps, le sang coulait déjà en abondance le long de son bras. Dans un dernier effort, il parvint à se retourner et profita qu’il ait déséquilibrer son agresseur pour lui arracher le couteau des mains et le balança aussi loin qu’il le pu, il n’avait pas l’intention de le tuer ni même de le blesser, se rabaisser à son niveau ne servirait à rien. Conscient qu’il n’avait plus aucune chance, le jeune homme se laissa faire et Lex se releva avant de lui mettre son poing dans la figure.
Ses hommes déboulèrent dans le couloir quelques minutes plus tard et les laissa s’occuper de son assaillant et courut jusqu’au bureau mais Chloé n’y était plus. Elle tentait, toute titubante de monter les escaliers et se dépêcha de la rejoindre, l’étreignant par derrière.
_Non lâche moi ! Hurla-t-elle en se dégageant, tremblant encore, le visage souillé par les larmes et le regarda, complètement estomaquée de voir du sang tâché toute sa chemise.
Trop abasourdie pour dire ou faire quoi que ce soit, elle s’éloigna de lui à reculons et partie s’enfermer dans sa chambre.
Essayant de comprendre sa peine et sa douleur, Lex ne tenta pas de la suivre, ne voulant pas s’imposer à elle, mais la voir ainsi en état de choc, refusant même jusqu’à son contact lui faisait plus mal que son bras. Il irait la voir un peu plus tard c’était sûr, mais immédiatement il devait s’occuper de sa blessure et ensuite il livrerait les deux intrus aux autorités. Sa colère commençait à peine à monter après cette attaque et savait qu’il avait été beaucoup trop négligeant sur la sécurité. Il aurait dû savoir que ces ordures n’allaient pas en rester là et il n’avait rien fait, ça ne lui ressemblait pas cette attitude, il sentait qu’il ferait une erreur à trop se concentrer sur sa relation avec Chloé. Maintenant il pouvait culpabiliser, elle allait probablement lui en vouloir. Seulement, il n’avait aucun regret, ce n’était plus le moment pour ça, plus maintenant qu’il était convaincu de ses sentiments pour elle.

En refermant la porte de sa chambre, Chloé s’écroula sur le parquet. Ses jambes ne pouvaient plus la retenir tant elles tremblaient et n’avait plus aucune force. Elle se tassa dans un angle de la pièce, appuya ses mains contre le bois du mur et posa sa tête contre leur paume. Elle était tellement secouée que l’air dans ses poumons se faisait de plus en plus rare et avait de grandes difficultés pour respirer. Elle tremblait, transpirait et craignait à tout instant de faire une crise mais impossible de bouger. Elle venait de vivre un véritable cauchemar alors qu’elle croyait avoir vécu le pire avec son agression mais il n’en était rien. Elle avait faillit mourir, et avait en plus de ça mis Lex en danger. Elle avait toujours su que c’était une erreur de venir au manoir, elle l’avait mis en garde contre les risques mais il n’avait rien écouté, tous deux se croyaient en sécurité ici, ou alors c’était ce qu’il avait voulu lui faire croire pendant tout ce temps. Si elle avait suivit son instinct et était restée chez elle, il n’aurait jamais été blessé. Tout était de sa faute, et une forte nausée la prenait en revoyant Lex recouvert de sang, elle n’avait même pas cherché à savoir si sa blessure était grave, et elle comprenait encore moins pourquoi elle refusait qu’il la touche, sans doute le contrechoc dû à cette seconde agression, elle se défendait par tous les moyens, son corps se sentant menacée de toute part peut-être.
Elle entendit frapper contre la porte et, dans un gémissement, elle s’aida du mur et s’appuya contre celui-ci pour se relever. En même temps, elle essayait de se calmer de façon à mieux pouvoir respirer, une main posée sur son cœur, avec l’impression tenace qu’il ne tarderait pas à sortir de sa poitrine. Les jambes tremblotantes, elle fit les deux pas qui la séparait de la porte et ouvrit, sachant qu’il ne pouvait s’agir de personne d’autre que Lex.

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Chloé n’ouvrit que partiellement la porte, osant à peine le regarder, baissant la tête plus par nausée que par réel malaise de lui faire face.
_Chloé ? L’appela-t-il, inquiet, remarquant de là où il était son teint livide.
Il fronça les sourcils et tenta d’avancer un pied dans l’entrée, mais se rassura lorsqu’elle lui laissa libre passage dans la pièce. La jeune femme lui tourna le dos, fit quelques pas dans la pièce et Lex vint immédiatement la soutenir par les épaules, resserrant son étreinte sous son sursaut.
_Chloé, je t’en pris, calme toi ! demanda-t-il d’un ton calme et posé.
Il la sentait étonnement crispée et ne relâcha son emprise que lorsqu’il jugea qu’elle commençait légèrement à se détendre. Il passa ses mains sur ses hanches et la fit avancer jusqu’au lit où il l’aida à s’asseoir. Il la rejoint et se posa au plus près d’elle passa sa main sur le ventre de la jeune femme sous son tee-shirt, voulant lui apporter un contact réconfortant, faisant en sorte de se montrer le plus doux possible. Pendant un instant, il cru qu’elle allait la retirer, elle posa sa main sur son poignet mais n’en fit rien, elle le caressa de son pouce et haussa timidement la tête. Alors au lieu de lui demander de parler tout de suite, il choisit de la prendre délicatement dans ses bras, prenant garde à son bras dont le bandage était dissimulé par la chemise.
_C’est finit ma puce. Murmura-t-il en espérant la rassurer un peu, caressant d’une main sa nuque en remontant jusque dans ses cheveux.
Chloé savait bien que non, justement ce n’était pas finit, mais au moins après ça, elle savait que la sécurité serait moins négligée et qu’un accident de ce genre ne se produirait plus et s’autorisa un long soupir de soulagement. Après tout, Lex était là, tout près d’elle et non pas aux urgences, donc sa blessure ne devait pas être trop grave. Seules deux larmes parasites coulèrent sur ses joues et elle ne chercha même pas à les contenir ou à les essuyer avec sa manche, elle ne pleurerait pas davantage. Après un rapide baiser dans le cou, elle se dégagea et hésita avant de porter sa main jusqu’au bras blessé.
_C’est douloureux ? Demanda-t-elle en effleurant à peine la soie de la chemise.
_J’ai eu droit à quelques points de suture mais rien de sérieux.
_Je suis désolée j’aurais dû…
_Quoi ? Ne pas m’écouter ? Ça aurait pu être pire si tu ne m’avais pas suivit jusqu’ici. Chez toi, tu étais désarmée et seule. Rappela-t-il.
_Ce n’est pas moi qu’ils voulaient ! Mais toi ! Cria-t-elle, une main sur le front.
Il acquiesça en se mordant la lèvre inférieure, évitant son regard, ainsi dont elle savait. Il comprenait mieux maintenant pour quelle raison elle culpabilisait de la sorte et commençait à se renfermer.
Ignorant la douleur, il emprisonna son visage de ses mains et colla ses lèvres contre les siennes, faisant tout son possible pour faire durer l’instant, heureux de ne face à aucune réticence. En se retirant, il caressa ses joues du dos de ses mains et lui sourit.
_C’est plutôt à moi de te faire excuses, j’AI été négligeant, c’était à moi d’assurer ta sécurité sous mon toit et au lieu de ça, je ne pensais pendant tout ce temps qu’à notre histoire, les erreurs c’est moi qui les ais commises.
_Et tu regrettes de ne pas avoir agit autrement. Se douta-t-elle.
_Non, parce que se serait regretter ce que nous vivons alors que, lorsque je voyais ce salopard dans le bureau, sans savoir quoi faire pour qu’il te lâche, comme un imbécile je me suis demandé pourquoi ne t’avais jamais dis avant, combien je t’aime.
La situation ne s’y prêtait sans doute pas, mais la voir ouvrir de grands yeux brillants avec un air effaré, il sourit largement et la reprit plus fort contre lui et ferma les yeux, se délectant de son parfum.
_Moi aussi je t’aime. Répondit-elle enfin, se laissant complètement tomber dans les bras de Lex.
Il ne savait pas encore de quelle façon ils allaient occuper leur journée tous les deux mais une chose était sûre, pas d’émotions fortes pour Chloé, ni pour lui, ils avaient eu leur dose en l’espace d’une matinée, et surtout, il n’allait plus la quitter d’une semelle. Lui ne devait rien faire qui pourrait risquer de rouvrir sa blessure, donc un petit plongeon dans la piscine du manoir était exclu. Il fallait quelque chose de plus reposant mais qui pourrait les détendre tous les deux. Le soleil donnait sur la fenêtre, il en conclu qu’il faisait suffisamment beau pour aller faire un tour dans le parc autour du château.
_Aller, met ton manteau on va aller se dégourdir les jambes et prendre l’air, ça va nous faire du bien. Dit-il en posant ses lèvres sur sa joue.
Chloé accepta de se lever et sous les conseils de Lex, elle enfila son écharpe, son manteau et de bonnes chaussettes, les températures étaient fraîches, même sur les heures du déjeuner.
En sortant, elle attrapa Lex de son bras valide en enfouit sa main dans la sienne, laissant librement leurs doigts s’enlacer tendrement. Son malaise était définitivement passé puisqu’elle ne pouvait s’empêcher de rester collée tout contre lui, relevant parfois la tête pour lui offrir un petit regard malicieux.
Chloé ferait tout pour montrer une image détendue d’elle-même à Lex, elle pouvait au moins lui offrir une petite après-midi de tranquillité. Elle passerait au commissariat dans la soirée pour savoir qui étaient réellement ces deux types qui les avaient attaqué, ça allait peut-être lui permettre d’avancer un peu dans son enquête. Elle soupira, songeant soudainement à Pete, elle espérait que ça se passait bien de son côté mais comment pouvait-elle ignorer ce mauvais pressentiment qui lui tiraillait les entrailles depuis tout à l’heure ?
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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 21 Aoû 2010 - 15:21

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Plus tôt dans la matinée, Pete s’était méfié d’emblé quand un de ses coéquipiers l’avait appelé pour lui faire savoir qu’ils s’entraînaient cet après-midi et il avait eu raison. Pour la forme, il s’était tout de même mis en tenu, comme le reste de l’équipe d’après ce qu’il pouvait voir en pénétrant sur le terrain. Ceux qui ne faisaient définitivement pas parti du trafic courait autour du terrain, d’autres faisaient des pompes, chacun s’échauffant à sa manière. Mais les autres, qui constituaient une bonne moitié de l’équipe, s’étaient rassemblés au centre du terrain et tous les regards se braquèrent sur lui. Il n’était pas du tout rassuré, se demandant bien ce qui se passait encore, mais ne laissait rien voir de son anxiété. Avant qu’il n’est pu faire un autre pas sur le terrain, un des joueurs lui fonça dessus comme une fusée et n’eu pas le temps de comprendre qu’il était déjà plaqué au sol.
_Tout ça s’est de ta faute Ross ! Lui cria-t-il dessus en l’agrippant par le col de son maillot.
_Hé mais je peux savoir ce qui se passe ! Lâche moi ok ! On va discuter calmement !
_T’es copain avec la journaliste ! Tu nous as balancé espèce de fils de pute !
Il allait lui coller son poing dans la figure mais une main l’en empêcha.
_C’est bon Dan arrête ! Qu’est-ce que tu fous bordel ! Intervint Whitney en le forçant à libérer Pete.
Le blondinet de quaterback offrit son bras à Pete pour l’aider à se relever.
_ça va ? Demanda-t-il.
_Ouai ouai, c’est bon. Mentit Pete.
_Bon c’est quoi ce cirque ! On est là pour s’entraîner ou pour se cogner ? Merde les problèmes personnels vous les garder pour plus tard ! Aller vous échauffer plutôt !
Il regarda alternativement tout le monde qui s’était réuni autour de lui et s’éloigna, toujours énervé et parti au pas de course, accompagné de deux autres joueurs.
Ils attendirent que Whitney se soit suffisamment éloigné pour qu’il ne puisse plus les entendre et le fameux Dan revint à la charge.
_Fais pas comme si tu savais pas ce qui se passait ! Tu nous fous tous dans la merde t’en as conscience au moins ?
_Je sais pas de quoi tu…
Pete n’eu pas le temps de finir sa phrase qu’il se pris un coup dans le nez et s’écroula, la main sur le visage, le sang coulant déjà sur ses lèvres et le long de ses doigts. Mais il n’allait sûrement pas se défiler et se laisser impressionné par ce loubard. Au grand étonnement des autres joueurs, il se releva, un peu chancelant et colla son poing dans l’œil de son agresseur qui tomba à terre à son tour. Il allait riposter mais les autres garçons se décidèrent enfin à intervenir et l’attrapa par les épaules, le sommant d’arrêter, que ça ne résoudrait pas leur problème.
_Maintenant je voudrais savoir ce qui se passe ! Cria Pete.
_Moi aussi. Dit une troisième voix.
Tous les joueurs s’éloignèrent, apeurés et laissant devant eux Pete et Dan qui firent face au principal.
_Un simple accrochage. Mentit Dan en frottant son œil qui, d’ici quelques heures serait aussi noir que ses chaussures à crampons.
_Bien sûr, aller tous les deux, dans mon bureau, vous êtes renvoyés.
Dan suivit comme un toutou obéissant le principal alors que Pete resta en arrière une minute pour avoir enfin une réponse à sa question laissée en suspend.
_Mick s’est fait coffré cette nuit ! Et il était avec Yann. Avoua l’un des joueurs.

Pete était resté plus de vingt minutes dans le bureau du directeur, le nez toujours en sang mais fut rassuré après un bref passage à l’infirmerie, il n’y avait rien de cassé. D’un coup, son renvoi passait beaucoup mieux, et puis, ce n’était jamais qu’une journée en moins, il n’allait pas en mourir. Ce qui l’inquiétait c’était plutôt d’ignorer pourquoi Mick, qui était plutôt du genre à rester discret avait réussit à se faire coincer. Il allait rentrer dans son 4x4 quand son téléphone vibra dans sa poche.
_Allô ?
_Pete, c’est Mick, tu peux me rendre un service ?
_Comment t’as réussit à m’appeler ? Demanda-t-il, interloqué.
_Tu es donc au courant, je vois que les nouvelles vont vite. Passes me voir, je te raconterais tout, je suis sûre que ça va beaucoup t’intéresser.
_Maintenant ?
_Mec, j’ai fait des pieds et des mains pour obtenir un droit de visite, tu peux faire ça pour moi !
_Ok, j’arrive.
Pete préféra raccrocher tout de suite et râla en secouant la tête avant de grimper dans sa voiture, comme s’il avait besoin de ça. Quel service allait-il bien pouvoir lui demander à lui alors que tous les joueurs se méfiaient de lui ? C’était risqué mais accepter ce service était la seule façon d’obtenir leur confiance, ça ne pourrait que jouer en sa faveur.

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Le shérif Ethan ouvrit la porte qui menait aux différentes cellules à Pete et referma derrière lui. Il régnait ici une odeur de renfermé qui dégoûtait déjà le jeune homme qui grimaça tout en avançant. Il s’arrêta devant la cellule de Mick qui était assis sur un banc et il semblait déjà beaucoup moins sûr de lui et son air désinvolte l’avait définitivement quitté.
_Comment tu t’es retrouvé là ?
Le brun ricana, leva les yeux au ciel et se décida enfin à se lever pour s’approcher des barreaux.
_Je te donne un indice p’tit futé, il est plein de tunes et a une fâcheuse tendance à se mêler de ce qui ne le regarde pas.
_Lex. Dit-il plus à lui-même, mais il avait prononcé son nom si fort que Mick l’avait entendu.
_J’aurais pu le descendre mais j’ai manqué de, tactique sur ce coup.
Pete remarqua qu’il ne disait pas ça pour avouer son erreur mais plutôt pour s’en vanter, et maintenant il s’inquiétait pour Chloé, et la connaissant il était certain qu’elle n’était pas restée à l’écart.
_Tu es malade d’avoir cru que tu pouvais l’avoir !
_Hé ! Je n’y suis pas allé de gaieté de cœur, je te signale que les ordres venaient de plus haut, tu crois que j’avais le choix sérieusement ?
_Il s’est passé quoi au manoir ?
_Qu’est-ce que ça peut te faire ? Je t’ai pas fait venir pour te donner tous les détails. Dit-il en délaçant une de ses chaussures d’où il sortit une feuille pliée.
_Les flics ne savent décidemment plus faire une bonne fouille, tient, c’est le plan du lycée, j’y ais indiqué tous les coins et toutes les planques.
Pete n’y croyait pas en prenant le papier entre ses doigts, il lui donnait de son plein gré la mine d’or que Chloé recherchait depuis des semaines.
_Heu, qu’est-ce que tu veux que je fasse exactement ?
_Tu réunis tout le monde, on déménage, ceux qui se sentent assez motivés pour suivre tant mieux pour eux, ils seront payés, les autres je peux plus rien faire pour eux.
_Et tu veux que je fasse ça comment ? Ils ne me font pas confiance. Je me suis battu avec Dan ce matin.
_Quand tu leur montreras le plan, et que tu leur diras que tu me relèves, t’inquiète qu’ils vont tous te suivre au pas.
_Et où va être déplacée la marchandise ?
_J’en sais rien, un camion attendra derrière le lycée à minuit pétante, là il y aura quelqu’un pour te donner de plus amples informations.
Pete acquiesça sans vraiment l’écouter, plus concentré sur le plan qui le laissait bouche bée, comment était-il possible de cacher autant de drogue sans que personne ne s’en aperçoive ! C’était dément. Il découvrait même sur papier des pièces dont il ignorait totalement la connaissance. Il savait déjà qu’en sortant d’ici il se précipiterait au manoir demander l’aide à son experte. Il était d’ailleurs anxieux de ne pas avoir de nouvelles en sachant ce que Mick avait prévu de faire. Il se débrouilla donc pour écourter au maximum sa conversation avec Mick, prétextant vouloir faire les choses à l’avance et prendre le temps de prévenir tout le monde. Chose que le brun appréciait beaucoup de la part de Pete, qui, lui, jubilait d’avoir son entière confiance.

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Pete déboula dans le manoir comme une fusée, poursuivit par un des hommes de mains de Lex, croyant sans doute à une autre attaque depuis que Lex avait renforcé la sécurité à son maximum. Quand le jeune homme ouvrit à la volée les deux grandes portes, Lex réagit rapidement et leva une main vers l’agent de sécurité qui avait déjà dégainé son arme. Pete ne tint pas compte de la présence de Lex dans la pièce et se jeta littéralement dans les bras de Chloé.
_Dieu soit loué tu n’as rien. Se rassura-t-il en la serrant fort contre lui. Heu, et toi, ça va ? Demanda-t-il en se tournant tout de même vers Lex, remarquant qu’une écharpe autour de son cou qui retenait son bras.
_ça aurait pu être pire, mais je te remercie de t’en soucier Pete.
_Mais, comment tu as su ? Demanda une Chloé des plus curieuse. Et, qu’est-ce que tu as au nez ?
_Je me suis juste attiré les foudres des gars de l’équipe, qui m’ont cogné avant de me dire que notre recruteur, si je peux l’appeler comme ça, se retrouve en prison.
_Il ressemble pas à ça ton fameux recruteur ? Soupçonna Chloé en retournant sur le canapé en cuir, redressant l’écran de son ordinateur.
_Si, c’est lui. Confirma-t-il.
_Il était ici, pas plus tard que ce matin et avec ma malchance je me suis encore retrouvé avec un couteau sous la gorge et Lex a bien faillit y rester. Lança-t-il d’un regard accusateur vers le milliardaire.
_Tu me reproches quelque chose peut-être ?
_Oui, d’avoir voulu jouer au héros et de m’avoir fait la plus grande peur de ma vie.
Pete s’était assis dans le canapé, préférant éviter et se tenir à l’écart de cette petite dispute de couple et toussota bruyamment en se grattant le crâne pour faire part de sa présence et aussi pour leur rappeler le réel but de sa visite.
_Ho, désolé Pete, bon, heu, bégaya Chloé, les joues rosies en s’asseyant près de lui, j’ai commencé à faire des recherches pour savoir qui est vraiment, celui qui se fait passer sous le pseudonyme de Mick.
_Et ça a donné quoi ?
_Il y a quatre ans il était élève au lycée de Smallville, il s’appelle Michael Coop et son petit camarade qui était là lui aussi ce matin traînait dans la même bande que lui mais était plus âgé d’un an, et tous les deux faisaient partis d’une équipe sportive, basket pour l’un et football pour l’autre.
_ça expliquerait beaucoup de choses ! S’exclama Pete.
Il sorti le plan du lycée toujours plié de sa poche et le tendit à Lex.
_Qu’est-ce que c’est ?
_Notre Eldorado, offert sur un plateau d’argent, toutes les croix rouges se sont les différents endroits où ils cachent la drogue. Chloé, tu viens de dire qu’ils étaient élèves, quoi de mieux que leur ancien centre de vie pour planquer leur marchandise, c’est une planque stratégique pour eux, ils doivent connaître le lycée sur le bout des doigts et pour ne pas changer les vieilles habitudes, ils se sont concentrés sur les sportifs ! Tout coïncide.
_Oui, ils avaient déjà tout prévu. S’inquiéta Chloé d’autant d’ingéniosité.
_Comment tu t’es procuré ce document ? S’intéressa Lex.
_Je suis allé voir Mick en prison, il m’a appelé et j’ai senti que si je refusais d’y aller il le prendrait comme une trahison et j’étais grillé. Il m’a donné ce plan pour que je réunisse tout le monde et changer de cachette aux drogues qui se trouvent dans l’enceinte du lycée.
_Oui ça prouve qu’il a ta confiance. Constata Chloé. Réfléchissant à toute vitesse, le regard ailleurs, elle leva un doigt pour faire taire les deux hommes et capter leur attention. J’ai peut-être une idée, Pete, pour quand est prévu le grand déménagement ?
_Ce soir !
_Alors nous avons enfin notre chance ! Sourit largement Chloé.

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La nuit était sèche et par conséquent très fraîche, une légère couche de givre recouvrait toute la pelouse du stade et les projecteurs lumineux disposés en cercle tout autour du stade faisaient briller le terrain. Un peu plus d’une dizaine de personnes étaient déjà présentes et Pete, engoncé dans son gros manteau doublé de fourrure, scrutait l’arrivée des joueurs de l’équipe de football qui ne daignaient pas montrer leur nez alors que tous devaient se réunir ici depuis déjà un quart d’heure. Le jeune homme se frottait les mains énergiquement et essayait au possible de ne pas rester immobile au risque de se changer en glaçon. Trois groupes s’étaient sondés non loin de lui, le premier, juste à sa gauche, était composé des meneurs, six des acolytes de Mick, l’un brun les cheveux collés sur la tête par une énorme couche de gel, les mains cachées dans les poches de son blouson en cuir. Un autre, le crâne rasé, allumait une cigarette et surveillait tout comme Pete l’arrivée des retardataires. Deux autres, blonds au carré, belles gueules, discutaient fortement, comme s’ils le faisaient exprès pour être sûr d’être entendu de tout le monde. Les deux autres discutaient dans les deux autres groupes pour leur apprendre l’incarcération de Mick et pour leur expliquer les préliminaires des prochaines démarches. Ils étaient là depuis plus d’une demie heure sur demande de Pete qui leur avait expliqué les démarches à suivre et les instructions laissées par Mick. Il avait été surpris de constater qu’effectivement, sa simple parole leur suffisait à partir du moment où Mick avait donné des ordres. Le second groupe réunissait des joueurs d’autres équipes, notamment de Basket ou de natation, des lycéens que Pete ne connaissaient que de vu. Et enfin le troisième groupe, au grand étonnement de Pete n’était composé que d’élèves qu’il avait l’habitude de côtoyer tous les jours, cinq étudiants, une fille et quatre garçons qu’il retrouvait aux cours d’anglais et de sport.
_Ross je te préviens, si tes coéquipiers ne daignent pas se pointer dans les deux minutes on commence sans eux. Prévint le garçon rasé du premier groupe.
_Ecoute, se ne sont pas MES coéquipiers, ne suis pas responsables d’eux, s’ils veulent nous lâcher c’est leur problème. Renchérit-il le plus clairement possible, se refusant de porter en plus la responsabilité des joueurs de foot sur son dos, après ce qui s’était passé ce matin il estimait à juste titre que ce n’était pas son problème.
Il sentait déjà ses nerfs le titiller alors que les joueurs pénétraient enfin sur le terrain. Pete préféra faire comme s’il ne les avait pas vu, évitant surtout le regard menaçant de Dan. Peu sûr de lui, Pete demanda à tout le monde de se regrouper autour de lui et des associés de Mick. Par chance, le froid couvrait ses tremblements dus au trac et à l’angoisse qui lui tiraillaient les entrailles petit à petit. Il avait beau se dire que tout serait bientôt finit, il était pour la première fois terrifié à l’idée que quelqu’un décèle le moindre comportement étrange, le moindre faux pas qu’il pourrait faire. La mission que Mick lui avait donnée était pourtant simple, il allait donc expliquer les choses simplement. Il fit un pas en avant et pris un air plus sûr de lui.
_Puisque certains ont cru qu’ils avaient le luxe de pouvoir arriver en retard, je vais m’efforcer de vous expliquer clairement et le plus rapidement possible la raison de votre présence ici à cette heure. Annonça-t-il en fixant les joueurs de foot, tous repliés maintenant derrière Dan, qui était derrière cette fabuleuse idée de retarder tout le monde. Comme vous le savez sans doute, Mick et Troy sont en prison. Je suis allé le voir, et j’ai un message à vous transmettre de sa part. A minuit précise, un camion viendra récupérer toute la marchandise. Je vous avait demandé de venir exactement à minuit moins le quart pour que nous ayons juste assez de temps pour tout rassembler. Mais comme je viens de le dire, certains se sont permis d’arriver avec plus de cinq minutes de retard. Se sont donc des minutes de perdues, et il vous en reste dix pour tout récupérer, et cette fois, aucun retard ne sera toléré. A minuit, on se retrouve tous derrière les tribunes.
Cette fois, personne ne traînait et aucune question n’était posée, chacun savait ce qu’il avait à faire et l’enjeu que ça représentait. Des photocopies des plans du lycée étaient distribuées par un des blondinets et tous se ruèrent à l’intérieur de l’établissement. Pete remarqua que les joueurs qui avaient suivis Dan dans son initiative maladroite le regardaient maintenant d’un mauvais œil et le grand brun se sentait plus mal à l’aise que jamais.
Pete attendit qu’il se retrouve enfin seul sur le terrain pour souffler un bon coup. Il épongea son front qui dégoulinait malgré la fraîcheur et pris garde à ce que personne ne l’épis pour se rendre en toute sécurité au point de rendez-vous que lui avait donné Lex. L’opération était lancée. Ils n’avaient pas beaucoup de temps pour agir, ils ne devaient pas traîner. Tout devait se passer comme prévu, il n’y aurait pas de seconde chance.

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Plus tôt dans la soirée…

_Un quart d’heure ! S’exclama Pete.
_C’est un lapse de temps très court j’en suis consciente mais ça ne pourra jouer qu’en notre faveur qu’ils soient tous pressés, ça va davantage les induire en erreur, ils seront à la limite de la panique. Tenta d’expliquer Chloé, tenant fermement dans sa main un stylo qu’elle faisait cliqueter entre ses doigts.
Lex les rejoints sur le canapé en leur apportant des rafraîchissements qu’il posa sur la table basse avant de s’asseoir aux côtés de Chloé.
_Comment voulez-vous que les flics passent inaperçus ? Non c’est impossible. Insista Pete dans son pessimisme.
_Justement, intervint Lex, je viens d’avoir le shérif au téléphone, il rassemble en ce moment même plusieurs dizaines d’hommes et je lui ais proposé la contribution de mes propres hommes, ce n’est pas l’effectif qui posera un problème.
_Oui, le tout se serait, de rassembler tout le monde dans un endroit bien précis le temps que les agents de police se mettent en place. Proposa Chloé, les yeux pleins d’espoir d’avoir enfin une chance d’arrêter tout ça.
Pete se prit nerveusement la tête dans les mains et grogna, en pleine réflexion, qu’est-ce qui lui avait pris d’aller s’enrôler là dedans ?
_Pourquoi pas dans le gymnase, ou dans le restaurant ? Se sont des lieux clos donc plus fac….
_Ils devront tous rentrer par devant, vous serez vite repérés, nan il faut autre chose où vous serez hors de portée, quelque part où vous ne pourrez pas être vus. Je sais ! Dit-il enfin. Sur le terrain de foot ! C’est à l’autre bout du lycée, tous viendront par derrière et les hommes du shérif pourront se mettre en place sans risquer d’être vu ou entendu.
_C’est génial ! Admis Chloé.
Les deux jeunes gens regardèrent Lex se lever, téléphone en main et suivirent la brève conversation.
_Dans vingt minutes, très bien j’y serais.
_ « ……………………………………. »
_Merci Shérif.
_Il va falloir que je vous laisse, on a besoin de moi pour l’organisation des opérations et la répartition de mes hommes.
A cette annonce, Chloé acquiesça, cachant son inquiétude dans un sourire forcé et embrassa Lex lorsqu’il se pencha au-dessus d’elle.
_Pete je te rappelle dès que je sais à quelle heure nous arriverons pour te donner un point de rendez-vous.
_Oui et moi j’irais au lycée directement avec lui, je vous attendrai bien sagement, c’est promis ! Dit-elle en croisant les doigts.
Lex enfila son manteau et laissa Pete et Chloé seuls dans le salon dans un silence pesant.
_Anxieux ?
_Ouais, j’ai hâte que tout ça soit terminé
_Je sais. Bon, si on récapitulait une dernière fois. Proposa-t-elle en s’emparant d’une feuille sur laquelle elle avait reproduit le plan de l’école avec toutes les cachettes, complété à divers endroits de notes et de gribouillis.
_On arrivera là bas pour 23h30, toi tu resteras dans la voiture, je sais pas encore de quel côté arriveront les associés de Mick. Je réunis tout le monde sur le terrain, ils devront être arrivés pour 23h45 grand maximum, et c’est pendant le quart d’heure restant que la police interviendra pour les coincés à l’intérieur même du lycée.
_Et tu auras intérêt de ne pas te trouver à proximité, je veux que tu ais quitté les lieux avant. Prévint-elle.
_J’aimerais bien mais les copains de Mick ne me lâcheront pas d’une semelle, s’ils me demandent de les suivre j’aurais plutôt intérêt à leur obéir.
_S’te plais, fais un effort ! Demanda-t-elle sur un ton suppliant.
_Toi ne prends pas de risques inutiles, je commence à bien te connaître pour ça ! Demanda-t-il à son tour en lui soulevant le menton d’une main.
Pete la pris dans ses bras pour tenter de la rassurer alors que lui-même était déjà incertain de l’attitude à adopter, son ventre commençait déjà à se contracter douloureusement et se doutait que ça ne ferait qu’empirer.


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Retour au lycée….

C’était une véritable chance qu’il soit parvenu à échapper à la vigilance des copains de Mick. Pour ne pas risquer que sa chance tourne, il accéléra sa course en longeant les murs du lycée pour rejoindre Lex qui venait de lui envoyer un message pour lui signaler exactement sa position. Affolé, il se baissa brusquement en continuant à longer le mur qui bordait le terrain de football et s’arrêta un instant, croyant entendre des bruits derrière lui, peut-être était-il poursuivit, peut-être allait-il tout faire capoter. De grosses gouttes de sueur dégoulinaient sur son visage et le jeune homme tentait de reprendre un peu son souffle et surtout de se calmer. Il avait beau regarder de tous les côtés, il ne voyait strictement rien qui pouvait l’alerter. Il ferma les yeux pour se rassurer et finit sa traversée en marchant mais toujours d’un pas pressé.
Il cru faire une crise cardiaque en tournant à l’angle du mur en se heurtant au milliardaire, revolver en main.
_Merde essais de prévenir avant de te pointer devant moi ! Accusa Pete sous le coup de l’angoisse.
_Oui, j’étais venu à ta rencontre, m’assurer que tu n’avais pas de problèmes.
_Nan tout se passe comme prévu, et s’te plait arrête de braquer ce truc immonde sur moi, je suis une innocente victime. Et Chloé ? Elle est toujours dans ma voiture ?
_Mon garde du corps la suit où qu’elle aille ne t’en fait pas. Dit-il en abaissant son arme.
Il lui donna une tape dans le dos et rejoint le shérif à côté du parking, suivit de près par Pete qui lui emboîtait le pas. Une demie douzaine de voitures de police étaient garées là ainsi que plusieurs motos, impossibles à repérer en sortant par l’entrée principale de l’établissement et à en juger par le nombre d’agents mobilisés il était impensable que quiconque puisse se sortir des mailles de ce filet.
_Monsieur Luthor. Appela le shérif. Où allez vous positionnez vos hommes ? Il est 23h53, mes agents entrent dans le bâtiment dans deux minutes. Prévint-il.
_Je les ais envoyé dans les bâtiments du fond et ceux qui descendent sur le gymnase et le terrain de football, ils attendent votre permission pour agir.
Ethan sortit un second talkie-walkie de son blouson et le tendit à Lex.
_Lancez votre attaque en même temps que la mienne, ils ne pourront pas s’échapper, tout le bâtiment est surveillé et il n’existe pas d’autre issue.
Lex acquiesça et attendit que ces deux infernales et interminables minutes passent enfin et s’assit sur le capo de sa voiture de sport, le visage beaucoup plus crispé qu’à l’ordinaire.
Ne sachant que faire, à rester là, planté sur place à attendre que les choses se passent, Pete s’avança vers le shérif d’un pas hésitant.
_Shérif, est-ce que vous savez ce qui va arriver aux lycéens qui se sont fait entraîner là dedans ? Demanda-t-il d’un air inquiet, songeant bien sûr aux quelques camarades qui ne méritaient pas d’être punis sévèrement pour avoir été influencés.
_Ceux que nous prendrons qui seront en possession de drogues ou tout autre produit illicites seront passibles de peines de prison, ils devront répondre de leurs actes mais s’ils certifient tous avoir en effet été entraînés dans un trafic de drogues en dénonçant tous leurs complices et surtout les meneurs il pourrait y avoir des remises de peines, mais aucun ne s’en sortira indemne. Mais ne culpabilisez pas, vous avez fait ce qu’il fallait, et puis, votre démarche à vous et à votre amie permettra peut-être d’alléger leur peine. Tenta-t-il de le rassurer.
Pete repartit, vide de tout enthousiaste pour rejoindre Lex qui parlait dans le talkie-walkie. En retroussant légèrement la manche de son blouson, il remarqua que les aiguilles seraient bientôt alignées l’une sur l’autre. Au lieu de rester là, à tourner et virer sur place, les mains toujours profondément enfoncées dans ses poches, il s’éloigna, à la recherche de la petite blonde. Il ne l’avait pas même aperçue depuis qu’il était sur le parking du lycée. Lex avait beau dire que son garde du corps veillait au grain, personne ne connaissait Chloé mieux que lui et il préférait s’assurer qu’elle était entière lui-même. Il jeta un coup d’œil derrière lui avant de s’engager seul et désarmé de l’autre côté du parking, et d’après ce qu’il pouvait voir, Ethan comme Lex ne semblaient pas plus rassurés l’un que l’autre et aboyaient des ordres dans les talkie-walkie. Il voyait enfin les agents pénétrer dans le hall d’entrée du lycée. Assister à ce spectacle lui laissait une étrange impression. Il se voyait très nettement en tant que spectateur, et il en avait été acteur un peu plus tôt, seulement à cet instant rien de tout ce qui se déroulait sous ses yeux ne lui parut réel.
Il reprit ses esprits rapidement, préférant ne pas s’attarder ici, complètement à découvert et se rua presque du côté ouest du lycée, traversant à grandes enjambés le parking à vélo et aux deux roues, l’endroit était étonnement désert et après avoir parcourut une certaine distance, il se stoppa dans son élan. Il en profita pour souffler un peu, et se demanda subitement pourquoi Chloé se serait aventurée si loin du centre des opérations, d’ordinaire elle se serait placée aux premières loges pour tout filmer. Il allait faire demi tour quand, dans l’ombre du préau juste en face de lui, il aperçut une silhouette contourner l’angle. D’après ce qu’il pouvait en voir, ça ne pouvait pas être Chloé, une légère source lumineuse orangée d’une cigarette lumineuse était traîtresse. Curieux, il s’avança un peu, se décalant sur la droite pour mieux voir et ouvrit de grands yeux lorsqu’il comprit sa seule et unique erreur. Personne n’était là pour surveiller ou même arrêter le camion qui devait servir à transporter les drogues. Il voyait l’avant du véhicule dépasser de l’espace étroit dans lequel il était parvenu à se cacher. Pete n’eu pas le temps de faire le moindre mouvement en avant qu’il vit sortir de nulle part la tête blonde de Chloé, appareil photo en main. Il allait ouvrir la bouche pour l’appeler, mais à une telle distance elle ne l’entendrait jamais, et il était hors de question de crier, l’homme qu’il avait aperçut était probablement armé, et au moindre bruit elle se ferait abattre comme un lapin. La meilleure solution qui s’offrait à lui était de retourner devant le lycée pour prévenir Lex. Il attendit une seconde pour être sûre qu’elle resterait à proximité du camion pour être sûr de la trouver là quand il reviendrait.

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Allongée sur la banquette arrière de la voiture, Chloé faisait les derniers réglages nécessaires sur son appareil photo avant de penser partir à l’aventure aux clichés parfaits pour finir son article. 23h30, ses yeux tournèrent dans leur orbite, elle avait du temps à perdre si elle écoutait les ordres de Pete à la lettre, à savoir ne pas bouger d’ici tant que la police ne serait pas sur les lieux. Elle tenta un rapide coup d’œil par la vitre, mais pas âme qui vive, le parking était désert, ce qui, dans un certain sens n’avait rien de rassurant pour Chloé. Elle n’était pas armée et sa seule défense était sa malheureuse petite bombe lacrymogène coincée dans la poche trop petite de sa veste. Tant pis, il fallait qu’elle sorte de là. Premièrement, elle commençait à transpirer là-dedans, deuxièmement, restée comme ça, pliée en quatre dans un espace aussi confiné l’angoissait plus qu’elle ne l’était déjà, et troisièmement, n’avait-elle jamais obéit aux ordres qu’on lui donnait ? Après tout, s’était une Sullivan de pure souche. Elle poussa sur la poignée de la portière et sortit en prenant le soin de bien refermer la voiture à clé. Elle posa son sac sur le capot de la voiture et enfila sa veste avant de faire passer la lanière de son sac en bandoulière. Elle leva les bras au ciel lorsque les phares de plusieurs voitures vinrent l’éblouir, avec, en tête du défilé la voiture du shérif Ethan, suivit de celle de Lex. Elle pouvait dire adieu à son escapade suicidaire en solo. Elle croisa les bras autour d’elle pour se réchauffer. Elle regrettait la chaleur étouffante de la voiture finalement. C’était mieux que de grelotter, le froid faisant claquer ses dents et la pauvre en était réduite à faire de petits sauts sur elle-même pour ne pas geler sur place. Chloé ne vit même pas Lex se diriger vers elle, trop occupée à penser à se réchauffer.
_Il me semblait que tu devais rester dans la voiture sans en sortir ! La Sermonna-t-il.
_Désolélé, m-mais c-c’est pas mon genre de….rester ca-cacher. Répondit-elle avec difficultés.
Lex secoua la tête, qu’allait-il faire d’elle si elle n’essayait même pas d’écouter un peu ce qu’on lui demandait ? Il la prit dans ses bras, enroulant les pans de son manteau autour de son corps et malgré la situation, il ne pouvait pas s’empêcher de sourire. Le bout du nez de Chloé venait se cogner contre la peau de son cou à chaque frisson et sentait même ses mains glaciales sur son torse.
Chloé jeta un coup d’œil sur sa gauche, jurant avoir vu quelque chose et en fronçant les sourcils, elle remarqua enfin l’arrivée d’un autre véhicule de l’autre côté du lycée et se dégagea rapidement de l’étreinte de Lex. Elle se rua du côté où les phares émettaient encore de la lumière mais fut stopper dans sa course par Lex qui la traîna par le bras dans le coin aménagé où les conteneurs à poubelles étaient entreposés. Ils durent se baisser pour ne pas être vu et Lex fit son maximum pour garder un contact physique avec la petite blonde. Il était décidé à ne pas lâcher son bras et garda la jeune fille près de lui, peut-être aussi par précaution pour ne pas qu’elle tente de s’enfuir.
_Chloé s’il te plait ne fait pas n’importe quoi ce soir ! Je n’ai pas envi de te perdre dans une tentative inutile et stupide de ta part. Dit-il sous le coup de la peur.
Elle l’écoutait à peine et se redressa, appareil photo en main en apercevant quelques silhouettes traversées la petite cour. Elle pris rapidement son cliché, qui, malheureusement, fonctionnait obligatoirement en mode flash la nuit. Elle grimaça en voyant la lumière de son appareil se répandre droit devant et sentit Lex la ramener presque à ras du sol.
_Tu veux m’arracher un membre ? Accusa-t-elle en passant sa main sur son bras.
_Non, je fais en sorte de pouvoir te ramener à la maison en un seul morceau quand tout ça sera finit.
Chloé se jeta sur lui pour un bref baiser passionné et lui sourit sans grande conviction.
_T’en fais pas, je fais attention.
Lex acquiesça de la même façon et dégaina un revolver cacher sous sa veste et regarda de tous les côtés pour être sûr de pouvoir sortir de là en vitesse et pris la main de Chloé dans la sienne. Rapidement rejoins par le garde du corps de Lex, les deux jeunes gens se hâtèrent de rejoindre le shérif et Chloé s’isola dans un coin pour retrouver sur son appareil photo le cliché qu’elle venait de prendre alors que Lex discutait avec son gorille. Une fois la bonne photo afficher sur l’écran, elle zooma sur chaque visage et ne fut pas étonnée de ce qu’elle vit.
_Lex, viens voir ça. Lui fit-elle signe de la main.
Le milliardaire entoura ses doigts sur la nuque de Chloé et observa la photo.
_Là tu vois c’est Dan, le gars de l’équipe de foot qui a frappé Pete ce matin. Expliqua-t-elle en mettant son doigt sur le visage. Les autres se sont ses copains, ou ses plutôt ses toutous loyaux et obéissants qui ne le quitte jamais. Ils sont en retard au rendez-vous constata-t-elle.
_Pete ne devrait pas tarder à revenir maintenant, je vais aller à sa rencontre au cas ou. Toi tu restes avec mon garde du corps.
Chloé n’eut même pas le temps de contester cet ordre que Lex était déjà parti. Elle observa d’un rapide coup d’œil de travers l’homme baraqué qui se tenait non loin d’elle et remis son appareil photos dans sa sacoche en pouffant bruyamment. En plus elle recommençait à frissonner. Elle avait besoin de se réchauffer, elle avait besoin d’action très rapidement. Il était hors de question qu’elle reste passive ce soir. Il était tout bonnement inconcevable qu’elle rate l’arrestation de ces dealers parce qu’elle se serait transformée en statut de glace.

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Ereinté, essoufflé et pris de crampes incontrôlables au ventre, Pete rejoins enfin les autorités et s’obligea à prendre une pause d’une seconde ou deux pour reprendre ses esprits. Il n’avait eu que quelques mètres à parcourir, mais alors en plein stress c’était un vrai calvaire. Il ouvrit de grands yeux en voyant défiler devant lui les étudiants qui étaient au stade avec lui quelques minutes plus tôt, menottes aux poignets, chacun accompagner d’un agent de police. Les chefs de bande étaient mis à l’écart et interrogés par le shérif. C’était donc la fin cette fois. Ils avaient réussit. Dégoulinant de sueur, il se releva et chercha Lex des yeux mais tomba sur Dan qui passait juste à un ou deux mètres de lui.
_Bah alors Pete, elle est où ta copine ? Ricana-t-il en faisant allusion à Chloé.
Complètement paniqué par ces mots, Pete repris la course folle pour trouver Lex qui se trouvait dans le hall du lycée. Il allait dévaler les escaliers qui les séparaient mais s’arrêta un instant. Quelque chose clochait, ils n’étaient que cinq devant le shérif. Il en manquait un. Pete compris trop tard que d’un meneur avait rejoint le camion, sans doute avec une petite partie des stupéfiants.
_Lex ! Cria-t-il. On a un gros problème ! Il en manque un, quelqu’un n’a pas été arrêté.
_Pete calme toi, mes hommes ont fouillé partout et il ne reste personne.
_Ho la ferme ! Je sais ce que je dis j’étais avec eux sur le terrain et je l’ai pas inventé le grand blond qui justement n’est pas là. Merde tu m’avais dis que Chloé était sûreté, pourtant je viens de la voir et comme un con j’ai oublié de mentionner qu’il y aurait un camion alors maintenant on se dépêche.
Lex n’avait rien compris du baratin de Pete mais entendre le nom de Chloé suffisait pour qu’il le suive. Pete lui montra l’emplacement du véhicule mais il semblait déjà parti. Lex monta sans attendre au volant de sa voiture et Pete sauta par-dessus la portière de sa décapotable.
_Attache ta ceinture. Conseilla Lex.
S’il voulait avoir une chance de rattraper ce camion qui avait pris de l’avance, même en roulant à allure réduite, il devait démarrer sur les chapeaux de roues. Il fit crisser les pneus sur le bitume et quitta le parking du lycée, laissant la police finir leur travail.
_Ils vont prendre quelle route ?
_A ton avis ? De toute façon il n’y en a pas trente-six, ils se rendent à Métropolis je crois.
_Tu crois ?
_Ils ne m’ont pas tout dit figure toi !
Les des hommes étaient forcés de crier. La vitesse du véhicule couvrait leur voix et Pete se cramponnait comme il pouvait au siège en cuir. D’ordinaire il aimait ça la vitesse, mais là c’était un tout autre contexte. Il s’angoissait pour Chloé, sans doute autant que Lex et il y avait tout de même la peur que Lex perdre le contrôle et qu’ils finissent morts après plusieurs tonneaux sur le bord de la route.

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MessageSujet: Re: Trafic d'influence   Sam 21 Aoû 2010 - 15:22

Cachée entre deux grosses caisses en bois, Chloé était pas mal trimbalée à l’arrière du camion où il n’y avait strictement rien à quoi s’accrocher. Lorsque le poids lourd prenait un virage, elle se tenait à une minuscule lanière de cuir suspendu à un crochet juste au-dessus de sa tête mais avec l’attraction, elle était forcément entraînée d’un bout à l’autre du camion avec les caisses. Elles étaient toutes les deux remplis de drogues et se demandait bien comment une seule personne était parvenue à récupérer tout ça avant que la police ne lui mette la main dessus. Elle ne savait pas du tout ce qui l’avait poussé à monter là-dedans, consciente qu’elle était prise au piège. Il n’y aurait pas d’échappatoire possible quand la marchandise serait sortie du camion une fois leur destination atteinte. Il n’y avait que deux hommes à l’avant, et déjà elle était très loin de pouvoir leur faire face, quelle bêtise avait-elle faite ? Elle aurait tout simplement pu aller prévenir Lex ou le shérif mais non, il avait fallut qu’elle se jette une fois de plus dans la gueule du loup. Si elle ressortait vivante de cette histoire elle subirait les foudres de Lex et à juste titre. Elle chercha son téléphone dans sa poche mais déjà qu’en temps normal elle ne captait presque rien dans ce coin paumé, c’était encore pire en déplacement. Inutile d’espérer contacter quelqu’un, ou alors elle signait tout de suite son arrêt de mort. Il faudrait qu’elle hurle pour espérer se faire comprendre et elle se ferait immédiatement repérer. Déjà qu’elle entendait quasiment tout de ce que disaient les deux hommes à l’avant c’était peine perdu. Terrifiée, elle se réfugia rapidement entre deux caisses en entendant le loquet d’une petite porte reliant l’avant et l’arrière du camion. S’en était finit pour elle s’il la trouvait là. Son cœur cognait fort contre sa cage thoracique et elle trouva le courage d’enfouir une main tremblante au fond de la poche de sa veste, enroulant fermement ses doigts autour de sa bombe lacrymogène. C’était son unique recours. Elle voyait deux pieds se rapprocher inlassablement d’elle et encore une fois elle réalisait que c’était une mauvaise idée de s’être recroquevillée là, impuissante et sans aucun moyen d’agir quand elle se ferait repérer. Instinctivement, elle posa très fort sa main contre la paroi du camion qui entamait une autre manœuvre dans un virage. l’homme fut projeté de l’autre côté du véhicule, ne s’attendant pas à la force de projection contrairement à Chloé qui en profita pour cherche un appui et son équilibre en se levant. Elle ne put éviter l’attaque directe de ce blond qui la poussa sur le côté, exerçant déjà une pression de ses doigts sur sa gorge.
_Mick m’avait mis en garde contre toi il savait que tu nous pourrirais la vie jusqu’au bout, j’ai eu tort de pas l’écouter ! Grogna-t-il en accentuant la pression.
Chloé commençait à étouffer mais elle n’avait pas lâché sa bombe et lui en envoya un jet en plein dans les yeux, le faisant hurler de douleur, libérant Chloé pour aller frotter ses yeux déjà rouges. Chloé aussi en subissait les effets néfastes et fut prise d’une violente quinte de toux qui la fit tomber à la renverse. Non loin d’elle, le jeune homme maugréait et pestait à s’égosiller mais n’était pas en meilleure posture que Chloé, sa vue devait être très brouillée et il se traînait par terre en cherchant sans doute à l’atteindre à tâtons.
Chloé repris enfin appuie sur ses deux pieds en s’aidant de ses mains alors que l’aveugle l’insultait à tout va, entendant probablement ses talons claquer.
_Moi aussi, je te confirme que tu as eu tort de ne pas écouter, Mick. Prononça-t-elle très distinctement et pris avec plaisir sa vengeance personnelle pour sa première, mais surtout pour sa seconde agression et lui envoya un coup de pied dans le ventre sans retenue. Elle n’était pas d’une nature agressive mais là ce n’était que justice et elle s’étonnait d’en prendre un si grand plaisir. A coup sûr elle s’en sentirait soulagée. Elle allait lui en donner un autre un peu plus bas histoire de le voir souffrir et geindre encore plus mais il lui attrapa le pied et la fit trébucher. En tombant, elle se cogna violemment la tête contre l’angle d’une des caisses derrière elle et se sentit perdre connaissance pendant une minute. Non, elle devait absolument se ressaisir, c’était bien un revolver qu’elle avait vu accroché au ceinturon du pantalon du blond. Si elle ne se relevait pas tout de suite il allait la tuer. Il ne pouvait pas la voir avec exactitude mais il décelait bien sa présence. Il fallait absolument qu’elle se remette en mouvement pour avoir une chance.
Elle chercha d’abord un appuie sur le rebord de la caisse et tenant de son autre main sa tête douloureuse et bien qu’encore sonnée, elle ouvrit de grands yeux en sentant quelque chose de liquide et chaud couler le long de ses doigts. Encore trop faible, Chloé fut forcée de poser en plus sa main ensanglantée sur le rebord de la caisse pour tenter de se relever. Dans sa nuque, elle sentit l’arme de son agresseur et ferma les yeux. Elle ne voulait même pas pleurer, elle s’était mise elle-même dans cette situation, elle aurait mieux fait d’écouter Lex pour une fois dans sa vie, s’était vraiment à lui qu’elle pensait. Elle ne compris pas quand elle se sentit projeter une nouvelle fois, pour aller cette fois s’écraser contre la porte arrière du camion, dont la poignée métallique s’enfonça dans ses côtes. A côté d’elle, le blond se remettait déjà debout mais elle, elle était coincée par une caisse trop lourde pour elle, donc impossible à écarter. Terrifiée, elle observa le moindre mouvement du jeune homme qui, avec autant de remue ménage était complètement déboussolé, il tournait sur lui-même, une main toujours près des yeux comme si c’était le miracle qui allait lui rendre la vue. Avec toute la discrétion possible, Chloé essaya une première fois sans succès de déplacer la caisse, aidée de ses mains et de ses pieds et compris rapidement qu’il n’y avait que sur le côté qu’elle pourrait tenter un passage. Elle allait se hisser dans le petit espace mais se releva bien vite en voyant la caisse bouger sur la droite, coinçant maintenant le blond qui pesta une nouvelle fois et tira en l’air sans savoir où sa balle atterrirait. Avec le son de la détonation, Chloé s’était automatiquement recroquevillée sur elle-même en criant et son regard se posa pour la première fois sur une manette rouge située juste au-dessus de sa tête, avec marqué en gros caractère à côté « open doors ». Elle regarda alternativement les caisses bourrées de drogues et les portes, et n’hésita pas plus longtemps avant d’enclencher la manette. Elle courut rapidement s’accrocher à sa lanière en cuir et assista à l’ouverture automatique des deux grandes portes qui, avec la vitesse du véhicule, venaient s’entrechoquées dans un vacarme assourdissant. Incrédule, elle regarda à quelques mètres d’elle, la voiture qui les filait et ses deux passagers.

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_Pourquoi les portes se sont ouvertes ? Demanda Pete.
_J’en sais rien tout ce qui m’importe c’est de voir que Chloé va bien pour l’instant.
Lex passa une vitesse d’un geste brusque pour essayer de se rapprocher davantage du camion. Jusque là il avait fait en sorte de garder une certaine distance mais le fait de voir Chloé le faisait changer de tactique.
_Ya rien que tu puisses faire ? Proposa désespérément Pete, comme s’il s’attendait à ce que Chloé sorte de nulle part un câble et une sorte de harpon pour sauter dans la décapotable.
_Tant que le camion roule nan, je suis désolé je peux rien faire du tout. Assura Lex.
_Tu pourrais pas essayer de tirer dans les roues pour l’immobiliser ?
_Regarde un peu moins la télé, si je faisais ça le conducteur perdrait le contrôle et là se serait l’accident assuré et je ne tenterais rien tant que Chloé sera là dedans, en plus on est trop prêt maintenant, on risquerait de le percuter.
La mine basse, Pete s’enfonça davantage dans son siège, frustré tout autant que Lex d’être aussi impuissant alors que Chloé n’était qu’à trois mètre d’eux.

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Toujours accrochée, ou plutôt suspendue comme un vulgaire saucisson au bout de sa lanière, Chloé voyait son plan marcher à la perfection. Le blond était toujours coincé, la voie était libre. Elle lâcha d’abord sa main droite pour chercher à rester en équilibre et puis petit à petit, elle retira les doigts de sa main gauche avec précaution. Elle faillit tomber à la renverse mais en voyant que le blond ne pouvait pas l’atteindre, elle parvint à se calmer de façon relative pendant ce très court laps de temps. Elle marcha lentement vers la caisse qui était la plus proche et avant de faire quoi que ce soit, elle fit signe à Lex de garder un intervalle de distance bien plus large entre sa voiture et le camion. Le milliardaire ne comprenait strictement rien aux gestes désordonnés de la jeune femme mais obéit et ralenti à contre cœur son allure. A peu près sûre qu’il n’y avait pas de danger, Chloé poussa de toutes ses forces la lourde caisse qui dégringola du camion. Par chance, elle ne s’explosa pas sur le bitume de la route avec la violence du choc et Lex avait fait l’écart nécessaire pour éviter l’obstacle devant lui. Le conducteur et son co-pilote étaient très surpris de cette initiative.
_Brillant. Admis Lex.
_Ouais, va savoir d’où elle sort autant de ressources ! Dit Pete toujours ébahi.
_Appelle le shérif. Dis lui qu’un colis surprise l’attend route 41, il ne pourra pas le louper.
Pendant que Pete s’exécutait, Chloé, qui était tombée en arrière, essayait de retourner près de la lanière en appuyant ses mains sur le sol du camion et s’aidait de ses pieds mais tout semblait l’attirer dans l’autre sens et si elle ne faisait rien, elle aussi serait éjectée à son tour. Elle se hissait avec toutes les forces qui lui restaient et d’un coup, elle se recroquevilla de nouveau en protégeant surtout sa tête. Le blond essayait de se dégager de sa caisse en tirant n’importe où, cherchant à toucher la jeune femme. Une colère noire s’était ajoutée à son énervement, c’était clairement visible dans ses yeux mais surtout dans ses gestes brusques qui affolaient de plus en plus Chloé. Pourtant elle n’était pas étonnée, une caisse entière venait de leur échapper, ça représentait des pertes énormes.
La jeune journaliste parvint enfin à attraper le morceau de cuir du bout des doigts et s’y cramponnait comme si ça vie y dépendait mais trouvait bien étrange que le camion se mette autant à tanguer. Elle regarda du côté de l’avant du camion et cru comprendre d’où venait le problème et paniquait déjà à cette idée, un petit trou laissé par l’impact d’une balle était clairement visible. Elle pris son élan et attrapa le loquet de la petite porte qui menait à l’avant et eu à peine le temps de l’entrouvrir qu’une marre de sang gisait sur le sol. Son regard remonta jusqu’au chauffeur dont la tête était posée sur le volant, il était mort. La balle l’avait touché pile dans la nuque et son pied était bloqué sur l’accélérateur. Elle ne savait plus quoi faire, cette vision la dégoûtait et de là où elle se trouvait il lui était impossible de prendre le volant. Elle regarda la route devant elle, les yeux exorbités, le véhicule fonçait droit sur un fossé longé par des arbres. La jeune femme eu tout juste le temps de se baisser avant l’impact.

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Lex et Pete venaient d’assister à la scène sans avoir pu faire quoi que ce soit et le milliardaire fit un dérapage sur le côté pour garer rapidement sa voiture et sauta du véhicule pour se ruer sur le camion qui fumait déjà à l’avant. Il craignait que le moteur s’enflamme à tout moment et avec des matières illicites et toxiques, le camion risquait d’exploser à tout moment. Il fallait sortir Chloé de là.
_Reste pas planter là et vient m’aider ! Hurla Lex qui était déjà à côté du camion.
Pete était encore en état de choc et incapable de sortir de la voiture. Il ouvrit la portière très lentement, les yeux grands ouverts et d’une démarche titubante, il finit par rejoindre Lex qui s’impatientait mais il avait besoin de l’aide de Pete, tout seul ce n’était pas certain qu’il puisse sortir Chloé. En enjambant le fossé, ils remarquèrent le blond, allongé sur le ventre et inconscient. Ils avaient effectivement vu le jeune homme se faire éjecter avec la violence du choc. Lex hésita une seconde et se baissa pour prendre son pouls sans le bouger de là où il était. Il était toujours vivant.
Pete grimpa à l’arrière du camion qui était quasiment retourné et cria plusieurs fois le prénom de la jeune journaliste. Lex grimpa à son tour et doubla Pete en sautant par-dessus la caisse restante et trouva Chloé, à moitié consciente, allongée sur le dos.
_Chloé. Appela-t-il avec plus de douceur en se baissant.
Il prit son visage entre ses mains et sentit lui aussi la substance âpre et chaude du sang derrière sa tête et paniqua en croyant qu’elle venait de se blesser.
_L-Lex. Articula-t-elle dans un murmure, les yeux à moitié clos.
Il lui sourit en posa délicatement sa tête contre sa jambe.
_Pete, il faut que tu dégages sa jambe, elle est coincée. Dit-il en lui indiquant d’un signe de tête la petite porte de l’avant du camion.
Le jeune homme rejoint Lex et prit la porte entre ses mains, hésitant à la dégager d’un seul coup ou au contraire à la pousser doucement pour ne pas aggraver la blessure bien visible de la porte enfoncée dans le mollet de la jambe droite de Chloé.
_Pete !
Le jeune homme se tourna pour voir ce qui intriguait autant Lex. Le moteur venait de s’enflammer et en effet, il n’y avait pas porté attention mais une forte odeur de brûlé mélangé à l’essence se propageait jusque dans le camion. Pete reporta son attention sur Chloé. Il ne savait pas si elle était encore consciente mais elle devait souffrir, de petites gouttes de sueur coulaient sur son front alors que Lex ne cessait de caresser son visage pour garder un contact avec elle. Il n’hésita plus et poussa la porte d’un coup et libéra enfin la jambe prisonnière. Chloé n’avait pas réagit et les deux hommes se fixèrent une minute, espérant que la jeune femme s’en sorte. Lex n’oubliait pas qu’ils ne devaient surtout pas rester là et traîna Chloé jusqu’à la sortie. Ensuite il la prit dans ses bras pour la faire sortir du poids lourd en feu et les deux garçons marchèrent aussi vite qu’ils le pouvaient jusqu’à la voiture. Ils se retournèrent vers le camion en entendant une première explosion et Lex se dépêcha à installer Chloé à l’arrière de sa porshe en prenant garde à sa jambe. Pete allait une fois de plus prendre son téléphone mais les pompiers arrivaient justement sur les lieux, suivis de près par la voiture du shérif. Soulagés, Lex et Pete s’adossèrent au capot de la voiture en soufflant un bon coup, jetèrent un regard derrière eux et croisèrent le regard de Chloé qui grimaçait en essayant d’ouvrir les yeux. La jeune femme parvint tout de même à esquisser un léger sourire avant de refermer ses paupières, consciente malgré ses blessures que tout était finit pour de bon.

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Deux jours plus tard…

Assise sur son fauteuil de bureau, Chloé, le visage rayonnant, mettait la touche finale à son édition spéciale de la Torche sur ce trafic de drogues. Elle n’était jamais du genre à se vanter de ses articles mais cette édition était et de loin la meilleure qu’elle allait publier. Et elle espérait vivement que cette impression serait partagée par les autres lycéens. Et puis cette fois, quelque chose lui disait que même les sportifs liraient son journal, et sans crainte de représailles par la suite.
Depuis deux jours elle n’avait pas arrêté de faire des allers et retours entre le lycée et le commissariat. Avec l’aide de Pete, elle était finalement parvenue à mettre hors de cause plus de la moitié des lycéens qui avaient été entraînés là dedans. Elle avait plaidé sa cause même devant les parents des élèves concernés et était parvenue à convaincre le shérif. Du coup, ces lycées n’auront aucune charge retenue contre eux et espéraient que cette histoire leur serve de leçon. Par contre, Dan et ses copains s’en sortaient beaucoup moins bien mais grâce à leurs témoignages, Mick et ses associés allaient plonger pour quelques années de prison pour trafic de drogues, double agression et tentative de meurtre. Evidemment, elle était consciente de n’avoir coupé qu’une toute petite branche d’un réseau bien organisé et Mick ne semblait pas prêt à coopérer avec la police. En ce qui la concernait, elle avait accompli la mission qu’elle s’était fixée et n’irait pas chercher plus loin. Elle avait mis beaucoup trop de monde en danger. Un maigre sourire se dessina sur ses lèvres. Elle n’avait pas réellement eu l’occasion de voir Lex depuis qu’il était venu à la rescousse. Ils n’avaient ni l’un ni l’autre cherchés à se contacter d’ailleurs, et sans doute pour les mêmes raisons évidentes.
Son père était rentré en catastrophe de son voyage d’affaire, c’était Lex lui-même qui l’avait mis au courant que sa fille était à l’hôpital, alors bien sûr, elle n’avait pas eu le courage de lui dire pour sa relation avec le milliardaire. Elle appréhendait énormément la réaction de son père, et il était possible qu’ils soient contraints de se séparer. Une larme perlait déjà au coin de ses yeux mais Chloé la ravala rapidement, elle ne voulait pas y penser, même si cette énorme boule qui lui contractait l’estomac depuis que son père était rentré se charger de le lui rappeler.
Elle se leva de sa chaise, attrapant ses béquilles qu’elle avait posées contre son bureau et attendit devant l’imprimante que les feuilles sortent. Plongée dans ses pensées, elle avait beau se dire qu’elle avait connu les plus grandes frayeurs de sa vie tout au long de cette enquête, malgré tout il y avait eu pas mal de points positifs non négligeables. Elle était parvenue à rapprocher Pete et Lex, ce qui aurait pu tourner à la catastrophe plusieurs fois. Mais maintenant les deux acolytes semblaient vraiment proches, c’était très agréable à voir. Et puis le plus important, sa relation avec Lex. Elle ignorait qu’elle était capable de s’ouvrir autant à quelqu’un et pourtant elle l’avait fait avec Lex. Elle était parvenue à briser sa carapace, il l’avait laissée lire en lui et lui avait donné sa confiance. Même si ces délicieux moments qu’ils avaient passés ensembles devaient prendre fin ici, elle ne regretterait jamais rien, ce qu’ils avaient vécu ensemble, il l’avait vécu pleinement. Elle attrapa les feuilles qui constituaient son dossier et les posa sur son bureau avant de les classer. Elle releva brièvement le nez en entendant frapper à la porte.
_C’est ouvert !
Chloé releva la tête, une expression plus réjouit que jamais de voir les deux nouveaux inséparables entrés dans le bureau, embaumant la salle de leur gaieté. Le bureau qui était encore silencieux il y a trente secondes se transforma en un brouhaha de deux grandes voix masculines. Chloé n’essayait même pas de savoir de quoi ils parlaient, son regard était plutôt attiré par la bouteille de champagne plongée dans un bac à glaçon que Lex tenait dans sa main gauche et les trois verres que Pete tenait dans la gauche. Chloé se rapprocha d’eux et automatiquement, Lex la rejoint et l’étreignit tout contre lui et l’embrassa.
_Nous venons fêter la première page du Ledger de notre reporter préférée ! Annonça Pete en dépliant le journal posé sur une table derrière lui dont l’article qui occupait toute la page s’intitulait « Trafic d’influence ».
Chloé rougis et baissa la tête dans un sourire, fière de son premier article dans le journal local.
Pete distribua les verres pendant que Lex débouchait la bouteille et attrapa rapidement le verre de Chloé avant d’en reverser partout sur le carrelage. Il remplit les deux derniers verres et les deux hommes félicitèrent la jeune femme bien haut après avoir trinqué. Lex approcha le siège de Chloé et l’invita à s’asseoir. Le milliardaire restait à côté d’elle et lui massait tendrement la nuque.
_Et tout à l’heure l’édition spéciale de la Torche sera disponible aux points de distributions habituels ! Rajouta Chloé en levant de nouveau son verre.
_J’espère que j’aurais l’exclusivité.
Chloé releva la tête pour donner un grand sourire affirmatif à Lex et se pencha pour venir s’appuyer contre sa jambe.
Pete leur lança un regard amusé en finissant son verre, il regardait Lex d’une étrange façon et ce regard n’échappa bien évidemment pas à Chloé mais elle s’abstint de dire quoi que ce soit. Elle tenait avant tout à profiter de l’instant qui clôturait pour de bon cette aventure qu’ils avaient vécu à trois.
_Bon aller fait pas durer le suspens, même moi j’en peux plus d’attendre ! Supplia Pete.
Chloé fronça les sourcils et leva les yeux vers le principal intéressé qui restait étonnement calme et posé alors que toute l’attention était dirigée sur lui.
_Heu, est-ce que j’ai le droit de demander ce qui se passe ? Intervint Chloé.
_Aller, aller dit lui !!! Insista Pete, les mains croisées.
Lex sourit en baissa la tête un instant en signe de capitulation. De toute façon il aurait bien finit par en parler mais Pete l’avait devancer sur ce coup là. Il prit une chaise et s’assit près de Chloé.
_J’ai deux bonnes nouvelles, par laquelle je commence ?
Incapable de faire sortir la moindre syllabe de sa bouche, Chloé se contenta d’hausser les épaules, ne sachant pas du tout à quoi elle devait s’attendre.
_Quand je suis rentré de l’usine ce matin, il y avait un message sur le répondeur du téléphone au manoir. C’était le Daily Planet et après avoir lu ton article dans le Ledger ils veulent te prendre pour un stage cet été.
Elle n’y croyait pas, c’était trop beau, que quelqu’un la pince et la réveille ! Les deux mains sur le visage, elle regarda alternativement Lex et Pete et celui-ci ne se fit pas prier pour resservir tout le monde en champagne, apparemment au courant de la nouvelle depuis plus longtemps.
Lex posa sa main sur la cuisse de Chloé pour attirer son attention en douceur et celle-ci se tourna vers lui, les larmes aux yeux sans pour autant les laisser couler. Elle en avait presque oublié qu’il y avait une autre nouvelle. Elle se demandait d’ailleurs ce qui pourrait la rendre de meilleure humeur qu’elle ne l’était déjà mais conserva le silence et attendit que Lex poursuive.
_Ce matin je t’ai dis que j’étais à l’usine, sauf que je n’y suis pas réellement aller pour travailler, j’aurais peut-être dû t’en parler mais, comme d’habitude je voulais faire les choses à ma façon. Je suis allé voir ton père.
Trop anxieuse de ce qu’elle allait entendre, Chloé laissa couler ses larmes et se crispa sur sa chaise mais Lex lui sourit et passa ses pouces sur ses joues.
_Même si ton père a été un peu réticent au début, je n’en doutais pas vraiment mais j’ai réussit à le convaincre et….je ne suis pas prêt de te lâcher ! Vint susurrer Lex à l’oreille de Chloé.
La jeune femme dut se mordre la lèvre inférieure pour ne pas laisser sortir un hoquet de soulagement et se jeta dans les bras, inondant le col de sa chemise de larmes de joie. Lex l’embrassa quand ils se séparèrent quelques minutes plus tard et Chloé sécha ses larmes, un grand sourire sur son visage.
Pete, qui était resté en retrait, regarda le couple avec bienveillance, leva son verre et s’éclaircit la voix avant de prendre la parole.
_Bon bah, vive nous !


Fin

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