Shivers : le forum du chlex

D'abord unique forum français entièrement dédié au couple Chloé/Lex de Smallville, Shivers se tourne aujourd'hui vers l'écrit sous toutes ses formes !
 
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 Pirates!

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winnie
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MessageSujet: Pirates!   Mar 10 Aoû 2010 - 21:08

Histoire de créer un lien avec le forum, voici ma fic Pirates qui est en cours de reprise! Ne contredisez pas Barbe-Noire et postez des feeds moussaillons!!  Very Happy


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Dernière édition par winnie le Jeu 6 Nov 2014 - 16:41, édité 2 fois
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Luthor
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MessageSujet: Re: Pirates!   Mer 11 Aoû 2010 - 7:07

:O 22 chapitres!!! Je commence à la lire dès demain ^^. Avec le titre et tout je dois dire que je suis déjà sur d'être fan!

Et ta bannière j'adore!! Lex est trop mignon !!!!
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winnie
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MessageSujet: Re: Pirates!   Mar 14 Sep 2010 - 17:05

C'est bon, vous pouvez lui cliquer d'ssus! Le chapitre 23 est enfin en ligne! yattaaaaa!

Et merci pour la bannière, les pirates sont de ma soeur, elle s'est débrouillée comme une chef! Wink

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Chlo
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MessageSujet: Re: Pirates!   Mar 14 Sep 2010 - 19:01

yatahou! je lis ça dès que j'ai du temps. merci de poster ça fait trop plaisir et ça va me changer les idées Smile

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Chlo
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MessageSujet: Re: Pirates!   Mer 15 Sep 2010 - 12:24

Winnie! Merci! Merci merci!

Déjà le réveil de dentelle grandiose ^^ J'adore retrouver tous les persos ^^

Et pour ce qui est du mariage ptdr c'était grandiose ^^ Pauvre Chri Chri Laughing Et le coup de la tentative de meurtre de Lex c'était très drole mais encore plus sa réaction. il devient plus violent non ? ^^

Et j'ai trouvé l'énigmeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeuhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh bon, ok, c'est simple, mais c'est bon signe si je trouve non?

Rahhhhhh j'adore! Vivement la suite!

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Sixpence
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MessageSujet: Re: Pirates!   Mer 15 Sep 2010 - 19:33

Bon comme les blocs commentaires veulent pas s'ouvrir sur ton site je feed ici.
ça cause beaucoup de zizis et de couilles tout ça ! Mais Ptdr à chaque fois parce que dans tous les cas c'est mérité !
t'es tarée sur cette fic, c'est du total délire. j'adore ton trio qui n'arrête pas de jouer les casses bonbons à tour de rôle mais je les adore quand même. Et ouais comme dit Chlo, Lex devient une vraie charogne ! c'est bon c'est un pirate là.
Je suis restée conne en lisant la fin tragique du coréen, la vache c'est trop bon, mais vrai aussi, ça pourrait être la pensée de tous les agonisants, trop fort ! "Monde de merde !" mdrrrrrrrrrrrrrr

bien pensé tout le parcours acrobatique dans la grotte, fallait bien ça avant d'arriver au trésor, et encore ils y sont pas.

vivement la suite !
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Alexiel
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MessageSujet: Re: Pirates!   Mer 15 Sep 2010 - 22:45

Dentelle !!!!!!!!!!!!!!
Ecoute je l'adore trop ce perso, c'est une de mes versions de Lex préféré, il me fait trop rire et en même temps on a envie de lui faire des bisous (et plus si affinité)
Et puis Redneck, je l'aime bien aussi, même si dans la vrai vie, j'aurais du mal à la supporter lol

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winnie
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MessageSujet: Re: Pirates!   Jeu 6 Nov 2014 - 16:48

Oyez oyez les z'enfants! Je vous annonce qu'à partir de demain, je vais poster ici la fin de la fic Pirates tous les vendredis! Oui vous avez bien lu! Je l'ai enfin finie (il ne me reste plus qu'à peaufiner le dernier chapitre)

Novembre sera combattif! Novembre sera aventureux! Novembre sera explosif! Cheerleader Cheerleader

(En attendant, j'ai rafraîchi le lien vers mon site, voir Barbe Noire et lui cliquer dans sa face!)

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Alexiel
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MessageSujet: Re: Pirates!   Jeu 6 Nov 2014 - 18:53

Yeepee ! Cheerleader

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winnie
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MessageSujet: Re: Pirates!   Ven 7 Nov 2014 - 12:41

Dans les épisodes précédents...

Les indices récoltés par la chasse au trésor ont amené Chloé au Panama. Séparée de ses hommes avec Lex, elle a ramassé Christian sur la route. Ce dernier lui avoue avoir trahi le commandant français Lenormand qui souhaite ardemment la capture de la pirate. Tous trois finissent dans un village perdu dans les hauteurs. Ils découvrent un passage dans la montagne, aménagé par leurs ancêtres qui auraient caché une masse d’or capable d’acheter un pays. Après avoir rencontré un aventurier coréen sacrifié, ils demeurent coincés devant une énigme.
Pendant ce temps-là, le Black Emerald mouille dans la deuxième baie et une flotte française de sept navires ainsi que l’Ahéris de Christian mouillent dans la première.

PS: Je suis parfaitement consciente que c'est gros, j'en use et abuse ^^ Bonne lecture!


Chapitre 24 : Le Passage des Héritiers

*******

Lex tentait de faire abstraction du corps sanguinolent de Soo près de lui. Il se tenait debout devant l’énigme, bras croisés. Derrière lui, Chloé et Christian attendaient assis contre la paroi. « J’apparais au début de la nuit, à la fin du matin et deux fois dans l’année », se répétait le Lord sans arrêt. Pourquoi leurs ancêtres avaient choisi une énigme astrologique pareille ? Pensaient-ils que leurs descendants seraient des experts ? Ne se doutaient-ils pas que les sciences auraient évolué ? Si, probablement. Pour avoir échaffaudé un tel parcours d’obstacles, ils devaient savoir tout cela. Ce n’était pas une épreuve de connaissance, mais une épreuve d’adresse. La réponse ne devait pas être loin.
_ Sous mes yeux, murmura-t-il en les fronçant.
_ Quoi ? Releva mollement Chloé, lassée par l’attente.
_ Je crois que j’ai trouvé, dit-il en s’approchant du clavier.
La blonde bondit sur ses pieds et l’arrêta d’un geste.
_ Laisse Longway taper ta réponse !
_ Hey ! Protesta le capitaine au visage plein d’hématomes.
_ Pas besoin, sourit Lex. Je suis sûr de moi.
Christian s’était relevé et regardait, l’air désarmé, Chloé se positionner aux côtés du Lord en pensant prendre ainsi pour elle le possible obstacle. Lex n’avait rien remarqué, trop emballé par son idée. Il appuya sur une lettre et retira sa main, les tempes battantes.
_ N… ? S’étonna Chloé en songeant à sauter sur le côté.
_ N oui !
_ N quoi crétin ! S’énerva Christian en attrapant le poignet de Chloé pour la sortir de là.
Mais rien ne se passa. Pas de bruit de mécanisme, pas de balancier géant, pas de sang. Les trois pirates retenaient toujours leur souffle quand le sol trembla légèrement.
_ Bon dieu ça va nous tomber dessus, craignait Christian en crispant ses traits.
Un passage se créa derrière la stèle inscrite, soulevant des nuages de poussières et des petits gravats qui aveuglèrent les trois pirates. Le bruit s’arrêta rapidement. Lex avait plaqué ses mains sur son visage en toussant. Il entendait la blonde faire de même à ses côtés. Lorsqu’il rouvrit les yeux, ils étaient tous gris. Le Lord passa rapidement sa main sur ses vêtements en toussant.
_ Qu’est-ce qui s’est passé ? grogna Christian en s’époussiérant.
Chloé agitait les bras pour dégager la vue.
_ Et si tu nous expliquais Dentelle ! S’agaçait-elle alors que la poussière retombait lentement.
_ La lettre « n » apparaît au début du mot nuit, à la fin du mot matin et deux fois dans le mot année ! S’exclama Lex, tout content.
Ils toussèrent tous encore une fois et finirent par apercevoir un gouffre sombre derrière le rideau de poussières. Le passage s’était ouvert. Chloé sentit un frisson parcourir son échine. Elle se rua à l’arrière, attrapa la torche fichée dans le sol un peu plus loin et pénétra dans le long couloir la première, ne voulant certainement pas en manquer une miette. Lex la suivit comme son ombre, l’estomac noué par l’excitation. Il n’aurait jamais cru que cette chasse au trésor pouvait le remuer autant. Christian ferma la marche, le pas lourd.
Le long passage de pierre était frais et humide. Des gouttes d’eau ruisselaient le long des parois, formant de temps en temps des flaques glissantes.
_ Qu’envisagez-vous pour la suite ? Demanda Lex, la voix basse. Une grande salle avec de l’or ? C’est comme ça que ça se passe ?
_ Vues les embûches qu’ont semées ici et là les ancêtres, je m’attends à tout sauf à une simple salle au trésor, rumina Chloé.
_ Mais c’est ce que tu préfères pourtant, rétorqua Christian.
_ Que serait une chasse au trésor sans embûches !
_ C’est bien ce que je disais.
Lex se contenta de sourire. Bien sûr que cette situation lui plaisait, elle ne vivait que pour cela, les embûches, l’aventure, le danger.
_ Regardez, il y a une lueur au fond du tunnel, indiqua Lex en plissant les yeux.
_ Comment ça s’pourrait ? Grognait Christian.
Chloé pressa le pas. Il y avait effectivement une drôle de lumière émanant au bout du passage. Plus ils avançaient, plus elle se faisait bleu. Chloé ne tint plus et se mit à courir, quitte à trébucher sur des pierres. Lorsqu’elle arriva en bas, elle s’immobilisa, bouche bée. Les deux hommes partagèrent un regard piqué de curiosité et se ruèrent à sa suite. Le tunnel débouchait sur une salle immense recouverte de mousse fluorescente, au centre, un lac intérieur qui semblait s’étendre dans des galeries souterraines comme les bras d’une méduse.
_ Regardez ça, murmurait admirativement Chloé.
Au bord du lac, un bateau. Des voiles en lambeaux, vieux, et pourtant toujours droit dans l’eau. Chloé s’avança et embrassa le navire de ses bras avant de poser son oreille sur le bois.
_ Oh parle-moi mon cœur… qui t’a fait ça ?
Les deux garçons haussèrent un sourcil, perplexes. Elle renifla violemment le bois.
_ Caravelle. Deux cent ans d’âge. N’a jamais navigué en mer.
_ Comment vous savez ça ? S’étonna Lex en s’approchant.
_ Ça sent pas l’eau salée.
_ Comment vous expliquez qu’il soit là ? Dans une grotte sous-terraine ?
_ Ils ont probablement apporté tous les matériaux ici pour le faire sur place.
_ En franchissant un lac d’acide ? Douta Christian.
_ Les épreuves ont été rajoutées ensuite, comprit Lex. Donc nos ancêtres ont réussi à faire construire un navire dans une grotte avant de bloquer le passage par des épreuves, jusqu’à nous.
Ils restèrent pensifs un moment. Le vieux bateau n’était pas bien grand, n’avaient-ils jamais songé qu’ils mettraient plusieurs années à le trouver ? Il était complètement obsolète. Peut-être même qu’il tomberait en poussière s’ils tentaient quelque chose. Et un dernier point restait, important…
_ Il n’y a pas de vent, dirent Chloé et Christian en chœur.
Lex leva les yeux sur le plafond invisible de la grotte. Certes.
_ Il sert à quoi alors ?
Chloé se mit subitement à sourire et à se frotter les mains.
_ À cacher le trésor !
Elle plongea dans l’eau pour atteindre le lourd cordage de l’ancre et se mettre à le grimper avec entrain. Lex hésita un peu plus, Christian moins, le pirate s’était jeté à la suite de la blonde, plus pour voir le trésor que pour faire le beau auprès d’elle. Chloé posa les bottes sur le pont et se mit à courir partout, descendant dans les cabines, dans la cale, remontant à babord, à tribord, ouvrant les sabords, regardant dans les canons et les tonneaux de poudre, soulevant les trappes et trouant les murs de coudes d’épaule.
Lorsque Lex parvint enfin sur le pont, grimaçant de ses mains rougies par l’escalade, il retrouva les deux pirates assis, essoufflés, dépités.
_ Alors ?
_ Alors rien ! S’agaça Chloé en donnant un coup de pied dans des anneaux en fer enchaînés au mât principal. Il n’y a rien à bord ! Même pas des rames…
_ Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, marmonna Christian.
_ C’est une autre énigme, voilà tout, tenta de rassurer Lex.
_ J’en ai plein l’dos des énigmes, grommela Chloé.
Ne souhaitant pas particulièrement se prendre de claque, Lex s’éloigna et observa le vieux navire. Il ne nota vraiment rien d’anormal. C’était vraiment étrange que ses ancêtres se soient mis dans une telle pagaille. À quoi bon un navire dans une grotte sans vent ? Pourquoi avoir pris soin de mettre des voiles alors ?
Il allait désespérer à son tour lorsqu’il entendit un doux chant. D’abord surpris, il se dit ensuite qu’il était hors de question que cette beauté provienne de la pirate. Il remonta sur le pont et se pencha par-dessus bord, intrigué. Christian faisait de même, lui aussi attiré par la voix. Seule Chloé semblait sceptique.
Subitement, sortant de l’eau, une tête rousse, de longs cheveux épars sur la surface de l’eau, un regard aussi bleu que le ciel, et des coquillages nacrés aux oreilles. L’apparition nagea sur le dos sans cesser son chant, dévoilant une poitrine nue et une peau très blanche. Des perles s’assemblèrent autour de son cou et la pointe d’une queue de poisson sortit de l’eau près d’elle.
_ Qu’est-ce que c’est… Souffla Lex, hypnotisé.
_ C’est merveilleux… Murmura Christian.
Chloé sortit son sabre de son fourreau, inquiète.
_ C’est dangereux, prévint-elle. Reculez ! Ce sont des sirènes !
D’autres têtes surgirent et d’autres voix s’ajoutèrent. Le chant se transforma en incantation fabuleuse et les deux hommes ne purent se détacher de leur contemplation. La sirène rousse sauta et s’accrocha à la rambarde, près du Lord. Il s’en approcha et la toucha du revers de la main.
_ Tu m’écoutes oui ! S’agaça Chloé. Tu vois pas qu’elle te contrôle !
Plusieurs sirènes s’accrochèrent à la rambarde du vaisseau, à babord et à tribord. Chloé se recentra sur le pont, de plus en plus inquiète. Elle ne voyait pas les beautés que les deux hommes devaient percevoir, pour elle c’était des sortes de monstres au menton pointu et aux yeux entièrement noirs, la bouche pleine de crocs. Lorsque Christian passa un pied par-dessus bord avec visiblement l’intention de sauter, la petite blonde décida d’agir. Elle trancha les bras de la rousse avec un rugissement. Toutes les assaillantes se crispèrent et hurlèrent. Chloé se jeta à terre en plaquant ses mains sur ses oreilles.
Une fois le cri passé, les sirènes se firent nettement moins patientes. Le capitaine dut ainsi faire face à plusieurs adversaires qui bondissaient de bord en bord pour tenter de l’entraîner avec elles au fond de l’eau. Chloé se baissait et envoyait sa lame au-dessus d’elle en tranchant le plus possible d’ennemis. Pendant ce temps, Christian et Lex, toujours sous hypnose, passaient leur deuxième jambe par-dessus la rambarde. Voyant cela, Chloé roula à terre, atterrit près de Lex, lui attrapa la chemise et le tira violemment à elle. Il tomba sur le pont, elle égorgea une sirène de passage et roula jusqu’à Christian pour effectuer la même action en grognant qu’elle devrait le laisser disparaître au lieu de se donner autant de mal.
_ Ces deux-là sont à moi ! Rugit-elle.
_ Meurs femelle ! Menaça une sirène avant de bondir sur elle, crocs sortis.
Les dents se plantèrent dans le bras de la pirate. Elle grimaça et sectionna la queue de son adversaire. Les deux hommes reprirent leur idée de sauter du navire et Chloé commença à voir rouge. Elle se jeta sur les chaînes du mât central du navire en tentant d’esquiver les multiples assauts, puis elle ferra le pied du Lord pour qu’il reste bien à bord, batailla contre une hargneuse sirène, attrapa de justesse Longway et lui réserva un traitement moins soigné qu’à Lex puis elle se redressa en s’emparant de l’arme du pirate attaché.
_ Allez les sardines, tentez votre chance !

*

Lorsque Lex ouvrit les yeux, une violente odeur de poisson lui saisit les narines. Il se redressa en grimaçant et s’aperçut que son pied était solidement amaré au mât de la caravelle. Puis, lorsqu’il s’agenouilla, il comprit qu’il était entouré de morceaux de femmes et de poissons. Saisi de nausées, il posa ses mains sur sa bouche et ferma les yeux.
_ Et oui hein, c’est pas beau à voir, commenta la voix du capitaine.
_ Bon sang que s’est-il passé ? Réussit-il à dire.
Chloé avait volé la fiole de rhum de Longway et la dégustait, assise, la chemise tâchée de sang, mais apaisée.
_ On a subi une attaque de sirènes, tu t’en souviens pas ? Ah bah non, tu peux pas, tu t’es bêtement laissé hypnotiser par une paire de seins.
_ … Hein ?
Elle se leva et traîna jusque devant ses yeux un corps massacré mais sur lequel on voyait toujours la double nature de la créature.
_ Mi-femme mi-poisson.
_ Nom de dieu, jura-t-il en se bouchant le nez.
_ Apparemment nos ancêtres voulaient s’assurer qu’une femme soit dans les parages, on est insensible à leur chant.
Lex se dépêcha d’acquiescer. Christian revenait à lui mais sembla moins surpris que le Lord.
_ Tu nous détaches maintenant ? Maugréa-t-il.
_ Non, y en a encore. Sauf si t’es d’accord pour mettre fin à ta misérable existence.
_ Ça ira merci.
_ Là ! S’exclama Lex.
Chloé pivota, s’armant les deux mains, visiblement échaudée par la récente expérience.
_ Du calme humaine ! Lança la sirène qui venait de s’accrocher à la rambarde. Vous êtes les premiers à arriver jusqu’ici et à nous résister, alors c’est d’accord.
_ … Vous faites partie des épreuves ?
_ Nous sommes enfermées ici depuis plusieurs siècles pour ça ! Cracha la sirène avec colère. Pour guider le navire des descendants qui le méritent jusqu’à l’or !
_ Oh. En fin de compte l’or me reviendra à moi et à moi seule, comprit Chloé en se redressant avec un sourire.
_ Hé euh, je suis encore là, se défendit faiblement Lex.
_ T’es attaché à un mât crétin.
La sirène disparut et retrouva quelques comparses. Ensemble elles détachèrent l’ancre du cordage et nagèrent en trayant le navire. Il s’ébranla un peu et finit par bouger avant de prendre une allure lente mais régulière. Chloé grimpa sur le gaillard arrière pour prendre la barre. Lex et Christian s’assirent contre le mât, un peu boudeurs. Le bâteau traversa de longues galeries, parfois plongées dans une pénombre inquiétante, parfois éclairées par la mousse bleue. La fraîcheur était de plus en plus intense. Chloé manoeuvrait prudemment le gouvernail en espérant atteindre rapidement le but.
L’improvisée chef des sirènes réapparut au bout d’un long moment, laissant les siennes au labeur de tractage du navire. Elle s’accouda à nouveau à la rambarde.
_ On peut peut-être négocier.
_ Négocier quoi ? Renvoya Chloé avec rudesse.
_ Votre sortie.
_ Comment ça ?
_ Tu crois que s’il y avait une sortie nous serions restées ici ?
Les deux hommes jetèrent un œil sur le capitaine à la barre.
_ Elle a pas tort, se permit Christian à voix basse.
_ Et bien évidemment, tu as une solution, s’agaça Chloé.
_ Peut-être, répondit-elle en haussant les épaules.
La blonde leva les yeux au ciel.
_ Je te dirai comment sortir de la dernière grotte lorsque nous y serons.
_ Et que veux-tu en retour ?
_ Que tu nous emmènes jusqu’à la mer.
Chloé échappa un rire.
_ Tu crois vraiment que je vais accepter une horde de sirènes à bord ?! Combien de baignoires je vais devoir remplir ?
La sirène bondit subitement sur le pont.
_ Aucune, assura-t-elle.
Lex ouvrit de gros yeux en voyant sa queue de poisson aux écailles brillantes. Et puis, au fur et à mesure des minutes écoulées, la sirène s’asséchait et sa queue se transforma en deux longues jambes.
_ Par toutes les tortues d’mer, souffla Chloé.
La sirène se leva, nue, sous les regards ébahis des deux hommes. Pour Chloé, c’était le troc d’une jolie queue de poisson pour deux genoux cagneux, des mollets maigres, et des pieds pleins de pustules.
_ Pourquoi je vous vois aussi laide et eux comme, apparemment, une chose hypnotisante ?
_ Ce sont des hommes, dit-elle simplement en haussant les bras.
_ Élémentaire, marmonna Chloé. Et donc, pourquoi ne pas toutes vous transformer en humaines et vous emparer du navire avant ?
_ Nous ne sommes pas réellement des humains, et nous sommes peu à pouvoir atteindre ce degré de transformation. Comment pourrions-nous manœuvrer un bâteau.
Elle pivota vers les deux garçons.
_ Lequel est ton préféré ?
Ils bombèrent automatiquement le torse. Mais Chloé hésita nettement avant de désigner Christian du doigt.
_ Lui là.
Lex inspira bruyamment, outré. Mais Christian protesta immédiatement.
_ Ouh là non ! C’est lui c’est pas moi !
La sirène s’agenouilla devant lui, enlaçant son cou.
_ Tu m’accompagneras mon aimé ?
Il déglutit.
_ Allez mettre une robe d’abord, dit-il d’une voix tremblante.
Lex comprit que c’était un piège gros comme une maison et se rassura.
Chloé secoua la tête et leva le regard. Une lueur différente attira toute son attention. Une lueur plus chaleureuse que le bleu de la mousse. Le tunnel déboucha sur une autre salle au plafond vertigineux. Tout en haut, un minuscule puits de lumière et en bas, sur une masse rocheuse, de l’or, pur, en lingots, des tonnes et des tonnes de lingots. Chloé lâcha lentement la barre et s’avança jusqu’à la rambarde, éblouie. Sept tas immenses scintillaient. Les sirènes amarrèrent le navire à une sorte de quai taillé grossièrement dans la roche, prévu par les sept familles comme le final de la chasse au trésor.
Lex se releva, attiré malgré lui par l’excitation foudroyante de l’or. Chloé dévala les quelques marches du gaillard arrière, un immense sourire aux lèvres. Elle se mit à rire en faisant des allers-retours sur le pont et en agitant les mains.
_ J’ai réussi ! Je l’ai trouvé !
Elle avait toujours des traces de crocs et de griffures plein les bras, et pourtant elle sautillait avec une énergie débordante.
_ Détache-nous bon sang ! S’impatienta Christian, lui aussi atteint par la soif de l’or.
Elle attrapa son sabre et brisa les chaînes du mât avant de se ruer sur une échelle en cordage pour descendre et être la première à empoigner les lingots. Une fois à terre, elle marqua une pause, courut, ralentit, marqua de nouveau une pause. Les deux hommes n’osaient surtout pas la dépasser de peur qu’elle ne les décapite pour lui avoir volé son moment.
_ Allez ! Trépigna Christian.
_ On trouve pas un trésor tous les jours abruti, murmura-t-elle avec une curieuse tristesse.
_ Déjà le spleen du pirate ? Mais tu n’as même pas touché l’or, critiqua Christian.
_ Le quoi ? S’enquit Lex.
_ C’est tellement rare pour un pirate de dénicher un trésor qu’une fois la quête effectuée, c’est la dépression. Dieu merci, je ne suis pas le meneur, se réjouissa Longway.
La blonde fronça les yeux et dégaina son sabre une nouvelle fois.
_ Tu marques un point.
_ Hey, on est du même bord ! Se défendit-il en reculant d’un pas.
_ J’ai quand même plus l’impression que Dentelle devrait être devant. Recule, tu m’déranges !
Elle fit ensuite signe à Lex de la rejoindre et ils grimpèrent ensemble les marches vaguement taillées, menant aux sept amas. Debout face à l’or, le lord déglutit. Les éclats brûlaient ses yeux avec délice. Le temps n’avait en rien altéré la beauté du métal. Il empoigna un lingot, retint son souffle en contastant le poids et soupira d’une satisfaction toute nouvelle. Ému par cette trouvaille, autant physique que mentale, il se tourna vers sa compagne de voyage, elle n’était déjà plus là.
Lex pivota, derrière lui, tout le monde semblait s’activer. Chloé poussait les sirènes à sortir de l’eau pour que leurs jambes ramènent l’or à bord du navire, elle malmenait Christian pour qu’il accélère, et bondissait ici et là, prise d’une effervescence débordante. D’ailleurs elle lui sauta dessus en trois pas, il n’eut le temps que de lever son lingot pour se protéger. Mais la beuglante ne vint pas, au contraire. Elle agrippa son col de chemise pour l’embrasser violemment et le relacher. Son visage n’était animé que par un furieux bonheur.
_ Allez ! Il faut embarquer tout l’or ! Bouge-toi !

***

Le Black Emerald mouillait dans la deuxième baie et avait vu revenir Lucas, Pete et Sarracenia seulement. Le capitaine manquait à l’appel ainsi que le Lord. Ils attendaient. Depuis deux jours à présent. Pete restait à la barre, comme si d’un moment à l’autre, Chloé allait débarquer et donnerait l’ordre d’appareiller. Jimmy lui tenait compagnie mais ne pouvait s’empêcher de faire les cent pas.
Sarracenia et Lucas grimpèrent sur le gaillard avant en fin de matinée avec leur compte-rendu.
_ Les navires de Longway et de Lenormand sont toujours dans la première baie, avança Lucas.
Gibbs acquiesça, appuyé contre le canon de Julian. Même si le capitaine réussissait à revenir avec un sac d’or seulement, ils n’étaient vraiment pas sûrs de s’en sortir indemnes. Ils étaient en sous nombre. Leur camp comme le camp adverse savait que l’autre guettait, mais rien ne se ferait tant que l’or n’apparaîtrait pas. Gibbs savait que rien ne pourrait empêcher Lenormand de les encercler et de les abattre en quelques heures. Ils n’avaient, comme persuasion, que les otages Law, même si Lex et Lucas étaient devenus des sortes de membres d’équipage à présent.
_ Le Black Emerald est plus rapide, indiqua Lucas. Ça peut être un avantage pour nous lorsque nous fuyerons.
_ Oui, nous seront une vraie cible bien évidente pour tous leurs canons, grogna Sarracenia. Surtout si la mer reste aussi calme.
Ils baissèrent tous les yeux sur l’horizon. C’était effectivement le calme plat.
_ Le vent se lèvera, assura Gibbs qui avait gardé le menton en l’air.

***

Lamuraille baissa sa longue vue, le front plissé.
_ Que se passe-t-il ? Demanda Lenormand.
_ J’observe l’Ahéris depuis ce matin, et il se passe des choses étranges, capitaine.
Lenormand fronça les yeux et attrapa la longue-vue. Il balaya le navire voisin et revint sur son second sans comprendre ce qui pouvait bien clocher. Leurs sept navires encadraient l’Ahéris, quelle bêtise pouvaient-ils bien préparer pour tenter quoique ce soit.
_ Qu’avez-vous vu ?
_ C’est ce que je n’ai pas vu, plutôt, monsieur.
_ Expliquez-vous.
_ Il n’y a que nos hommes sur le pont, où sont passés les autres ? De plus, ils tournent tous le dos à la mer. Curieuse façon de surveiller les alentours.
Lenormand reprit son observation, plus inquiet.
_ Vous avez raison. Continuez votre surveillance, si quelque chose bouge, donnez l’alerte.

***

Les pauvres sirènes, aux jambes tremblantes, tanguaient sur le quai de pierre en formant une chaîne pour monter le plus rapidement possible les lingots à bord. Lex prit du recul, l’esprit en pagaille. L’excitation de la découverte avait fait place à celle du renflouement de cale. Était-il le seul à remarquer que la pauvre coque du navire s’enfonçait lentement mais sûrement dans l’eau, au fur et à mesure que les lingots s’entassaient ?
_ Il faudrait jeter les canons, finit-il par suggérer.
_ Jeter les canons ? Grommela Christian, assis, en sueur.
_ Il faut délester le bateau ou il risque de couler.
_ Pas avant de savoir comment on sort d’ici, intervint Chloé en s’essuyant les mains dans sa chemise.
La chaleur de la grotte se faisait de plus en plus sentir et l’effort devenait intense, mais les tas d’or diminuaient. La meneuse des sirènes s’approcha d’eux.
_ Venez, je vais vous montrer.
Ils grimpèrent sur le pont et le traversèrent. La sirène pointa son doigt en face d’eux, sur l’une des parois de la grotte.
_ L’eau s’évacue par là, il y a sûrement un passage.
_ On garde donc les canons, conclut Chloé.
_ Si on tire, on risque de provoquer un écroulement, prévint Lex, peu sûr de la manœuvre.
_ On n’a pas vraiment le choix, réfléchissait Christian.
_ Alors il faut tirer lorsque nous serons prêts.
_ Puis nous jetterons les canons, insista Lex.
_ Puis nous jetterons les canons, répéta Chloé, un poil agacé.




à suivre...

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MessageSujet: Re: Pirates!   Ven 14 Nov 2014 - 19:27

Hop! Chapitre 25!



Chapitre 25 : La fuite en caravelle

*******

Lex n’osait pas desserrer les bras de sa tête, accroupi sur le pont, près d’un des deux derniers canons que le capitaine avait conservé à bord. Le navire bourlinguait dans les espaces étroits d’un cours d’eau peu profond et en pente sans que l’équipage ne sache jusqu’où il pouvait aller. Après avoir fini le transfert de l’or et jeté les autres canons à l’eau, certaines sirènes étaient restées sur le pont, d’autres avaient repris l’attelage du bateau pour le mener à travers le passage ouvert. Ce dernier, dès sa création, fut éphémère. Comme Lex l’avait prédit, les roches de la grotte s’effilaient bien trop rapidement. Ils avaient eu le temps de passer, mais une roche avait creusé un trou dans le pont et un effondrement avait dangereusement éraflé le gaillard arrière.
Le navire, déjà bien ancien, flottait tant bien que mal. Chloé se contentait de maintenir le gouvernail droit, ne pouvant rien faire d’autre. Il arrivait que ce torrent soit parfois à ciel ouvert, mais la surface semblait à plus de cent mètres au-dessus d’eux, comme un canyon humide creusé à même la montagne. Avec un peu de chance ils déboucheraient sur une rivière suffisamment profonde pour poursuivre plus calmement le chemin. En attendant, elle écoutait le bois ancien craquer et se disait que d’un instant à l’autre, le bateau allait se fendre en deux.
Christian était resté en fond de cale pour pouvoir donner l’alerte si les dégâts devenaient trop importants. Il n’y avait pour l’instant qu’une fuite qu’il avait pu colmater en clouant une fine planche de bois sur la coque. Mais il fallait vite arriver pour appliquer une bonne couche de goudron et imperméabiliser un peu mieux le navire. La précisieuse cargaison les avait alourdis au maximum. À nouveau violamment secoué, il attrapa un pilier et s’y agrippa en attendant que ça passe.
La meneuse des sirènes s’approcha de Chloé et s’accrocha à la barre.
_ Mes éclaireuses ont aperçu la fin du tunnel !
_ Enfin ! Ça passera ?
_ La hauteur est trop basse ! Vous allez casser le mât !
Chloé jeta un œil sur l’espar et se mit à hurler.
_ Dentelle ! Abaisse la vergue principale ! Plus vite que ça !
Lex crut entendre la voix de sa dulcinée au milieu du chaos.
_ Abaisse la vergue !
Il jeta un œil sur le capitaine qui l’invectivait et suivit sa main tendue. Elle désignait la vergue principale, cette pièce de bois perpendiculaire au mât et qui maintenait la voile. Il suffisait de grimper et de couper le cordage pour qu’elle descende le plus rapidement possible.
_ Abaisse la vergue ! Hurlait encore Chloé.
Lex prit son courage à deux mains et se faufila jusqu’au mât alors que la caravelle montait et descendait comme s’il affrontait des vagues de tempête. Le haut du mât flirtait déjà dangereusement avec le sommet du passage. Le Lord attrapa les accroches de l’espar et commença à grimper tout en se calant contre le bois dès que les secousses se déchaînaient.
_ Le bout du tunnel est en vue ! S’exclama la sirène.
Lex s’activa mais ne voyait pas vraiment d’issue favorable. Le bois était trop ancien, c’est tout le mât qui allait s’abattre. Chloé voulait peut-être sauver la voile, mais le mât, lui, ne survivrait pas. Arrivé au sommet, les deux pieds sur la vergue qu’il devait décrocher, il sortit son épée et entailla à toute vitesse le bois. Une secousse le bascula en arrière. Il se retint d’une main, l’autre lâcha l’arme. Il finit donc par se rattraper, déboucher sa gourde de poudre, en glisser dans l’encoche, armer son pistolet et dégringoler. Son bras gauche s’accrocha à la vergue, il visa du bras droit, le coup de feu enflamma la poudre et le haut du mât explosa au moment où le navire atteignait le bout du tunnel. La roche finit d’arracher le bois. Le souffle de l’explosion avait fait céder le cordage et la vergue chuta avec le Lord, l’assommant sur le pont.
Le navire glissa sur une dernière pente avant de déboucher sur un cours d’eau beaucoup plus calme. Assez large pour espérer être près de l’estuaire, et donc de la mer. Il y eu subitement un tel apaisement qu’on n’entendait plus que les craquements du vieux vaisseau.
Chloé détacha lentement ses doigts de la barre en grimaçant. Elle n’avait pas remarqué combien elle s’y était cramponnée. Les sirènes s’étaient redressées, Christian apparut, l’air presque hébété de s’en être sorti.
Chloé inspira, soulagée.
_ Bon, on remonte la vergue ? Lança-t-elle joyeusement.
Les sirènes sautèrent à l’eau toutes en même temps, et elles disparurent avec leurs consoeurs qui remorquaient le navire.
_ Évidemment, grogna-t-elle.
_ Et comment veux-tu qu’on manœuvre à deux maintenant ! Ajouta Christian.
_ À trois tu veux dire.
_ Désolée, mais s’il n’est pas mort là, il va falloir m’expliquer.
Chloé suivit son regard et tressaillit. Dentelle était allongé, la vergue en travers de son dos. Elle dévala les marches et se rua sur lui pour le sortir de là. Il gémit en se sentant rudoyé puis se réveilla sous plusieurs claques.
_ On est bien trois c’est bon ! Se réjouissait-elle.
_ Seulement trois… bougonna-t-il en se redressant.
_ Les sirènes se sont tirées. Mais nous avons le navire et l’or !
_ Une poubelle qui flotte ! Contredit Christian en examinant l’extérieur du bateau. Il sent la pourriture de bas en haut !
_ Il tiendra le temps qu’on rejoigne le Black Emerald ! S’agaça Chloé. On est passé de l’autre côté de la montagne, on devrait déboucher sur la troisième baie normalement !
Christian haussa les épaules, absolument pas convaincu.
_ Et si tu me disais plutôt où tu as laissé tes compagnons de route ? Relança-t-elle. Tu n’es pas arrivé à la nage jusqu’au Panama !
_ L’Ahéris est entre de bonnes mains, dans la première baie.
_ Menteur.
_ Je dis la vérité ! Ils sont tous dans la première baie, et ils vous fonceront dessus comme le kraken ! Notre seule chance est d’attendre la nuit et de s’esquiver !
_ On rejoint d’abord le Balck Emerald dans la deuxième baie, on verra ensuite, décida Chloé. J’ai besoin de réfléchir seule, remontez la vergue.
Elle descendit du pont en râlant et disparut. Lex et Christian levèrent les yeux au ciel. C’était bien le moment de partir bouder. Ils avaient quelques poulies, de quoi faire contrepoids, du cordage, et une vergue. Autant s’y mettre. Christian attacha la barre sur la bonne direction, ils profiteraient du courant en attendant la voile, puis ils se mirent au travail.
Au bout d’une bonne poignée d’heures, alors que l’après-midi touchait à sa fin, la vergue tenait tant bien que mal et la baie était en vue. Christian s’inquiétait de plus en plus de ce qui suivrait. Il reprit la barre et marmonna. Lex décida de descendre pour parler avec le Capitaine. L’inquiétude grandissante de Longway finissait par le saisir. Il craignait un douloureux revers dès que le navire toucherait la mer. Il arriva devant la porte de la grande cale principale et la poussa, le visage froncé d’angoisse.
_ Il faudrait peut-être qu’on…
La vision l’immobilisa. La chère tête blonde avait redécoré l’intérieur avec les lingots d’or. Ici un bureau, là une commode, et droit devant une sorte de trône baroque en forme de méduse.
_ Qu’est-ce que…
_ Laisse-moi profiter de mon cher trésor, susurra-t-elle, avachie sur sa création.
_ Vous savez que sur certains de ces lingots, il y a les armes de ma famille ?
_ J’avais presque dans l’idée de devenir reine des pirates, réfléchissait-elle tout haut, encore euphorique. Je peux acheter n’importe quoi !
_ Pourquoi pas un pays ? Comme le projetaient nos ancêtres ?
Elle leva les yeux pour penser, Christian entra à ce moment et ralentit devant la vision architecturale qui s’exposa à lui.
_ Qu’est-ce que… C’est quoi son problème !
_ Un peu d’respect Longway, grogna Chloé.
_ On arrive dans la baie avec une épave ! S’emporta Christian. Une flotte va nous accueillir à coup de canons ! Et toi tu te construis un trône !
Lex se mordilla la lèvre.
_ Il n’a pas tout à fait tort, on devrait peut-être se focaliser sur ce problème, ajouta Lex.
Les épaules de la blonde s’affaissèrent, manifestant le peu d’entrain qu’elle avait. Mais il fallait bien s’y résoudre, il fallait se préparer.

*

Lenormand sortit sur le pont de son navire, longue-vue à la main. Il avait donné des ordres au porteur de pavillons pour passer les commandements aux deux autres vaisseaux de ligne et aux quatre négriers qui composaient sa flotte. Ils étaient en train de former, sur deux lignes, une barrière pour barrer la route au Black Emerald à la sortie de la deuxième baie.
_ Monsieur ? Intervint Lamuraille. Vous devriez venir voir ça.
Le capitaine suivit son second jusqu’au gaillard avant. L’Ahéris, le navire de Longway, suivait de loin les manœuvres de l’armée française, tout en restant cerclé par cette dernière.
_ Que se passe-t-il ?
_ J’ai observé le pont de l’Ahéris tôt ce matin, tout semblait normal, mais à présent...
Lenormand fronça les yeux avant de porter sa longue-vue devant lui. Ses soldats étaient présents sur le pont et échangeaient quelques paroles.
_ Aucune trace des pirates ?
_ Nous ne voyons toujours que nos hommes oui.
Le comportement des hommes à bord était bien trop suspect. Il n’avait encore aucune nouvelle de Longway ni du trésor, il savait juste où se trouvait le Black Emerald.
_ Surveillez de près. Au moindre signe de trahison, vous ouvrez le feu.

*

Gibbs et l’équipage préparaient leur fuite de leur côté. Lucas et Sarracenia avaient en effet repéré la flotte française dans la première baie ainsi que leur manœuvre. Seulement le retour de Chloé se faisait attendre et ils trépignaient.
_ Ils ne feront rien tant que le Capitaine ne sera pas de retour, tentait de rassurer Gibbs.
Jimmy restait près de la barre, lui aussi anxieux.
_ Et si c’en était fini d’elle ?
Pete pivota vers le garçon et croisa les bras.
_ Tu crois que le Capitaine mourrait comme ça ? Tu crois qu’on ne l’entendrait pas jusqu’ici ! Elle est la pupille de Jack Sparrow ! Elle a réchappé à Barbe Noire ! Ne l’oublie pas !
Le discours ragaillardit le garçon qui acquiesça avec plus d’entrain.
_ Navire ! S’écria Lucas depuis le point d’observation en haut du mat principal. Navire en vue !
Sarracenia attrapa la longue-vue et s’élança sur le gaillard avant pour observer. Un navire fantômatique apparaissait au loin, se dirigeant vers la haute mer. Rien à voir avec les vaisseaux flambants neufs de Lenormand. Pete se pencha à son tour au-dessus du pont avec sa longue-vue.
_ Qu’est-ce que… Il a l’air de venir de la troisième baie…
_ Il a surtout l’air de venir du siècle dernier, marmonna Sarracenia.
_ Nom de…
Lucas descendit à toute vitesse de son perchoir et s’approcha.
_ Alors ?
_ C’est pas ton frère qui agite les bras là ?
Le jeune Law s’empara de la longue-vue et écarquilla les paupières. La silhouette était petite, mais oui, il lui semblait bien que c’était Lex qui faisait de grands signes dans leur direction.
_ Pourquoi ils ne viennent pas jusqu’ici ?
_ Tu as vu l’engin ! Répliqua Sarracenia.
_ Oui, comprit Gibbs. Il faut qu’on les rejoigne et vite ! Le vent nous est favorable, il le sera aussi pour Lenormand ! Hissez les voiles ! S’exclama-t-il en se tournant vers ses hommes. Le Capitaine a besoin de nous ! Allez !

*

_ Le Black Emerald bouge ! Prévint subitement Lamuraille. Il fuit vers la mer avec un vieux bâteau !
_ Le capitaine Redneck est donc de retour !
Lenormand s’avança jusqu’au porteur de pavillons.
_ Donnez l’ordre aux navires de lever l’ancre !
Ses trois vaisseaux de ligne avanceraient en triangle et encadreraient le Black Emerald pour le pilonner sur les deux flans avec leurs quatre-vingt canons. Les négriers serviraient à l’abordage ensuite, lorsque le navire serait affaibli.
Un premier coup de canon retentit soudainement.
_ Qui a tiré ?! Enrageait Lenormand en regardant sa flotte.
Une salve s’en suivit, provoquant la panique à bord du vaisseau français.
_ Ce n’est pas un des nôtres ! Intervint Lamuraille. C’est l’Ahéris !
Lenormand attrapa sa longue-vue. Le navire de Longway s’écartait de la flotte et tirait sur ses voisins au passage. Ce n’était pas ses hommes vêtus en soldat, mais les pirates. Ils avaient dû les faire disparaître au fur et à mesure des tours de ronde.
_ Le sale traitre !
_ On le pourchasse ?
_ Il n’ira pas loin ! Il va prêter main forte au Balck Emerald, nous l’aurons tôt ou tard, ne changeons pas d’objectif !

*

_ Loin de moi l’envie de paniquer, mais nous avons une flotte à nos trousses et nous voguons sur une barque pourrie !
_ La ferme Longway ! S’agaçait Chloé en observant les manœuvres à l’arrière.
Le Black Emerald les atteindrait bientôt, il était plus proche d’eux que la flotte de Lenormand. Mais auraient-ils le temps de transférer un peu d’or d’un navire à l’autre ?
_ Il n’y a plus qu’à espérer que l’Emerald et l’Ahéris anéantissent les sept assaillants, continuait Christian.
_ Ah parce qu’on peut compter sur l’Ahéris maintenant ?
_ Je leur ai donné l’ordre de fosser compagnie dès qu’il y aurait du grabuge.
Chloé élargit son champ d’observation et aperçut au loin l’Ahéris qui s’approchait tout en contournant la flotte française.
_ Donc tu trahis vraiment Lenormand ? Reprit-elle en se redressant.
Christian s’éclaircit la gorge. Il ne s’était pas attendu à être aussi gêné à l’idée de s’expliquer.
_ Et bien oui. À sept contre un, je me voyais mal me ranger contre toi. Et puis ce Français est bien loin de mes idéaux.
Chloé se surprit à sourire, finalement touchée. Ce qui ne plut pas vraiment à Lex qui les regardait de loin. Fallait-il vraiment que ce retournement de situation arrive à cet instant ? Il était évident que Chloé Sailor ressentait plus que de l’agacement ou de l’admiration passagère pour Longway.
_ Parce que vous avez des idéaux ?
Les deux pirates pivotèrent. Ils fermèrent leur veste correctement, inspectèrent leurs pistolets et finirent par sortir leur épée.
_ Pour la liberté ? Proposa alors Christian.
_ Pour l’or ! Lança Chloé en levant son sabre.
Christian approuva en posant son épée sur la sienne. Les deux pirates se tournèrent vers le troisième homme qui observait sans broncher. Lex poussa un soupir et dégaina son arme pour imiter ses tortionnaires.
_ Je m’en mordrai les doigts !

*

Une fois le Black Emerald à leur côté, ils n’eurent d’autres solutions que de le remorquer par le flan gauche en tirant des cordes tressées entre les deux navires. Leur vitesse fut rapidement amoindrie, la bataille était de toute façon inévitable. Le flan gauche du Black Emerald étant protégé par la caravelle, ils transférèrent plusieurs canons sur le flan droit.
Lucas attrapa le bras de son frère au milieu de l’agitation du pont.
_ Lex, que va-t-on faire maintenant ?
_ Toi tu vas te mettre à l’abri dans les cabines.
Le cadet rafermit son emprise sur Lex et baissa d’un ton.
_ Je ne plaisante pas, pour Lenormand nous sommes toujours des otages, mais s’il nous voit tuer ses hommes, nous y passerons nous aussi !
Lex se mordilla la lèvre.
_ Nous n’avons aucune chance, ajouta Lucas plus sérieux que jamais. Les vaisseaux de ligne vont détruire la coque en quelques minutes et en quelques salves, et si jamais nous sommes encore debout, les navires restants nous achèveront.
_ L’Emerald est plus rapide que les quatre négrier, nous avons une chance de fuir, tenta Lex, confus.
_ Avec une vieille caravelle pleine d’or accrochée aux basques ?
Cette fois, les épaules du Lord s’affaissèrent un peu. Il jeta un œil sur Chloé, elle courait sur le pont, lançant ses ordres, encourageant ses hommes, infatigable.
_ Moi aussi je me suis attaché à tous ces gens, malgré tout, dit Lucas en posant une main sur l’épaule de son frère. Moi aussi j’admire leur pouvoir et leur liberté. Mais le moment de choisir est vraiment arrivé, veux-tu de cette vie ? Ou veux-tu retourner dans notre monde ?
Lex grimaça avant de se frotter énergiquement le visage.
_ J’en sais rien…
_ Que va-t-elle choisir ? L’or ou toi ?
Il était bien incapable de répondre à cette question, mais il n’avait pas envie de la voir blessée ni morte, il ne pouvait pas se résoudre à attendre à l’abri qu’un vainqueur se décide.
_ Mets-toi à l’abri Lucas, répondit-il alors.
Son jeune frère soupira et s’éclipsa. Lex grimpa alors sur le gaillard arrière, Chloé, Pete et Christian entouraient le fameux canon de Julian, juché sur son socle rotatif.
_ Le premier vaisseau de ligne est à l’approche, indiqua Pete en regardant dans sa longue-vue.
_ Préparez-vous à faire feu, fit Chloé avec un demi-sourire confiant.






à suivre...

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MessageSujet: Re: Pirates!   Sam 15 Nov 2014 - 17:26

Ayé, j'ai tout relu et j'ai pu rattraper mon retard et lire ces tous nouveaux chapitres. Cheerleader

Ça faisait une éternité que j'avais pas lu de Chlex, mais c'est super chouette de retrouver cette fic !
J'ai vraiment adoré ces deux nouveaux chapitres !
On se retrouve vendredi prochain ! Love

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MessageSujet: Re: Pirates!   Sam 22 Nov 2014 - 13:31

Figurez-vous que j'ai galéré pour le titre... vraiment. Bref, chapitre 26 posté! Il n'en reste plus qu'un!
Merci Alexiel pour ton message!! Hug


Chapitre 26 : Le dernier assaut

*******

Le premier coup de canon fit hausser les sourcils du commandant Lenormand. Ils n’étaient pas encore côte à côte, pourquoi le Black Emerald perdrait des boulets inutilement ainsi ?
_ Monsieur ! Intervint Lamuraille. Notre navire de devant est touché !
Lenormand fronça les yeux. Le vaisseau à la pointe du triangle qu’ils formaient semblait effectivement touché. Il tanguait dangereusement. Ce n’était pas une attaque normale, que pouvait-il bien se passer !
_ Ils ont un canon sur le gaillard arrière ! Indiqua Lamuraille en fixant la cible dans la longue-vue.
Lenormand serra nerveusement les dents.
_ Accélérons, larguez les bonnettes.

*

_ Feu ! Continuait Chloé avec enthousiasme.
Le premier coup avait perforé la coque à l’avant du navire ennemi grâce à la possibilité d’adapter le ciblage de leur canon. Abattre aussi rapidement un vaisseau de ligne était un exploit. Il fallait le soumettre à autant de boulets de canon que possible !
_ Les hommes mettent les chaloupes à la mer, indiqua Lex en observant la scène, le cœur battant.
Jimmy se pressa de charger le canon de poudre pour un dernier coup avant que le vaisseau, ralenti malgré tout, n’arrive à leur hauteur.
_ Feu ! Relança Chloé.
Le boulet perfora à nouveau la coque avec une vitesse dévastatrice. Le coup devait être très bien ciblé puisqu’il défonça une partie des réserves de poudre, provoquant une explosion aussi inattendue que violente. Les hommes de l’Emerald se protégèrent le visage, surpris, puis regardèrent, médusés, le premier vaisseau de ligne de la flotte prendre feu.
Chloé se tourna lentement face à Pete, ils se fixèrent quelques instants, les yeux écarquillés, puis ils éclatèrent de rire en sautillant. Les pirates se mirent à hurler en levant leurs armes, fous d’espoir.

*

_ Monsieur, que fait-on ? Insista Lamuraille face au visage impassible de son commandant.
_ Ordonnez à l’un des négriers de leur porter secours, répondit Lenormand. Resserrons notre approche.
Son officier s’inquiéta de la décision et ne put seulement la faire passer sans la commenter.
_ Mais monsieur, ne devrions-nous pas prendre nos distances au contraire ?
_ Leur canon est efficace, mais bien plus en hauteur que les autres, il peut viser loin, il sera inefficace de près. Ordonnez à notre deuxième navire de se rapprocher du Black Emerald, nous prendrons le côté de la caravelle pour l’abordage.

*

_ Le deuxième vaisseau approche, remarqua Gibbs. Mais il ne porte pas secours aux hommes du premier.
_ C’est Lenormand, se moqua Chloé. Et après il nous fait la leçon !
_ Il vogue beaucoup plus près de nous que le premier, ajouta Lex en fronçant les yeux.
_ Très bien ! S’empressa le capitaine. Jimmy ! Recharge le canon et change la direction de tir !
_ À vos ordres capitaine !
_ Euh… Hésita Lex. Capitaine ?
_ Paré à tirer !
_ Capitaine ?
_ Feu ! S’exclama Chloé.
Le boulet se propulsa dans le ciel et dessina un bel arc au-dessus du pont du second vaisseau. Les hommes de Lenormand n’eurent qu’à baisser la tête, suivant leur instinct de survie plus qu’une réelle menace. Au son du « plouf » qu’exécuta le projectile, ce fut au tour des Français d’acclamer leur chance.
_ Ah, ne put seulement dire Chloé.
_ Ils sont trop proches pour le canon, finit par dire Lex.
Le capitaine se pencha sur le pont pour haraguer ses pirates.
_ Ouvrez les sabords ! Préparez les canons ! Tenez-vous prêts pour l’abordage !

*

Les marins du vaisseau tenaient les harpons fermement dans leurs mains, ils n’auraient plus qu’à viser le bastingage de la caravelle pour lancer les grappins et l’aborder. Finalement, pilonner le vieux navire n’était pas une si bonne idée, se disait Lenormand en chargeant ses pistolets de poudre. Au contraire, en abordant les pirates sur le flan gauche et en tirant aux canons sur le flan droit, ils les forceraient à se diviser pour faire face aux deux fronts. C’était la victoire assurée.
Lorsque son navire arriva à hauteur, il lança l’attaque, alors que le deuxième vaisseau commençait les tirs de canon.

*

Ils étaient pris en étau par deux vaisseaux ennemis, la situation était désespérément étriquée. Lex scrutait les terrifiants hauts mâts des Français, la peur au ventre. Il voulait attraper la main de Chloé et lui dire quelque chose, n’importe quoi, qu’ils se retrouveraient peut-être dans l’Au-delà, mais elle était déjà sur le pied de guerre, entourée de ses fidèles hommes, alors que la coque de l’Emerald subissait les premiers dommages.
Plusieurs pirates avaient réussis à atteindre les cordages et le bastingage de l’assaillant, ils se balançaient au bout de leur liane pour aborder comme de curieux animaux de foire. Et puis leur visage abominable revenait lorsqu’ils plantaient leur sabre dans le dos des soldats, surgissant des hauteurs comme des ombres.
Christian attrapa le bras de Chloé en pointant la mer.
_ L’Ahéris arrive ! Il va éperonner le deuxième vaisseau !
_ Parfait ! Reste sur le flan droit ! Dirige tes hommes !
Longway acquiesça et s’engagea dans l’abordage.
_ Pete ! Gibbs ! Avec moi ! On défend l’or !
Les hommes se divisèrent. Chloé hésita quelques secondes avant de courir vers Lex, secouée par chaque boulet qui fracassait le pont ou la coque.
_ Dentelle ! Je te confie le Black Emerald ! Tu me vires tout ce qui grimpe dessus et qui devrait pas !
Il eut à peine le temps de répondre qu’elle pivotait. Alors il attrapa son manteau et la retint au dernier moment.
_ Quoi ? Grogna-t-elle. On a une bataille là !
_ … Soyez prudente.
Les épaules du capitaine s’affaissèrent soudainement.
_ Je suis toujours prudente.
Ce à quoi, Lex répondit par un léger penché de tête.
_ Toi fais gaffe à tes fesses ! Surenchérit-elle avec l’index pointé.
Elle pivota à nouveau et fut à nouveau retenue. Lex ne chercha pas à lui faire la leçon, il l’agrippa près de lui pour l’embrasser en espérant qu’il y en aurait plein d’autres par la suite. Elle attrapa son cou pour participer, il en profita pour la soulever légèrement, la gorge nouée. Lorsqu’il la déposa, elle avait le teint rose et un sourire aux lèvres.
_ Soyez prudente.
Elle acquiesça en sortant ses sabres.
_ Ne va pas mourir bêtement, répondit-elle avant de l’élancer dans la bataille.
Il la regarda disparaître dans la bataille et se mit à son tour en garde.
_ Lex !
Son frère apparut près de lui en lui tendant un foulard noir. Il en avait noué un à mi-hauteur du visage, se masquant en partie pour que les soldats français ne le reconnaissent pas. Lex se dépêcha de l’imiter. Il pourrait ainsi défendre le navire du capitaine plus efficacement.

*

Pierre Lenormand posa les pieds sur le pont de la caravelle et tua son premier pirate en un tour de main. Alors qu’il croyait dominer la situation, il fut témoin de l’éperonnage de l’Ahéris sur son deuxième navire de ligne, provoquant une houle qui secoua les trois bateaux côte à côte, ainsi qu’un vent de panique chez ses hommes.
_ À nous deux ! Capitaine de pacotille ! S’élança la pirate en débarquant sous ses yeux.
Lenormand se mit en garde, il attendait ce moment depuis longtemps. Alors il se jeta dans l’affrontement avec violence, faisant reculer son adversaire de plusieurs pas. Ses coups d’épée se faisaient brutaux, si bien que Chloé frôla plusieurs fois la mort sans qu’elle ne s’y attende.
Passée la surprise de cet assaut, elle reprit confiance et attaqua avec plus d’entrain. Lenormand trébucha et s’étala sur le dos. Chloé en profita pour lever son sabre et le projeter sur le commandant, mais ce dernier roula et se releva rapidement. Ils se firent face à nouveau.
_ Rendez-vous ! Lança Lenormand. Rendez-vous et vous aurez droit à un procès !
_ Un procès ? Pour piraterie ! Se moqua Chloé. On ne juge personne pour ce qu’il est ici ! Ou bien rendez-vous et on vous jugera pour être le lèche-botte de la couronne !
_ Tous vos hommes seront pendus !
La pirate poussa un hurlement et se rua sur lui. Elle voulait bien qu’on la menace elle, mais certainement pas ses hommes alors que certains étaient en train de tomber.
Ce fut au tour de Lenormand de reculer dangereusement. Il fallait qu’il prenne le dessus, s’il décapitait la tête de cette armée de pirates, il vaincrait. Ses quatre négriers commençaient les manœuvres pour se rapprocher d’eux, ses soldats mettraient un terme à cette bataille.

*

Lex se contentait d’assommer ses assaillants. Il en égratinait un ou deux au passage, mais le cas de conscience qui se posait à lui à cet instant le perturbait trop pour qu’il s’amuse à tuer. Il obéissait à son capitaine, il donnait des coups de pied pour pousser les soldats hors du Black Emerald. Son frère Lucas semblait un peu plus brutal, si bien qu’il se demandait ce que cette aventure avait bien pu faire d’eux.
L’explosion qui surgit à cet instant fit tant remuer la ligne de navires que la plupart des combattants vacillèrent et dérapèrent. Le vaisseau de ligne qui avait abordé le Black Emerald sur son flan droit dégageait une épaisse colonne de fumée. Lex s’était protégé du coup de chaleur qui lécha son visage avant d’écarquiller les yeux. La réserve de poudre ennemie venait d’exploser, et l’Ahéris avait encore son éperon dans sa coque. Les pirates se hâtaient d’engager les manœuvres pour éviter la propagation du feu.
_ Lucas ! S’assura-t-il ensuite.
Comme son frère ne répondit pas sur le coup, il le chercha des yeux et l’aperçut allongé sur le pont. Son sang ne fit qu’un tour. Il sauta les quelques marches du gaillard arrière, repoussa énergiquement un soldat français, lui aussi un peu hagard, et se jeta près de son frère. L’explosion l’avait sonné, et le feu avait brûlé le haut de son visage, le bas ayant été protégé par le masque.
_ Lucas ! Lucas !
Il le secoua pour tenter de le sortir de sa torpeur. Le jeune frère grimaça et ouvrit doucement les yeux en grognant.
_ Bon sang ! Pourquoi tu n’es pas resté à l’intérieur !
_ Il semblerait que tu ne sois pas le seul à ramener une blessure de guerre au visage, grommela le cadet.
Lex plongea ses mains dans sa veste et enragea. Il ne portait plus de mouchoirs de soie depuis longtemps !
_ Lex, je… Je ne vois plus de mon œil gauche, s’aperçut Lucas.
_ Je vais te ramener en bas pour te soigner.
_ Non attends ! Le capitaine compte sur nous !
_ Ne dis pas de bêtise, tu es gravement blessé !
Lucas se redressa, il arracha le foulard qu’il portait en masque, le roula et s’en fit un bandeau pour couvrir son œil et sa blessure.
_ Je vais tenir.
_ Ne fais pas l’entêté !
_ Je vais tenir ! S’exclama-t-il en se relevant, encore tanguant, mais déterminé.
Lex soupira mais accepta. Bon sang de bon sang, que dirait leur père lorsqu’il les verrait ! Il regarda son frère poser une main tremblante de douleur sur son œil et se remettre dans le combat comme tout bon pirate qui se respectait. Il était temps de réfléchir. Il fallait fuir. Désengager l’Ahéris et couper les liens qui tenaient la caravelle au Black Emerald. Les deux navires pirates seraient plus rapides que les quatre négriers restants. Longway avait déjà entamé quelques manœuvres, il voulait sauver son navire et il avait bien raison. Restait à ramener Chloé de force à bord et prier pour qu’elle ne l’égorge pas lorsqu’il couperait les cordes de la caravelle. Il chercha Jimmy des yeux pour lui confier la tâche mais il ne fit que l’apercevoir dans un drôle de manège : passer discrètement du pont de la caravelle au pont du Black Emerald. Tant pis. Il avait un autre marin chevronné à ses côtés.
_ Lucas ! Je te confie l’Emerald ! Il faut le préparer à la retraite !

*

Lenormand sourit. Cette explosion était propice pour lui, le feu pouvait se propager sur l’Ahéris et sur l’Emerald.
_ Rendez-vous ! Réitéra-t-il. Vous êtes perdus !
Chloé s’était rattrapée au bastingage de la caravelle, les yeux grands ouverts. Il fallait que l’Ahéris se désengage de son éperonnage et qu’il tente de fuir avec le Black Emerald, sinon c’en était fait d’eux. Elle baissa ensuite les yeux sur le plancher du pont de la caravelle. Tout l’or serait à jamais perdu si elle abandonnait le vieux navire…
Lenormand revint à la charge et la força à grimper sur la rembarde et jouer les équilibristes. Elle en profita pour se déplacer au fur et à mesure des coups d’épée.
_ Pete ! Gibbs !
Les deux hommes se battaient un peu plus loin avec acharnement.
_ Capitaine !
_ Barbuda ! Lança-t-elle.
Pete et Gibbs froncèrent les yeux. À part la grande cuite du capitaine sur cette île des Antilles, ils ne voyaient pas vraiment…
_ Sauf ton respect capitaine, ce n’est pas le moment de boire, sermonna Pete.
Chloé sauta pour éviter un coup d’épée aux jambes.
_ Pas ça ! Barbuda deux ans avant ! S’agaça-t-elle.
_ Aaaah ! Répondirent-ils en chœur. Compris !
Ses hommes se replièrent sur le Black Emerald.
_ La fuite ! Se moqua Lenormand. Vous ne pouvez pas fuir ! Où que vous soyez je vous trouverai ! Je vous traquerai comme l’animal que vous êtes ! Allez-y ! Prenez la mer ! Et c’est toute une armée que je déchaînerai contre votre maudit navire !
Chloé se surprit à déglutir. Il était plus que sérieux. Et c’était elle qu’il voulait. Il y avait donc un moyen très simple d’en finir. Comme ils étaient restés quelques instants immobiles, elle inspira profondément, jeta un œil sur son bien-aimé bateau et trancha d’un grand coup de sabre la première corde de harpon qui maintenait la caravelle contre l’Emerald.
Le dépliement de la voile secoua violemment la caravelle. Chloé se mit à courir sur le bastingage et coupa tous les liens.
_ Capitaine ! Cria Pete. Revenez à bord !
_ Fuyez c’est un ordre !
Poussé par le vent, l’Emerald érafla les deux vaisseaux qui l’encadraient et se propulsa sur la mer. Lex n’attendit pas une seconde de plus. Il grimpa sur la rembarde et bondit sur la caravelle. Se rattrapant de justesse, il se hissa sur le pont, près de Chloé.
_ Idiot ! Rugit-elle.
Elle le bouscula sans ménagement, paniquée. Que pouvait-elle faire pour lui à présent, si ce n’était lui rendre sa liberté… S’il levait le moindre petit doigt devant les hommes de Lenormand, il serait exécuté. Elle leva les yeux sur la mer, l’Ahéris et l’Emerald prenaient le large. Une boule entrava sa gorge. Son précieux navire, le voyait-elle pour la dernière fois ?
_ Emparez-vous d’eux ! Commanda Lenormand, satisfait d’avoir au moins le capitaine sous la main.
Cette arrestation pouvait vite glisser dans la bavure, ce ne serait pas la première fois que des pirates seraient battus à mort. Alors Chloé attrapa le col de Lex, baissa son masque et le jeta à genoux devant elle.
_ Attendez ! Retint immédiatement Lenormand.
Ses hommes ralentirent leur mouvement.
_ Que faites-vous ? Murmura Lex sans comprendre.
Elle posa son sabre sur sa gorge.
_ Vous m’avez promis un procès ! Lança-t-elle. Et moi je vous rends un otage ! Les deux autres vous seront rendus dans la foulée !
Lenormand sembla hésiter quelques secondes, curieusement. Puis il lança à nouveau un ordre.
_ Mettez-la aux fers. Monsieur Law, venez par ici.
Lex resta immobile. Alors voilà, c’était tout ? Elle perdait et il revenait dans son camp naturel ? Hors de question ! Mais la pirate l’attrapa avec sa poigne, le releva et le projeta sur les Français tout en jetant son arme par terre. Les soldats se ruèrent sur elle, la plaquant au sol pour la ligoter. Encore hébété, Lex regardait la scène sans vraiment comprendre. Lenormand posa sa main sur son épaule.
_ Vous êtes sorti d’affaires, et tant que nous la gardons en vie, votre frère et votre père nous seront rendus. Les pirates sont comme des chiens, ils sont fidèles à leur maître, ajouta-t-il en désignant la pauvre silhouette blonde maintenue au sol.

*

Lex se regardait dans le miroir de la petite cabine qu’on lui avait attribuée dans le gros navire flambant neuf. Il avait dormi toute la nuit, assommé. Il s’était lavé et avait enfilé un pantalon et une chemise propres. Lenormand avait bien essayé de le faire parler devant un bon repas, mais son estomac était si noué qu’il n’avait presque rien avalé. Il avait presque l’impression que son frère était plus en sécurité que lui sur le Black Emerald. Tout avait changé. Le langage, les habitudes, il avait tout oublié.
Les coups à sa porte le firent tressaillir. Lenormand entra sans attendre sa permission.
_ J’ai décidé d’accepter votre demande. Je comprends vous savez.
_ Vraiment ? S’étonna prudemment Lex.
_ Je connais ce… syndrôme, le prisonnier s’attache à son ravisseur, il finit par le comprendre et par compatir.
Lex préféra garder le silence. Il avait envie de hurler que ce syndrôme n’était qu’un ramassis de bêtises et qu’il ne s’abaisserait pas à cela. Mais c’était peut-être sa dernière chance de la voir.
_ Je souhaite seulement confronter celle qui m’a fait ça, répondit-il en montrant sa cicatrice au visage.
_ Soit.
Lenormand semblait satisfait. Il dégagea l’entrée de la cabine et l’accompagna jusqu’en fond de cale.
_ Vous serez ravi d’apprendre que nous avons pu récupérer quelques lingots d’or avant que la caravelle ne coule, raconta le commandant. Son état était bien trop défectueux pour naviguer, malheureusement. Disons que c’est la part de mon héritage et que j’en fais don à la couronne de France, ce qui devrait satisfaire votre oncle le ministre, ainsi que le Régent. Mais entre nous, je vous ai gardé un lingot, en dédommagement.
Lex ne sut quoi répondre. Il acquiesça simplement et marmonna un « merci », sa seule envie étant d’écraser le lingot dans sa face. Plus ils descendaient dans la cale et plus il craignait de la revoir finalement. Cette présence invisible n’était-elle pas plus satisfaisante ?
_ Nous y sommes. Je vous laisse. Elle est ferrée mais je laisse deux hommes à l’entrée, au cas-où.
_ Bien.
L’un des hommes déverrouilla la porte. Lex remarqua alors qu’ils étaient bien sous le niveau de la mer, l’humidité et les flaques d’eau sur le sol transformaient le navire en prison glaciale. Il attrapa une lanterne et se baissa pour entrer dans la cale plongée dans l’obscurité. On referma la porte juste derrière lui. Il serra son poing et avança.
_ C’est l’heure du déjeuner ? Entendit-il.
Elle était assise un peu plus loin, en équilibre contre la coque recourbée pour éviter l’eau.
_ Dentelle ? S’étonna-t-elle alors qu’il s’avançait.
_ Capitaine.
Il ne sut quoi ajouter. Elle se releva, faisant tinter les fers.
_ Alors, tu retournes à tes châteaux et autres raffinements ?
Il haussa les épaules.
_ Ce n’est peut-être pas si mal, dit-il d’une voix enrouée.
_ Pas si mal ? Tu as vu où nous sommes ?
Il jeta un œil autour de lui, le plafond était bas, l’atmosphère froide et pourtant étouffante, des chaînes jonchaient le sol.
_ Certes, vous ne…
_ Je ne parle pas de moi idiot, je parle de ce que vous faites, à part boire votre thé dans de la porcelaine ! C’est dans ça que tu veux vivre ! Libre, toi, mais à quel prix !
Lex ne voyait pas vraiment où elle voulait en venir.
_ Combien d’esclaves peuvent tenir ici à ton avis ! Combien ce navire va en ramener sur vos terres dès que nous serons à Saint-John ?! Deux-cent-trente hommes, femmes et enfants entassés ! Seulement à ce niveau !
Lex déglutit. Une rage sans mesure gonflait dans son ventre. Il n’acceptait pas l’esclavage, il ne l’avait jamais approuvé. Et il n’acceptait pas de revenir dans ce camp de faux semblant qui s’enrichissait sur le dos de tant d’êtres humains malmenés.
_ Et c’est moi qu’on traite de meurtrière, grogna-t-elle. N’oublie pas ce que tu vois maintenant quand tu auras le cul posé sur ta chaise dans ton palais.
_ Je ne vous oublierai pas.
Chloé eut un mouvement de recul.
_ C’est ce que vous cherchez à dire ? Vous savez très bien que ce « commerce » m’écoeure autant que vous, et effectivement Lenormand s’en satisfait parfaitement et c’est méprisable. Et si vous croyez que je vais oublier tout ce que j’ai vécu à vos côtés pour retourner dans une routine détestable, vous vous trompez ! Vous êtes le seul capitaine auquel j’ai répondu et répondrai !
Troublée, la gorge nouée, ravalant ses larmes, elle voulut le prendre dans ses bras mais les chaînes l’en empêchèrent. Alors il s’avança pour la blottir contre lui.
_ Pourquoi es-tu monté sur cette caravelle…
_ Je vous aime, c’est pourtant simple.
Il l’entendit renifler dans son cou et se mit à dessiner des cercles dans son dos pour la rassurer.
_ Je t’aime moi aussi, et si jamais tu dis à quelqu’un que j’ai dis ça et que j’ai pleuré, mon fantôme viendra te hanter jusqu’à la fin de tes jours Dentelle.
_ Promis.
Il encadra son visage pour l’embrasser.
_ Je ne vous oublierai pas, murmura-t-il. Ne m’oubliez pas non plus.
_ Comment pourrai-je, sourit-elle en déposant un baiser sur ses lèvres. Allez, va-t-en à présent. Ne reviens pas ici.
Comme il trépigna un peu, elle le repoussa fermement.
_ Obéis à ton capitaine.
Il acquiesça en poussant un profond soupir, puis il s’éloigna à reculons juqu’à ce qu’elle disparaisse dans le noir.






à suivre...

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MessageSujet: Re: Pirates!   Dim 23 Nov 2014 - 23:35

Naaaaaaaaaan ! Mais euh, c'est quoi cette fin de chapitre. T'avais pas le droit de t'arrêter là. (Il me manque un smiley qui boude Very Happy)

En attendant c'était beau ! J'ai adoré la dernière scène. Et vivement vendredi prochain !

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MessageSujet: Re: Pirates!   Sam 29 Nov 2014 - 1:39

Merci Alexiel!! Et voilà, dernier chapitre de ma fic bien-aimée, fic que j'ai commencée en 2005, rendez-vous compte! Donc je suis un peu émue de la finir celle-là... Sad Me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture!


Chapitre 27 : Levez l’ancre !

*******

_ J’ai invité toutes les plus jolies demoiselles des Amériques, posa Lionel, le front plissé.
Lucas acquiesça en voyant, effectivement, le beau grand salon de l’hôtel du Gouverneur de Saint-John’s se remplir des toilettes les plus raffinées des Caraïbes. Voilà trois mois que la bataille avait eu lieu. Lui et son père avaient été rapatriés par les pirates dans la foulée. Ordre du capitaine dans le cas où elle était capturée. S’il se faisait bien à ce retour, appréciant même son bandeau noir sur l’œil pour toute l’attention des dames et des marins qu’il attirait, Lex, lui, semblait inconsolable.
_ Tu as vu ton frère ? S’inquiétait son père.
_ Non, pas encore.
Lionel poussa un petit soupir en croisant ses mains dans le dos. Lui qui avait tant voulu épargner à ses fils les affres de la guerre, il les avait abandonnés tous les deux au danger. Pourtant son expérience sur l’île Chinampas avait été incroyable. Si bien qu’il avait entamé la rédaction d’un livre intitulé Utopia II en hommage au premier de Thomas More. Tout serait parfait si seulement son aîné voulait bien remonter la pente.

*

Lex roula sur le dos. Depuis qu’il était à terre, il avait le mal de mer. Ou disons un mal de mer imaginaire. Dès qu’il se couchait, il avait l’impression de tanguer, d’entendre les craquements de la coque de bois, de sentir l’océan salé partout autour de lui. Mais dès qu’il ouvrait les yeux, tout se stabilisait et l’immobilité de son lit lui donnait des haut-le-cœur.
Ne tenant plus, il se redressa et se força à poser les pieds par terre. L’horloge de la chambre sonna huit heures, il était en retard. Il attrapa une chemise blanche propre qui l’attendait sur le dos d’une chaise, et l’enfila. Les cols de dentelle des manches le firent tressaillir. Il entendait presque Chloé le railler et hurler des « Dentelle ! ». Il les arracha d’un geste sec et compléta sa mise avec un long manteau bleu nuit.
Non seulement l’immobilisme lui donnait mal au cœur, mais les parfums agressifs de la gente féminine finissaient de l’achever. Lui qui aurait fondu sur toutes ces jeunes femmes très en beauté quelques mois auparavant, voilà qu’il les regardait d’un autre œil. Les maquillages soutenus, les perruques poudrées, les robes chargées de couleurs… plus rien ne l’attirait.
_ Lex, intervint son jeune frère avec empressement.
_ Lucas, c’est catastrophique, marmonna-t-il.
_ De quoi parles-tu ? Père a fait venir la meilleure société, les cuisines ont fait des merveilles ! Et toutes les femmes se retournent sur ton chemin.
Curieusement, la combinaison cicatrice et moins de dentelle faisait en effet des ravages. On se ruait vers lui pour avoir son récit, on agitait des éventails pour contenir les bouffées de chaleur et on frisait l’évanouissement dès qu’il croisait un regard. Les survivants d’attaque de pirates, qui revenaient héroïquement, étaient très appréciés et demandés dans les salons.
_ Les femmes ne me font plus d’effets. Rien. Elles m’embarassent même. Mais regarde, elles sont… laides !
Lucas poussa un soupir en levant les yeux au ciel.
_ Tu es amoureux d’une femme qu’on va pendre demain ! Bien sûr que les autres femmes sont laides !
Les épaules de son grand frère, autrefois si assuré dans ce milieu, s’affaissèrent. Son tourment ne prendrait jamais fin. Il observait son monde d’apparences et ne s’y sentait plus chez lui.
_ Tu as un coup de mou, tenta Lucas. Peut-être que tu fais une petite dépression, mais ça ira mieux.
Lionel intervint à cet instant, en compagnie d’un homme au manteau galonné.
_ Lex, Lucas, je vous présente l’amiral Tyler. Amiral, voici mes deux garçons.
L’homme, approchant la soixantaine, bedonnant et visiblement bon vivant, reporta son attention sur Lucas.
_ Je connais déjà votre cadet, et j’en profite pour vous annoncer que la flotte britannique a accepté votre demande d’enrôlement en tant que sous-officier, vous serez affecté sur le Ligie, mon propre vaisseau.
Lex et Lionel fixèrent le jeune homme, hébétés. Ce dernier se tassait légèrement, gêné de ne pas avoir pu prévenir sa famille avant.
_ Je vous remercie, amiral.
_ Je vous en prie, vous êtes un élément prometteur ! Excusez-moi, ajouta-t-il en s’éloignant pour saluer un confrère.
_ Comment as-tu pu ?! Enchaîna immédiatement Lionel. Sans m’en parler !
_ Parce que je savais que vous m’en dissuaderiez, se défendit calmement Lucas.
_ Bien sûr que je te l’aurais interdit ! Après tout ce que tu as vécu !
_ Justement père, je ne peux pas revenir en arrière !
_ Je ne veux que le meilleur pour toi, que tu sois en sécurité !
_ C’est la voie que j’ai choisie, finit par imposer Lucas avec fermeté.
Son père ne put que garder le silence et acquiescer enfin, en baissant les yeux. Lex déglutit. Son frère, son petit frère, impressionnable, émerveillé… était subitement devenu un adulte.
_ Tu as raison, murmura-t-il, frappé par la révélation.
Lucas et leur père levèrent les yeux sur lui.
_ Ce n’est pas une dépression, j’ai changé, comme toi.
_ Ne me dis pas que tu vas t’engager dans la marine toi aussi ? S’abasourdit son père en lui prenant le bras.
_ Non, répondit-il avec un sourire. Je vais immédiatement suivre ma voie moi aussi !
_ Mais… Quelle voie ? Ne comprenait pas Lucas.
Son grand frère était resté cloîtré dans ses appartements, à tourner en rond, il n’avait jamais témoigné une quelconque envie ni aucune motivation à faire quoi que ce soit. Et subitement il levait les bras, un immense sourire aux lèvres.
_ Je vais commencer par une taverne ! Et boire toute la nuit ! Lança-t-il avant de faire demi-tour et de sortir théâtralement de la salle de réception, dévisagé de tous.
Son père cligna des paupières.
_ Ça y est, nous l’avons perdu. C’est la névrose.

*

Plusieurs semaines auparavant, il avait découvert cette petite taverne bien sale et miteuse, dans laquelle les prostituées étaient toutes grasses et les bandits très courants. À nouveau, il franchissait les portes de la Flèche, s’asseyait à une petite table dans le fond et commandait un pichet de rhum. Il écoutait le vieux jouer du violon en espérant croiser le chemin des deux voyaux qu’il avait déjà engagés pour saboter les quatre négriers de Lenormand.
Après le pseudo-tribunal qui avait jugé Chloé en dix minutes sans autoriser le moindre témoin, son sang n’avait fait qu’un tour. Il avait bu, vraiment beaucoup. Il avait battu aux cartes les deux bougres et avait fini par leur proposer de leur rendre leurs petites monnaies plus quelques pièces d’or s’ils l’aidaient à brûler quatre navires. L’incendie avait ravagé les négriers en seulement une heure. Bon, certes, il y avait eu quelques dégats collatéraux, certains pontons avaient disparu et il se pouvait bien que quelques barques de pêcheurs aient été sacrifiées.
Mais le résultat était là, et Lenormand n’avait pas décoléré. D’ailleurs il comprenait pourquoi Lucas avait choisi la marine britannique plutôt que la marine française, certainement pour ne pas croiser le chemin du commandant.
_ Encore un peu de rhum ? Proposa Oliver, le tenancier de la Flèche.
Avait-il déjà terminé son pichet ?
_ Oui, et une volaille bien cuite.
Il avait besoin de se rassasier après sa longue errance. Il allait entamer son deuxième pichet quand l’ombre d’une femme masqua la petite lanterne qui brillait en face de lui. Il leva les yeux, l’une des prostituées passait à l’attaque.
_ C’est toi l’Argonaute ?
La question le laissa pantois. Comment en était-elle arrivée à ça ?
_ C’est un nom qui circule depuis quelques semaines, les deux hommes qui étaient avec toi la dernière fois nous ont dit que c’était ton nom et comme je sais qu’ils ont participé à l’incendie du port…
Certes. Ne voulant pas révéler sa véritable identité à ses deux complices, il leur avait seulement dit qu’il s’appelait l’Argonaute. Mais il n’avait pas pensé qu’ils allaient ensuite en parler autour d’eux.
_ C’est possible, répondit-il simplement.
Le sourire de la femme s’élargit.
_ La maison offre le rhum, mon joli.
Il lui répondit par un demi-sourire, flatté et content de se sentir enfin satisfait.
_ Tu partages au moins ?
Il allait répondre un « volontiers » à la prostituée, mais ce fut un tout autre visage féminin qui apparut sous ses yeux.
_ Sarracenia ?
_ En chair et en os, répondit-elle en prenant place.
_ Que faites-vous là ? Vous ne deviez pas quitter les Caraïbes ?
_ Si on aurait dû, dit Pete en prenant la troisième chaise. Mais finalement on a pas réussi à élire un autre capitaine. Et puis on a entendu dire que l’Argonaute agissait à Saint-John’s, alors nous voilà.
Si étrange que cela soit, il fut réellement heureux de les revoir.
_ Alors buvons, à la santé du Capitaine !
Les trois comparses trinquèrent.
_ Tu l’as vue ? S’enquit ensuite Pete.
_ Non, personne ne peut l’approcher. Ils vont la pendre demain, répliqua plus sombrement Lex.
Les deux pirates conservèrent quelques secondes de silence.
_ Bien, fit alors Pete. Gibbs et Jimmy sont sur le Balck Emerald dans l’île voisine. Ça nous laisse toute la nuit pour réfléchir à un plan d’évasion.
Lex cligna des paupières.
_ J’y ai déjà réfléchi, croyez-moi. Mais la caserne est très bien gardée. On ne pourrait pas en sortir vivant avec le capitaine. Il faudrait une armée entière.
_ Il y a forcément un moyen, grogna Sarracenia.
Ils burent encore et commandèrent à nouveau tout en grignotant la volaille rôtie. Au bout d’un moment, et de plusieurs pichets de bière et de rhum, Lex releva la tête.
_ Il y a peut-être un moyen.
_ L’Argonaute ! S’exclama une voix à l’entrée de la Flèche.
_ Longway, grogna Lex ivre.
_ Il n’y a vraiment que toi pour attirer l’attention avec un incendie et un surnom aussi prétentieux ! Lança Christian, aussi saoul que ses camarades.
Il se déplaça en titubant jusqu’à la table et s’échoua lourdement sur la quatrième et dernière chaise.
_ Alors, c’est quoi le plan ?
Les trois pirates se tournèrent vers Lex et attendirent ses explications. Le jeune homme commença par boire une rasade de rhum, puis il se mit à sourire avec malice. Sa voie était vraiment fabuleuse !

*

Il faisait vraiment nuit noire. Le silence dans la ville avait quelque chose de fascinant. Il durait seulement quelques heures, de deux heures à cinq heures, le temps que les couche-tard rentrent chez eux et que les lève-tôt n’entament leur journée. Lex, bouteille à la main, titubait sur l’esplanade de la caserne, s’appuyant sur l’épaule des deux prostituées qu’il avait louées. Il n’avait pas vraiment hâte de rentrer dans cet infernal palais du gouverneur.
Chemin faisant, il atteignit la prison tant bien que mal, puis il frappa à la porte. Un soldat de garde ouvrit seulement la visière de la porte, étonné par l’heure de visite. Personne ne l’avait arrêté avant, tout le monde connaissait Alexander Law, fils de diplomate. Il était simple de s’introduire au moins jusqu’ici, constata Lex.
_ Bonsoaaar, fit-il en tentant de rester droit. Chers amis, je vous apporte un peu de bonne compagnie pour fêter la pendaison prochaine !
Il agita sa bouteille et les deux femmes à ses côtés leur lancèrent des œillades aguichantes. Le soldat de garde ouvrit avec un sourire goguenard. Ils étaient trois à veiller autour d’une table avec des cartes pour seul divertissement. Aussi les deux femmes plantureuses furent plus que bien accueillies. Elles leur servirent du rhum en s’asseyant sur leurs genoux sans qu’ils ne puissent soupçonner le lord écossais d’une quelconque traitrise. Et pourtant le jeune homme attrapait les clés des cachots et disparaissait dans les couloirs.
Lex dut s’appuyer contre le mur, légèrement nauséeux. Il avait peut-être un peu trop bu. Il se reprit et se dressa devant la grille du cachot de la blonde.
_ Et oui ! Se vanta-t-il devant elle. Je suis venu vous sauver ! J’ai les clés… hip ! Mais aussi des conditions… Pr-premièrement, ne m’appelez plus Dentelle. Deuxièmement, avouez que vous m’aimez… Libérez-vous… Alleeez… Allez quoaaa…
_ Hé, fit une voix derrière lui. Hé, Dentelle.
Lex papillonna des yeux. Il pivota et vit la blonde, les bras croisés. Il reporta son attention sur son interlocuteur, il s’agissait d’un homme blond qui grognait légèrement.
_ Désolé mon brave. Oubliez. Vous avez le droit de m’appeler Dentelle et ne me dites rien de plus.
Pivotant à nouveau, il s’appuya lourdement contre la porte du cachot avec un sourire se voulant ravageur.
_ Hey ! Je suis venu vous sauver ! J’ai les clés…
Il fit tourner le trousseau sur son index et l’envoya à l’autre bout du couloir. Chloé plaqua ses mains sur son visage.
_ J’avais les clés ! Se mit-il à rire avant de s’éloigner pour les chercher à tâtons.
Chloé poussa un soupir et profita de ne pas l’avoir sous les yeux pour un placer une.
_ Je veux bien accepter ta deuxième condition. Quant à la première, excuse-moi hein, mais même si tu ne portes pas de dentelle, tu resteras une précieuse Dentelle. Bref. Puisqu’il faut le dire pour que tu me libères, je t’aime.
Elle ne put contenir un sourire. La sensation provoquée était inédite encore. Et puis, comme il tardait à répliquer, elle coinça sa tête entre les barreaux de sa prison.
_ Dentelle ? Je voulais aussi te féliciter pour ce chantage, c’est prometteur ! Dentelle ?
Des ronflements furent sa seule réponse. Elle enlaça ses barreaux avec désespoir. À vrai dire, elle avait attendu sa visite jour après jour, même si elle lui avait demandé de ne pas revenir à elle. Et il était quand même venu. Bourré, avec de faux espoirs de libération, mais il était venu. Et le lendemain, elle serait pendue.

*

Sa gueule de bois était sans pareil. Il se massait doucement les tempes, debout dans le fond de la foule réunie sur la grande place de Saint John’s sur laquelle aurait lieu la pendaison. Son frère Lucas avait revêtu un uniforme rouge de sous-officier, son père un manteau gris élégant, lui avait la même tenue sur la veille, le foulard rouge que Chloé lui avait donné sur son navire, fourré dans la poche.
Ils avaient dressé une estrade de bois avec une trappe, un portique depuis lequel pendait une corde, et un levier pour activer la machine à tuer. Le peuple en profitait pour commercer, acheter du jus de canne à sucre, des fèves de cacao grillées et des poupées pirates à pendre. Ce n’était pas tous les jours que l’on attrapait un capitaine et qu’on le condamnait à mort sur place publique.
_ Messieurs, salua Lenormand en habits d’apparat.
_ Commandant, répondit sobrement Lionel.
Pierre se positionna aux côtés de Lex et ils regardèrent ensemble la charrette arriver et le corps de la jeune femme poussé en dehors pour gravir les marches du podium.
_ J’ai appris par mes hommes que vous aviez passé la nuit dans la prison de la caserne, aborda Lenormand.
_ Oui je suis passé la narguer, grommela Lex.
_ Mmh, oui. Vous savez ce que nous faisons aux pirates n’est-ce pas ?
Le jeune homme jeta un regard en biais sur le Français alors qu’un représentant du gouverneur prononçait la sentence de mort par pendaison pour piraterie.
_ Qu’entendez-vous par là au juste ? Répliqua Lex.
_ Je réfléchissais hier à ce que vous aviez dit sur la barque dans les marais d’Okefenokee, à propos de Jason et de Médée. Jason l’Argonaute.
L’Écossais serra les poings. Il ne remarqua qu’à cet instant la présence de deux gardes armés français.
_ Ne me dites pas, monsieur, que vous vous êtes lancé sur une si mauvaise voie en incendiant des navires de commerce de la couronne de France.
Lex inspira, Chloé avait la corde autour du cou. Il se planta devant son père sans attendre.
_ Pardonnez-moi père, j’ai moi aussi choisi.
Lionel le dévisageait sans oser comprendre. Lex se tourna ensuite vers son frère qui avait immédiatement compris. Il affichait déjà un demi-sourire attristé et compréhensif.
_ Fais en sorte de ne pas croiser ma route, dit-il en le prenant dans ses bras.
_ Sois prudent, répliqua Lex en glissant sa main dans sa veste.
Il sentait Lenormand et ses hommes l’encadrer.
_ Monsieur Alexander Law, je vous arrête pour sabotage et piraterie.
Il sortit son pistolet et l’envoya dans la mâchoire du commandant en virevoltant brusquement. Il assomma le premier soldat d’un coup de crosse et fit plier en deux le second avec son coude dans l’estomac. Il se focalisa ensuite sur le podium et visa le bourreau. S’il pouvait l’éliminer avait qu’il n’actionne la trappe, il aurait une infime chance de délivrer Chloé. Mais juste à cet instant, le bourreau exécuta sa tâche et le corps de la blonde glissa dans le vide. Par chance, sa nuque ne se brisa pas. Alors Lex reprit son souffle et visa la corde.
Deux coups de feu surgirent. L’un tua le bourreau, l’autre coupa la corde. Chloé s’échoua dans le tas de paille supposé recueillir son cadavre. La foule poussa des hurlements et l’agitation gagna toute la place.
_ Arrêtez-le ! Hurla Lenormand, le visage en sang.
Lex jeta un œil sur sa famille et leur adressa un signe de la main avant de se lancer dans la foule pour rejoindre le capitaine. Pendant quelques secondes, il y eut comme un battement, et puis des coups de canon venant de la mer affola la ville entière. Lex bouscula plusieurs personnes et finit par se glisser sous l’estrade à toute vitesse.
_ Je suis là !
_ J’ai bien cru que j’y passerai cette fois !
Il s’agenouilla pour la libérer de ses liens.
_ Vite vite ! Pressa Christian en déboulant.
_ Qu’est-ce que tu fais là ! Protesta Lex. Ce n’était pas le plan !
_ Le plan ! J’ai visé la corde !
_ Non ! Moi j’ai visé la corde !
_ On y réfléchira la prochaine fois ! S’agaça Chloé en se relevant. Profitons de la panique pour fuir !
_ Le Black Emerald est dans le port, indiqua Lex.
Elle lui répondit par un sourire complètement désarmant et se lança dans la foule. Lex et Christian eurent le même soupir.
_ Elle m’aime, vous êtes prévenu, préféra préciser Lex.
_ C’est ce qu’on verra, défia Christian.

*

Le vent gonflait les voiles du Black Emerald et procurait toute la vitesse possible. L’océan s’ouvrait à nouveau devant ses yeux. Chloé resserra ses doigts sur la barre, au comble du bonheur. Elle s’était tant fait à l’idée de la pendaison qu’elle n’avait pas imaginé un seul instant se retrouver là.
Lex grimpa sur le gaillard arrière pour la rejoindre.
_ Alors te voilà pirate, constata-t-elle.
Il coiffa son crâne du foulard rouge et d’un tricorne noir.
_ Il faut croire. N’avez-vous pas quelques regrets au sujet de l’or perdu ?
_ Jimmy a sauvé des lingots pendant la bataille. Pas de quoi acheter un pays, mais des réparations, des provisions, des hommes, du rhum, oui !
Voilà donc ce que faisait le garçon pendant qu’ils se battaient.
Ils entendirent des remous suivis d’une voix familière. Jack Sparrow apparut à bord du Hollandais Volant.
_ Moussaillon ! Je tenais à vous remercier pour la magnifique caravelle pleine d’or que vous nous avez léguée ! On a bien râclé le fond ! L’avantage de pouvoir plonger !
Chloé cligna des paupières.
_ Prends la barre Dentelle.
_ Nooon, geignit-il. Pas Dentelle… Pas juste…
La blonde s’approcha du bastingage.
_ C’est que maintenant que vous vous pointez !
_ Je ne peux pas intervenir pendant les batailles, seulement ramasser les restes ! Cela dit, je suis content que tu ne te balances pas au bout d’une corde, ajouta-t-il en montrant toutes ses dents.
Chloé se détendit, mais tout de même agacée qu’il utilise cette ficelle-là.
_ Alors, quels sont tes projets à présent ?
Elle croisa les bras et regarda ses hommes.
_ Il y a bien les Mille Brumes d’Or, le trésor du Premier Empereur de Chine dont le Coréen du Panama vous a parlé, capitaine, adressa Gibbs.
_ Oui et en plus, changer d’océan serait une bonne idée pour qu’on se fasse un peu oublier dans les Caraïbes, ajouta Pete.
_ Je vote pour, acquiesça Jimmy.
_ Pourquoi pas, fit Sarracenia en haussant les épaules.
_ L’Ahéris vous suit, déclara Christian.
Elle en arriva à Dentelle.
_ L’Argonaute ?
Il commença par dodeliner de la tête.
_ À long terme, je suis pas contre. Mais là maintenant, le meilleur plan implique une baignoire, de l’eau chaude et une clé sur la porte.
Il lui arracha à nouveau un sourire.
_ Maître Gibbs, cap sur l’Océan indien ! Capitaine Sparrow, on se revoit à Singapour !
_ À nous les rhums coco ! S’enjoua Sparrow en plongeant.
Elle attrapa le col de Lex et l’attira à elle pour l’embrasser. Elle avait récupéré son navire, son équipage, et surtout sa Dentelle. Parcourir les mers en sachant qu’il serait à ses côtés la comblait véritablement.
_ Que les choses soient claires, souffla-t-il entre deux baisers. Ce n’est pas vous que j’ai choisie, c’est la liberté. Et vous faites partie des très bonnes choses de la liberté.
Elle approuva d’un signe de tête, le regard fier.
_ Soit. Tu as aussi la liberté de m’obéir et de ne pas aller voir ailleurs.
Il se dépêcha d’acquiescer.
_ Ok ça me paraît légitime.
_ Bien, va me préparer un bain maintenant.
Lex se frotta les mains en dévalant les escaliers du gaillard.
_ À vos ordres, capitaine !




FIN

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MessageSujet: Re: Pirates!   Sam 6 Déc 2014 - 13:11

Yeah !!!! Tu l'as fait Cheerleader

La première tentative d'évasion était "épique" ! Happy
Mais la deuxième, c'était la classe.
Je me suis toujours demandé comment tu allais finir et j'approuve cette fin !

C'est toujours triste quand une histoire se termine, mais ça veut aussi dire que de nouvelles aventures nous attendent (ou des anciennes qui vont reprendre) n'est-ce pas ?

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